I still loving you…

Chaque journée est un mini marathon ou j’essaie de voler quelques heures au quotidien chronophage. Peut on considérer que j’ai une démarche artistique réelle en travaillant de manière effective une heure par jour, sachant que le reste de la journée et la nuit je passe mon temps à réfléchir sur mes projets tout en assurant le quotidien. Finalement le seul moment ou je me concentre c’est quand je bosse pour les élèves là je suis à ce que je fais par respect pour leur travail .

Pouffff un coup de baguette de la fée Testicule!

Ah si j’étais un homme , je serai capitaine comme dit la chanson québécoise des années 70…Alors ça y est je suis un homme , plutôt beau gosse colérique et attachant, appelez moi Tikén (c’est le nom que m’auraient donnée mes parents si j’avais été un garçon) .J’ai une petite femme toute mimi qui admire mon art et fait en sorte que je puisse travailler, réfléchir ,écrire, peindre dans la plus grande tranquillité et je pense qu’elle m’aime pour « l’artiste en devenir » que je suis. Nos trois charmants bambins n’ont pas le droit de déranger Papa qui peint (ce n’est pas son violon d’Ingres c’est son travail alors respectez ça les gamins ) même si c’est Maman qui rapporte l’argent pour faire vivre la famille. Lola (nommons ainsi ma tendre épouse) fait en sorte de ne pas me troubler avec les contingences répugnantes du quotidien, rentrant  sans faire de bruit des courses, les bras chargés de victuailles pour nourrir la famille. Elle pose les crackers japonais au wasabi que j’aime tant sur mon bureau, ceux que je croque nerveusement quand les idées me fuient …. j’en profite pour l’attraper par la taille en passant mais celle ci s’enfuit en riant me traitant d’obsédé… Elle aimerait bien s’attarder dans mon atelier mais là ce n’est pas possible car elle doit préparer des endives picardes pour ce soir (ces endives du nord qui me rappellent mon enfance et que j’aime tant), j’ai une femme merveilleuse….

STOP!!

Ce n’est même pas un fantasme car je ne rêve pas d’être transformé en gros macho artiste peut être… mais macho quand même…C’est juste une tentative d’endosser le costume de l’HOMME artiste qui a un statut si différent de celui de la femme artiste parce qu’il trouve en général une femme admirative qui  s’occupe de lui  avec dévouement. Une femme artiste n’a jamais cette « chance » enfin je n’en connais aucune qui ait trouvé la perle rare sacrificielle!

 

J’étouffe, je camoufle ma colère qui couve en mal de dos persistant qui brûle mes lombes en plein milieu de la nuit et je me dis que si cela continue ainsi je n’y arriverai jamais, je veux dire que je n’arriverai jamais à aller au bout de mes projets, autant mourir tout de suite. Ajoutez à tout ça ma propension à m’engager dans des projets multiples fort séduisants mais  toujours bénévoles qui réduisent encore la portion congrue du temps de création. Cet été j’ai fait un bilan sévère en rangeant mon atelier, après avoir fini le décor du spectacle de danse  de Nathalie aux Carmes…Il fut amer. Certes j’aime commencer les choses pas trop les terminer (je croule sous les idées c’est comme ça depuis toujours) mais il y a des limites. Je fragmente tellement mon quotidien en « tâches » différentes dans le même lieu que cela en devient aliénant. Alors étalant tous mes projets: les »artdolls », les objets en papier mâché,les bijoux en tissu, les peintures sur supports divers sans compter ma production numérique, les textes que j’écris  je me suis dit STOP, je vais FINIR tout ça j’y mettrais le temps mais je vais le faire et ensuite je ferai des cadres moi même et je chercherai toute seule un endroit pour exposer, sans rien dire  je le ferai c’est tout, coûte que coûte en regagnant du temps  pour moi.

ça va être la guerre….

J’ai décidé de « les » faire plus participer au quotidien que j’assume toute seule alors que moi aussi je travaille (mais à la maison donc c’est comme si je me tournais les pouces toute la journée, c’est clair je passe mon temps à surfer sur Facebook et je me prends des bains moussants d’une heure tous les jours…humour noir et amer). Pour le moment ça ne bouge pas trop…Leur quotidien est tellement confortable : toujours du papier cul dans les toilettes, un repas chaud midi et soir préparé à heure fixe, la petite chemise bleue que cherche Saskia affolée est bien rangée dans son armoire….Et tout ça sans aucune gratification ni remerciement d’aucune sorte, jamais, comme si c’était NORMAL. Normal que je sacrifie tout mon temps, toutes mes journées pour deux êtres qui s’entre déchirent en me prenant à témoin, me piétinant au passage sans vergogne ….

Il y a un temps pour tout, il y a un moment ou il faut changer les habitudes toxiques.

Alors vous qui lisez cela vous vous demandez ce qui me prend. Ou vous avez arrêté avant parce que les récriminations d’une ménagère c’est pas ce que vous vous attendez à lire sur un blog » soit disant » artistique. Mais pourtant je suis au cœur du sujet, dans l’œil du cyclone de la vie d’une artiste  femme …Le « #balancetonporc » m’a remuée en profondeur et je fais donc le constat de ma petite vie de bonne femme qui rêvait d’être une artiste. Je vais avoir 55 ans et j’ai presque honte quand il est 19 h 15 que je suis entrain de travailler fébrilement sur une série que j’ai envie de continuer,d’avoir perdu un quart d’heure sur l’horaire habituel de la confection du repas. Je suis tellement formatée que je ne pense même pas à leur dire de temps en temps :  « hé les gars les filles ce soir c’est je regarde dans le réfrigérateur et je me prépare un truc parce que moi là je suis trop occupée , il faut que j’avance mon taff. »

Mais ça n’arrive jamais.

