de la lumière à la matière

Depuis que je suis petite (je crois que je vous parle souvent de mon enfance….elle fut douloureuse mais riche d’émotions qui me forgent aujourd’hui un mental fort et des goûts très précis) j’aime entrer dans les églises ,pour la pénombre , pour la lumière colorée qui se dégage des vitraux.Je trouve cette qualité lumineuse unique ,elle incendie le cœur et l’ame .Il suffit que je ferme les yeux pour ressentir le bleu des cathédrales unique ,intense que j’ai retrouvé dans la peinture de Van Gogh et dans les monochromes d’Yves Klein….

Mais je n’ai jamais beaucoup peint en bleu avant que mon ami Pixel nous quitte me laissant en héritage la charge de faire vibrer « le bleu ».Et quel plaisir c’est une couleur qui se raconte mal ,qui se vit…En peinture elle peut rayonner ,vibrer  elle reste toutefois matérielle,matière ,couche lisse aussi lisse soit elle cette couche jamais elle n’atteindra les sommets d’incandescence qui lui offre le verre serti de plomb des vitraux.

Et puis il y a eu l’avènement du numérique…. Je m’y suis mise dans les années 2000.Timidement avec une petite tablette de base Wacom et mon premier Mac.Cela tombait bien je n’avais plus d’espace ou installer mon matériel. La peinture numérique ne sent rien ,on n’a pas besoin de nettoyer les pinceaux ,ni de faire sécher les toiles.Tout était dans le ventre de Mac et bien vite dans un disque dur externe parce qu’on ne sait jamais ce que vous réserve un ordinateur même si l’on en prend soin avec amour.J’ai très vite repéré la qualité unique des couleurs électriques  et surtout celle du bleu.J’ai alors entrepris ma première série numérique , elle est composée d’ogresses qui dévorent leur amant,de « nicht noch sein  » improbables ,de formes molles et organiques qui m’attirent depuis » c’est arrivé tout seul » en 1995.J’ai exposé ces « œuvres » sur mes deux blogs d’Arte, artistikkkbranleta et kamera obskura.C’était pour moi à ce moment là , la meilleure façon de les montrer.J’ai considéré ces deux blogs comme une expérience unique de partage dans l’immédiateté d’un médium fluide ,volatile ,électrique ,j’avais une sensation d’excitation très particulière dans cet échange rapide, fulgurant, parfois émouvant.J’ai rencontré la plupart des amis virtuels que j’ai encore à ce jour…Depuis je continue à entrer régulièrement en relation avec d’autres artistes ,des écrivains ,des danseuses.L’internet a favorisé cette ouverture sur le monde j’avais trouvé ma « fenêtre »…pas comme dans la vraie vie.

Le maître mot de l’art numérique est je pense l’interaction , l’échange…Je ne suis hélas pas du tout professionnelle en matière de technologie et cela me frustre beaucoup de ne pas savoir faire de la programmation en Pure data. Du coup je me sens ridicule et complètement « old school » dans ce milieu au jargon tout de même un peu…opaque pour un débutant ou un ignorante comme moi. Alors que faire rester dans la grotte comme d’habitude ou essayer d’imposer mes vues ,celle d’une personne mure nourrie au biberon des beaux arts avec croquis ,dessin,perspective ,peinture ,matière ,contrastes ,volumes et plus encore, une personne qui saisirait l’outil numérique presqu’à rebours en se l’appropriant de manière tout à fait « classique » c’est à dire qui prend son stylet pour un pinceau !!! Qui fait des boulots qu’on pourrait qualifier d’expressionnisme numérique. Pas de bol l’expressionnisme est passé de mode depuis longtemps et moi j’en rajoute une couche en utilisant ce « style » avec les outils du troisième millénaire. Je fais ce que je peux mais je n’ai pas dit mon dernier mot dans ce domaine en vérité le Pure data m’intéresse beaucoup et l’interactivité qui ouvrirait une fenêtre de plus dans mon univers me fait de plus en plus rêver, pour l’instant le dialogue que j’ai avec mes différentes machines me plait énormément.En attendant je travaille sagement mes  fichiers numériques de plus en plus vite en postant de manière quasi instantanée sur mon smartphone et ça me plait.D’un autre coté je reproduis les fichiers que je préfère en moyen format sur papier à l’acrylique pour donner une autre version des faits une version concrète ,ensuite il est encore possible de travailler des détails pour « s’enfoncer » dans l’image…Dans une exposition future mon but serait de montrer les images sur moniteur ,peut – être en créant un vrai « faux blog » pour cela, que les visiteurs pourraient consulter chez eux, avoir envie de venir voir les versions peintes et s’immerger dans un bain de lumière offert par la  projection des fichiers à travers l’espace?? Tout reste à construire et à conceptualiser de manière un peu sérieuse mais je trouve l’idée séduisante, ajoutez à cela la possibilité de tirer gratuitement des copies de mes fichiers au moins le jour du vernissage pour offrir des épreuves des sus dits fichiers et l’on a une réflexion qui s’articule autour du statut de l’oeuvre en ce début de 21 ème siècle…

