monsieur B et mister Bop

Je pelais des betteraves du jardin hier, elles avaient cuit à la vapeur une bonne heure ,rose shocking, une odeur de terre sensuelle…Comme toujours lorsque je fais quelque chose de concret mes pensées voguaient dans des zones informes, nuageuses.Je me suis dit coupant en tranches fines les légumes juteux, qu’il fallait que je termine cet épisode malheureux( les rêves d’outremer) par un texte qui me rendrait la légèreté ,mon optimisme désespéré.

Alors je commence par le début. C’était il y a 4 ans, j’allais régulièrement à Bordeaux pour voir une thérapeute assez….atypique kinésiologue, ostéopathe, et d’autres choses moins catholiques.De cette thérapie échevelée et mystique je suis sortie épuisée ,amaigrie mais « mieux » croyez moi je ne suis pas masochiste ni suffisamment faible pour tomber entre les mains d’un gourou même femelle! J’ai été puisée mes forces dans des zones lointaines qui me semblaient inaccessibles.C’est à ce moment que j’ai commencé à m’intéresser au chamanisme ,aux lois de la Nature j’y ai laissé dix kilos de petite graisse médicamenteuse .Je ne sais pas ou j’ai été les chercher…Avant mon rendez vous mensuel j’avais pour habitude d’aller avaler une merde au macdo du coin de la rue sainte Catherine, mais ce jour là (un jour d’hiver glacial) j’ai décidé de manger un bon bol de soupe brulante au fast-food chinois de la place saint Projet. En fin de repas, avant de retourner dans le froid j’ai sorti un bouquin (impossible de me souvenir du titre c’était sur le thème des relations entre les hommes et les femmes mais ce n’était pas le best-seller « mars et vénus »…j’ai mes limites en psychologie de bazar.) J ‘étais complètement prise par ma lecture, par mes rêve, un homme d’age un peu plus que mur est venu s’assoir en face de moi, j’ai relevé la tète surprise et pas vraiment enchantée:  je déteste les dragueurs de fastfood chinois, je déteste qu’on me dérange quand je lis. Je croyais que mon armure d’invisibilité était suffisamment au point,ce jour là il faut croire que non. Ce monsieur que nous nommerons Monsieur B fut affable, pas trop lourd, il a attaqué juste là ou je baignais cette année là : dans le  grand lac mystique.Il était bavard, possédait une voix jeune par rapport à son physique,il m’a parlé d’un tas de trucs dont je ne me souviens plus son débit était rapide j’étais fascinée par les colliers en or qu’il arborait sur son pull d’hiver en laine, je me souviens surtout de son discours sur les hommes, sur les femmes combien les hommes étaient faibles, machos,nuls combien les femmes étaient fortes, belles ,inspirantes et  meilleures que les hommes (en voix off je me marrais bien je connais trop bien ces types qui disent adoooorer les Femmes en dénigrant leur propre sexe, je m’en méfie et ne crois pas un instant ce discours grossier et simpliste) mais j’écoutais poliment, amusée de parler à un inconnu, c’était sans importance léger comme des nouilles chinoises baignant dans leur jus pale.Je lui ai parlé de ma quête artistique ,toute ma vie bla bla et il a voulu avoir l’adresse de mon blog, à l’époque je m’étais inscrite pour un concours avec Arte je lui ai proposé ce lien pour qu’il puisse voir mon travail.Il m’a dit qu’il était ostéopathe en Guadeloupe(il se trouve que ce n’est pas le métier affiché avec le résultat de l’enquête googueule de mon Chéridoux ….Qu’il avait de l’influence(???) et voulait me faire exposer là-bas(en voix off, oui c’est ça et mon père c’est Nelson Mandela )….J’avais rendez vous je suis partie intriguée, j’ai dit intriguée pas séduite.Cela faisait écho à ce que me servait comme sauce ma thérapeute: les signes, le cosmos tout ça, la Guadeloupe pourquoi pas…Quelques mails ont été échangé puis Francis a commencé à voir rouge ,il est jaloux mon amoureux :- » mais qui c’est ce type qui veut te faire exposer en Guadeloupe? Hein c’est quoi cette histoire? »

Silence total de Monsieur B pendant 3 ans, oubli de ce Monsieur dans les limbes de ma mémoire cosmique.