Je vais donc TOUT finir, terminer, plier, encadrer. Ne plus rien prendre comme engagement exit les fêtes du jardin ou j’ai passé du temps sans avoir aucune reconnaissance ou un décor qui m’a pris un mois et m’a cassé le dos sans recevoir aucun merci, à quoi bon, je ne suis pas aigrie juste lucide et ça fait très mal. Maintenant je vais travailler pour MOI. Je vais y arriver parce que je suis pugnace (les virus que j’héberge depuis 30 ans le savent bien !!) encordée à la volonté d’être moi même avec mes fulgurances, mes émotions mes intuitions. J’ai envie de voir le bout de ce petit morceau de tunnel de ma vie.Ce n’est pas quelque chose de nouveau pourtant. Avant de tomber enceinte de Saskia  fin décembre 2003  j’ai fait une exposition de belle envergure au grand squat art  « Mix art Myrys » de Toulouse, elle avait recueilli de bons échos et j’avais même vendu trois œuvres à une bourgeoise toulousaine. Je peux donc aller au bout d’un projet, je déjà l’ai fait.Plusieurs fois.

C’est une histoire de survie, c’est une histoire de femme, de femme artiste, c’est mon histoire.

Saskia est grande elle a treize ans, elle me demande sans cesse de la lâcher, je crois qu’il faut que je reprenne les rênes de ma vie, il y a urgence.

Urgence de me faire plaisir, de me faire du bien, de prendre conscience de ma puissance créative, de ma singularité.

La guerrière reprend les armes : ses chers pinceaux…

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foi

J’ai abandonné ce blog  mais il continue à vivre sa petite vie avec quelques visites par semaine. C’est peu mais c’est juste ce qu’il me faut.J’avais un grand chantier cette année et cette période restera ancrée en moi de manière profonde. Sans mettre de mots précis sur mes maux je vous ai déjà dit que j’étais atteinte de deux maladies graves.Je suis guérie de l’une des deux, vous avez bien lu : guérie.

Hosanna

Après un moment de stupeur et d’incrédulité j’ai enfin réalisé ce qui m’arrivait. Il est donc écrit quelque part que je devais vivre le pire et le meilleur. Je ne connais pas l’entre deux ,le juste milieu, le fade, l’ordinaire, l’ennuyeux. C’est un fait c ‘est comme ça et cela me va très bien. Je disais donc que j’ai abandonné ce blog mais pas pour autant la création ni l’écriture . Je dirai même que je suis plus créative que je ne l’ai jamais été … Cela part un peu dans tous les sens (en apparence) mais ça avance doucement. Ce que je n’écris pas ici je le note dans mes différents carnets, des petits, des grands,un magnifique que m’a offert Francis pour Noel en cuir brun avec des feuilles faites au Tibet. J’ai moins l’envie de partager mes recherches. D’un coup cela m’a paru vain, pécher en haute mer cela a quelque chose d’épuisant : cette immensité…et vous avec votre petit filet minuscule quelle chance avez vous de récolter un gros « poisson »?

Je devais me concentrer sur mon traitement sur mon corps, ne surtout pas m’éparpiller. C’est vraiment un tendance forte chez moi, j’ai trop d’idées j’en dors mal la nuit et si je dois dire tout ce qui me passe par la tète ,expliquer tous mes projets en cours et ceux qui sont sous forme de croquis ou texte dans mes carnets je vais paraître vraiment comme quelqu’un de dilettante et fantasque, pas comme une véritable « artiste » qui travaille dur pour mener à bien ses différents projets.

J’ai passé pas mal de temps à la confection de dessins en noir et blanc pour un projet de fanzine avec un ami, mais cela n’a débouché sur rien dommage parce que j’y ai mis beaucoup d’énergie.

j’ai commencé à coudre des petites entités « magiques » que j’ai mise en vente sur « Etsy » et « Littlemarket « mais cela n’a séduit personne en tout cas pas au point de m’en commander une et de l’acheter…Alors j’ai arrêté pour l’instant ayant tout de même en cours 4 petites poupées fétiches avec une tète en argile.

Actuellement je suis entrain de faire des pièces de tissus peintes brodées qui serviront d’ornements pour des travaux futurs, j’adore coudre, tailler dans le tissu, broder.Cela m’apporte une grande sérénité et me permet de me reconnecter avec mes racines profondes notamment Marie Blanche la couturière modiste talentueuse qui fut ma tri aïeule.D’un autre coté j’ai été sollicité par un ami poète Régis Roux pour accompagner son travail sur le minéral. Il se promène et ramasse des galets  les mollasses de Gallaure, il les dépoussière et les photographie c’est une quête presque mystique solitaire. De mon coté j’essaie de donner une représentation plastique de sa démarche, lui  écrira des textes lorsque j’aurais terminé mes dessins.De cela je reparlerai bientôt.

Pour finir,  je continue ou plutôt je reprends un « vieux » projet laissé en suspens, j’en ai déjà parlé ici: Pixel bleu . Je sens vraiment que je tiens là quelque chose d’important pour moi. Je juge cette série en cours (une grosse vingtaine de travaux ) tout à fait cohérente avec tout ce que j’ai pu exprimer ici, sur le deuil, mon gout pour l’organique, mon amour fou de la peinture et de la vie. Cette série est dans l’esprit du « nicht-noch-sein » qui a commencé avec une toile qui s’appelle « c’est arrivé tout seul » ici:c’est arrivé tout seul

. Le texte fondateur du Nicht Noch Sein ici : nns.

Je rangeais mon atelier et  j’ai sorti tous les tableaux se rapportant à ce projet, j’ai décidé de ne plus le lâcher, de le finir.

C’est vraiment un travail de série  avec toujours les mêmes « ingrédients » et différentes variations .Les fonds sont tous bleu outremer mâtiné de bleu cobalt en aplats très lisses.Ce fond n’en est pas un en fait parce qu’il entoure la forme qui est faite indépendamment.Des formes aléatoires, molles, » poulpes », morceaux de chair occupent l’espace de manière plus ou moins importantes.Ces silhouettes non figuratives sont le sujet de cette série .Elles sont peintes en nuances très subtiles et délicates de tons de roses passant du nacré bleuté jusqu’au orangé violacé.Mon but est de créer des fenêtres sur mon univers intérieur qui s’articule en transcendance (le bleu) et la chair incarnée.C’est avant tout un travail de passage entre le monde des vivants et celui des morts en l’occurrence mon ami Pixel parti trop tôt. Celui ci créait des petites échelles en fer argenté qui étaient sensées nous amener dans l’inconnu.

