Rêves d’outremer…

Outremer : au-delà des mers selon un pays défini par exemple la France. C’est le titre que j’avais choisi pour l’exposition que je devais faire à Basse Terre en Guadeloupe au mois de Septembre….J’en ai parlé à mots couverts ici et là sans trop oser dévoiler le projet, il se trouve que je suis superstitieuse. Hélas la superstition n’aura pas suffi à offrir de bons augures à ce chimérique projet. Je peux en parler maintenant  : je n’irai pas au delà de l’Atlantique dans ces iles qui font tant rêver….Les autres.

Pour ma part je suis plus attirée par la Mongolie ,les steppes arides, les landes irlandaises , l’archipel japonais.Tout de même, je n’allais pas cracher sur un si beau projet qui m’a tout d’abord semblé incroyable (je ne mérite pas ça ,moi) qui m’a ensuite occupée près de six mois ,faits de rêveries ,de travail acharné tous les soirs et vers la fin la journée, lorsque l’année scolaire chargée pour moi s’est terminée.Un projet d’envergure avec lequel je devais exposer « moi toute seule » en galerie, une jolie galerie aux murs blancs juste grande comme je cherchais depuis longtemps.un projet mirifique dans lequel j’aurais  fait une intervention pédagogique en milieu scolaire avec des élèves de primaire (j’avais déjà en tète, mon discours sur l’art et sur le fait que nous pouvons tous créer,  pratiquer avec passion pour exprimer nos joies ,nos peines, montrer aux enfants qu’on pouvait peindre avec tout et presque rien, se faire plaisir, se faire du bien que l’on soit riche ou pauvre car nous sommes égaux….j’espérais secrètement qu’il s’agirait non pas d’écoles « de riches « (ces enfants là en France ou en Guadeloupe sont blasés, contrairement aux enfants pauvres des quartiers dits »défavorisés » qui prennent ce qu’on leur offre avec faim ,c’est cette faim qui m’intéresse ,celle du gout de la vie, de s’en sortir et vivre debout)… Un projet qui devait enfin me mettre dans une situation que j’ai déjà vécu une fois à Bruxelles, celle de conférencière (bizarrement je n’avais aucune angoisse à propos de cette intervention au milieu des « miens » ,d’autres artistes ,une historienne de renom dont j’aurais bu les paroles avec avidité: le Paradis sur terre pour une soirée).

Certes, le thème m’a semblé un peu….comment dire « ampoulé »:  « femme métisse ,mère du Monde ». Je me suis dit : -« Et ben ma grande… t’as pas peur du ridicule sur ce coup là! « Ceux qui viennent ici régulièrement me connaissent et savent que je ne suis pas imbue de moi-même, que j’essaie toujours de relativiser ,changer de point de vue pour élargir ma compréhension ,ils savent aussi tout ce que j’ai pu endurer enfant ,adolescente et jeune adulte.Ce qui me rend fragile sous la carapace Ka, ce qui me rend méfiante et parfois si triste à en mourir. Pouvais je vraiment croire à un si beau projet , « vraiment »? Je suis plus habitué aux désillusions, aux bagarres de la vie, aux coups du sort, aux abandons.

Abandon

Et bien voilà ,c’est fait, la semaine dernière alors que je nageais dans mes grands formats à vernir ,à maroufler ,à encadrer (ma mère devait venir pour m’aider tellement je me sentais dépassée, sur le thème de l’art on s’entend avec ma mère ,c’est même le seul sujet d’accord possible entre nous).Alors que je prenais des tonnes de notes  pour la conférence, lisait des livres dédiés, étudiait  la condition des esclaves noirs, mes « frères » de sang. Coup de fil dont je me souviendrai longtemps , coup de téléphone funeste qui mit fin à mes « rêves  » d’outremer (ce titre résonne comme une prophétie): « nous nous désengageons du projet »,…..je ne citerai pas de nom à quoi bon franchement et je n’essaierai même pas de vous expliquer les tenants et aboutissants de cette mascarade c’est absolument sans intérêt. Je voudrai juste dire qu’il ne faut jamais croire les gens qui vous flattent ,vous bercent d’illusions grandioses et démesurées ,mais bon sang je le sais pourtant, je ne sors pas de l’œuf. Mon conjoint était très sceptique depuis le début assez rocambolesque cette triste affaire, jusqu’au malentendu final qui lui fit dire d’un ton sarcastique (comme je déteste avoir tort) :