Septembre 2014, je reçois un mail fort intriguant, par le biais d’un des blogs ou l’on peut me contacter. C’est un autre Monsieur, nous l’appellerons Mister Bop; ce Mister Bop affichedit qu’il aime beaucoup mon travail et voudrait me faire exposer…en Guadeloupe, il tient une galerie associative; je ne  réponds pas tout de suite,et de manière laconique méfiante.Je suis étonnée tout de même, un peu flattée aussi, je ne vais pas vous mentir.J’en parle à mon conjoint qui grogne un -« encore la Guadeloupe ,c’est pas vrai c’est qui ce mec, un rasta ? » Je suis vexée de ne pas susciter l’enthousiasme, je me referme comme une huître snob. Les mois passent , je renâcle à donner des infos, je n’ai pas vraiment confiance et puis, je reçois un mail de Monsieur B qui me dit :-« c’est moi tu te souviens ,c’est moi qui suis derrière « le projet  » avec mon association culturelle tu peux foncer », »Je ne t’ai plus donné de nouvelles car j’avais une expo pour toi il y a quelques années hélas c’était un arnaqueur je ne voulais pas t’embarquer dans quelque chose qui puisse te porter tort, mais cette fois-ci j’ai confiance tu peux venir en toute sécurité »….Bon dieu je suis moins dans le champs mystique ces temps ci ,d’accord je pratique l’abstraction méditative, les signes qui m’intéressent sont ceux que je trace patiemment tous les soirs sur le papier…Tout de même c’est fort. Je tombe des nues. Je fonce comme un bélier de mars, ça ne peut être que le destin, je tiens le bon bout après toutes ces décennies de travail ,de questionnement,de peurs,de désespoir,de découragement…L’enthousiasme m’envahit et comme ce n’est pas souvent je perds certainement un part de mon discernement naturel un peu comme quand on tombe amoureux, c’est génial.

La suite ? Je me mets à travailler sur le projet, je trouve le culot d’écrire à ma hiérarchie pour avoir un congé extraordinaire afin de partir au vernissage de mon exposition début septembre, les dessins s’accumulent, les mails se succèdent montrant des incohérences, des choses que je ne veux pas voir et je crois toujours que c’est monsieur B qui pilote l’avion, ce qui n’est pas le cas du tout…..J’ai confiance en cet homme j’ai eu tort je le reconnais aujourd’hui. Francis me met en garde de manière maladroite en m’imaginant mule de la drogue, enlevée par des indépendantistes (ma voix off me dit que Francis commence vraiment à me  pomper l’air pour rester polie), je préfère en rire mais finalement ce discours anxiogène produit son effet sur le long terme comme une infection virale à retardement.

La semaine dernière, coup de théâtre d’une pièce de vaudeville finalement assez succulente (moins que mes chips de betteraves du jardin servies avec des travers de porc grillé ,un régal).Mister Bop s’est beaucoup investi, a trouvé des sponsors pour payer mon voyage; une chambre d’hôtel magnifique m’attend, une voiture avec chauffeur ….Je caresse mon rêve avec précaution comme si je tenais une bombe qui allait péter d’un moment à l’autre.Boum, ça arrive… Monsieur B m’envoie un mail laconique qui dit en substance de le rappeler au plus vite (j’ai de la sueur entre les omoplates et ce n’est pas à cause de la chaleur). Ce coup de fil je m’en rappellerais  toute ma vie ,mon rêve doré s’écroule sur pièce :