Qu’est ce qui fait le sens de cette série?

Voilà ce que j’ai écrit  dans mon carnet , en date du 08/08/16 : « Je suis partie d’un sentiment, d’une couleur, d’une absence cruelle. Bleu pour l’infini , chair rose du corps de Pixel. Quand j’ai commencé cette série j’étais sans filet, sans fil directeur sans savoir ou j’allais. Sur le fond intense qui sera  uni et brillant grâce à de bonnes couches de vernis, une forme flotte s’inscrit fluctuante, molle, découpée comme un corps improbable sur le fond bleu.Forcément je ne peux pas m’empêcher de penser aux anges et aux cieux azurés des tableaux anciens de la Renaissance.Que symbolise cette forme pour moi? Elle est le signe de vie, une vie moléculaire peu élaborée mais en constante évolution.

Cette forme aux teintes chairs devient intrigante par sa répétition sur chaque toile, forme « rejouée »comme une note obsédante mais jamais identique comme si la série pouvait durer toute une vie.Cette forme organique est « le motif » de mon travail.

Par là même, je cherche à évacuer le souci narratif. En laissant la « bulle rose » faire son travail de captation du regard j’espère attirer le regard du futur spectateur.

Elle est molle ma forme et rose, un peu tentaculaire dans certains tableaux , il y a forcément quelque chose du sexe (masculin et féminin). On peut discerner une certaine angoisse qui se cache derrière les aplats bleus intenses et ces formes roses évanescentes. Rose et bleu….La fille et le garçon. Rose comme l’iconique rose de la peau du cochon (qui n’est pas si rose que ça dans la réalité), ce rose donne un coté un peu mièvre, il y a de la joliesse, du caricaturalement « féminin », du callipyge, de la graisse qui s’élève comme poussée par l’espoir. Il y a du désir de la Chair. Bleu comme l’éther sans nuage, comme un monochrome d’Yves Klein, le bleu d’une mer méditerranée sans vague, du bleu de vitrail gothique vibrant de lumière, bleu comme la transcendance, bleu utilisé comme l’or des icônes  ..

La forme rose et dégoulinante comme la représentation de l’inconscient sur ce fond bleu sec, lisse sans faille comme représentation du surmoi. »

Je ressens un immense bien être à peindre cette série qui était au départ une forme « d’ hommage » et qui devient pour moi un véritable Manifeste.Le Nicht Noch Sein m’obsède. J’ai besoin de cette notion de « non forme », de « non fini ».La notion de perfectionnement possible me laisse un espoir, une ouverture, une place pour mes rêves.

Si j’arrive à peindre ce que je sens, j’aimerais que cette série fonctionne comme une projection de l’inconscient du regardeur.

Sera t il séduit, sera t il ennuyé par cette répétition, sera t il dégoûté au fond de lui, se laissera t il emporté par mes formes jusqu’à laisser flotter son esprit …? J’ appelle cette forme de peinture « l’abstraction méditative » cela peut paraître pompeux, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour expliquer ma démarche.

Voilà, ce n’est pas parce que l’on entre en silence qu’on devient inexistant. Ma prochaine « épreuve », croire suffisamment en moi, faire sauter les verrous de mes vieilles croyances et démarcher pour présenter ces travaux quelque part hors du ventre de la maison.

J’ai très mal au dos, parce que j’ai très peur…de m’exposer au Monde avec ce que cela implique de possibilité de rejet ,d’incompréhension, de jugement.J’ai peur de me donner une valeur parce que même si mes écrits semblent me représenter comme une personne sure d’elle …C’est tout le contraire ma petite fille intérieure hurle encore que je ne suis rien, que je ne vaux rien.

abc

de la lumière à la matière

Depuis que je suis petite (je crois que je vous parle souvent de mon enfance….elle fut douloureuse mais riche d’émotions qui me forgent aujourd’hui un mental fort et des goûts très précis) j’aime entrer dans les églises ,pour la pénombre , pour la lumière colorée qui se dégage des vitraux.Je trouve cette qualité lumineuse unique ,elle incendie le cœur et l’ame .Il suffit que je ferme les yeux pour ressentir le bleu des cathédrales unique ,intense que j’ai retrouvé dans la peinture de Van Gogh et dans les monochromes d’Yves Klein….

Mais je n’ai jamais beaucoup peint en bleu avant que mon ami Pixel nous quitte me laissant en héritage la charge de faire vibrer « le bleu ».Et quel plaisir c’est une couleur qui se raconte mal ,qui se vit…En peinture elle peut rayonner ,vibrer  elle reste toutefois matérielle,matière ,couche lisse aussi lisse soit elle cette couche jamais elle n’atteindra les sommets d’incandescence qui lui offre le verre serti de plomb des vitraux.

Et puis il y a eu l’avènement du numérique…. Je m’y suis mise dans les années 2000.Timidement avec une petite tablette de base Wacom et mon premier Mac.Cela tombait bien je n’avais plus d’espace ou installer mon matériel. La peinture numérique ne sent rien ,on n’a pas besoin de nettoyer les pinceaux ,ni de faire sécher les toiles.Tout était dans le ventre de Mac et bien vite dans un disque dur externe parce qu’on ne sait jamais ce que vous réserve un ordinateur même si l’on en prend soin avec amour.J’ai très vite repéré la qualité unique des couleurs électriques  et surtout celle du bleu.J’ai alors entrepris ma première série numérique , elle est composée d’ogresses qui dévorent leur amant,de « nicht noch sein  » improbables ,de formes molles et organiques qui m’attirent depuis » c’est arrivé tout seul » en 1995.J’ai exposé ces « œuvres » sur mes deux blogs d’Arte, artistikkkbranleta et kamera obskura.C’était pour moi à ce moment là , la meilleure façon de les montrer.J’ai considéré ces deux blogs comme une expérience unique de partage dans l’immédiateté d’un médium fluide ,volatile ,électrique ,j’avais une sensation d’excitation très particulière dans cet échange rapide, fulgurant, parfois émouvant.J’ai rencontré la plupart des amis virtuels que j’ai encore à ce jour…Depuis je continue à entrer régulièrement en relation avec d’autres artistes ,des écrivains ,des danseuses.L’internet a favorisé cette ouverture sur le monde j’avais trouvé ma « fenêtre »…pas comme dans la vraie vie.

