foi

J’ai abandonné ce blog  mais il continue à vivre sa petite vie avec quelques visites par semaine. C’est peu mais c’est juste ce qu’il me faut.J’avais un grand chantier cette année et cette période restera ancrée en moi de manière profonde. Sans mettre de mots précis sur mes maux je vous ai déjà dit que j’étais atteinte de deux maladies graves.Je suis guérie de l’une des deux, vous avez bien lu : guérie.

Hosanna

Après un moment de stupeur et d’incrédulité j’ai enfin réalisé ce qui m’arrivait. Il est donc écrit quelque part que je devais vivre le pire et le meilleur. Je ne connais pas l’entre deux ,le juste milieu, le fade, l’ordinaire, l’ennuyeux. C’est un fait c ‘est comme ça et cela me va très bien. Je disais donc que j’ai abandonné ce blog mais pas pour autant la création ni l’écriture . Je dirai même que je suis plus créative que je ne l’ai jamais été … Cela part un peu dans tous les sens (en apparence) mais ça avance doucement. Ce que je n’écris pas ici je le note dans mes différents carnets, des petits, des grands,un magnifique que m’a offert Francis pour Noel en cuir brun avec des feuilles faites au Tibet. J’ai moins l’envie de partager mes recherches. D’un coup cela m’a paru vain, pécher en haute mer cela a quelque chose d’épuisant : cette immensité…et vous avec votre petit filet minuscule quelle chance avez vous de récolter un gros « poisson »?

Je devais me concentrer sur mon traitement sur mon corps, ne surtout pas m’éparpiller. C’est vraiment un tendance forte chez moi, j’ai trop d’idées j’en dors mal la nuit et si je dois dire tout ce qui me passe par la tète ,expliquer tous mes projets en cours et ceux qui sont sous forme de croquis ou texte dans mes carnets je vais paraître vraiment comme quelqu’un de dilettante et fantasque, pas comme une véritable « artiste » qui travaille dur pour mener à bien ses différents projets.

J’ai passé pas mal de temps à la confection de dessins en noir et blanc pour un projet de fanzine avec un ami, mais cela n’a débouché sur rien dommage parce que j’y ai mis beaucoup d’énergie.

j’ai commencé à coudre des petites entités « magiques » que j’ai mise en vente sur « Etsy » et « Littlemarket « mais cela n’a séduit personne en tout cas pas au point de m’en commander une et de l’acheter…Alors j’ai arrêté pour l’instant ayant tout de même en cours 4 petites poupées fétiches avec une tète en argile.

Actuellement je suis entrain de faire des pièces de tissus peintes brodées qui serviront d’ornements pour des travaux futurs, j’adore coudre, tailler dans le tissu, broder.Cela m’apporte une grande sérénité et me permet de me reconnecter avec mes racines profondes notamment Marie Blanche la couturière modiste talentueuse qui fut ma tri aïeule.D’un autre coté j’ai été sollicité par un ami poète Régis Roux pour accompagner son travail sur le minéral. Il se promène et ramasse des galets  les mollasses de Gallaure, il les dépoussière et les photographie c’est une quête presque mystique solitaire. De mon coté j’essaie de donner une représentation plastique de sa démarche, lui  écrira des textes lorsque j’aurais terminé mes dessins.De cela je reparlerai bientôt.

Pour finir,  je continue ou plutôt je reprends un « vieux » projet laissé en suspens, j’en ai déjà parlé ici: Pixel bleu . Je sens vraiment que je tiens là quelque chose d’important pour moi. Je juge cette série en cours (une grosse vingtaine de travaux ) tout à fait cohérente avec tout ce que j’ai pu exprimer ici, sur le deuil, mon gout pour l’organique, mon amour fou de la peinture et de la vie. Cette série est dans l’esprit du « nicht-noch-sein » qui a commencé avec une toile qui s’appelle « c’est arrivé tout seul » ici:c’est arrivé tout seul

. Le texte fondateur du Nicht Noch Sein ici : nns.