-« et donc nous avons décidé de nous désengager du projet »…

Ils (les personnes de l’association de monsieur B) ont lâché l’affaire, ils ont laissé travailler Mister Bop qui est en vrai pragmatique, a pris le contrôle total dans l’histoire, monsieur B me dit des trucs vraiment pas smart sur Mister Bop (tiens son avis a radicalement changé,pourquoi?) ,ces mots je ne les retranscrirai pas…De plus monsieur B débite ses phrases de manière rapide, il en dit trop, sur les « nègres cannibales », (Frantz Fanon utilise ce terme mais au second degré justement pour en montrer le mécanisme de la haine de soi, thème récurrent chez les antillais, je ne vais pas développer ici ,je vous conseille de lire « peau noire ,masques blancs » ) . Monsieur B dit que nous les métis sauveurs du monde (pour rappeler les termes de la conférence à laquelle je devais assister?) sommes une sorte d’élite. Je n’entends plus rien qu’un brouhaha, mais j’entends scander ce mot infâme  : »nègre ,nègre ,nègre cannibale » ,je pense à mon Père que je respecte infiniment, à ce continent affligé par de multiples plaies aux cours des siècles.Ce » petit blanc »(allez je me mets au niveau!) m’insulte, il insulte l’homme dans sa globalité car nous sommes tous nègres, nous sommes tous métis (merci Alain Giorgetti mon ami d’avoir éclairé ma lanterne!),c’est ce que j’étais entrain d’écrire dans mon texte de préparation à la conférence, complètement à l’opposé de cet horrible discours élitiste qui était sensé me flatter…Je suppose, comme  devait me séduire la théorie douteuse sur la prétendue supériorité des femmes, merveilles de la nature ….Tout s’éclaira, non :tout devint obscur, lourd, gras dans ma tète. J’avais envie de vomir. J’ai quand même trouvé l’énergie de lui dire qu’il insultait mon père qui était noir. Après j’ai cessé d’écouter,  j’avais pris ma décision : ne pas m’engager plus avant dans ce guêpier. En tant que mère, en tant que malade, en tant que moi tout court au risque de vexer et d’anéantir le travail de Mister Bop qui me semble bien être le dindon de la farce dans cette histoire burlesque et ridicule.

J’espère avoir pris la décision la plus sage ,la plus réfléchie même si mon deuxième moi « punk not dead » me traite de lâche.Le monde est grand j’aimerais bien exposer en Ariège
….par exemple.

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Partir….ou survivre à Louise B

mais qui a dit que c’était mourir un peu…..je pars la flamme au cœur,la tète farcie de projets ,de folie et d’ombres familières,tout le tralala qu’on trimballe mais qui semble d’un coup si léger;
Louise,je voulais te dire,tu m’as tellement donné que je n’ai rien pu entreprendre,de ta féminité rayonnante.j’ai courbé l’échine ,portant ton poids d’or et de soie;mon moi,ratatiné,honteux d’oser « moi aussi » malgré toi, m’exposer aux yeux,tu sais :leurs yeux….
maintenant,je relève la tête,ébroue ma chevelure,je peux fondre mon ambre ,qui glisse entre les seins,mon opulence existe ,toi tu existes,j’aimerais poser ma tète sur un coussin brodé,susurrer de mots ,et torpiller ton âme,toi,madame,qui joue gros,bel et bien;je t’aime,m’épanouit dans tes creux,petite fille,porteuse de fruits.
Louise,tu souris? 2008 toulouse

n° 10 série 3BTu peux sourire Louise,  toi dans la baie des anges …….Moi sur terre reprenant la corde,le pinceau ,le feutre exutoire ,je dessine tous les soirs Louise ,tu entends;je ne m’arrêterai plus…..j’espère. 2014 perdue dans le sauternais

dessin aux feutres ,aquarelle et pastels gras;n°10 de la série 3B daté du 05/04/14 bon dieu il est tout frais!

D’un bleu…..

 

D’un bleu obscur et fort ,ce bleu m’a fendu l’Âme ,il y a 40 ans ,au musée avec l’école,la nuit étoilée de Van Gogh ,l’église d’Auvers sur Oise pour moi la petite fille aux yeux noirs, juste pour moi….

 

Et je suis restée accrochée à  sa force ,au bord du gouffre.Toute ma vie était là ,dans ce carré bleu hurlant de solitude,d’amour fou;la petite fille arrimée à cette teinte outrageuse,généreuse : l’outremer.

avec un nom comme ça…j’aurais embrassé la maitresse,la peinture elle aussi elle l’aimait.

 

Je le voulais ce bleu,pour moi ,sur mes doigts ,mes pinceaux ,au fond de mes yeux ,dans mon âme aussi. Partout. Pour toujours.

 

La couleur seule dirige toute ma vie.

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autoportrait en petite ogresse assassine sur fond bleu.

bio?

Il faut simplement que je sauve ma peau ;

Il est derrière cette porte ,va rentrer et essayer de me toucher un sein ,j’ai mon grand couteau ,une lame brillante ,incisive : mon poing. 