Le maître mot de l’art numérique est je pense l’interaction , l’échange…Je ne suis hélas pas du tout professionnelle en matière de technologie et cela me frustre beaucoup de ne pas savoir faire de la programmation en Pure data. Du coup je me sens ridicule et complètement « old school » dans ce milieu au jargon tout de même un peu…opaque pour un débutant ou un ignorante comme moi. Alors que faire rester dans la grotte comme d’habitude ou essayer d’imposer mes vues ,celle d’une personne mure nourrie au biberon des beaux arts avec croquis ,dessin,perspective ,peinture ,matière ,contrastes ,volumes et plus encore, une personne qui saisirait l’outil numérique presqu’à rebours en se l’appropriant de manière tout à fait « classique » c’est à dire qui prend son stylet pour un pinceau !!! Qui fait des boulots qu’on pourrait qualifier d’expressionnisme numérique. Pas de bol l’expressionnisme est passé de mode depuis longtemps et moi j’en rajoute une couche en utilisant ce « style » avec les outils du troisième millénaire. Je fais ce que je peux mais je n’ai pas dit mon dernier mot dans ce domaine en vérité le Pure data m’intéresse beaucoup et l’interactivité qui ouvrirait une fenêtre de plus dans mon univers me fait de plus en plus rêver, pour l’instant le dialogue que j’ai avec mes différentes machines me plait énormément.En attendant je travaille sagement mes  fichiers numériques de plus en plus vite en postant de manière quasi instantanée sur mon smartphone et ça me plait.D’un autre coté je reproduis les fichiers que je préfère en moyen format sur papier à l’acrylique pour donner une autre version des faits une version concrète ,ensuite il est encore possible de travailler des détails pour « s’enfoncer » dans l’image…Dans une exposition future mon but serait de montrer les images sur moniteur ,peut – être en créant un vrai « faux blog » pour cela, que les visiteurs pourraient consulter chez eux, avoir envie de venir voir les versions peintes et s’immerger dans un bain de lumière offert par la  projection des fichiers à travers l’espace?? Tout reste à construire et à conceptualiser de manière un peu sérieuse mais je trouve l’idée séduisante, ajoutez à cela la possibilité de tirer gratuitement des copies de mes fichiers au moins le jour du vernissage pour offrir des épreuves des sus dits fichiers et l’on a une réflexion qui s’articule autour du statut de l’oeuvre en ce début de 21 ème siècle…

Je ne sais pas, mais je cherche…

Ci joint trois versions de « SuperMOM » version papier non terminée(format raisin),version smartphone,et version originale fait avec sumopaint ,logiciel en ligne celui ci est l’original…

Zabou et moi

Cet été j’étais épuisée et exaltée par mon travail quand Zabou une amie  de longue date me propose de venir à Langon étant de passage sur Bordeaux;J’acquièse avec un grand plaisir et un petit fond d’angoisse tout de même (une rencontre  est toujours stressante pour moi ).

Petit retour en arrière, nous sommes dans les années 90 j’habite la région parisienne et je me sens seule, très seule…Jeune mariée, jeune prof non titularisée je suis insatisfaite de la tournure que prend ma vie sans « peinture » sans création.Un nouveau magazine sort en kiosque « Nova magazine » vraiment représentatif de l’époque épique que furent ces années que l’on qualifie de « grunge » aujourd’hui.J’achète le magazine et décide d’envoyer une petite annonce : »artiste esseulée cherche autres artistes pour discuter ,refaire le monde si affinités… » ce ne sont pas les termes exacts mais en gros c’était ça.J’ai reçu beaucoup d’appels, certains n’ont débouché sur rien ,d’autres sur des rendez vous chaleureux ou stériles avec bien sur quelques propositions « indécentes » mais pas tant que ça…Zabou m’a appelé pour me proposer de venir à une réunion des « loukoums rebelles » afin de découvrir leurs projets et pourquoi pas faire partie de leur combo féminin .J’ai sauté sur l’occasion, nous nous sommes rencontrées dans un petit théâtre pour voir un spectacle dans lequel La grande Sophie (qui n’était alors qu’une chanteuse à la voix déjà flamboyante mais encore inconnue et loukoum rebelle) chantait.J’ai été convaincue par le projet inspirant ,dynamique ,féminin ,foutraque ,créatif….Quel bonheur que cette rencontre et les suites qui lui ont été données ! Je crois que je n’ai jamais remercié Zabou d’avoir répondu à cette annonce « bouteille à la mer » que j’avais lancé.Aujourd’hui c’est dit c’est fait : »merci ma Zabou » de m’avoir ouvert la porte de votre monde, cela a transformé ma vie…

Tout ne fut pas facile, les réunions se passaient dans un bar près de République ,j’étais abstinente d’alcool depuis pas longtemps et je voyais les autres descendre leurs demis avec nonchalance.Mais ce n’était pas un rendez vous pour picoler,chacun développait ses idées, afin de construire les fêtes saisonnières que nous organisions, écrire les articles pour la « bèta » notre fanzine.Je rentrais très fatiguée (moi je prenais le train pour retourner en banlieue avec le boulot en collège le lendemain).Je rentrais souvent énervée de ne pas avoir pu exprimer mes idées comme je le voulais par timidité ,cette timidité dévorante qui m’a toujours empêchée de vivre tranquille et qui rend chaque échange réel avec les autres si pénible.Et puis les années 90 sont des années de lutte contre la maladie sans médicaments avec la mort en ligne de mire présente à chaque instant (comment partager ça avec les autres ,je n’y arrivais pas ou très mal,cela me coupait du monde un peu plus). Mais Zabou m’avait contactée ,elle m’avait tendu la main et je ne pouvais revenir en arrière.