Je rangeais mon atelier et  j’ai sorti tous les tableaux se rapportant à ce projet, j’ai décidé de ne plus le lâcher, de le finir.

C’est vraiment un travail de série  avec toujours les mêmes « ingrédients » et différentes variations .Les fonds sont tous bleu outremer mâtiné de bleu cobalt en aplats très lisses.Ce fond n’en est pas un en fait parce qu’il entoure la forme qui est faite indépendamment.Des formes aléatoires, molles, » poulpes », morceaux de chair occupent l’espace de manière plus ou moins importantes.Ces silhouettes non figuratives sont le sujet de cette série .Elles sont peintes en nuances très subtiles et délicates de tons de roses passant du nacré bleuté jusqu’au orangé violacé.Mon but est de créer des fenêtres sur mon univers intérieur qui s’articule en transcendance (le bleu) et la chair incarnée.C’est avant tout un travail de passage entre le monde des vivants et celui des morts en l’occurrence mon ami Pixel parti trop tôt. Celui ci créait des petites échelles en fer argenté qui étaient sensées nous amener dans l’inconnu.

Qu’est ce qui fait le sens de cette série?

Voilà ce que j’ai écrit  dans mon carnet , en date du 08/08/16 : « Je suis partie d’un sentiment, d’une couleur, d’une absence cruelle. Bleu pour l’infini , chair rose du corps de Pixel. Quand j’ai commencé cette série j’étais sans filet, sans fil directeur sans savoir ou j’allais. Sur le fond intense qui sera  uni et brillant grâce à de bonnes couches de vernis, une forme flotte s’inscrit fluctuante, molle, découpée comme un corps improbable sur le fond bleu.Forcément je ne peux pas m’empêcher de penser aux anges et aux cieux azurés des tableaux anciens de la Renaissance.Que symbolise cette forme pour moi? Elle est le signe de vie, une vie moléculaire peu élaborée mais en constante évolution.

Cette forme aux teintes chairs devient intrigante par sa répétition sur chaque toile, forme « rejouée »comme une note obsédante mais jamais identique comme si la série pouvait durer toute une vie.Cette forme organique est « le motif » de mon travail.

Par là même, je cherche à évacuer le souci narratif. En laissant la « bulle rose » faire son travail de captation du regard j’espère attirer le regard du futur spectateur.

Elle est molle ma forme et rose, un peu tentaculaire dans certains tableaux , il y a forcément quelque chose du sexe (masculin et féminin). On peut discerner une certaine angoisse qui se cache derrière les aplats bleus intenses et ces formes roses évanescentes. Rose et bleu….La fille et le garçon. Rose comme l’iconique rose de la peau du cochon (qui n’est pas si rose que ça dans la réalité), ce rose donne un coté un peu mièvre, il y a de la joliesse, du caricaturalement « féminin », du callipyge, de la graisse qui s’élève comme poussée par l’espoir. Il y a du désir de la Chair. Bleu comme l’éther sans nuage, comme un monochrome d’Yves Klein, le bleu d’une mer méditerranée sans vague, du bleu de vitrail gothique vibrant de lumière, bleu comme la transcendance, bleu utilisé comme l’or des icônes  ..

La forme rose et dégoulinante comme la représentation de l’inconscient sur ce fond bleu sec, lisse sans faille comme représentation du surmoi. »

Je ressens un immense bien être à peindre cette série qui était au départ une forme « d’ hommage » et qui devient pour moi un véritable Manifeste.Le Nicht Noch Sein m’obsède. J’ai besoin de cette notion de « non forme », de « non fini ».La notion de perfectionnement possible me laisse un espoir, une ouverture, une place pour mes rêves.

Si j’arrive à peindre ce que je sens, j’aimerais que cette série fonctionne comme une projection de l’inconscient du regardeur.

Sera t il séduit, sera t il ennuyé par cette répétition, sera t il dégoûté au fond de lui, se laissera t il emporté par mes formes jusqu’à laisser flotter son esprit …? J’ appelle cette forme de peinture « l’abstraction méditative » cela peut paraître pompeux, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour expliquer ma démarche.