Je ne sais pas, mais je cherche…

Ci joint trois versions de « SuperMOM » version papier non terminée(format raisin),version smartphone,et version originale fait avec sumopaint ,logiciel en ligne celui ci est l’original…

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Amourette?

« De ses chairs molles, j’ai taillé un quartier avec ma belle cisaille, j’ai ri aux éclats et je me suis sauvée ».

Le 17/03/2011 à 14:27 sur le blog kamera obskura, Arte.

 

En ce moment je reprends cette série numérique faite entre 2009  et 2011 pour le blog kamera obskura sur Arte.Je savais bien que ces boulots serviraient à autre chose qu’illustrer des posts… Je prends un grand plaisir à projeter en grand sur le papier ces images, je trace leurs contours au crayon puis je repasse sur ces contours un cerne noir ,j’établis une ambiance colorée de manière libre puis j’éteins le vidéoprojecteur et je me lance.Encore une nouvelle manière de procéder en me servant de traits anciens faits avec la tablette graphique(donc avec ma main libre de faire ce qu’elle voulait), le changement d’échelle apporte quelque chose qui me fait sourire je n’arriverai jamais à vraiment grandir bon sang.Travailler avec ce « pattern » est rassurant et libérateur ,il y a forcément des formes nouvelles qui émergent comme si le dessin numérique explosait sur le support tangible, il passe du statut d’image éthérée à celui de tableau unique concret il entre dans le réel. Ce système de poupées russes me convient et j’ai des idées qui fusent en pleine nuit à ce sujet, je me fais violence pour ne pas me relever!

J’imagine déjà l’exposition des deux voir trois versions d’un même fichier numérique celui ci flottant comme un ectoplasme sur le mur blanc du lieu d’exposition accompagné d’une voix grave la mienne créant du coup un espace d’art total ou le spectateur pourra s’immerger complètement.Je parle au futur ,proche ou lointain cela n’a pas d’importance,j’aime m’imaginer ce que sera demain tout en travaillant aujourd’hui…

C’est  pas grand-chose ,c’est ce que j’ai à offrir au Monde….

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autoportrait.2

Je n’ai pas de mots qui sortent de la bouche.

Je suis rentrée dans mon hiver, dans la grotte profonde de l’ogresse, dans une période de travail et de solitude. La solitude je la connais, elle fait intiment partie de moi, de mes cellules. Nous devons tous s’y confronter un jour ou l’autre et même,  ne plus compter sur « l’autre », celui qu’on prenait pour l’alter ego. Il n’y a pas d’alter ego il n’y a que soi.

