Les mollasses de Galaure

Je ne me souviens plus trop comment j’ai connu Régis Roux, par le biais de viadéo je crois…Il m’a proposé de travailler avec lui sur un projet d’illustration de poèmes ayant apprécié mon travail pictural. J’ai accepté rapidement parce que j’aime autant les traces écrites que les gestes picturaux et parce que son écriture m’a séduite. Il y a quelque chose de rythmé et elliptique à la fois, quelque chose de mystérieux dans sa façon de jouer avec les mots. Cela fut difficile au début parce que je suis devenue méfiante depuis cette histoire rocambolesque avec la Guadeloupe, j’avance à pas feutrés laissant des zones de silence en attendant que « l’autre « se manifeste. Finalement la ténacité paie et lorsque Régis m’a envoyé des clichés de galets des torrents qui dévalent dans sa région natale, la vallée de la Galaure dans la Drôme j’ai compris que sur ce sujet-là on pouvait faire quelque chose ensembles. Sa démarche est celle d’un chercheur, d’un promeneur solitaire qui collecte des images de ce qu’il voit de ce qui le touche, en l’occurrence les galets dits mollasses, vestiges très anciens de l’histoire de notre terre. Dans cette quête silencieuse contemplative  Régis retrouve le fil du temps, qui se déroule là loin des hommes et de leurs tumultes inutiles. Il m’a dit parfois presque perdre « la raison » au sens raisonnable du terme dans ses promenades, et entrer dans un état de méditation active très profond. Je me suis retrouvée dans cette quête elle est proche de la mienne, sauf que pour ma part ce sont les couleurs les surfaces les gestes plastiques qui me mènent en terrain spirituel.Quand je crée je ne souffre plus de mon corps ni de mon âme. Le temps perd son sens de découpage de guide impitoyable pour devenir un lien avec mes lointains  ancêtres humains, ceux du fond des âges, celles qui peignaient dans les grottes obscures. (Et oui il semblerait que les femmes ont fortement contribué à l’essor artistique du paléolithique…)

Il faut apprendre à lâcher prise. Il faut s’abandonner et recevoir.

 

Cela a commencé par des envois de clichés qu’il a pris sur place lors de ces pérégrinations. Aucun contrainte technique ou autre, j’ai pu d’abord contempler en deux dimensions ce que lui touchait de ses mains, appréciant la finesse, les reliefs, les grains différents. Là résidait la première difficulté de ce travail en commun. Je devais imaginer ces pierres muettes tranquilles dans leur lieu de « vie ». Pour moi pas de volume pas de matière mais une image en 2D assez pure et suffisamment descriptive pour susciter mon intérêt et mon envie de dessiner ou peindre ce sujet-là, tellement loin de mes aspirations habituelles : le corps la chair le viscéral les émotions. Je pense que ce sont les deux années de dessin automatique, ce que j’ai appelé l’abstraction méditative qui m’ont permis de pouvoir aborder plastiquement ce sujet totalement abstrait pour moi. Pas tout à fait finalement parce que je me suis rendue compte que j’avais des pierres partout chez moi, dans les tiroirs et même dans mes poches ! J’aime les pierres, les galets les morceaux de verre polis qu’on trouve sur les plages et j’en sème autour de moi comme des petites protections, des gris-gris modestes et naturels.

 