Voilà, ce n’est pas parce que l’on entre en silence qu’on devient inexistant. Ma prochaine « épreuve », croire suffisamment en moi, faire sauter les verrous de mes vieilles croyances et démarcher pour présenter ces travaux quelque part hors du ventre de la maison.

J’ai très mal au dos, parce que j’ai très peur…de m’exposer au Monde avec ce que cela implique de possibilité de rejet ,d’incompréhension, de jugement.J’ai peur de me donner une valeur parce que même si mes écrits semblent me représenter comme une personne sure d’elle …C’est tout le contraire ma petite fille intérieure hurle encore que je ne suis rien, que je ne vaux rien.

abc

Fragments,corps

C’est l’un des premiers boulots,que j’ai considéré avec un peu de plaisir.j’ai utilisé comme technique l’acrylique,le pastel gras,le fusain,en guise de pinceaux,des branches d’arbres fines.Ce travail parle de la partie,du tout..Du corps,corps de l’œuvre(un peu malmené, avec des gestes violents j’ai froissé le papier kraft ,scarifications dans le papier avec outils aléatoires).Paris (travail de  prépa au Capes, 1996).

fragments corpsJe ne possède plus ce tableau, je ne l’ai pas vendu je l’ai offert à l’une des thérapeutes qui m’a suivie un moment. Et ce choix n’est pas du tout anodin….La thérapeute en question est psychomotricienne et j’ai fait un beau travail avec elle, j’aurais bien continué mais elle a déménagé à Bordeaux c’est devenu compliqué, la vie… »Fragments corps » ou l’histoire de ma carcasse indocile et morcelée.J’ai longtemps eu l’impression d’avoir mon corps d’un coté et ma tète (lourde ,lourde la tète) de l’autre.Pourtant cela ne peut être qu’une impression parce que mon système nerveux fonctionne parfaitement et si je peux dessiner de manière précise y compris de la main gauche alors que je suis droitière c’est bien que les connexions sont fiables et efficaces.Non je dis ça parce qu’autant avec cette femme jeune brillante et généreuse j’ai accompli un travail porteur et riche autant une ostéopathe que j’ai vu il y a quelques mois m’a cassée « en deux » (si je puis dire!) en me disant sans ambages qu’elle ne sentait pas de lien entre mon corps et ma tète. Elle me l’a dit de manière froide, désagréable et je l’ai ressenti comme un reproche ,comme si j’étais atteinte d’une tare. Que cela venait d’un manque d’effort de ma part, d’une faiblesse.Elle a tapé là ou ça fait mal très mal en moi .Enfant on ne me laissait rien faire parce que j’étais soit disant trop maladroite, on disait en riant que j’avais deux mains gauches et j’étais rongée par l’angoisse dés que quelqu’un me regardait peler un fruit ou tenter d’ouvrir une boite de conserves,  évidemment je le faisais mal. Hors, cette dame connaissait mon enfance pas cet aspect « manque de confiance en mes capacités » mais l’autre, l’obscur celui de la maltraitance physique et des abus que j’ai subi. Je suppose que cette femme sait( en bon ostéopathe digne de ce nom) ce que donnent comme séquelles sur le corps d’un enfant les intrusions ,manipulations d’un adulte malveillant et pervers.Sa réflexion n’avait rien d’horrible en soi mais elle ne l’a pas accompagné d’un conseil bienveillant je n’ai senti aucune empathie de sa part..

Je me vois encore dans ma rue après la séance ,titubante, pleine de vide(oui c’est ça exactement) tellement blessée et déprimée de ne pas avancer dans ma vie (deux ans auparavant elle m’avait fait le même coup et je m’étais promis de ne pas y retourner et puis….). J’ai souvent parlé ici de mes relations aux médecins,aux thérapeutes ,je passe le quart de ma vie avec eux ,certains deviennent presque des amis alors je leur offre des tableaux pour leur laisser quelque chose de…positif, pour signifier que j’ai apprécié leur écoute, leur travail.D’autres font froid dans le dos ,vous jugent ,vous auscultent sans empathie ,comme si vous étiez un dossier incomplet ,un cas qui fâche…D’autant que je ne me laisse pas faire ,ma relation aux médecins est parfois conflictuelle, parce que ce ne sont pas mes « parents » je ne leur dois rien ,je ne les admire pas spécialement bien qu’il puisse m’arriver de le faire, comme cette jeune psychomotricienne que je n’oublierai jamais.

