Partir….ou survivre à Louise B

mais qui a dit que c’était mourir un peu…..je pars la flamme au cœur,la tète farcie de projets ,de folie et d’ombres familières,tout le tralala qu’on trimballe mais qui semble d’un coup si léger;
Louise,je voulais te dire,tu m’as tellement donné que je n’ai rien pu entreprendre,de ta féminité rayonnante.j’ai courbé l’échine ,portant ton poids d’or et de soie;mon moi,ratatiné,honteux d’oser « moi aussi » malgré toi, m’exposer aux yeux,tu sais :leurs yeux….
maintenant,je relève la tête,ébroue ma chevelure,je peux fondre mon ambre ,qui glisse entre les seins,mon opulence existe ,toi tu existes,j’aimerais poser ma tète sur un coussin brodé,susurrer de mots ,et torpiller ton âme,toi,madame,qui joue gros,bel et bien;je t’aime,m’épanouit dans tes creux,petite fille,porteuse de fruits.
Louise,tu souris? 2008 toulouse

n° 10 série 3BTu peux sourire Louise,  toi dans la baie des anges …….Moi sur terre reprenant la corde,le pinceau ,le feutre exutoire ,je dessine tous les soirs Louise ,tu entends;je ne m’arrêterai plus…..j’espère. 2014 perdue dans le sauternais

dessin aux feutres ,aquarelle et pastels gras;n°10 de la série 3B daté du 05/04/14 bon dieu il est tout frais!

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Femme,corps

de la série « kitchen paintings »,un tableau sur bois,acryliques,et vernis.2007. thème tant aimé:le corps;le corps féminin,mon corps .

25985_femme_corps

Il fait chaud , bien à l’abri dans l’atelier , j’ai pioché ce travail qui ne m’appartient plus .Je l’ai offert à Émilie.il convient bien à ce jour d’ombres et de lumière.

Nous pourrions convoquer la représentation du corps féminin qui m’obsède depuis longtemps mais que j’ai abandonnée au profit de l’invention de corps,improbables, multiforme,asexués,mes bitteballerina,nicht ,noch sein ,qui va dans le sens d’une peur de la représentation de ce qui existe,de mon envie de liberté ,de ma fascination pour le monstre en soi.Malgré tout ,le corps continue de me tenailler ,de m’empoigner la tripe ,il est là toujours ,je suis un corps .Quelle relation avez vous avec votre première maison,votre havre ou votre enfer? Quelle relation avez vous avec le corps de l’Autre ,des autres ,de la foule ce grand corps amorphe et parfois hystérique qui moi ,me terrorise;le corpus ,l’objet…..Au Japon ,il y a très peu de représentation du corps dans son entier et pourquoi ?Et qu’indique cette obsession du corps parfait ,lisse ,sans poil ,en creux,dominé,asservi qui peuple nos magazines ,hantent la tète des petites filles (la mienne m’a dit détester ses cuisses qu’elle trouve  : »grosses et répugnantes « ,elle a neuf ans….).Toutes ces questions……J’ai faim!

Je suis partie en vacances à Biscarosse entre mer et lacs d’eau douce.cela faisait longtemps que cela n’était pas arrivé et j’en ai vu des corps , presque nus .J’aime décidément les corps pour ce qu’ils sont,les bourrelets,les petits ventres d’enfants,les poils qui s’échappent,les peaux de toutes nuances,tartinées d’ huile solaire,ensablées ;Mais je me suis éloignée de ma vieille attirance pour la première fois…. : j’ai dessiné sur le motif des pins aux troncs mauves dans la lumière  enflammée de fin de journée ,j’ai essayé de capter l’âme des lieux,la structure presque géométrique ,de ces landes que j’affectionne ou j’aimerais finir mes jours,chauffer mes « vieux » os (ce vœu date de 1986 ,un jour  avec mes potes on est partis boire du blanc et bouffer des huitres à Gujean- Mestras ,je leur ai dit ça ,ils m’ont traitée de pauvre folle :penser à ses vieux jours pendant ces folles années ,c’était presque….provocateur et risible , mais je n’ai pas peur du ridicule et je suis tenace dans mes désirs,très tenace).Oui , il se passe vraiment des choses dans ma vie d’embryon d’artiste,dessiner est pour moi difficile ,cerner le trait ,le contour des choses,discriminer,tracer; et j’y suis arrivé ,même si ces quelques croquis ne valent pas un kopek ,pour moi ils signifient l’espoir,l’ouverture,le renouveau ,l’enchantement devant le monde(c’est beau un paysage….c’est une fenêtre ouverte…..) je n’ai pas fini avec tout ça,les perspectives s’étirent à l’infini ,nicht ,noch sein…..nicht noch sein,le plus longtemps possible!