La suite? Nous avons exposé ensembles au bar lesbien ‘les scandaleuses  » dans le Marais , nous avons partagé un magnifique atelier loft dans ce squat mythique de Belleville ,le lycée Diderot dit « Pole Pie », nous avons vécu des fêtes superbes colorées avec les Loukoums dans des lieux parisiens (tel que « l’archipel  » ou le « fahrenheit ») et ailleurs ,en Bretagne notamment.Puis Zabou a tracé sa route ,elle est partie avec un camion a tout quitté pour la vie « d’artiste ».Pour ma part  j’ai continué à travailler j’ai passé le Capes un peu déchirée entre l’envie de vivre à cent pour cent la vie de bohème et celle de gagner ma vie pour garder la tète droite malgré la maladie et pouvoir me soigner, j’avais besoin de sécurité.

Nous nous sommes retrouvées par facebook et nous avons retissé les liens. L’une et l’autre avions mûri, avions cheminé sans lâcher l’essentiel : la création, quel bonheur. Aussi lorsqu’elle m’a proposée de venir me voir j’étais super heureuse malgré les appréhensions d’usage; Nous avons convenu d’une date en juillet. Je suis allée la chercher à la gare, le train est arrivé à l’heure, j’ai regardé les passagers descendre ,la boule au ventre ( c’était amusant parce que j’étais émue comme lors d’un premier rendez vous amoureux!), et elle est apparue, toute menue , gracile dans une robe de coton à joli motif un peu ancien, les cheveux courts légèrement en bataille, le même sourire vrai, les même yeux fendus de chat malicieux.

« tu n’as pas changé!!!……Toi non plus » et nous nous sommes fait une grosse bise avec étreinte solide des deux bras.Après…Nous sommes allées à la maison, je pensais lui faire visiter mon jardin que j’adore mais nous sommes restées deux voir trois bonnes heures enfermées dans mon bureau atelier à parler,parler…de quoi? Un peu de nos vies, du passé mais surtout de ce qui nous animent toute deux avec la même force, nous avons causé de peinture en regardant son énorme « book » sous forme de livre et mes dessins quotidiens.Le temps a filé si vite ,nous avons juste bu un verre d’orangeade dans un grand verre car il faisait chaud, assises l’une en face de l’autre observant avec attention soutenue les travaux de « l’autre », tout ça assaisonné d’anecdotes vécues, de nos douleurs présentes ou passées, de considérations sur l’art, le corps, le féminin, le vert, les grenouilles, l’abstraction vs le figuratif emmêlant nos propres vies à nos traits de pinceaux.

C’était bien ,mieux extraordinaire, adorable, enrichissant. Et puis ce fut l’heure du train et nous nous sommes quittées ne se promettant rien : la vie sait ce qu’elle a à faire et il est certain que nos chemins se recroiseront.

Il se trouve…..Que je n’ai pas beaucoup de force en ce moment et que je me protège en étant plus discrète qu’à l’accoutumée….Mais j’ai en moi ,les mots de Zabou ,ses merveilleuses couleurs rutilantes brillantes ,expressives et singulières, j’ai son regard bienveillant, ses doutes aussi sur notre passion si forte et si difficile à vivre parfois.

Nous sommes accrochées solidement à cette cordée commune et aujourd’hui mes mots résonnent encore plus fort, oui

plus forts.

travail en techniques mixtes que j’ai trouvé posé sur mon bureau à l’atelier de Belleville fait par Zabou pour mon trente quatrième anniversaire !….1997.
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mandala

Je ne viens plus ici, je suis là-bas…Dans des terres lointaines ou je puise la force de donner plus que j’ai. Comme vous le savez depuis maintenant deux bonnes années je pratique la méthode « tu dessineras tous les jours » ,quoiqu’il arrive, dos bloqué ou pas ,jambes raides ou souples, j’avance me donnant parfois l’impression d’être un cheval de trait qui laboure son champs avec obstination jusqu’à la mort, parce qu’il ne sait rien faire d’autre et parce que c’est son destin.

Il faut le dire, maintenant avec le recul (presque trois années ce n’est pas rien), je n’ai rien trouvé de mieux pour accéder à ma création. Je ne crois pas (plus) à l’inspiration qui est sensée nous « visiter » comme la grâce divine !!! Lisez les textes des « grands » tels Cézanne,Dubuffet ,Picasso,et surtout Matisse qui était un travailleur infatigable et que j’admire rien que pour ça ,plus pour tout le reste. Leur premier secret:  un travail acharné…..Maintenant il suffit que je me penche sur mes différents dossiers de dessins bien rangés ,mes croquis numériques (même si je ne les montre plus je continue à en faire) et j’ai de la matière pour trente ans; C’est confortable ,rassurant, c’est harmonique. Il se trouve que ce labeur acharné et solitaire porte de beaux fruits et ça c’est la cerise sur le gâteau (bon ce n’est pas très fin je sais).

Le 04/04/15 j’ai participé à la fête des couleurs « Holi » organisée par une amie qui pratique avec grâce la danse indienne et qui professe aussi son art avec autorité. J’ai tenu l’atelier Mandala ,pas question ici de faire du coloriage ,non….J’avais dessiné la veille un grand mandala au feutre noir sur format 100 cm sur 100 cm, je l’ai dessiné en pleine conscience avec toute mon âme de travailleuse de l’image. Le jour dit je l’ai posé sur une table et j’ai proposé aux personnes qui s’approchaient de venir le mettre en couleur avec moi au moyen de morceaux de papier de soie que nous collions sur le papier blanc…Neuf heures ont passé (vite ,très vite) ,le Mandala a pris vie ,et nous l’avons illuminé avec des petites bougies, faisant un souhait comme cela se pratique en Inde ,la différence étant que ce Mandala n’a pas été dispersé et détruit puisqu’il était fait sur papier. Mais l’intention était là, la tension était grande, mon émotion immense….