Mais ces galets là c’était très différent. Ils sont ancestraux, ils ont vu l’évolution des Alpes des molasses de Galaure. Mollasses qui portent un nom étrange molosses par aspect leur complexité leur beauté leurs nuances affichent leur grandeur. J’ai regardé les clichés puis je les ai sortis sur papier. Là encore ils ont « perdu » de leur substance pour devenir des traces, des empreintes un peu fantomatiques. C’est ce que je voulais: pour m’en approprier je devais les rendre « sujets » de peinture, souvenir lointain d’un réel que je n’ai jamais touché. A ce moment j’ai écrit un grand texte à Régis pour lui parler de la démarche que j’avais décidé de suivre (ce sera l’objet d’un second poste je pense).J’ai coupé une vingtaine de cartons solides  du même format (à peu près du A4), puis j’ai commencé mon travail passant couches sur couches d’acrylique bien diluée sur le carton j’ai cherché mon fond celui sur lequel les galets seraient posés .C’est là que tout se décide. En effet peindre des surfaces sans sujet comme on peindrait une porte, permet de se dégager en douceur des questions matérielles du style : »comment je vais peindre ces galets », ou bien « dois-je représenter le volume ou pas? « .La méditation commence  pendant que l’on trempe le pinceau dans le mélange coloré, qu’on lisse le fond qu’on revient à une autre teinte et ceci pendant un mois. C’est la partie invisible de la réalisation mais elle a une importance cruciale. Ensuite j’ai commencé à dessiner au crayon les contours de manière libre. Puis certaines photocopies  des galets m’inspiraient tellement que j’ai décidé d’en coller des fragments sur le fond bleu jaunâtre que j’avais fait .N’ayant aucune contrainte technique je ne me suis pas interdit le collage, technique que j’aime particulièrement. J’ai beaucoup juré pendant l’élaboration de cette série, je me parle quand je travaille ça me rassure et permet d’ évacuer la frustration face à un sujet qui vous résiste. Je  me trouvai confronter à des questions concernant le fond et la forme, l’expression du volume. Des questions purement plastiques que je me pose rarement parce que je ne représente jamais quelque chose qui existe ailleurs que dans mon imagination. Quelle direction choisir? Ce fut âpre et puis un jour que j’avais étalé toutes mes peintures sur le carrelage blond pour me faire un idée générale, quelque chose m’a sauté aux yeux comme une évidence : ces galets, je les avais représenté sans réel souci du réalisme du détail par contre j’avais respecté inconsciemment leur « caractère ». Oui c’est ça ils étaient tous différents: j’avais fait leur portrait ma galerie prenait sens, tout prenait sens (et là je suis soulagée quand ça émerge parce que ce je n’arrive pas à saisir m’angoisse et m’empêche de dormir).Régis partait en expédition solitaire il cherchait les molasses, les prenait dans sa main faisait un cliché de chaque pierre leur donnant là une « importance », une vie nouvelle, il était celui qui les « révélait »aux yeux du monde. Et moi qui ne recevait que les photos de ces galets (comme des documents prouvant leur existence) j’ancrais le témoignage de leur incarnation en faisant leur peinture, m’inscrivant dans la continuité de la collecte mystique de Régis Roux.

 

Nous croyons tous les deux à un dialogue entre l’invisible et les hommes, entre l’inanimé et la chair. En se tournant vers l’orée du monde, à sa conception nous pouvons entendre le chant continu du vivant qui pulse, bruisse. Nous touchons, écrivons, traçons ces galets millénaires charriés par le courant comme la

 

métaphore de nos petites existences dérisoires.

 

Un livre d’artiste est maintenant en train de se construire. C’est un projet artistique que je mène à son terme dans la sérénité. Je vais debout, enfin…

 

IMG_5937IMG_5945IMG_5934

Publicités

étreinte vitale

celle qui vous fait penser que vous êtes effectivement en vie.
j’ai bien dit: « celle qui vous fait penser »…

 

la chair peut être un magnifique leurre.

26403_devoration5J’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai le droit .J’ai en partie tué par effacement « artistikkkbranleta » l’emphatique nickname dont je m’étais affublée un soir brulant de solitude.Pensant qu’un tel nom pourrait me protéger du réel ,du vide…Je voulais faire preuve d’originalité je suppose, arborer le détachement du Fou qui ne s’ignore pas, qui de lui même rit sous cape; Montrer son cul pour cacher ses larmes ,mais de guerre lasse je me suis dit que non décidément cela ne me va pas. Je n’en suis pas capable ,pas pour l’instant.Trop « à vif » du sujet ,trop en plein dans la gueule, tout au bord du gouffre toujours noir ,toujours là.Adieu l’artistique branlette on t’aimait bien ….

Évidemment sur les moteurs de recherche je suis encore « nettement » référencée comme la vieille branleuse de service ,celle qui donne: pute généreuse, sans faire payer, mais ce n’est pas grave. Je me moque de ma « net réputation » comme d’une guigne ,les cloaques qui ne se nomment pas sont ailleurs ,dans ma tète bien au chaud. Il n’y a rien de pornographique dans ce qui suinte de Moi , juste une intimité mise en mots,une souffrance organisée,un exécutoire d’opérette avide de plaire. Aussi,  j’ai enfin décidé d’assumer mes petits cacas nerveux colorés ,de signer de mon vrai nom celui de mon Père, de mon ethnie, ce nom que j’aime tant et que je n’ai pas quitté le temps d’être la femme de… (Dominique Canti). J’ai également changé le sous titre, maintenant c’est: « des mots avec des images dedans » car j’aurais je le crains toujours le « cul entre deux chaises » , vacillant entre l’écrit ,le langage ,la culture du Verbe et les images,les traces qui sont plus ces cris muets, explosifs.