-« tu vois j’avais raison… »

Tout cela serait risible si je ne m’étais pas autant investi dans le projet moralement ,intellectuellement, et surtout physiquement…Je n’ai pas écouté mon corps je suis restée sourde à ses appels désespérés pour que je me calme, j’ai cessé de dormir tellement remplie d’idées, de notes à prendre, de croquis à finir, vite, vite…

Alors j’ai cessé de manger.

Maintenant je paie la note ,heureusement nous sommes  en été je suis en vacances puisque mon métier officiel est professeur.Depuis quelques jours je ne dors plus mais cette fois ci, à cause de la peine, de la honte aussi d’avoir annoncée mon « triomphe » de manière inconsidérée(et d’avoir demandé et obtenu un dérogation extraordinaire de mon recteur), de la colère aussi…. Mais pas trop. Heureusement je suis bien suivie au niveau de la santé physique, au niveau psy et puis j’en ai vu d’autres dans ma chienne de vie; Il y aura encore des projets je l’espère….Moins importants, dont je ne serai pas le centre et tant mieux. J’ai comme l’impression que ce n’est pas ma place : au centre…

Et finalement ,lorsque j’étais entrain d’écrire le texte de présentation sur mon travail j’ai senti comme une faille, un conflit entre ce que je disais de ce que je suis et ce que je crée , ce que je ressens dans ma peinture et ma place dans ce projet. J’y reviendrai bientôt, j’ai tout loisir de reprendre mon travail de cheval de trait maintenant.

La vie est remplie de surprises, de rebondissements improbables; J’en discutais juste avant d’annuler mon départ, avec un ami, Serge Prioul autre forçat de la création et homme sensible que j’apprécie. Le sens qu’on peut donner à tout ça, remettre du vide pour comprendre…La vie est une pièce de théâtre en plusieurs actes, et des scènes différentes dedans.Basse Terre ce n’était qu’une scène, une scène importante certainement dans le sens ou j’aurais investi une énergie vitale très forte dans cette aventure avortée, une scène qui a failli me faire passer de l’ombre à la lumière certes mais qui m’aura surtout rappelée qu’on ne sait jamais rien ,que nous ne sommes rien.

« un grain dans l’univers » proverbe Dogon.

Tu dois cultiver le chemin de l’humilité et du silence.

je reste l’ourse papillon mais je virevolte en silence dans ma grotte ,non ce n’est pas moi qui virevoltesur une ile ce sont mes couleurs qui s’envolent, s’étirent en forme toujours plus simplifiées, toujours plus pures sous mes doigts c’est de cela dont je dois m’occuper.

Me voilà revenue chez moi.

Carolina Diomandé, 26/07/2015

illustration: « sur une ile » série 1 aquarelles et feutres sur papier à grain verni  date: 2013,cette petite peinture a servi pour faire l’affiche de l’exposition «  »dessins,rêves d’Outremer » ma chimère de 2015.

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Fragments,corps

C’est l’un des premiers boulots,que j’ai considéré avec un peu de plaisir.j’ai utilisé comme technique l’acrylique,le pastel gras,le fusain,en guise de pinceaux,des branches d’arbres fines.Ce travail parle de la partie,du tout..Du corps,corps de l’œuvre(un peu malmené, avec des gestes violents j’ai froissé le papier kraft ,scarifications dans le papier avec outils aléatoires).Paris (travail de  prépa au Capes, 1996).