MAndala 4 mandala & MAndalaa

crédit photographique : Dominique  Encognere,photographe professionnel qui m’a autorisée à publier ses clichés sur mon blog ,merci Dominique!

A priori j’étais venue « aussi » pour faire une petite exposition et tenter de vendre quelques dessins ,c’était sans compter avec mon point faible : la confiance que je n’arrive pas à m’accorder… J’ai sorti les boulots vers 16H sans prix ,sans affichage ,sur un coin de table ,certains posés à l’envers….Je n’ai rien vendu , comme c’est surprenant! Mais j’ai beaucoup discuté, j’ai fait connaissance de personnes chaleureuses, curieuses….J’ai baigné dans un climat propice à la joie….C’est si rare.

Neuf heures debout… Le résultat ne s’est pas fait attendre: le lendemain j’ai pu me promener en forêt mais, le surlendemain impossible ou presque de mettre un pied devant l’autre ,genoux enflammés et douloureux à l’extrême, avec en plus de cela un retour d’expérience terrible.J’étais comme une éponge molle ,flasque , remplie de larmes jusqu’à l’os ,au bord de la crise de nerfs….Trop donné ,trop reçu…comme une vague immense ,les émotions m’ont submergées et englouties.Heureusement Karine mon amie danseuse est passée dans l’après-midi, en feu follet qu’elle incarne,souriante ,encore sous le coup de cette fête très réussie. La tète dans les étoiles,elle m’a serrée fort dans ses bras et je me suis laissée aller moi qui n’a pas trop connu les câlins ,le portage quand j’étais bébé. J’ai repris vie et maintenant j’envisage fort de renouveler l’expérience, donner aux autres au moins mon sourire, les écouter, guider leurs doigts malhabiles avec les bouts de papier emplis de colle…Il suffit d’un peu de patience, de bienveillance et chacun se prend au jeu, je ne parle pas des enfants qui eux foncent sans hésiter en demandant toutefois la consigne, souvenir de l’école oblige ! Dans mon prochain billet je parlerai de la deuxième très bonne surprise que le sort m’a semble t il réservée pour Septembre (mais j’avoue n’y croire qu’à moitié) ,le père Noel m’a tourné le dos depuis si longtemps…

je finirai par une citation ,ce n’est pas trop mon truc mais là pour préparer le futur événement je m’appuie sur la lecture ,les lectures ,notamment un petit livre de poche « points-vivre » de Fabrice Midal  « petite philosophie des Mandalas » qui va bien au delà du phénomène bouddhiste ,du phénomène de mode (car mode il y a c’est incontestable ,je m’en fous royalement)…

« Ce qui est essentiel dans une oeuvre d’art, c’est qu’elle doit pouvoir s’élever bien au-dessus du domaine personnel et parler depuis l’esprit et le cœur du poète en tant qu’homme, à l’esprit et au cœur de l’humanité.L’aspect personnel est une limitation, et un péché, dans le domaine de l’art » C.GJung. Je ne partage pas la notion de péché que je trouve trop connoté, trop chrétien mais sur le fond je suis d’accord :les grandes œuvres ,celles qui restent qui nous frappent durablement dépassent forcément nos petits égos hypertrophiés….aller voir Mondrian,Kandinsky, Klee, Rothko, Pollock, Matisse et laissez vous porter par ces œuvres immenses et universelles.

Moi je continue jour après jour mes petits dessins qui formeront peut être un jour un grande rivière…

ci-dessous un travail sur kraft « phase critique » n°11 série 3k du 24/03/14, retravaillé malmené puis marouflé sur bois…il était parmi les dessins que j’exposais…

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art décoratif ?

Décoratif ?
J’ai jeté le mot, il me brule comme une patate chaude dans la main. Décoratif, on l’a pourtant dit de l’art de certains grands peintres et pas des moindres mais c’est un mot qui fait « peur ». Si l’on veut c’est un « gros mot » artistique car décoratif s’apparente à : joli, fait pour embellir un mur , salon bourgeois, vide de sens…dans le sens « purement décoratif » .Stella, Klimt, Matisse ont dans leurs pratiques quelque chose de décoratif, une certaine manière d’user sans modération de la couleur , d’utiliser les lignes ,les courbes ,pour le pur plaisir de manipuler des formes qui s’harmonisent ,éprouver sans frein la jouissance de créer .L’art décoratif ne serait donc pas détenteur de message ou de manière involontaire ,niaise ,édulcorée .Comme s’il y avait une injonction intérieure qui nous disait ne fais pas joli ,ne fais pas propre ,ne fais pas lisse ,casse ,brise, hurle, tache, couche des humeurs sombres ,torturée tu l’es montre le. Et ça depuis ce satané Van Gogh (un peu avant en fait avec l’image romantique de l’artiste maudit, avec Vincent ça atteint un pic émotionnel qui me gonfle grave); Pour l’injonction intérieure je parle de moi et moi seule bien sur parce que franchement l’expressionnisme c’est pas la grande mode actuellement, mais bon comme vous savez les autres la mode et moi, no comment.

Revenons aux sources, j’ai quoi… 5 ans ma grand-mère m’offre une superbe ,une sublime boite en métal remplie de feutres aux multiples variations de couleurs .C’est le plus beau cadeau que j’ai reçu de toute ma vie ;J’ai fait en sorte que cette boite dure le maximum et quand une couleur séchait et s’affadissait j’étais très triste :une possibilité chromatique disparaissait….A cette époque je me foutais bien des injonctions subliminales, les gouts des critiques, la hype , les beaux-arts. Seule comptait l’exaltation de transformer une feuille blanche (morte ? stérile ? vide ?) en quelque chose de vivant, vibrant, où se mêlaient entrelacs, arabesques, formes de conques marines, japonaises au mont Fuji, papillons…j’usais quand même déjà beaucoup de noir au point que ma maitresse de CP qui veillait sur moi comme un ange en avait informé ma mère (autant pisser dans un violon…).Docteur Jekyll et Mister Hyde « nous » étions deux en ce temps là, comme aujourd’hui.
Décoratif ce n’est pas un terme que j’aime entendre associer à ma production (en même temps mes ventres hurlants, mes lapins aux yeux exorbités, mes étreintes cannibales n’ont pas fait venir à moi le mécène tant espéré !). Allez puisqu’on est dans les confidences de fin d’été (un été que je n’ai pas vraiment apprécié comme les autres pas moins pas plus avec des moments forts comme la rencontre « concrète » d’un ami poète et de sa femme), je dirais que je n’aime pas trop qu’on me dise que je fais de l’art africain (bien sûr qu’ il y a de l’Afrique en moi c’est indéniable je suis métisse mais je ne veux pas d’étiquette ethno complaisante, après ça colle à la peau  et on est foutu). Pour tout dire je n’aimerais pas non plus qu’on me taxe d’artiste femme quelle horreur. Je suis un monstre moi, mère animal viscérale oui mais pas vraiment  femme non, pas du tout même.
Bon là je divague…je sors du sujet.