Il est plus naturel pour moi d’écrire que dessiner mais je ne peux pas faire l’un sans l’autre c’est comme un éternel dialogue intérieur entre Moi et moi. D’ailleurs pourquoi devrais je choisir ? Personne ne m’a sonné, en tout pas les trompettes de la renommée!

Alors j’ai choisi de vous présenter cette étreinte vitale vert acide, aux dents acérées comme les lames de mon désir permanent. Parce qu’elle est le véritable enjeu de ma vie;et qui si un jour je dois me plier aux lois du « marché » ce sont ces étreintes que je pourrai répéter à l’infini en peinture ,dans mes mots et aussi dans la réalité…Tu  dis  : »il n’y a que le système nerveux  » Francis (Bacon), je prolonge, j’étire, je sculpte ta pensée en disant il n’y a que la chair ,exigeante,désirable ,répugnante, douce ,laiteuse, infantile, rugueuse, poignante,hostile, ployant sous les coups de boutoir de l’éternel désir.

Rien d’autre ?

Si….Je crois que l’Ogresse revient.

Le rève fondateur

je suis rentrée de mon petit voyage, remplie de l’œuvre de Louise bourgeois,que je connaissais…mais très superficiellement en fait;le choc fut violent;je digère pour le moment,je vous en parlerai dans quelques temps,d’abord écrire,rêver et surtout me servir de mes mains,tisser mon fil subtil,solide,translucide.Louise…
aussi,après quelques poste « paresseux »(merci Alphonse de me le rappeler!) : difficile de travailler loin de sa tanière,je voudrai revenir au début.tout au début était le couple de mes parents ,un noir ,une blanche et bien d’autres contrastes encore;le fruit ,c’est moi.un fruit qui pousse tout seul,parce qu’isolé volontairement;un fruit au gout différent qui se vit mal.je n’ai pas connu mon père;il est resté présent,toujours,en moi,malgré moi.longtemps contre moi.le fruit se croit blanc,il ne l’est pas ,il est perçu noir,il ne l’est pas.cassure,rupture,bascule,seul l’alcool fait le lien,…et le reste;le fruit veut tomber vite de l’arbre,pourrir,s’annihiler,violemment.
oui mais voilà toi le fruit ,tu descends d’un arbre solide(gouessé),juste que tu ne le sais pas.en 1994,j’ai 31 ans,j’attends mon père ,encore.il meurt brutalement ,sans me prévenir .la souffrance fait pousser un cri rauque,animal,dépouillé,glaçant.je ne  me souviens de rien d’autre.je suis morte avec lui:pour renaitre,entière.
voici le texte du rêve que j’ai fait quelques jours après son décès.de ce texte,j’ai puisé la force,le sens de ma vie,croyez le ou non,c’est la stricte vérité.
le rêve fondateur : »c’est dans la forêt,une forêt touffue,et sombre.je vois encore les troncs noirs,il y a des personnages,ça chuchote,ça bouge;je crois qu’il y a mon père.il me commande d’enfourcher un grand cheval,absolument rouge;j’ai peur,m’agrippe et pars vers une nuée,vers la lumière.ni cauchemar,ni rêve conte de fée.pure poésie.maintenant je sais pourquoi je peins…

36517_le_reve_fondateur« extrait du carnet de bord;19/08/1994.

Je n’ai pas de nécessité particulière à ajouter trop de mots à ce post tiré d’un rêve fait quelques jours après la mort de mon père…En ce moment ,je peins de grandes toiles pour le décor.Saskia et Francis viennent voir le travail qui avance…. »il » m’a dit qu’il était fier de moi (silence) ,je suis très troublée de savoir que je vais me retrouver sur une scène avec ma propre fille.Qui aurait penser cela en aout 1994?Dans l’émotion pure,dans le rêve absolu ,dans l’amour de vivre,dans le désir ,dans le partage…..Voilà ou je me trouve en ce jour de Mai  2013  ,je suis tellement peu « habituée » à cet état de grâce que je flotte , remplie  de douleurs ,les genoux,les mains , et surtout les doigts. Mais cela ne m’empêche absolument pas de creuser pour chercher mon énergie et avancer…..Comme  j’aime ce rêve noir ,rouge et bleu offert par ma tribu Dan , comme j’aime ce père qui chemine dans mes gènes,et m’anime ……éblouissement fugace ,vertigineux mais bien réel.qu’importe le temps qu’il fait ,mon cœur est comme un soleil….