Le regard interrogateur et câlin  que je posais si souvent sur moi-même à travers la cérémonie du miroir n’est plus, à quoi bon faire le détail systématique des traces provoquées par le Temps?  Du temps qui passe j’en ai déjà parlé ici et ailleurs… Il vous dépouille tranquillement et vous laisse sur le sol face à vos contradictions, vos erreurs, vos peines.Le Temps fut très longtemps un ennemi pour moi, contre lequel je luttais (encore une année de gagnée sur..) tant et plus que je suis arrivée à 52 ans sans m’en être rendue compte et de l’automne d’une vie que je ne croyais jamais connaitre à grande vitesse je m’approche.Je suis prête finalement car de mon enveloppe corporelle qui fut désirée, malaxée, aimée je me détache sans encombre .Ouf je ne serai donc pas ce genre de femme qui ne savent ni ne peuvent  vieillir sans souffrir courant sans fin contre le ravage des années, qui marque son empreinte sur le visage sur le corps, de manière impitoyable mais… juste. Mieux vaut plier comme le roseau et accepter l’inéluctable, en essayant de changer de rôle, en essayant de changer de point de vue.Finalement ce n’est pas si difficile.

C’est ce que j’ai cherché à évoquer avec cet autoportrait qui s’enfonce au plus vif de la chair apparente et fuyante jusqu’aux traces que j’ai laissé sur la « toile » , mes mots s’impriment sur la peau fragmentée, tachée de noir comme les évocations du néant qui parfois m’envahissent, tachée de lumière celle que je recueille dans mon isolement, dans le silence de la création quotidienne, acharnée. Non je n’arrêterai pas de dessiner,d’écrire ,de coudre ,de rêver et de peindre. J’aime de plus en plus mes mains qui fidèles ouvrières sont toujours là pour répondre à mes demandes. Elles s’activent parfois douloureuses et un peu « tordues » comme de vieilles branches, qu’importe : elles sont mon trésor.

Je ne dirai plus : »regardez moi » mais….

…..regardez juste un peu ce que je fais.BIB

 

étreinte violette

etreinte violette

ils sont debouts?en apesanteur,ils sont enlacés,leurs corps ondulent,,ne faire qu’un….juste pour une fois,se laisser remplir,depasser,entièrement,libres et fiers,amants..12/08/2007.

Encore une étreinte,elle est un peu atypique,mais y a t il des étreintes typiques ?cette question vous renverra forcément à des pratiques toutes personnelles ;je ne demande pas de réponse et dans mon impudeur globale ,je suis quelqu’un qui cache et sauvegarde l’essentiel farouchement ,qui a accès à ma tanière? personne .je voudrai juste vous parler de cet objet numérique ,ce travail qui fut si long à accepter ,alors que des toiles croulent derrière chaque porte et que je les reconnais comme miennes sans effort ,mes premiers enfants avant la venue de saskia.ces fichiers ,ils n’ont pas « d’existence » et , longtemps cela m’a posé problème ,question ;je me demandais mème si j’avais réellement une vie artistique et créative . pourtant le résultat est là intangible ,vibrant ,troublant ,electrique ,il vit grace à des ondes , ces ondes que nous ne maitrisons pas vraiment qui détruisent…….peut ètre nos cerveaux ,les spermatozoides de monsieur….c’est donc un art neuf ,sans passé,sans futur?

Je trouve cela plutot excitant pour ma part,bien sur je n’ai pas l’impression de faire la révolution non ,je ne suis pas cubiste et je ne déconstruis rien, l’art est déjà mort deux fois?mais je suis à l’aise dans ce dispositif particulier : créer d’une manière assez « conventionnelle » : traits ,graphismes,vibrations,taches ,recouvrements,surfaces délimitées ,fond ,forme et sujet récurrent pour la série….mais avec un outil complètement neuf qui m’échappe et me mène par le bout du nez pour mon grand plaisir….

Etreinte violette comme le ciel d’une tombée de jour , comme l’amour en douce c’est la fin de cycle ,l’amour mur comme le fruit dans la corbeille flamande ,à la limite du pourrissement ,gorgé de sucs ,poisseux.étreinte debout comme une part d’ivresse sensuelle ,je me raccroche à toi ,tu me saisis une mèche de cheveux emmèlée par la danse de nos  corps secs et tendus ;debouts ,et bientot couchés entre mille coussins ,le rire aux lèvres  ; le sexe à l’heure bleue;celle qui précède la pénombre ,l’obscurité,l’oubli…

quelle importance?