Le rève fondateur

je suis rentrée de mon petit voyage, remplie de l’œuvre de Louise bourgeois,que je connaissais…mais très superficiellement en fait;le choc fut violent;je digère pour le moment,je vous en parlerai dans quelques temps,d’abord écrire,rêver et surtout me servir de mes mains,tisser mon fil subtil,solide,translucide.Louise…
aussi,après quelques poste « paresseux »(merci Alphonse de me le rappeler!) : difficile de travailler loin de sa tanière,je voudrai revenir au début.tout au début était le couple de mes parents ,un noir ,une blanche et bien d’autres contrastes encore;le fruit ,c’est moi.un fruit qui pousse tout seul,parce qu’isolé volontairement;un fruit au gout différent qui se vit mal.je n’ai pas connu mon père;il est resté présent,toujours,en moi,malgré moi.longtemps contre moi.le fruit se croit blanc,il ne l’est pas ,il est perçu noir,il ne l’est pas.cassure,rupture,bascule,seul l’alcool fait le lien,…et le reste;le fruit veut tomber vite de l’arbre,pourrir,s’annihiler,violemment.
oui mais voilà toi le fruit ,tu descends d’un arbre solide(gouessé),juste que tu ne le sais pas.en 1994,j’ai 31 ans,j’attends mon père ,encore.il meurt brutalement ,sans me prévenir .la souffrance fait pousser un cri rauque,animal,dépouillé,glaçant.je ne  me souviens de rien d’autre.je suis morte avec lui:pour renaitre,entière.
voici le texte du rêve que j’ai fait quelques jours après son décès.de ce texte,j’ai puisé la force,le sens de ma vie,croyez le ou non,c’est la stricte vérité.
le rêve fondateur : »c’est dans la forêt,une forêt touffue,et sombre.je vois encore les troncs noirs,il y a des personnages,ça chuchote,ça bouge;je crois qu’il y a mon père.il me commande d’enfourcher un grand cheval,absolument rouge;j’ai peur,m’agrippe et pars vers une nuée,vers la lumière.ni cauchemar,ni rêve conte de fée.pure poésie.maintenant je sais pourquoi je peins…

36517_le_reve_fondateur« extrait du carnet de bord;19/08/1994.

Je n’ai pas de nécessité particulière à ajouter trop de mots à ce post tiré d’un rêve fait quelques jours après la mort de mon père…En ce moment ,je peins de grandes toiles pour le décor.Saskia et Francis viennent voir le travail qui avance…. »il » m’a dit qu’il était fier de moi (silence) ,je suis très troublée de savoir que je vais me retrouver sur une scène avec ma propre fille.Qui aurait penser cela en aout 1994?Dans l’émotion pure,dans le rêve absolu ,dans l’amour de vivre,dans le désir ,dans le partage…..Voilà ou je me trouve en ce jour de Mai  2013  ,je suis tellement peu « habituée » à cet état de grâce que je flotte , remplie  de douleurs ,les genoux,les mains , et surtout les doigts. Mais cela ne m’empêche absolument pas de creuser pour chercher mon énergie et avancer…..Comme  j’aime ce rêve noir ,rouge et bleu offert par ma tribu Dan , comme j’aime ce père qui chemine dans mes gènes,et m’anime ……éblouissement fugace ,vertigineux mais bien réel.qu’importe le temps qu’il fait ,mon cœur est comme un soleil….