fragments corpsJe ne possède plus ce tableau, je ne l’ai pas vendu je l’ai offert à l’une des thérapeutes qui m’a suivie un moment. Et ce choix n’est pas du tout anodin….La thérapeute en question est psychomotricienne et j’ai fait un beau travail avec elle, j’aurais bien continué mais elle a déménagé à Bordeaux c’est devenu compliqué, la vie… »Fragments corps » ou l’histoire de ma carcasse indocile et morcelée.J’ai longtemps eu l’impression d’avoir mon corps d’un coté et ma tète (lourde ,lourde la tète) de l’autre.Pourtant cela ne peut être qu’une impression parce que mon système nerveux fonctionne parfaitement et si je peux dessiner de manière précise y compris de la main gauche alors que je suis droitière c’est bien que les connexions sont fiables et efficaces.Non je dis ça parce qu’autant avec cette femme jeune brillante et généreuse j’ai accompli un travail porteur et riche autant une ostéopathe que j’ai vu il y a quelques mois m’a cassée « en deux » (si je puis dire!) en me disant sans ambages qu’elle ne sentait pas de lien entre mon corps et ma tète. Elle me l’a dit de manière froide, désagréable et je l’ai ressenti comme un reproche ,comme si j’étais atteinte d’une tare. Que cela venait d’un manque d’effort de ma part, d’une faiblesse.Elle a tapé là ou ça fait mal très mal en moi .Enfant on ne me laissait rien faire parce que j’étais soit disant trop maladroite, on disait en riant que j’avais deux mains gauches et j’étais rongée par l’angoisse dés que quelqu’un me regardait peler un fruit ou tenter d’ouvrir une boite de conserves,  évidemment je le faisais mal. Hors, cette dame connaissait mon enfance pas cet aspect « manque de confiance en mes capacités » mais l’autre, l’obscur celui de la maltraitance physique et des abus que j’ai subi. Je suppose que cette femme sait( en bon ostéopathe digne de ce nom) ce que donnent comme séquelles sur le corps d’un enfant les intrusions ,manipulations d’un adulte malveillant et pervers.Sa réflexion n’avait rien d’horrible en soi mais elle ne l’a pas accompagné d’un conseil bienveillant je n’ai senti aucune empathie de sa part..

Je me vois encore dans ma rue après la séance ,titubante, pleine de vide(oui c’est ça exactement) tellement blessée et déprimée de ne pas avancer dans ma vie (deux ans auparavant elle m’avait fait le même coup et je m’étais promis de ne pas y retourner et puis….). J’ai souvent parlé ici de mes relations aux médecins,aux thérapeutes ,je passe le quart de ma vie avec eux ,certains deviennent presque des amis alors je leur offre des tableaux pour leur laisser quelque chose de…positif, pour signifier que j’ai apprécié leur écoute, leur travail.D’autres font froid dans le dos ,vous jugent ,vous auscultent sans empathie ,comme si vous étiez un dossier incomplet ,un cas qui fâche…D’autant que je ne me laisse pas faire ,ma relation aux médecins est parfois conflictuelle, parce que ce ne sont pas mes « parents » je ne leur dois rien ,je ne les admire pas spécialement bien qu’il puisse m’arriver de le faire, comme cette jeune psychomotricienne que je n’oublierai jamais.

Témoin cette toile qui m’a quittée, je l’aime ce tableau il est exorcisme, geste d’art thérapie: j’ai dessiné et peint des corps séparés de leur tète tout à fait consciente de chacun de mes gestes que j’estime justes pour une fois, ce qui est rare. Je ne serai jamais une athlète de haut niveau en ping-pong certes mais, j’espère continuer à dessiner ,peindre ,modeler, coudre encore très longtemps, ma tète et mon corps en ont besoin.