 

 

 

Ce matin là je suis née ,je l’ai frappé violemment au visage ,la mâchoire fracassée ,mes réveils sont devenus paisibles ,quel age  ? quel age avais tu ? 14 ou 16 ans……Je ne sais plus.

 

 

 

 

 

Mode d’action :La limace (ou l’escargot) ingère le produit qui agit comme un coupe faim et bloque le système de mastication. La limace se retire pour mourir dans son nid  (mars 2010)

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C’est un article du deuxième blog ,le kamera obskura toujours sur la plate forme d’Arte .

En relisant ce texte qui est très obscur c’est vrai ! Je me rends compte du chemin parcouru depuis le blog précédent . J’ai dessiné cette esquisse numérique sans réfléchir et puis j’y ai posé mes mots ,il se trouve que ce j’y voyais  dans cette esquisse crépusculaire  c’était une lame alors j’ai brodé sur « ça »  ,sur « lui », sur ce qui aurait pu me détruire et qui ne l’a pas fait bien au contraire ….Je peux vous expliquer le titre si vous voulez ? Bio comme biologique ,comme traitement biologique ce que n’est pas le produit qui tue les escargots dont je parle en dernière partie…Vous me suivez.

Je commence à accepter de me considérer comme une artiste surréaliste voir complétement dada ,une femme qui s’accroche à son cerveau comme ultime bien personnel .Mes seins tombent ,mes joues s’affaissent ,mes cheveux blanchissent mais j’ai comme l’impression que mon cerveau lui  ,recèle des trésors qui n’ont pas fini de m’être utile dans La grande lutte .

Ce produit pas du tout bio ,celui qui détruit les bébêtes baveuses adoratrices de jeunes pousses , effrayant dans son mode d’action m’a rappelé la manière dont je me suis recroquevillée en gardant la tète haute (je sais c’est difficile à imaginer !) ,résistant de manière obtuse , contre cet homme qui partageait la vie de ma mère,qui mélangeait admiration et envie d’humilier….

Il se trouve que j’ai eu le dernier mot ,sans aucune violence,sans procès….

Il se trouve que je suis fière de moi  et que j’aime beaucoup cette esquisse ( je dis rarement ce genre de choses à propos de mon travail )  parce qu’elle est profonde ,expressive et suave . Elle contient toute ma souffrance et mon courage ,ma pugnacité et mes rêves veloutés de couleur. J ‘abandonne de plus en plus le figuré pour l’abstrait ,ce travail de 2010 est précurseur de ce dont j’ai envie là maintenant ,ce dont j’ai besoin pour être « heureuse »….  enfin , encore faudra t il que je sorte de mes adipocytes sur fond outremer .

 

Nicht Noch Sein : moi cela me suffit.

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« j’aime les multiples portraits,cela ressemble plus à la réalité,la mienne,j’ai un visage mobile,grimacier,je tord la bouche en parlant,balaie d’un geste brusque les propos que je tiens,comme si moi mème ,je n’y croyais pas……des facettes qui brillent ou des trous noirs obscurs,rien au milieu,jamais. »

(décembre 2007,blog artistikkbranleta1,sur arteblog défunt)

C’est encore vrai aujourd’hui ,comme quoi certaines choses durent,s’incrustent….s’éternisent ;Je fus diagnostiquée bi polaire il y a deux ans de cela ,une nouvelle analyse infirme ce diagnostic.N’empêche cela m’arrange bien ,je suis donc pas bi polaire mais multiple ,j’ai devant moi tous les possibles ,rien ne peut freiner ma colère ,mon empathie pour le monde,mes terreurs secrètes,mon gout de la solitude solaire…. : « ka ailes » ,l’autoportrait bien nommé  car aujourd’hui comme demain chers docteurs ,jamais vous ne m’enfermerez dans une case.

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de la série « kitchen paintings »,un tableau sur bois,acryliques,et vernis.2007. thème tant aimé:le corps;le corps féminin,mon corps .

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Il fait chaud , bien à l’abri dans l’atelier , j’ai pioché ce travail qui ne m’appartient plus .Je l’ai offert à Émilie.il convient bien à ce jour d’ombres et de lumière.