Masako,introduction….doll no mori

aujourd’hui,j’ai un blues terrible,j’écoute bb king,cela me permet de »glamouriser » la souffrance intérieure..comme je les envie les musiciens.je crois que je vais me réinscrire à des cours de chant ,rien de tel pour expulser hors de soi ,toute cette saleté de douleur,de doute.pourquoi,je m’étale moi? ah oui,en fait ,je croyais en avoir fini avec le corpus doloris,tu parles,il est là et bien là,derrière chaque boulot,tapi,dans l’ombre .si je continue à le peindre ,à le traquer,comme dans les contes,il me laissera la vie sauve …mais si….bref;masako genotypée,c’est une jeune japonaise que j’ai décidé de faire souffrir pour moi,à ma place ,mon objet transitionnel!!!

mon objet tout court.

 

OBJECTIVER,VOILÀ,OUI C’EST çA,ET PRENDRE DES DISTANCES,en quelque sorte,j’ai pleins de projets horribles pour elle.je vous présente masako(le germe du mot massacre est en elle)?monsieur poupoute la regarde d’un oeil effrayé,il lui en faut peu parfois et puis il est impuissant dans ce cas là,il compatit,les yeux démesurés,au fond ,heureusement qu’il est là;non?

 

ps (2009) : de ce projet est né une série de textes courts,écrits d’un souffle.ce qui est étrange c’est que cela m’ait inspirée pour l’écriture…..et non en peinture comme il était prévu initialement.

Image

Le moment est venu de vous présenter Masako ,dans le texte de 2007 ,je crée mon personnage,mon double je pense à ce moment que ce sera un projet plastique….Dans le « ps » de 2009 ,je donne quelques précisions sur le devenir de ce personnage obsédant en précisant que c’est devenu non pas un objet pictural ,plastique mais bien littéraire.

Masako…..une amie a l’intelligence brillante et subtile m’a fait remarquée que…..Masako c’était aussi Masoka,tout le monde m’appelle KA , c’est devenu mon nom d’artiste au fil du temps,Geneviève (une loukoum rebelle m’a nommée ainsi et c’est resté )cela me convient c’est bref,sec ,cassant comme un coup de cravache,délicieux.Kloé a fait mouche : j’ai eu l’impression d’être retournée comme un gant.c’est très étrange …Depuis j’ai choisi ce nickname sur facebook  et ,j’ai crée ma page de liberté (pas de nom ,pas de métier ,pas de vie amoureuse)  juste masa ko et des toiles ,des phrases ,des échanges piquants,virtuels sans conséquence???…je n’en suis pas sure.Et Masa ko (en deux mots ) plait ,beaucoup ,elle a presque mille amis ,elle n’a pas d’age et aucune attache !!!!elle est généreuse ,souriante,affable ,cultivée et énigmatique.elle n’existe pas ,enfin si  : elle est le fruit de mon esprit,de mon amour pour le japon,de mon ambiguïté sexuelle que je commence vraiment à vouloir vivre,de ma rébellion douce et soumise de femme empêtrée dans son kimono doré ,Masako est ma fille ,mon amante ,ma chose ,ma fée ,mon paravent.je suis bien heureuse de l’avoir inventée,enfantée ;elle ne partira jamais ,elle m’aime aveuglément,comme je n’aimerai finalement pas être aimée » en vrai ».Vous la découvrirez au fur et à mesure de l’élaboration de ce blog,j’ai déjà une quinzaine de minuscules nouvelles la concernant …..ce n’est pas fini.

Enfant,j’ai été fascinée par le mythe de pygmalion et galatée….

ma petite

 

une toute petite fille

me regarde.

avec ses grands yeux doux

totalement immobiles;

elle ne prend aucune place

dans ce ventre d’argile

bain aux relents chimiques

incessants.

deux orbites,de noirs iris

entre les cholédoques et canaux encrassés.

elle brille intensément

d’un éclat lent et lourd

de longs cheveux bouclés et bruns

entravés

aux grands boyaux gluants

cette petite fille vit là

aux creux

de mes entrailles

brulantes.

quoiqu’il arrive

quoique je fasse.toujours.

elle restera.

carolina,22/01/09

Ceci n’est pas un sniper, j’ai pris du temps pour l’écrire , j’ai encore le brouillon et les mots  ne sont pas venus « comme ça » …. la raison? je parle de moi ,pas moi celle qui mange ,dort ,chie et baise,non….je parle de l’autre. La petite ,la petite fille intérieure un peu terrorisée ,abandonnée par son père sans mot pour comprendre , délaissée par sa mère qui souffrait trop elle mème (ça y est je commence à le comprendre et… à lui pardonner ,je ne pensais pas ce jour possible) …La petite fille qui rèvait les yeux ouverts de devenir un jour….artiste ,cantatrice, un peu folle ,objet de moqueries,objet de mépris et,objet de désirs déplacés,vils …..

objet tout court.