Monsieur Poupoute dit « the father »

à l’origine,c’etait un tableau sur mon père..qui ne me satisfaisait pas.alors 6 ans après la première partie,je l’ai continué.rien ne disparait jamais en peinture,tout vibre,couches après couches…monsieur Poupoute se tient digne ,élégant ,élancé.j’ai joué sur le fond coloré ,qui apparait sous les bandes opaques(qui font référence  aux masque Yacouba),horizontales calmes.dessous,dessus,derrière,devant,la silhouette de Poupoute se détache vertical ,cerné de noir.mix’art myrys;acrylique et collages.1997-2003

30597_mr_poupoute_the_fatherC’est toujours un peu la même chose…Une avancée lente ,par degrés un peu comme l’alpinisme,on se retrouve sur des petites plateformes rocheuses inconfortables ,bivouac,repos,reprise…La peinture ,la création c’est cela :  ce que j’essaie de montrer ici peut être de manière un peu répétitive….Comme régulièrement ,je doute de l’intérêt d’un blog de ce type ;qui s’intéresse au processus de création ? Par contre ,je sais que la misère humaine fait vendre,la mienne comme celle des autres ; je suis une candidate de choix ,je vous ai décrit mes maux en plusieurs épisodes ,les aléas des rendez vous médicaux ,les avis parfois implacables des médecins qui pensent avoir du pouvoir sur leur patient .Je vous ai parlé de ma ,de mes multiples douleurs qui font tellement parti de mon personnage que mon entourage ne considère pas  que cela puisse représenter un handicap pour moi et il parait que c’est de ma faute : j’en fais trop ,j’ai le gout de la discipline ,j’ai été élevée à la dure car « chez ces gens là monsieur,on pleure pas monsieur ,on ne dit rien ». Ce serait déplacé,impudique,égocentrique et mal élevé ; et j’ai bien compris le message. Il faut serrer les dents et ne pas geindre , un jour on meurt ,un point c’est tout.le pathos est évacué ,inexistant.Et je me retrouve ainsi à cinquante ans avec des genoux usés jusqu’à l’os (sans jeu de mots!) d’avoir marché en serrant les dents ,gonarthrose au dernier stade,en français cela veut dire plus du tout de cartilage sur les articulations ,les os se touchent .les médecins qui découvrent cela aujourd’hui me demandent tous : »mais comment faites vous pour marcher sans boiter? » « pourquoi ne pas avoir dit que vous souffriez autant? »,je suis bien incapable de donner une réponse sensée ,il n’y en a pas .je n’ai agi de cette façon que parce que j’ai été programmée ainsi pour tout supporter en silence,et ne pas en rajouter,ne pas me plaindre d’un truc « encore « en plus de tout ce que mon corps supporte déjà ;vous aviez raté l’épisode « glaucome » et bien la suite sera très excitante,pose probable d’une jolie prothèse ; je me dis que cela ne sera pas si mal en fait ,j’espère pouvoir peindre à nouveau au sol : je ne peux plus ,et l’épisode des décors m’a montré combien il m’était pénible de garder l’après midi entier la station debout pour travailler mes toiles….Je ne veux pas penser à l’intervention,à la rééducation.Je suis déjà à passer mentalement une nouvelle couche sur mes derniers tableaux,transformer mes épreuves numériques en oeuvres réelles de grand format :je l’ai fait pour les décors,c’est génial , et je vais continuer dans ce sens .

Mourir et renaitre….encore une fois,et puis quoi ?

cocon

Ka :luciole qu’on clique d’un doigt.

  Image

Retour dans l’atelier ,dans le nid…Avec une fatigue envahissante,une impression de vide qui me sont déjà connues.Même si ce que j’ai accompli n’est pas grand-chose ,pour moi c’est énorme surtout physiquement et c’est cela qui me donne des pensées noires,pesantes d’autant plus lourdes après les quelques semaines d’exaltation que j’ai vécues . Mon corps n’est pas à la hauteur de la tache que je me suis assignée et il me le rappelle insidieusement  , que c’est déprimant ; je le sais ,ce n’est pas une découverte mais à chaque fois que je me retrouve confrontée avec rudesse à mes limites corporelles ,j’enrage .Alors il me reste les quatre murs bleu gris de ma pièce ,mes rêves de projets à réaliser ,les pinceaux bien rangés,les tubes dans des boites en bois ,les toiles commencées,celles terminées roulées et posées en vrac…. Et tout l’or du monde que je possède au fond du crane .

Vivrai je assez longtemps pour accomplir ce que je désire ,trouverai je assez d’énergie pour dépasser ,outrepasser mes limites ? J’enrage et m’enroule comme un animal  sous la couette : Ka luciole qu’on clique d’un doigt.Je suis cet animal éphémère,qui brille dans son obscur lieu de désir.