Image

regard 1

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le regard de l’autre….insoutenable,bouleversant,intimidant,mon energie perçue immediatement,se perdre dans ses yeux,les miens comme deux lacs sombres,mais tranquilles. juillet  2007.

 

Rien à rajouter d’un point de vue du texte.concernant la technique numérique je la trouve assez forte , dans l’expression , cette tendresse serpentine qui lie deux amants ,l’un face à l’autre ; je peins à nouveau depuis un mois ,et je me rends compte que je ne peins plus exactement comme « avant » d’avoir tenu un stylet  : les étendues à explorer sont immenses ,désertiques,silencieuses,elles me comblent parce que je sais aujourd’hui que je n’atteindrai jamais mon but ultime ,la terrifiante et fabuleuse autre rive….c’est tout simplement parce que ce but,m’échappe sans cesse ,je ne le maitrise pas.je souhaite à quiconque de ressentir au plus profond de soi cette liberté…

impasse

 

je collecte les petits graffitis anonymes,les traces laissées par le temps,les hommes.IL disait :avant de pretendre à devenir peintre,regarde le ciel,regarde les vieux murs,il y a tout dedans…

blog arte ,printemps 2007.

À l’époque ou j’ai commencé ce blog sur « Arte » ,j’avais déjà une certaine expérience dans le domaine.par le biais d’un blog assez populaire sur une plate-forme qui a complétement changé de politique mais qui fut l’espace de quelques mois ,une vraie ruche artistique c’était en 2006 ,c’était sur « wat ».j’y ai connu plusieurs artiste avec lesquels je suis restée en relation ,encore aujourd’hui , 6 ans après ; et j’y ai rencontré mon conjoint actuel qui avait un blog style « carnet de voyageur  -20 ans entre l’Afrique et la France » il m’avait séduite et interpellée ,moi  » l’africaine   » qui n’a jamais mis le pied sur la terre-Père…Ensuite , »wat »est devenu commercial ,tout a explosé et la ruche s’est éparpillée dans la toile immense. Je suis partie sur « art-blog »,j’aimais bien l’interface ,j’y ai fait mes premières « armes » de blogueuse en travaillant un peu plus l’écriture ,la présentation ,la cohérence des posts….mais j’ai vite été lassée par l’aspect trop « communautaire » dont je vous ai parlé dans un post précédent….: cette infernale danse de séduction mercantile qui prend d’ailleurs un temps fou , m’a saoulée mais d’une force ; dans la vraie vie , je suis une louve .c’est vrai ,je l’avoue si je croise une connaissance et que ce n’est pas un « bon  » jour pour moi ,je vais l’éviter subtilement,me disperser ,disparaître comme un poulpe qui lance son nuage d’encre noire! Je déteste sourire quand j’en ai pas envie ,répondre « oui ,oui ,ça va » parce que c’est ce que la personne en face de moi veut entendre et parler du beau temps qui n’est plus comme il était ,et cette pluie mon dieu que c’est déprimant….bref.difficile pour moi d’avoir des relations sociales de « convenance » : (j’ai eu une enfance totalement coupée de mes congénères du même âge,ceci doit en partie expliquer cela). je sais ,c’est la vie ,on ne peut pas toujours briller et partager des choses fortes  mais quand même ,parler à quelqu’un qui s’en fout ,me fait « chier » je suis vulgaire parfois et c’est sciemment .pourquoi cette digression???? je ne sais plus ,enfin si l’histoire des blogs ,j’arrive en 2007 sur arte ,là je me dis ; ma grande , c’est ta plate-forme idéale ,j’adorais l’interface vieillotte ,grise et tellement modeste.et puis le lectorat allait tomber tout cru dans la gueule de ma tanière aux mille pièges d’ogresse tendus ; d’abord ,je me démarque en me faisant virer (ça c’est bien…comme coup de pub involontaire) et du coup , »ils » le suivent mon blog et de près… En page d’accueil et bien j’y suis régulièrement et ça flatte mon orgueil ,ça oui  .

ce post date du début de cette période et je me dis (tout ça pour ça) franchement ,je ne me cassais pas trop la tête pour rédiger mes textes.c’est limite « compréhensible » pourtant ce n’est pas du morse….le « il » c’est léonard…de vinci!