Melancholia

d’Albrecht durer….il faut savoir s’arrêter,se taire ,s’effacer.dans ce cas,je reviens aux sources,aux racines de mon être.depuis l’ enfance ,je passe des heures plongée dans la contemplation de tableaux,j’ai eu la chance d’avoir une mère qui était sensible à l’art;peignant elle même.il n’y avait pas beaucoup de livres à la maison,MAIS QUELQUES LIVRES D’ART,à l’époque c’était un luxe,ce type de livres coutaient très cher…des heures d’extase devant les Van Gogh,les Gauguin,et le massacre de Sardanapale peint par Delacroix.ce tableau m’enivrait ,je sentais bien qu’il s’y passait des « choses » ignobles,mais en même temps toute cette débauche de couleurs,d’éclats,de lumière ,de fureur.tout ce que je voulais de la vie.de la passion,de la violence,de la magnificence…..j’ai encore ce tableau en tète,parfaitement ancré en moi.mais aujourd’hui,je voulais vous offrir Melancholia,qui m’a aussi beaucoup marquée enfant.Albrecht Durer,sa rigueur qui m’épouvante et me fait tressaillir de bonheur.

Image

Me taire ,je ne le fais que trop .

Mais je garde jalousement les gouts de mon enfance…..J’étais dans une école super ,nous allions beaucoup au Musée ,je rédigeais un journal pour la classe après chaque visite.Et ,j’ai encore en moi chaque œuvre qui me tournait la tète , me donnait envie de tournoyer pour exprimer ma joie , bien sur que la Beauté peut vous sauver…..Quant aux livres d’art , j’en ai un mur rempli dans le salon plus les autres qui trainent dans toutes les pièces,  en cours de relecture urgente,ce qui fit dire à mon compagnon fou de rage après le dernier déménagement qui l’a épuisé ,et oui nous n’avons plus vingt ans et peu d’amis sur place :-« toi ;tu es le  tyran des livres . »

oui oui si tu veux…je suis l’hydre mauresque ivre de livres au format dantesque.

« les amants » série kitchen paintings

ma palette est limitée ,douce,je découvre la nuance,le glacis sert à cette moelleuse matiére,comme un réve,à peine
désiré..(acrylique sur bois) petit format  printemps 2007

ce tableau de poche ,je l’ai offert au professeur de danse de ma fille.enfin je crois ,j’ai un tel « foutraque » dans mes boulots…en ce moment je ressors tout et comme chaque fois ,la démarche sera , »est » la suivante , je trie  :

-ce que je garde et considère « fini »(voilà une notion dont il faudra reparler ici).

-ce que je recouvre rageusement me disant que ce qui est dessous existe et donnera du corps à ce que je vais peindre dessus aujourd’hui ;

-ce que je prélève (j’adore ça) , je laisse le « fond » et je continue mon travail en profitant des couches successives et bien sèches ,une forme de  renaissance pour le tableau qui dormait poussièreux dans le garage ou dehors abandonné,il doit se dire  : »ah ,je ne suis pas  terminé ,elle m’aime encore ,elle m’améliore ? »…bien sur ,qu’il pense , »il » est corpus ,non?

– ce que je recoupe ,retaille ,détaille ,démantèle pour faire d’une grande toile moche ,plusieurs « petits » peut être plus réussis….récupération,évolution.