 

m’aime pas…morte

le dire avec fierté , le dire avec défi.

« même pas morte… » et pourtant, toutes ces mains indigentes,  ses sourires indigestes;tout cela aurait du finir très mal.dans cette pièce obscure ,ou vous venez me lire me boire et me manger, j’aurais beaucoup à dire.

tant et tant. que le vent pourrait souffler sur la lande des années entières ,et arracher chaque branche de l’arbre effilé noir de mes souvenirs , je garde la nausée, de cette année 1989  ; de cet été pas spécialement chaud , et de ces résultats d’analyse. personne pour partager.

Reste mon seul trésor, mes couleurs et mes mots, qui valent …ce qu’ils valent qui existent  bien plus que ma chair peau.

« je me sauve qui peut ».

ne m’abandonner pas.

acrylique sur papier cartonné,marouflage d’un dessin de 1968.Mixart Myrys 2003.

Image

Quand je pense à ce dessin(dont je me suis abondamment servi en le dupliquant ,en le marouflant pour produire de nouveaux auto-portraits) ,je me dis que c’est l’auto portrait le plus vrai ;le plus puissant que je puisse faire ,il date de 1968, j’avais donc 5 ans.

J étais encore en nourrice  tarée dans l’Oise,c’était la dernière année du cauchemar « partie 1″je ne sais plus dans quelle condition j’ai fait ce graph violent et ultra expressionniste,,ce que je sais c’est que je l’ai fait chez mon arrière grand-père car ce dessin fait parti d’un lot conservé par une de mes tantes qui gardait mes dessins ,mes poèmes .Elle était , m’a t elle dit hallucinée par ma précocité et ma puissance expressive artistique…merci Geneviève ,car tu fus l’un des meilleurs tuteur pour ma résilience .je me demande si je n’y ai pas mis toute ma force créatrice là dedans ;ça a quelque chose d’horrible de dire cela 45 ans après les faits mais à cet age la , j’avais une puissance démesurée pour survivre ,pour supporter l’absence,la froideur,les oublis fréquents de ma mère (celle ci est venue ,il n’y a pas longtemps et m’a rappelée  méticuleusement avec dates à l’appui ,toutes les fois ou « on » m’a laissée dans un endroit : chacun croyant que c’était l’autre qui s’occupait de moi;elle m’a fait atrocement mal  ce dimanche là ;et a ré-ouvert une plaie qui commençait tout juste à sécher un peu …;c’est sur ça continuait à gratter mais j’étais tellement contente d’être déchargée d’un poids ; elle m’a fait mal parce qu’elle a dit ça sans y mettre vraiment d’émotion,de compassion ,juste le rappel de faits passés sans me demander comment j’avais ressenti cela ,sans se questionner sur le sens de ces « abandons » successifs…Elle a du me dire ça car elle travaille avec son neuro psychiatre et des souvenirs doivent remonter à la surface,tant mieux pour elle .Moi j’ai juste l’impression parfois d’être une poupée de chiffon inerte qu’elle pique au bon endroit pour la stimuler et la faire souffrir …sans le vouloir consciemment, c’est très dur.

Lors de ces « oublis » ,Je ne réagissais pas mal ;à ce qu’il parait ,j’étais juste là ,immobile ,tendue ,les yeux vides ,billes immenses noires et brillantes.cernes marquées du désespoir secret ,attendant le bon vouloir de ces adultes ,cette famille humiliante ,indifférente.Je suis restée cette enfant là;c’est tellement gros,c’est épuisant,j’attends toujours quelque chose qui ne vient pas ,ne viendra peut être jamais.même pas morte parce que au fond de moi déjà morte depuis longtemps.

c’est comme ça.

l’étreinte du monstre

    cette étreinte là…..pas de commentaire personnel,juste dire que l’amour vous dévore,broie vos os,,si celui qui vous aime,posséde cette âme….monstrueuse;catharsis,été 2003 ; mixart myrys.acrylique sur carton.  blog arte,printemps2007