ce cliché n’est pas numérique ,il doit dater de….1997/98.fait avec un vieil appareil argentique pas très performant mais je voyais la photographie comme une capture d’images,d’instants, faute de faire des croquis commes les anciens peintres ,je prenais un maximum de photos….depuis le numérique a changé la donne ,il y a tant de blogs de « photographes » en devenir que j’ai un écoeurement pour ces « clichés » volés qu’on fait tous finalement ,ce qui était bien à l’époque de l’argentique c’est qu’on pouvait avoir l’impression d’avoir une démarche singulière…..mon…oeil ! qui n’a pas sa collection de graphs ,de murs lézardés,de vieilles portes prises en plan serré ? on espérait tous sortir de l’anecdote  : »tatie Simone fête ses quatre-vingt ans,je la shoote »…..pourtant certaines de ses photos vieilles d’à peine plus d’une décennie sont d’un autre âge,elles me troublent ,me séduisent encore un peu  , finalement .

Ce panneau qui signifie l’impasse  dans le code de la route ,il parle ,il dit des choses de l’humain : « garde ma trace », -« je suis passé par ici » , -« je refuse les impasses » : admirez le creusement  régulier ,obtus et guerrier qui a effacé  presque entièrement la trace blanche ,la route qui signifie un peu …le néant. et ces petits coeurs d’amour purs tracés à la va vite ,actes dérisoires ,actes d’appropriation,… » j’existe ,en voici la preuve »…ou comment un vulgaire panneau au sens un peu sans avenir ,devient le support de nos présences invisibles.du lascaux moderne.

et moi ,j’ai capté tout ça avec mon oeil ,mon appareil photo,et j’ai attendu le tirage avec espoir.ce n’est pas rien.non?

premier dessin avec la tablette

 

l’année dernière: »aujourd’hui….l’ecart se mesure  t il en terme de progrés pour moi,plastiquement ….peut etre.mais pour NOUS.??
L’HUMANITÉ.

C’ était en 2007….cinq années sont donc passées depuis que j’ai écrit ce petit texte foutraque ,six depuis que j’ai tracé ces signes avec la tablette sur mon vieux mac,un 10 mai  :  jour de la commémoration de l’esclavage…

ce blog que je ciselle chaque semaine me renvoie des vagues froides du passé ;en fait ,je ne suis pas quelqu’un qui cultive la nostalgie ,elle est pour moi ,preuve d’un désaveu du présent ,de ce qui ce fait là ,maintenant,pourtant , il fut parfois se pencher sur ce qu’on fut pour avancer ,savoir se délester de poids morts ,de squelettes psychologiques.faire face à ses fantômes ,et les laisser partir.ma mère m’a encore atrocement déçue cette semaine ,c’est une aparté mais elle est d’importance car je n’arrive pas vraiment à faire face à ses déflagrations humiliantes involontaires.je deviens comme un cafard naissant ,et je dois à tout prix ,à chaque coup porté remonter la pente ,comme un petit bousier(j’ai la métaphore entomologiste ce samedi , moi qui  n’aime pas du tout le corps de l’insecte)….

Revenons à  ce croquis ,c’est un » hasard » si j’ai tracé ces profils africains ,cet oeil egyptien ,ce sont des formes qui sont en moi qui viennent seules ,ma main suit le projet de mon cerveau sans décision,et ,c’est là que je voulais en venir ,elle est là ma petite révolution personnelle ; la tablette graphique a ceci de spécial que vous ne regardez pas ce que vous dessinez mais ce qui « se dessine » sur l’écran. IL  Y A UNE GRANDE DIFFÉRENCE .tout se joue dans le regard et la main enfin libre de faire ce qu’elle veut ,en aveugle ;ce type de travail graphique m’a révélé tout un pan de création ,tout un monde d’images qui n’attendaient qu’à naitre au fond de mon inconscient ,je dirai c’est la main du diable ,ou celle de l’ange comme vous voulez qui se met à s’exprimer ;mon esprit est libre ,il flotte comme un nuage sirupeux ,gris tourterelle ,stagnant avant le grand vent ;ce type de création est neuf et ça aussi c’est jouissif , mais en fait ,ce type de création est il vraiment nouveau ?  la camera-obscura (que je n’ai jamais utilisé) part un  peu de ce principe…..me semble t il ?enfin ,pour moi ,ce fut une véritable révélation,une pure libération de mon espace mental morcelé et « empêché »par le poids d’un sens du devoir hypertrophié.