Nous pourrions convoquer la représentation du corps féminin qui m’obsède depuis longtemps mais que j’ai abandonnée au profit de l’invention de corps,improbables, multiforme,asexués,mes bitteballerina,nicht ,noch sein ,qui va dans le sens d’une peur de la représentation de ce qui existe,de mon envie de liberté ,de ma fascination pour le monstre en soi.Malgré tout ,le corps continue de me tenailler ,de m’empoigner la tripe ,il est là toujours ,je suis un corps .Quelle relation avez vous avec votre première maison,votre havre ou votre enfer? Quelle relation avez vous avec le corps de l’Autre ,des autres ,de la foule ce grand corps amorphe et parfois hystérique qui moi ,me terrorise;le corpus ,l’objet…..Au Japon ,il y a très peu de représentation du corps dans son entier et pourquoi ?Et qu’indique cette obsession du corps parfait ,lisse ,sans poil ,en creux,dominé,asservi qui peuple nos magazines ,hantent la tète des petites filles (la mienne m’a dit détester ses cuisses qu’elle trouve  : »grosses et répugnantes « ,elle a neuf ans….).Toutes ces questions……J’ai faim!

Je suis partie en vacances à Biscarosse entre mer et lacs d’eau douce.cela faisait longtemps que cela n’était pas arrivé et j’en ai vu des corps , presque nus .J’aime décidément les corps pour ce qu’ils sont,les bourrelets,les petits ventres d’enfants,les poils qui s’échappent,les peaux de toutes nuances,tartinées d’ huile solaire,ensablées ;Mais je me suis éloignée de ma vieille attirance pour la première fois…. : j’ai dessiné sur le motif des pins aux troncs mauves dans la lumière  enflammée de fin de journée ,j’ai essayé de capter l’âme des lieux,la structure presque géométrique ,de ces landes que j’affectionne ou j’aimerais finir mes jours,chauffer mes « vieux » os (ce vœu date de 1986 ,un jour  avec mes potes on est partis boire du blanc et bouffer des huitres à Gujean- Mestras ,je leur ai dit ça ,ils m’ont traitée de pauvre folle :penser à ses vieux jours pendant ces folles années ,c’était presque….provocateur et risible , mais je n’ai pas peur du ridicule et je suis tenace dans mes désirs,très tenace).Oui , il se passe vraiment des choses dans ma vie d’embryon d’artiste,dessiner est pour moi difficile ,cerner le trait ,le contour des choses,discriminer,tracer; et j’y suis arrivé ,même si ces quelques croquis ne valent pas un kopek ,pour moi ils signifient l’espoir,l’ouverture,le renouveau ,l’enchantement devant le monde(c’est beau un paysage….c’est une fenêtre ouverte…..) je n’ai pas fini avec tout ça,les perspectives s’étirent à l’infini ,nicht ,noch sein…..nicht noch sein,le plus longtemps possible!

work in progress

je commençais à me faire une place à mix ‘art myrys….c’etait l’automne,le père de ma future fille prend ce cliché de mauvaise qualité mais tellement spontané,ce que je peux montrer de meilleur(concernant ce que je suis).quand je peins,il n’y a aucune souffrance ,mon esprit est absorbé ,il dévale des collines de candeur ,je parle toute seule ,je ris et gigote comme une enfant(je bosse toujours en musique)..;c’est très proche de l’extase,du lacher prise cher aux arts martiaux ,à l’esprit extrème- oriental;que j’aime tant.

je me suis interdit de créer certaines periodes de ma vie ,involontairement,je souhaite que cela n’arrive plus,c’est trop dur,trop vide,trop le néant.je vous souhaite de cultiver une part de vous qui virevolte,qui vous echappe un peu,qui vient de tres loin,et qui sera toujours là.artistique ou pas…qu’importe.
et si ma couleur dominante est le noir ,elle porte quand mème la vie….ne pas se fier aux apparences(ressaisis toi,peins plus gai,je fais ce que je peux, d’ailleurs le pastel peut receler d’infinies  creux de souffrance,pour moi la mort c’est du blanc…..(bones)je suis la peintre du bonheur parce que je suis.tout simplement. automne 2003(blog artistikkkbranleta1 ,ARTE )