Témoin cette toile qui m’a quittée, je l’aime ce tableau il est exorcisme, geste d’art thérapie: j’ai dessiné et peint des corps séparés de leur tète tout à fait consciente de chacun de mes gestes que j’estime justes pour une fois, ce qui est rare. Je ne serai jamais une athlète de haut niveau en ping-pong certes mais, j’espère continuer à dessiner ,peindre ,modeler, coudre encore très longtemps, ma tète et mon corps en ont besoin.

Femme,corps

de la série « kitchen paintings »,un tableau sur bois,acryliques,et vernis.2007. thème tant aimé:le corps;le corps féminin,mon corps .

25985_femme_corps

Il fait chaud , bien à l’abri dans l’atelier , j’ai pioché ce travail qui ne m’appartient plus .Je l’ai offert à Émilie.il convient bien à ce jour d’ombres et de lumière.

Nous pourrions convoquer la représentation du corps féminin qui m’obsède depuis longtemps mais que j’ai abandonnée au profit de l’invention de corps,improbables, multiforme,asexués,mes bitteballerina,nicht ,noch sein ,qui va dans le sens d’une peur de la représentation de ce qui existe,de mon envie de liberté ,de ma fascination pour le monstre en soi.Malgré tout ,le corps continue de me tenailler ,de m’empoigner la tripe ,il est là toujours ,je suis un corps .Quelle relation avez vous avec votre première maison,votre havre ou votre enfer? Quelle relation avez vous avec le corps de l’Autre ,des autres ,de la foule ce grand corps amorphe et parfois hystérique qui moi ,me terrorise;le corpus ,l’objet…..Au Japon ,il y a très peu de représentation du corps dans son entier et pourquoi ?Et qu’indique cette obsession du corps parfait ,lisse ,sans poil ,en creux,dominé,asservi qui peuple nos magazines ,hantent la tète des petites filles (la mienne m’a dit détester ses cuisses qu’elle trouve  : »grosses et répugnantes « ,elle a neuf ans….).Toutes ces questions……J’ai faim!

Je suis partie en vacances à Biscarosse entre mer et lacs d’eau douce.cela faisait longtemps que cela n’était pas arrivé et j’en ai vu des corps , presque nus .J’aime décidément les corps pour ce qu’ils sont,les bourrelets,les petits ventres d’enfants,les poils qui s’échappent,les peaux de toutes nuances,tartinées d’ huile solaire,ensablées ;Mais je me suis éloignée de ma vieille attirance pour la première fois…. : j’ai dessiné sur le motif des pins aux troncs mauves dans la lumière  enflammée de fin de journée ,j’ai essayé de capter l’âme des lieux,la structure presque géométrique ,de ces landes que j’affectionne ou j’aimerais finir mes jours,chauffer mes « vieux » os (ce vœu date de 1986 ,un jour  avec mes potes on est partis boire du blanc et bouffer des huitres à Gujean- Mestras ,je leur ai dit ça ,ils m’ont traitée de pauvre folle :penser à ses vieux jours pendant ces folles années ,c’était presque….provocateur et risible , mais je n’ai pas peur du ridicule et je suis tenace dans mes désirs,très tenace).Oui , il se passe vraiment des choses dans ma vie d’embryon d’artiste,dessiner est pour moi difficile ,cerner le trait ,le contour des choses,discriminer,tracer; et j’y suis arrivé ,même si ces quelques croquis ne valent pas un kopek ,pour moi ils signifient l’espoir,l’ouverture,le renouveau ,l’enchantement devant le monde(c’est beau un paysage….c’est une fenêtre ouverte…..) je n’ai pas fini avec tout ça,les perspectives s’étirent à l’infini ,nicht ,noch sein…..nicht noch sein,le plus longtemps possible!