plus rien désormais ne sera comme avant….

kind pijn…..air maternel

         

Je suis dans la chambre,assombrie par les rideaux orange ,j’écoute la pluie ,qui ne tombe pas.
Il y a eu une sorte de déchirure dans mon omoplate gauche ,coté coeur.une fois de plus, »elle » m’a dépouillée ,une fois de plus,de tout mon espoir.
Un mot,un geste,que j’attendrai sans fin,pardon de….il n’y aura jamais.
Combien de fois,j’ai tenté :éveiller sa conscience opaque ,obtuse. « Elle ”,lourde et sourde;meurtrie par la culpabilité….c’est ce qu’on m’a fait comprendre :tu sais ,elle est plus à plaindre que toi…..ah bon???je ne savais pas.alors c’est moi,qui doit LE FAIRE?pardon(j’ ai juste parlé de « ça » )d’être une victime vivante et insoumise.pardon. allez petite larve bouillante qui doit demander pardon.tu lui dois la vie.ta mort.
Les tempes me brûlent ;(et je hurle rageusement :pardon)mais elle n’entend pas;elle a lavé les murs de la cuisine courageusement.
elle a sali mon coeur.

(17/03/2008) à ma mère.

Comment va ma mère ?

Elle est malade,elle a de l’asthme gravement ,elle étouffe ,tousse, c’est assez effrayant surtout que je garde les yeux secs même si je fais parfaitement mon devoir de fille aînée objectivement : je l’oblige à se soigner ,voir les « bons » médecins,prendre soin d’elle ,je lui  téléphone pour avoir des nouvelles.

Je ne peux pas la prendre dans mes bras,ni lui masser les pieds comme je sais faire quand je veux être enveloppante avec quelqu’un que je sens en souffrance ou épuisée,cela ne me coûte pas

Mais elle ,non.

En fait ,c’est elle qui manque d’air ,pas moi…

 

peine aidée


Passé,outrepassé
passante
sans retour
possible
j’arrête,
de finir
de commencer
sans cesse…
renouvelée
raidie,froide
comme une morte
vive
qui possède les alliances
du désespoir ,sans gloire
sans fard.
Il est si tard
trop tard
l’outrecuidance
d’un espoir secret.
carolina,le 25/08/2007(le coeur déchiré,l’âme au bord des lèvres)

 

 

 

je me demande s’il est bon de mêler écriture et images….le mois dernier ,lors d’une visite chez la  neurologue qui me suit ,j’ai du plus ou moins me justifier sur le fait que je  ne savais pas dire ce qui était plus important pour moi :peindre ou écrire…cette visite a d’ailleurs été un calvaire ,je suis sortie en  larmes,complètement déstructurée ,désossée par cette femme aux yeux bleus , si durs.elle m’a tapée sur l’épaule en me disant   :- « encore deux kilos(de perdus,j’en suis à onze en un an) et je vous hospitalise ».j’ai pris le train pour rentrer  chez moi,le dos voûté ,avec l’impression d’être une sous -merde.bref,peindre ou écrire ,j’ai envie de dire ,c’est du pareil au mème pour moi ,j’ai peint avant d’écrire parce que c’est une question d’apprentissage(le dessin ,le signe précède l’écriture) mais dés que j’ai su écrire ,je n’ai plus cessé.après tout ,pourquoi à tout prix s’enfermer dans un cadre,je n’excelle ni dans l’une ou l’autre des catégories mais elles me sont nécessaires;avec mon parcours ,sans ces deux moyens d’expression ,je serai morte depuis longtemps.morte et enterrée.