29780_doc0004Cette scène date de 2003 . J’habitais Toulouse et revenait d’une longue période très noire,très douloureuse ;Une fois de plus la peinture ,la création en général fut là pour me sauver la vie. Aujourd’hui  dix ans après ce cliché , je me retrouve dans mon nouvel atelier un peu esseulée certes mais tissant un nouveau réseau sur le Sauternais…le premier gala a eu lieu dans la belle ville de Bazas ,cela s’est bien passé ,les retours ont été excellents .Je suis toujours surprise du changement de regard des « gens » sur moi lorsque je fais la démonstration de mon travail….Comme si ils se mettaient à me « voir » vraiment,comme si je m’incarnais grâce à mes travaux.ma chair serait elle mêlée à ce point à la cause artistique ,que sans cet appui j’ai la sensation d’être invisible ,inodore,sans saveur.Dans la vie ,je suis plutôt timide ,je parle peu de ce que je fais ou alors mal ,de ce que j’aime …Pas par modestie non simplement par pudeur.J’ai toujours détesté les « grandes gueules » qui vous en mettent plein la vue sur eux ,leurs œuvres ,leurs projets ,leur génie méconnu .Je côtoie ce type humain depuis les beaux arts et , je me suis toujours juré de ne pas ressembler à ce cliché , mais peut être que l’effacement n’est pas non plus une bonne posture…;alors, je découvre un entre-deux qui me plait : s’imposer discrètement avec ténacité en ravalant cet orgueil stupide qui conduit à l’isolement….Cet isolement , je n’en veux plus.C’est aussi pour cela que je suis ici…;et ailleurs sur le net, eldorado des coincé(e)s et des timides comme moi !

 

internet ou comment se mettre en valeur bien à l’abri derrière son écran!

Le rève fondateur

je suis rentrée de mon petit voyage, remplie de l’œuvre de Louise bourgeois,que je connaissais…mais très superficiellement en fait;le choc fut violent;je digère pour le moment,je vous en parlerai dans quelques temps,d’abord écrire,rêver et surtout me servir de mes mains,tisser mon fil subtil,solide,translucide.Louise…
aussi,après quelques poste « paresseux »(merci Alphonse de me le rappeler!) : difficile de travailler loin de sa tanière,je voudrai revenir au début.tout au début était le couple de mes parents ,un noir ,une blanche et bien d’autres contrastes encore;le fruit ,c’est moi.un fruit qui pousse tout seul,parce qu’isolé volontairement;un fruit au gout différent qui se vit mal.je n’ai pas connu mon père;il est resté présent,toujours,en moi,malgré moi.longtemps contre moi.le fruit se croit blanc,il ne l’est pas ,il est perçu noir,il ne l’est pas.cassure,rupture,bascule,seul l’alcool fait le lien,…et le reste;le fruit veut tomber vite de l’arbre,pourrir,s’annihiler,violemment.
oui mais voilà toi le fruit ,tu descends d’un arbre solide(gouessé),juste que tu ne le sais pas.en 1994,j’ai 31 ans,j’attends mon père ,encore.il meurt brutalement ,sans me prévenir .la souffrance fait pousser un cri rauque,animal,dépouillé,glaçant.je ne  me souviens de rien d’autre.je suis morte avec lui:pour renaitre,entière.
voici le texte du rêve que j’ai fait quelques jours après son décès.de ce texte,j’ai puisé la force,le sens de ma vie,croyez le ou non,c’est la stricte vérité.
le rêve fondateur : »c’est dans la forêt,une forêt touffue,et sombre.je vois encore les troncs noirs,il y a des personnages,ça chuchote,ça bouge;je crois qu’il y a mon père.il me commande d’enfourcher un grand cheval,absolument rouge;j’ai peur,m’agrippe et pars vers une nuée,vers la lumière.ni cauchemar,ni rêve conte de fée.pure poésie.maintenant je sais pourquoi je peins…

36517_le_reve_fondateur« extrait du carnet de bord;19/08/1994.

Je n’ai pas de nécessité particulière à ajouter trop de mots à ce post tiré d’un rêve fait quelques jours après la mort de mon père…En ce moment ,je peins de grandes toiles pour le décor.Saskia et Francis viennent voir le travail qui avance…. »il » m’a dit qu’il était fier de moi (silence) ,je suis très troublée de savoir que je vais me retrouver sur une scène avec ma propre fille.Qui aurait penser cela en aout 1994?Dans l’émotion pure,dans le rêve absolu ,dans l’amour de vivre,dans le désir ,dans le partage…..Voilà ou je me trouve en ce jour de Mai  2013  ,je suis tellement peu « habituée » à cet état de grâce que je flotte , remplie  de douleurs ,les genoux,les mains , et surtout les doigts. Mais cela ne m’empêche absolument pas de creuser pour chercher mon énergie et avancer…..Comme  j’aime ce rêve noir ,rouge et bleu offert par ma tribu Dan , comme j’aime ce père qui chemine dans mes gènes,et m’anime ……éblouissement fugace ,vertigineux mais bien réel.qu’importe le temps qu’il fait ,mon cœur est comme un soleil….