Monsieur Poupoute dit « the father »

à l’origine,c’etait un tableau sur mon père..qui ne me satisfaisait pas.alors 6 ans après la première partie,je l’ai continué.rien ne disparait jamais en peinture,tout vibre,couches après couches…monsieur Poupoute se tient digne ,élégant ,élancé.j’ai joué sur le fond coloré ,qui apparait sous les bandes opaques(qui font référence  aux masque Yacouba),horizontales calmes.dessous,dessus,derrière,devant,la silhouette de Poupoute se détache vertical ,cerné de noir.mix’art myrys;acrylique et collages.1997-2003

30597_mr_poupoute_the_fatherC’est toujours un peu la même chose…Une avancée lente ,par degrés un peu comme l’alpinisme,on se retrouve sur des petites plateformes rocheuses inconfortables ,bivouac,repos,reprise…La peinture ,la création c’est cela :  ce que j’essaie de montrer ici peut être de manière un peu répétitive….Comme régulièrement ,je doute de l’intérêt d’un blog de ce type ;qui s’intéresse au processus de création ? Par contre ,je sais que la misère humaine fait vendre,la mienne comme celle des autres ; je suis une candidate de choix ,je vous ai décrit mes maux en plusieurs épisodes ,les aléas des rendez vous médicaux ,les avis parfois implacables des médecins qui pensent avoir du pouvoir sur leur patient .Je vous ai parlé de ma ,de mes multiples douleurs qui font tellement parti de mon personnage que mon entourage ne considère pas  que cela puisse représenter un handicap pour moi et il parait que c’est de ma faute : j’en fais trop ,j’ai le gout de la discipline ,j’ai été élevée à la dure car « chez ces gens là monsieur,on pleure pas monsieur ,on ne dit rien ». Ce serait déplacé,impudique,égocentrique et mal élevé ; et j’ai bien compris le message. Il faut serrer les dents et ne pas geindre , un jour on meurt ,un point c’est tout.le pathos est évacué ,inexistant.Et je me retrouve ainsi à cinquante ans avec des genoux usés jusqu’à l’os (sans jeu de mots!) d’avoir marché en serrant les dents ,gonarthrose au dernier stade,en français cela veut dire plus du tout de cartilage sur les articulations ,les os se touchent .les médecins qui découvrent cela aujourd’hui me demandent tous : »mais comment faites vous pour marcher sans boiter? » « pourquoi ne pas avoir dit que vous souffriez autant? »,je suis bien incapable de donner une réponse sensée ,il n’y en a pas .je n’ai agi de cette façon que parce que j’ai été programmée ainsi pour tout supporter en silence,et ne pas en rajouter,ne pas me plaindre d’un truc « encore « en plus de tout ce que mon corps supporte déjà ;vous aviez raté l’épisode « glaucome » et bien la suite sera très excitante,pose probable d’une jolie prothèse ; je me dis que cela ne sera pas si mal en fait ,j’espère pouvoir peindre à nouveau au sol : je ne peux plus ,et l’épisode des décors m’a montré combien il m’était pénible de garder l’après midi entier la station debout pour travailler mes toiles….Je ne veux pas penser à l’intervention,à la rééducation.Je suis déjà à passer mentalement une nouvelle couche sur mes derniers tableaux,transformer mes épreuves numériques en oeuvres réelles de grand format :je l’ai fait pour les décors,c’est génial , et je vais continuer dans ce sens .

Mourir et renaitre….encore une fois,et puis quoi ?