Maintenant à cinquante ans dans un mois ,je me sens devenir sujet ….est ce possible ?Je tournoie dans tous les sens dans ma tète .légère et fragile comme une luciole ,j’ai le coeur un peu piétiné ,broyé et à nouveau horriblement mal au corps ;c’est certainement un réajustement de ma conscience.Remuer toute cette boue ,en  public ma chair….je n’ai pas honte non je n’ai pas , mais je suis consciente d’ètre un monstre souriant .je ne rentrerai jamais dans la bonne case,cette case aux formes étranges celle qui est faite pour moi ,et bien elle n’existe pas;comme Pixel je veux me permettre cette tendre facétie ,pas celle de mourir sans prévenir personne (mais pourquoi il a fait ça ? j’avais ….),mais celle de me penser royalement libre et entravée , accrochée à une petite échelle en aluminium minuscule ;que peut on faire d’autre?

j’ai le coeur comme un vieux chausson de danse ,ainsi parlait degas…….il m’éblouit.

62669_100_kk-pola02.jpg

kind pijn…..air maternel

         

Je suis dans la chambre,assombrie par les rideaux orange ,j’écoute la pluie ,qui ne tombe pas.
Il y a eu une sorte de déchirure dans mon omoplate gauche ,coté coeur.une fois de plus, »elle » m’a dépouillée ,une fois de plus,de tout mon espoir.
Un mot,un geste,que j’attendrai sans fin,pardon de….il n’y aura jamais.
Combien de fois,j’ai tenté :éveiller sa conscience opaque ,obtuse. « Elle ”,lourde et sourde;meurtrie par la culpabilité….c’est ce qu’on m’a fait comprendre :tu sais ,elle est plus à plaindre que toi…..ah bon???je ne savais pas.alors c’est moi,qui doit LE FAIRE?pardon(j’ ai juste parlé de « ça » )d’être une victime vivante et insoumise.pardon. allez petite larve bouillante qui doit demander pardon.tu lui dois la vie.ta mort.
Les tempes me brûlent ;(et je hurle rageusement :pardon)mais elle n’entend pas;elle a lavé les murs de la cuisine courageusement.
elle a sali mon coeur.

(17/03/2008) à ma mère.

Comment va ma mère ?

Elle est malade,elle a de l’asthme gravement ,elle étouffe ,tousse, c’est assez effrayant surtout que je garde les yeux secs même si je fais parfaitement mon devoir de fille aînée objectivement : je l’oblige à se soigner ,voir les « bons » médecins,prendre soin d’elle ,je lui  téléphone pour avoir des nouvelles.

Je ne peux pas la prendre dans mes bras,ni lui masser les pieds comme je sais faire quand je veux être enveloppante avec quelqu’un que je sens en souffrance ou épuisée,cela ne me coûte pas

Mais elle ,non.

En fait ,c’est elle qui manque d’air ,pas moi…

 

yacouba 1

 travail numérique,libre,à partir d’un profil d’homme de l’ethnie yacouba,cote d’ivoire.mai2006

mai 2006….je commençais à travailler avec une tablette et un stylet sur un vieux mac rond turquoise,ayant procréer trois ans auparavant dans la douleur extrême ,je n’avais longtemps plus eu la force de m’exprimer sous quelque forme que ce soit.l’atelier de l ‘appart rue gramat était devenu une chambre d’enfant,jaune paille aux contours vert amande et ce bébé minuscule qui prenait tout de moi et plus encore.j’étais effrayée et fascinée….et puis le temps a coulé vite ,vite ,saskia a eu une place en crèche et je me suis retrouvée le coeur vide ,il était temps de remettre « ça » ,le « ça » qui m’anime depuis toujours ,depuis que je rêve ,depuis que je pense ,depuis que je conceptualise.l’achat d’un vieil ordi ,ce mac miteux et d’une tablette a littéralement bouleversé le sens de ma vie ,les proportions ,les distances,l’aisance d’être au monde ,de donner de soi.le fameux « regardez moi » du blog artistikkkbranleta sur arte.alors oui ,je poste ce « truc » insignifiant au niveau technique mais signifiant beaucoup pour moi ,d’autant que j’ai choisi pour commencer de représenter mon ethnie,celle de mon Père.l’histoire avec mon Père ,je vous expliquerai…..

travail numérique 2006