ma petite 2

le regard intérieur,celui qu’on ne contrôle pas;le dessin automatique permet cela.je cherche non pas la beauté mais l’authenticité du trait.technique: stylo bille fin  noir,été 2008.

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J’aime beaucoup ce dessin,oui c’est un vrai dessin fait à la plume sur un papier grainé qui sent si bon; il fait parti de la série des petites filles intérieures dont j’ai déjà parlé ici ; j’ai effectué cette série en pleine « non maitrise » de moi même et pour mon plus grand bien. Je cherche toujours à comprendre ce qui se passe autour de moi ,en moi ,dans la tète des autres,dans ce vaste monde…Jusqu’à l’épuisement moral ,et je ne trouve jamais de réponse définitive , parce que c’est tout simplement impossible de trouver « une » réponse satisfaisante  qui apaise.C’ est irréaliste , d’une envergure encyclopédique et totalitaire impitoyable.Je suis fatiguée en ce moment ,des coups de semonce inattendus et brutaux qui m’empêchent d’aller aussi vite que je voudrais dans la réalisation d’un projet actuel qui me réchauffe le cœur et l’âme  : je dois faire un décor pour le gala de danse de Saskia;ce sera aux Carmes ,Annick son professeur est une  femme belle ,passionnée aux yeux rêveurs parfois un peu tristes ,elle engage toute son énergie pour que les « filles » vivent une expérience unique ,une expérience réellement artistique et  exigeante ; il y a deux ans ,j’y suis allée en tant que spectatrice émue , j’ai été « bluffée » par la mise en scène ,les chorégraphies ,le sens du spectacle et le rayonnement d’Annick qui sait tirer des « petites » le meilleur d’elles mêmes ( gage d’un professeur qui aime sa matière,qui aime ses élèves,les respectent)…

Cette année le thème c’ est :  « les histoires d’amour » ,vaste thème qui au début m’a plus affolée qu’autre chose et franchement ne m’inspirait pas grand-chose….de manière picturale.  Saskia danse avec Suzanne un jazz endiablé sur »les histoires d’amour » de Rita Mitsouko et moi je fais les décors !!Des tableaux emblématiques de l’amour repris, transformés,cachés sous un voile,je viendrai sur scène pour couvrir et découvrir un à un  les travaux qui correspondent au tableau de danse du moment ;cela fait tant d’années que je n’ai pas foulé du pied la scène,que j’aime plus que tout.Là  mes douleurs ,mes fièvres s’évanouissent,là , je respire la poussière avec bonheur ,isolée dans la lumière et pourtant jamais si proche de ma vie qu’à cet endroit imaginaire ,improbable… dans ce halo cru ,ce faisceau blanc qui nous » révèle » avec tant de bonheur ; j’ai du mal à dormir  parce que j’ai peur , peur de ne pas être à la hauteur ,d’être hors sujet,de décevoir la confiance totale d’Annick envers moi .Me voilà acculée à « faire » , »produire » « montrer »;me « montrer »sans pouvoir fuir,repousser,oublier,dormir. »un autre jour peut être? » (la fameuse stratégie du poulpe ka ….pufff disparue derrière mon nuage opaque encré!)

Ma petite 2…ambivalente comme je le suis parfois ,planquée noire au fond de mes entrailles ,à coté de mon foie gros ,noir ….noir comme la moitié de moi même ,et l’autre partie blanche,lisse comme morte,plus écartelée que jamais entre mes origines,mes valeurs,mes angoisses secrètes .

La scène va tout mélanger,tout prendre,tout restituer .Nos couleurs ,nos peaux dans une gestuelle gracile ,endiablée.Oui…; la scène est  l’un des seuls endroits ou je suis « une » et indivisible ».

 » Regardez moi  »  disais je , sur le blog artistikkbranleta 1 d’Arte…

Regardez moi .Je suis en Vie.