Rèverie marine d’Utamaro

J’etais,je suis tjs folle de japon,celui que je lis surtout,celui que je rève,bien sur…..cette toile est l’une de mes premières 1986 ,j’aime toujours autant les estampes…le monde flottant,le monde flottant,oui,c’est ça.

reveriemarine

Je ne considère pas cette pochade comme un travail abouti ;il est fait sur du papier très fin éffiloché avec le temps .je faisais à l’époque un gros mémoire sur l’érotisme japonais ,passant des heures dans l’ambiance chaude de la bibliothèque des beaux arts :pas d’internet à cette époque « lointaine »?.j’avais choisi ce théme par pure passion,je me suis engouffrée dans ce monde flottant jusqu’à changer physiquement ,je ne lisais que des romans japonais (d’ailleurs je ne lis quasiment toujours que de la littérature japonaise) .j’ai acheté des kimonos authentiques à une étudiante japonaise y passant l’argent de nourriture pour ma semaine ;la soie chatoyante important plus pour moi que les substrats essentiels à ma survie. engagée dans la quète déraisonnable et obsessionnelle d’un monde fuyant ,bourré de clichés à démonter,de découvertes qui me bouleversaient .j’ai donc « copié » Utamaro.j’ai choisi cette estampe particulièrement symbolique d’une vision décomplexée de la sexualité ,de l’aspect terrifique de nos fantasmes enfouis représentés ici par des monstres marins très avantageusement dotés par la nature ;j’aime encore aujourd’hui ce contraste entre le visage ovale ,lunaire quasiment inexpresssif voir réveur de la jeune fille contemplant l’eau limpide du ruisseau qui cache sous la surface tranquille ce monde marin ,fluctuant,liquide ,obscure  dans lequels s’ébattent  des créatures inhumaines  qui ,rageusement  prennent le double éffarouché de la jeune fille alanguie sur la berge .exprimant la violence des pulsions primaires ,une sensualité brutale ,animale ,vorace…
on ne voit pas très bien les détails mais autour de la scène de viol à demi consenti nagent des petits poissons furtifs et curieux ….cette note d’humour dédramatise l’aspect sadique de la scène.ainsi en est il de la vision du sexe au japon.j’y ai puisé beaucoup d’énergie , de désirs ,d’inspiration.
ps :vous observerez que la jeune fille est quasiment nue,c’est un fait assez rare pour ètre noté.la nudité n’est pas un facteur érotique au japon.le morcellement de la chair aperçue entre deux étoffes précieuses provoque beaucoup plus d’émoi…

« les amants » série kitchen paintings

ma palette est limitée ,douce,je découvre la nuance,le glacis sert à cette moelleuse matiére,comme un réve,à peine
désiré..(acrylique sur bois) petit format  printemps 2007

ce tableau de poche ,je l’ai offert au professeur de danse de ma fille.enfin je crois ,j’ai un tel « foutraque » dans mes boulots…en ce moment je ressors tout et comme chaque fois ,la démarche sera , »est » la suivante , je trie  :

-ce que je garde et considère « fini »(voilà une notion dont il faudra reparler ici).

-ce que je recouvre rageusement me disant que ce qui est dessous existe et donnera du corps à ce que je vais peindre dessus aujourd’hui ;

-ce que je prélève (j’adore ça) , je laisse le « fond » et je continue mon travail en profitant des couches successives et bien sèches ,une forme de  renaissance pour le tableau qui dormait poussièreux dans le garage ou dehors abandonné,il doit se dire  : »ah ,je ne suis pas  terminé ,elle m’aime encore ,elle m’améliore ? »…bien sur ,qu’il pense , »il » est corpus ,non?

– ce que je recoupe ,retaille ,détaille ,démantèle pour faire d’une grande toile moche ,plusieurs « petits » peut être plus réussis….récupération,évolution.