Le décoratif bon dieu c’est le décor donc le faux semblant c’est l’imitation du vrai pour rire. C’est un peu féminin? Un peu léger, futile…..voir mineur .Et merde, Matisse Henri de son petit nom ce n’est pas une chochotte quand même !
Alors, j’ai lutté, j’ai étouffé mon amour de l’harmonie, des concordances, des danses des formes pour privilégier l’autre Moi. Celui qui tout naturellement a pris le devant de la scène avec la manière dont c’est transformé ma vie entre, destruction, maladies, nihilisme, désespoir, dégout de soi. Je n’ai pas eu à faire d’effort ; Mes couleurs vives se sont effacées ou mêlées au Noir omniprésent, comme un cri qui voulait se faire entendre mais qui est resté dans ma gorge, muet et brulant. L’expressionnisme me va comme un gant ensanglanté et avec « ça » je n’ai pas séduit grand monde ! J’avais l’orgueil de me dire que j’étais différente donc seule, foutaises.
Aujourd’hui je suis dans le même état qu’hier quand je peignais mes cris, j’ai juste changé d’angle de vue, j’ai repris mes couleurs (c’est dingue je retrouve mes harmonies d’amour enfantines et ça me fait toujours autant kiffé). Bleu lavande et bordeaux, vert jade et rouge cramoisi, turquoise et terre rouge. Elles sont là, intactes dans mon cœur. Et c’est tout ce que j’ai à donner.
Assise devant mon carnet, je soupèse mes stylos, je souris tristement parce que contrairement à ce que j’ai cru de manière naïve et fugace, l’art ne sauve pas de Soi, ni de ses peurs.je ne vais pas fort bien ces derniers temps mais désormais j’ai la politesse de colorer mon désespoir. Comme ça, il est plus agréable à regarder…Enfin j’espère.

IMG_2058Série 1, n°59/78 titre : »graph », date 30/12/13, technique :feutres vernissés sur papier à grain;format 20 cm  sur 20 cm. Je suis actuellement entrain de mettre en œuvre ces « patterns » en grand format mais il se trouve que je suis fatiguée et que la station debout ,bras en l’air m’épuise donc…..je ne sais pas.

Je fais ce que je peux ,et plus encore…

Une bise chaleureuse à Serge Prioul et sa femme Régine qui m’ont tant réchauffé le cœur ,m’ont donné envie de continuer….le bonheur de se croiser entre êtres humains.

je dessine…..je te montre?

Ce sera une nouvelle entrée du blog. Elle est nécessaire maintenant avec toute la production engrangée dans mes cartons à dessin. Moi, faire du dessin, et tous les soirs en plus, sans discontinuer….Depuis maintenant presqu’un an, oh c’est sur en soi cela n’a rien d’extraordinaire pour une plasticienne, sauf que…j’ai une relation conflictuelle, voir auto destructrice avec moi même;J’ai parlé ici et là de mon enfance ,de comment j’ai grandi comme une graine sauvage et acharnée à pousser malgré les épreuves.Le regard de ma Mère n’a pas été bienveillant ni constructeur; Il fut tout au contraire destructeur,déstructurant le plus souvent… absent. J’ai essayé en vain de lui faire dire pourquoi ,pourquoi donner la vie et ensuite s’en foutre de la sorte,se protéger en mettant sa progéniture au « front »…J’ai fait ,je suis entrain de faire le deuil d’une réponse , il n’y en a pas ,il  y en a trop ce qui revient au même.

J’ai cinquante et une pige maintenant, je ne vais pas m’accrocher aux jupons de ma mère jusqu’au bout, tant pis.Ma famille maternelle n’est pas très « accueillante « ni chaleureuse .Nous venons du nord et ça frise un peu la caricature à la Brel. Ayant étudié une année durant la psychogénéalogie, j’ai bien observé mon arbre surtout coté maternel, coté paternel je manque cruellement de ressources suffisantes. Ce qui ressort nettement c’est la récurrence d’un sens du devoir très rigide, avec une propension à réaliser à chaque génération le rêve de mon arrière grand-père Gustave le militaire par dépit :il voulait devenir instituteur….De fait, à chaque branche il y a des enseignants d’abord sa fille qui a fait du piano plusieurs heures par jour de cinq ans à dix huit ans (elle était semble t il très douée et se préparait à embrasser la carrière de musicienne classique) ,c’était sans compter avec le coupeur de rêve familial : »tu seras enseignante ma fille, plus d’église plus de musique ».Adorant son père, elle a obéi… Et, ça a continué jusqu’à ma cousine Joh et moi;sans compter ma sœur éducatrice de jeunes enfants (sans passion).Ah oui…Mon père était également enseignant ainsi que l’une des mes demi sœurs Kouity.

D’accord c’est une entrée en matière un peu longue, mais elle est importante dans mon parcours de merde.Je n’ai plus envie d’évoquer mon enfance…De dix huit à vingt six ans , j’ai essayé de m’annihiler. Puis malade j’ai décidé de m’accrocher découvrant que la vie et bien on en avait qu’une. Dans un état second j’ai choisi la voie de l’enseignement (sans regret j’adore le monde de l’enfance ,de l’adolescence ,ma déesse c’est Louise bien sur mais il y a une place pour Françoise Dolto chère à mon cœur, et qui fait partie de ma construction intellectuelle).