Cette étreinte là…..pas de commentaire personnel et si justement ,avec le temps qui passe , on peut  se permettre de regarder sa vie ,les événements avec mansuétude et se sentir libérée de certaines ….aliénations. Bien sur vous pouvez à juste titre vous demander quel est exactement le statut de ce blog,carnet personnel ? port-folio de mon travail ? essais divers et variés sur le sens que l’on donner à sa vie ,ou comment traverser les épreuves en restant intègre et léger ? je ne saurai donner de réponse précise . « ici et maintenant » ,c’es ce qui m’importe car je ne sais quand ni comment la camarde m’emportera.Les médecins s’inquiètent ,s’agitent autour de moi ,essaient en vain de me faire peur en brandissant devant mon nez la menace de l’hospitalisation , de la perfusion….et je ne fais que sourire en avalant des canettes qui valent 1 steacks .la protéine »je ne sais plus quoi » manque cruellement dans mon sang ,alors me voilà qui attrape toutes les merdes virales qui se promènent,avec en prime le retour de l’asthme infantile …..et je souris ; je ne pense pas que ce soit de l’inconscience ,je sais ce qu’inconscient veut dire ,je le fus  avec intensité durant quelques années et cela m’a coûtée vraiment très cher. mais là……Non.Quelqu’un qui sublime ses douleurs en peignant peut il mourir? J’affirme sans aucune preuve autre que ma foi monstrueuse : non !

Cette étreinte….: je venais de divorcer ,je me suis lancée dans une aventure passionnelle complètement obscure , rencontre de deux êtres broyés par la vie ,deux enfants tristes dont l’un ,lui , d’une violence inouïe envers les autres  envers lui même , une violence que je partageais et qui ne me faisait pas peur .beaucoup de sexe (malgré la maladie et un traitement à l’interféron épuisant ,ce qui renforçait le coté « gore » de la relation) ,peu de respect mutuel ,des allers retours aux urgences et quelques cicatrices qui restent sur ma peau comme les preuves tangibles de nos batailles improbables .Une histoire que j’ai rayé de mes tablettes et pourtant il reste ces tableaux peints ,quelques mois après notre rupture aussi rapide que notre coup de foudre….aussi ,j’aurai beau essayer d’oublier cette période assez glauque ,la série existe ,grotesque ,caricaturale ,expressionniste ,pour me dire ,voilà  Carolina ; tu fus cette  larve  insignifiante et aimante qui esquivait avec élégance les high kicks de ce type fou furieux (c’était un boxeur thai) ,tu as laissé un amour trop calme peut être mais puissant et tendre pour « ça » et tu as payé une fois de plus au  prix fort….

Je pourrai détruire ces »preuves  » (je ne vais essayer de les vendre : qui voudrait  de ces images morbides dans son salon!!) ,mais plastiquement j’aime le rendu des matières ;la force du trait ;l’impudeur du sujet ,non  décidément,je n’ai pas envie d’effacer complètement cette courte période là ,je n’ai pas honte de mes actes,j’assume,c’est la vie qui est comme ça.

kind pijn…..air maternel

         

Je suis dans la chambre,assombrie par les rideaux orange ,j’écoute la pluie ,qui ne tombe pas.
Il y a eu une sorte de déchirure dans mon omoplate gauche ,coté coeur.une fois de plus, »elle » m’a dépouillée ,une fois de plus,de tout mon espoir.
Un mot,un geste,que j’attendrai sans fin,pardon de….il n’y aura jamais.
Combien de fois,j’ai tenté :éveiller sa conscience opaque ,obtuse. « Elle ”,lourde et sourde;meurtrie par la culpabilité….c’est ce qu’on m’a fait comprendre :tu sais ,elle est plus à plaindre que toi…..ah bon???je ne savais pas.alors c’est moi,qui doit LE FAIRE?pardon(j’ ai juste parlé de « ça » )d’être une victime vivante et insoumise.pardon. allez petite larve bouillante qui doit demander pardon.tu lui dois la vie.ta mort.
Les tempes me brûlent ;(et je hurle rageusement :pardon)mais elle n’entend pas;elle a lavé les murs de la cuisine courageusement.
elle a sali mon coeur.