-et puis bien sur ,les » vrais » nouveaux dont je choisis amoureusement le support ,caressant ,la toile de lin effilochée,parfois brodée,le morceau de bois flotté ,la coupe de bois marine  ,le kraft rassurant ,qui crisse solide et souple et  que l’on peut travailler comme une peau quasi humaine.

voilà ,il y a de l’exaltation dans l’air ,je ne le vous cache pas! pour ce qui est de la technique du glacis que je découvrais avec délice en 2007 ,et bien je suis en plein dedans( et ce qui amusant c’est que j’ai eu cette envie avant de relire ce post vieux de 2007 ).Pourquoi ? parce que le tableau émerge lentement ,couches fines ,après couches fines ,délicates les nuances brillent et l’oeuvre prend toute sa profondeur grâce à cette technique; et c’est aussi  pour moi ,un hommage aux anciens ,que j’ai dans la tète en permanence,sachant que je n’invente rien ,je ne suis que le produit d’une longue recherche des artistes depuis des siècles,je m’intègre en douceur ,en essayant d’y mettre ma patte de chatte sensuelle,mon âme qui brûle toujours d’un seul feu.

jamais autant  en Vie qu’aujourd’hui.

l’étreinte du monstre

    cette étreinte là…..pas de commentaire personnel,juste dire que l’amour vous dévore,broie vos os,,si celui qui vous aime,posséde cette âme….monstrueuse;catharsis,été 2003 ; mixart myrys.acrylique sur carton.  blog arte,printemps2007

Cette étreinte là…..pas de commentaire personnel et si justement ,avec le temps qui passe , on peut  se permettre de regarder sa vie ,les événements avec mansuétude et se sentir libérée de certaines ….aliénations. Bien sur vous pouvez à juste titre vous demander quel est exactement le statut de ce blog,carnet personnel ? port-folio de mon travail ? essais divers et variés sur le sens que l’on donner à sa vie ,ou comment traverser les épreuves en restant intègre et léger ? je ne saurai donner de réponse précise . « ici et maintenant » ,c’es ce qui m’importe car je ne sais quand ni comment la camarde m’emportera.Les médecins s’inquiètent ,s’agitent autour de moi ,essaient en vain de me faire peur en brandissant devant mon nez la menace de l’hospitalisation , de la perfusion….et je ne fais que sourire en avalant des canettes qui valent 1 steacks .la protéine »je ne sais plus quoi » manque cruellement dans mon sang ,alors me voilà qui attrape toutes les merdes virales qui se promènent,avec en prime le retour de l’asthme infantile …..et je souris ; je ne pense pas que ce soit de l’inconscience ,je sais ce qu’inconscient veut dire ,je le fus  avec intensité durant quelques années et cela m’a coûtée vraiment très cher. mais là……Non.Quelqu’un qui sublime ses douleurs en peignant peut il mourir? J’affirme sans aucune preuve autre que ma foi monstrueuse : non !

Cette étreinte….: je venais de divorcer ,je me suis lancée dans une aventure passionnelle complètement obscure , rencontre de deux êtres broyés par la vie ,deux enfants tristes dont l’un ,lui , d’une violence inouïe envers les autres  envers lui même , une violence que je partageais et qui ne me faisait pas peur .beaucoup de sexe (malgré la maladie et un traitement à l’interféron épuisant ,ce qui renforçait le coté « gore » de la relation) ,peu de respect mutuel ,des allers retours aux urgences et quelques cicatrices qui restent sur ma peau comme les preuves tangibles de nos batailles improbables .Une histoire que j’ai rayé de mes tablettes et pourtant il reste ces tableaux peints ,quelques mois après notre rupture aussi rapide que notre coup de foudre….aussi ,j’aurai beau essayer d’oublier cette période assez glauque ,la série existe ,grotesque ,caricaturale ,expressionniste ,pour me dire ,voilà  Carolina ; tu fus cette  larve  insignifiante et aimante qui esquivait avec élégance les high kicks de ce type fou furieux (c’était un boxeur thai) ,tu as laissé un amour trop calme peut être mais puissant et tendre pour « ça » et tu as payé une fois de plus au  prix fort….

Je pourrai détruire ces »preuves  » (je ne vais essayer de les vendre : qui voudrait  de ces images morbides dans son salon!!) ,mais plastiquement j’aime le rendu des matières ;la force du trait ;l’impudeur du sujet ,non  décidément,je n’ai pas envie d’effacer complètement cette courte période là ,je n’ai pas honte de mes actes,j’assume,c’est la vie qui est comme ça.

monsieur poupoute en musicothérapie

 

un autre travail mème pas sec…de ma dernière série « entrain de se faire »,kitchen paintings..;ou l’art de continuer à travailler alors qu’on a pas un espace à soi,ben quand il faut….la cuisine s’est pas si mal.acrylique et collage sur bois.petit format, 2007.