Tout ça avec une passion enfantine pour l’art qui n’a jamais bougé d’un iota….c’est presqu’une obsession vitale inexplicable.Je ne me suis jamais donné le temps (sauf pendant mes années de squat ou j’ai vécu ma « vraie vie »…ah bon le reste du temps c’est une fausse??) de travailler de manière régulière comme un bon artisan ,une danseuse qui fait ses barres tous les jours car oui c’est ça la peinture. Rien de sérieux ne peut se faire sans travail acharné et plus ou moins régulier, je l’ai toujours su. Cela me faisait souffrir oui, mais je n’avais jamais le temps nécessaire : mon travail alimentaire que j’ai toujours fait avec conscience, les problèmes de santé qui m’ obligent à respecter un rythme de vie strict ,régulier ,des soins, des visites incessantes chez divers spécialistes(tout ça prend du temps et beaucoup d’énergie).Et la cerise sur le gâteau , une maternité tardive difficile et passionnante. J’ai consacré tout mon temps à Saskia les premières années de sa vie, et j’en suis heureuse….Oui et donc tu peins quand?

Et bien …..pas souvent ,par éruption compulsive mais heureusement en 2006,  j’ai découvert l’art digital qui se met en oeuvre rapidement ,ne prend pas de place. Cela m’a ouvert la porte du networking ,du blog ce fut une très bonne chose car c’est ainsi que j’ai rencontré un minuscule public ,c’est énorme pour un créateur d’avoir un retour même modeste , le fameux « regardez moi  » du blog artistikkkbranleta!

Maintenant que j’ai découvert la fatalité familiale ,je peux m’en préserver j’apprends à me faire plaisir de manière « égoïste », intime, je fais de la méditation des étirements seule, j’écoute ce corps déjà usé qui veut vivre. J’écoute enfin mes rythmes secrets, remettant à demain le linge sale ,l’administratif pour dessiner.Je n’ai pas l’impression d’aller mieux mais je vais mieux,ça sort de moi à un rythme régulier comme le ressac des vagues,comme la lune qui croit et décroit comme mon souffle irrégulier,pleinement en vie. Avec ses petits dessins qui s’amoncellent prennent sens par leur nombre ,me submergent de  douceur.Aucun retour pour l’instant? Je relativise car je travaille c’est l’essentiel.

Un dernier point sur le « comment » ,je travaille .Seulement le soir (pour l’instant!) ,pas dans mon bureau non , mais dans le fumoir en compagnie de mon amoureux qui prend des photos ,regarde des vidéos ,discute de tout et rien avec moi. Je dessine assise sur une chaise avec le carton sur les genoux, dans une position très inconfortable je sais mais je me sens bien ainsi (c’est ma kiné qui n’aimerait pas me voir recroquevillée comme ça).Je suppose que cela doit avoir du sens cette façon de faire ,mal installée dans un coin…Pourtant mon trait est ferme, les couleurs fusent et je m’éclate. Je pense que bientôt je m’autoriserai une table pour poser mon carnet de croquis là je m’excuse encore de faire ça et pas quelque chose d’utile aux autres…… N’est ce pas ,Cendrillon ?

dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.
dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.

dessin du 28/08/13 c’est donc le début de la première série qui est achevée, ( actuellement je travaille sur la série 3b que je viens de terminer: 36 dessins) sur la série 3 en cours, plus la 3K et la série « betty page » ……il n’y a pas de série 2. C est « logique »!

J’ai commencé à travailler régulièrement pour faire les décors du spectacle de Saskia et puis Seb mon beau frère m’a offert en août des feutres de la marque faber castell(la Rolls des feutres, une merveille).Et là j’ai commencé à dessiner sans me poser la question du sujet, du sens juste ma façon obtuse de voir et de vivre de survivre….J’écrivais déjà sur Arte ceci et je persiste dan ce sens:

 

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée,dans ma chambre obscure. Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
La peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis, et disposés, couleurs, fond, forme, lumière, espace….l’art est conceptuel par essence.

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

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Masako, tu n’es qu’une poupée…épisode 3

Masako est à vendre.
Une petite histoire de féminité…..
Une poupée grandeur nature,qui reste sagement les yeux fermés ,je viens te chercher quand j’ai envie de toi ,tu ne dis rien ,tu es gentille.Une bonne petite fille,masako ,ma poupée…..tu es ma préférée .Lorsque j’entends toutes ces filles qui veulent être aimées ,mais pourquoi donc être aussi exigeantes,soyez comme Masako .surtout pas agitées…Carolina , oui ,toi surtout,tu dois dormir ,reste donc là sans vibrer.

Masako3
Masako3

J’ai inventé cet avatar numérique et littéraire de Masako pour mon propre plaisir,un plaisir égoïste,pervers ,dominateur et effroyablement dénué d’ humanité…Pourquoi?

Au départ comme souvent dans ma vie ,je n’ai rien cherché ,j’ai juste ramassé ce qui se trouvait à mes pieds  : la dite Masako …je peignais depuis mon jeune age des japonaises et j’aimais ça ;il se trouve qu’un soir ,l’une d’entre elles a pris vie ,relief et elle s’est couchée devant moi d’un air implorant ; j’ai ensuite tissé ma toile autour d’elle avec mes stylets, et mes mots .Elle ne se manifeste plus du tout depuis longtemps… mais je sais très bien qu’elle est quelque part ,silencieuse,…dévouée . Masako mia.

Tout ça pour dire quoi? Que l’artiste est libre ,libre de créer un monde structuré,aberrant,joyeux,narcissique ;depuis quelques mois j’ai l’impression de n’avoir aucune limite ,je me suis délestée d’un poids même s’il reste du travail à accomplir et que le matin je me lève toujours tôt parce que j’ai très mal au rachis dorsal ;ma liberté relative de dire et faire suffit à changer ma vision du Monde.

J’ai l’intuition qu’elle reviendra.