(17/03/2008) à ma mère.

Comment va ma mère ?

Elle est malade,elle a de l’asthme gravement ,elle étouffe ,tousse, c’est assez effrayant surtout que je garde les yeux secs même si je fais parfaitement mon devoir de fille aînée objectivement : je l’oblige à se soigner ,voir les « bons » médecins,prendre soin d’elle ,je lui  téléphone pour avoir des nouvelles.

Je ne peux pas la prendre dans mes bras,ni lui masser les pieds comme je sais faire quand je veux être enveloppante avec quelqu’un que je sens en souffrance ou épuisée,cela ne me coûte pas

Mais elle ,non.

En fait ,c’est elle qui manque d’air ,pas moi…

 

réponse aveugle et sourde


si tu penses
que je suis d’un morceau
par pans,je m’effriterai…
dix mille gouttes subtiles ,de moi
je t’offrirai
si tu penses
que d’un silence têtu,on peut tout effacer
nos émotions muettes,nocturnes ,remplies d’apprèt.
alors , d’un pauvre rire ,pitoyable et secret
je jure ,ce sentiment opaque invisible
j’etoufferai
de mes mains ,j’écraserai cette fleur blanche ; inutile
mon regret.

carolina(apres maintes tentatives avortées…)le 14/04/07

la fente ou premier objet du délit …

 

la première fois que j’ai ouvert ce blog,le 02 avril exactement( et qui fut mis hors service quelques minutes …après le premier message),j’ai balancé cette peinture,hors contexte….sans explication,pure provoc,je l’avoue… et j’ai combattu bec et ongles contre la rédaction pour défendre mon travail ,mon nom débile,mes sujets scabreux.la suite m’a montrée que l’obstination paie :je fus souvent mise en valeur sur la plate forme d’Arte.

serie corpus doloris-instants de plaisirs.toulouse mix’art 2003.acrylique sur carton ,paillettes.une manière d’exorciser la peur?c’est un dyptique,deuxième partie demain.:pas vraiment de suspense,j’en conviens!! posté sur arte en mai 2007

 

 

 

« j’me voyais déjà »…..pauvre fille! avec le recul,cette histoire me parait un peu ridicule ,et comme j’ai un caractère réactif et colérique je l’ai pris avec force ,donnant trop d’importance à un fait assez « anodin »,n’empêche  ce n’était pas si anodin quand on pense à la manière brutale et peu respectueuse utilisée par la plate forme d’Arte pour nous virer du site.je suis tombée de haut  cela peut paraître futile mais j’y tenais à ma chambre obscure,elle participait à mon équilibre physique et psychologique précaire ,j’avais échafaudé l’objet « artistikkkbranleta » avec amour ,peut être un peu de précipitation c’est vrai mais une absolue sincérité.

toute chute doit servir à se relever en meilleur état ,plus en phase avec soi même ,cela doit aussi permettre de rabattre son caquet ,les petites prétentions stupides.cela m’a appris une chose importante ,je n’avais pas pris en compte l’aspect virtuel de ma construction ,j’élaborais une tour de sable et la vague l’emporta sans prévenir.j’aurais du m’en douter ,faire avec. maintenant ,je recommence mon tissage obsessionnel de i-Pénélope networkeuse ,cette fois ci je défais chaque nuit la conscience tranquille,je fabrique du vent ,l’aspect éphémère ,performance ,happening est pris en compte  et ça me plait drôlement cet inconfort moral; j’y puisse des forces insoupçonnées,ce travail peut disparaître demain :j’ai à nouveau un atelier « réel » ou je vais pouvoir concocter des objets « réels »;ici ,je suis un peu plus à l’abri….quoique….

le sommes nous seulement à un moment de notre vie? non.je ne me rebellerai plus contre les forces qui animent l’univers ,et nos petites vies .l’important ,c’est d’ètre en vie et de s’en rendre compte.c’est tout.29/08/12