Commentaires(du blog arte)

1 – Le 15/05/2007 à 17:54, par mb

« je ne sais pas qui vous êtes mais merci d’exister »

2 – Le 16/05/2007 à 13:58, par carolina

« c’est mon premier commentaire,d’une personne qui m’est inconnue,sur ce blog;alors à mon tour de vous remercier,moins seule,…..tjs avec sincérité,je continuerai,bien à vous carolina »
mon blog commençait à prendre son envol ,cela me donnait beaucoup d’énergie et puis ce premier commentaire ,tant attendu….parce que bien sur lorsqu’on crée ,ou écrit ,l’attente d’une critique est là sous-jacente ;celui qui dit ne travailler que pour lui….j’ai du mal à le croire . peut être avec un ego délesté des besoins superficiels de reconnaissance ? en effet ,les moines tibétains que j’ai regardé des heures durant à la Villette ,exécutant un immense mandala de sables colorés , ne semblaient pas s’inquiéter d’une quelconque notoriété ; leur acte semblait si juste ,si dénué de désir ,ils étaient juste « là »maintenant ,faisant ce geste difficile de laisser doucement couler le sable du cône en une arabesque fine et précise ,les jambes repliées , toute la journée ,concentrés……
pour ma part ,je n’ai pas acquis cette sagesse là ,je ne suis qu’une femme assoiffée de lumière ,de fureur et d’amour.
PS :j’ai remarqué que certaines personnes signalent aimer tel article ou tel autre… ils sont tous issus de la blogosphère wordpress .je voulais leur dire que personnellement je fais  rarement cette démarche  parce que je vais peu consulter les blogs des autres ,en général…..paradoxe ? et , je refuse d’ indiquer en passant vite fait que « j’aime » ou répandre une prose étourdie et superficielle simplement par correction (je te rends la monnaie de ta pièce),ou pour me faire de la publicité (vous êtes venus sur mon blog ,je suis venue sur le votre et ainsi de suite…),alors que je sais pertinemment que c’est un procédé très utilisé ,il ne me convient pas .je marche au coup de coeur ,et surtout il me faut  du temps ,ce qui n’arrive quasiment…..jamais ; le peu que j’ai  pour moi ,(en tant que femme qui travaille , tient sa maison-c’est ridicule de dire ça  mais les femmes « en général » me comprendront-….s’occupe de son enfant et se soigne notamment par de fréquentes périodes de repos obligatoires: mon purgatoire),je le consacre à écrire « mes » textes ou produire du matériel plastique ,donc acte…..je ne suis ni mondanités ni petits fours dans le réel comme dans le virtuel!
je lis les textes de monsieur galibert avec délice ,mais il me faudrait une heure entière pour prétendre répondre de manière décente à ses textes percutants…..alors ,je m’abstiens.

monsieur poupoute aveuglé par l’amour

ou monsieur poupoute les yeux bandés,ce qui revient au meme,cet aveuglement ,meme lui l’a connu,ah oui,je vous présente poupoute man,il s’est invité tout seul dans mes toiles à partir de 2002,on cohabite,il est pas chiant,tantot femme ,tantot homme,des fois les deux;souvent il pousse un cri d’effroi,;mais il peut aussi etre facetieux,cruel ou…amoureux;un poupoute quoi…(acrylique,techniques mixtes sur bois doré)

ce fantôme ou signe pictural est donc venu sans aucune intention de ma part,je peux dire que chez moi ,l’inconscient ne se terre jamais trop profond ,il est là ,il suffit que je lâche prise;et c’est certainement la raison pour laquelle j’ai tant peur de replonger le pinceau dans la couleur ….qui sait quel cadavre puant ,je vais faire sortir du placard…..je n’en sais rien.

nicht-noch-sein.