-et puis bien sur ,les » vrais » nouveaux dont je choisis amoureusement le support ,caressant ,la toile de lin effilochée,parfois brodée,le morceau de bois flotté ,la coupe de bois marine  ,le kraft rassurant ,qui crisse solide et souple et  que l’on peut travailler comme une peau quasi humaine.

voilà ,il y a de l’exaltation dans l’air ,je ne le vous cache pas! pour ce qui est de la technique du glacis que je découvrais avec délice en 2007 ,et bien je suis en plein dedans( et ce qui amusant c’est que j’ai eu cette envie avant de relire ce post vieux de 2007 ).Pourquoi ? parce que le tableau émerge lentement ,couches fines ,après couches fines ,délicates les nuances brillent et l’oeuvre prend toute sa profondeur grâce à cette technique; et c’est aussi  pour moi ,un hommage aux anciens ,que j’ai dans la tète en permanence,sachant que je n’invente rien ,je ne suis que le produit d’une longue recherche des artistes depuis des siècles,je m’intègre en douceur ,en essayant d’y mettre ma patte de chatte sensuelle,mon âme qui brûle toujours d’un seul feu.

jamais autant  en Vie qu’aujourd’hui.

lycée diderot : » y a d’la joie! »

 

un peu le contraire du virtuel,des ateliers ouverts,le thé qui chauffe,chacun ramène sa tronche,la cour est vivante,,les oeuvres volettent au vent,la ruche ,le bonheur,enfin,selon mes critères…hélas,ce mode de vie,n’est pas au gout du jour,et ça ferme et ça ferme,partout,disparaissez bande de mécréants,allez « bosser »,soyez un exemple pour la france.et moi, je dis ,mon cul,et j’ai encore le droit.
image un peu sombre de notre atelier rose : »loukoums rebelles »,babe et moi,printemps 1996;

ça y est le froid est arrivé ,avec le premier virus sournois qui vous pique la gorge ,et transforme le nez en fontaine perpétuelle….j’ai passé une nuit atroce la bouche ouverte ,des douleurs partout…. mais cet après -midi , je suis bien au chaud dans mon atelier et « enfin » ,dimanche -va savoir pourquoi ce jour là – j’ai entamé ma nouvelle série sur bois marine à l’acrylique.cela ne ressemble à rien pour l’instant ,la forme est toutefois différenciée du fond (j’essaie une nouvelle méthode de travail) ,je pense  qu’inconsciemment je puise à la source numérique que j’ai créée depuis ces six dernières années. Dimanche soir donc, ma fille qui était sensée être au lit , s’est  cachée derrière la porte vitrée du salon pour m’observer en silence. puis,elle a montré le bout du nez toute mimi dans son pyjama en velours violet ,les pieds nus , deux  longues tresses tombant sur ses épaules…:-« maman tu fais quoi ? », et moi de lui répondre en souriant : -« je peins… » elle a souri elle aussi puis,  est repartie se coucher comme « rassurée »,chaque chose est à sa place pour moi quand je peins ,  (saskia le sent, elle qui a habité dans mon ventre ) , et même si le désespoir point lorsque je pense à l’état du Monde qui se désagrège ,peindre me ressource ,me connecte avec le meilleur de moi même ,l’enfant intérieur

l’ogresse douce ,celle qui voudrait changer les malheurs en douces et profondes couleurs.paix à vous…octobre 2012

trio plage hiver

le polaroid me plait tant,plus que tout autre type de »photographies »,unique,instantané,croquis contemporain ,marque tangible du temps qui passe,teintes fraiches ,délavées ,subtiles,et fragiles,comme les souvenirs…en1994?vraiment,déjà….

1996

je regarde aujourd’hui cette image,légèrement passée,aux nuances bleuâtres,roses,l’hiver à l’océan avec nini,dom et matéo.cette époque me parait lointaine comme parait d’un autre age cette image au format carré d’origine;je précise car maintenant des logiciels permettent de faire des faux polas ,des faux souvenirs???aucune nostalgie n’atteint mon coeur,juste un souffle doux qui soulève ma poitrine ,malgré les années qui défilent , j’ai presque l’impression de vivre aujourd’hui avec plus de légèreté.

mais que j’aime ces trois » blocs » si différents ,bien couverts ,les pattes capillaires de dom ,les micro nattes de nini ,et cette banane conquérante de matéo.j’ai capté là un souffle ,une faille glacée de perfection.la mer est toujours là.