foi

J’ai abandonné ce blog  mais il continue à vivre sa petite vie avec quelques visites par semaine. C’est peu mais c’est juste ce qu’il me faut.J’avais un grand chantier cette année et cette période restera ancrée en moi de manière profonde. Sans mettre de mots précis sur mes maux je vous ai déjà dit que j’étais atteinte de deux maladies graves.Je suis guérie de l’une des deux, vous avez bien lu : guérie.

Hosanna

Après un moment de stupeur et d’incrédulité j’ai enfin réalisé ce qui m’arrivait. Il est donc écrit quelque part que je devais vivre le pire et le meilleur. Je ne connais pas l’entre deux ,le juste milieu, le fade, l’ordinaire, l’ennuyeux. C’est un fait c ‘est comme ça et cela me va très bien. Je disais donc que j’ai abandonné ce blog mais pas pour autant la création ni l’écriture . Je dirai même que je suis plus créative que je ne l’ai jamais été … Cela part un peu dans tous les sens (en apparence) mais ça avance doucement. Ce que je n’écris pas ici je le note dans mes différents carnets, des petits, des grands,un magnifique que m’a offert Francis pour Noel en cuir brun avec des feuilles faites au Tibet. J’ai moins l’envie de partager mes recherches. D’un coup cela m’a paru vain, pécher en haute mer cela a quelque chose d’épuisant : cette immensité…et vous avec votre petit filet minuscule quelle chance avez vous de récolter un gros « poisson »?

Je devais me concentrer sur mon traitement sur mon corps, ne surtout pas m’éparpiller. C’est vraiment un tendance forte chez moi, j’ai trop d’idées j’en dors mal la nuit et si je dois dire tout ce qui me passe par la tète ,expliquer tous mes projets en cours et ceux qui sont sous forme de croquis ou texte dans mes carnets je vais paraître vraiment comme quelqu’un de dilettante et fantasque, pas comme une véritable « artiste » qui travaille dur pour mener à bien ses différents projets.

J’ai passé pas mal de temps à la confection de dessins en noir et blanc pour un projet de fanzine avec un ami, mais cela n’a débouché sur rien dommage parce que j’y ai mis beaucoup d’énergie.

j’ai commencé à coudre des petites entités « magiques » que j’ai mise en vente sur « Etsy » et « Littlemarket « mais cela n’a séduit personne en tout cas pas au point de m’en commander une et de l’acheter…Alors j’ai arrêté pour l’instant ayant tout de même en cours 4 petites poupées fétiches avec une tète en argile.

Actuellement je suis entrain de faire des pièces de tissus peintes brodées qui serviront d’ornements pour des travaux futurs, j’adore coudre, tailler dans le tissu, broder.Cela m’apporte une grande sérénité et me permet de me reconnecter avec mes racines profondes notamment Marie Blanche la couturière modiste talentueuse qui fut ma tri aïeule.D’un autre coté j’ai été sollicité par un ami poète Régis Roux pour accompagner son travail sur le minéral. Il se promène et ramasse des galets  les mollasses de Gallaure, il les dépoussière et les photographie c’est une quête presque mystique solitaire. De mon coté j’essaie de donner une représentation plastique de sa démarche, lui  écrira des textes lorsque j’aurais terminé mes dessins.De cela je reparlerai bientôt.

Pour finir,  je continue ou plutôt je reprends un « vieux » projet laissé en suspens, j’en ai déjà parlé ici: Pixel bleu . Je sens vraiment que je tiens là quelque chose d’important pour moi. Je juge cette série en cours (une grosse vingtaine de travaux ) tout à fait cohérente avec tout ce que j’ai pu exprimer ici, sur le deuil, mon gout pour l’organique, mon amour fou de la peinture et de la vie. Cette série est dans l’esprit du « nicht-noch-sein » qui a commencé avec une toile qui s’appelle « c’est arrivé tout seul » ici:c’est arrivé tout seul

. Le texte fondateur du Nicht Noch Sein ici : nns.

Je rangeais mon atelier et  j’ai sorti tous les tableaux se rapportant à ce projet, j’ai décidé de ne plus le lâcher, de le finir.

C’est vraiment un travail de série  avec toujours les mêmes « ingrédients » et différentes variations .Les fonds sont tous bleu outremer mâtiné de bleu cobalt en aplats très lisses.Ce fond n’en est pas un en fait parce qu’il entoure la forme qui est faite indépendamment.Des formes aléatoires, molles, » poulpes », morceaux de chair occupent l’espace de manière plus ou moins importantes.Ces silhouettes non figuratives sont le sujet de cette série .Elles sont peintes en nuances très subtiles et délicates de tons de roses passant du nacré bleuté jusqu’au orangé violacé.Mon but est de créer des fenêtres sur mon univers intérieur qui s’articule en transcendance (le bleu) et la chair incarnée.C’est avant tout un travail de passage entre le monde des vivants et celui des morts en l’occurrence mon ami Pixel parti trop tôt. Celui ci créait des petites échelles en fer argenté qui étaient sensées nous amener dans l’inconnu.

Qu’est ce qui fait le sens de cette série?

Voilà ce que j’ai écrit  dans mon carnet , en date du 08/08/16 : « Je suis partie d’un sentiment, d’une couleur, d’une absence cruelle. Bleu pour l’infini , chair rose du corps de Pixel. Quand j’ai commencé cette série j’étais sans filet, sans fil directeur sans savoir ou j’allais. Sur le fond intense qui sera  uni et brillant grâce à de bonnes couches de vernis, une forme flotte s’inscrit fluctuante, molle, découpée comme un corps improbable sur le fond bleu.Forcément je ne peux pas m’empêcher de penser aux anges et aux cieux azurés des tableaux anciens de la Renaissance.Que symbolise cette forme pour moi? Elle est le signe de vie, une vie moléculaire peu élaborée mais en constante évolution.

Cette forme aux teintes chairs devient intrigante par sa répétition sur chaque toile, forme « rejouée »comme une note obsédante mais jamais identique comme si la série pouvait durer toute une vie.Cette forme organique est « le motif » de mon travail.

Par là même, je cherche à évacuer le souci narratif. En laissant la « bulle rose » faire son travail de captation du regard j’espère attirer le regard du futur spectateur.

Elle est molle ma forme et rose, un peu tentaculaire dans certains tableaux , il y a forcément quelque chose du sexe (masculin et féminin). On peut discerner une certaine angoisse qui se cache derrière les aplats bleus intenses et ces formes roses évanescentes. Rose et bleu….La fille et le garçon. Rose comme l’iconique rose de la peau du cochon (qui n’est pas si rose que ça dans la réalité), ce rose donne un coté un peu mièvre, il y a de la joliesse, du caricaturalement « féminin », du callipyge, de la graisse qui s’élève comme poussée par l’espoir. Il y a du désir de la Chair. Bleu comme l’éther sans nuage, comme un monochrome d’Yves Klein, le bleu d’une mer méditerranée sans vague, du bleu de vitrail gothique vibrant de lumière, bleu comme la transcendance, bleu utilisé comme l’or des icônes  ..

La forme rose et dégoulinante comme la représentation de l’inconscient sur ce fond bleu sec, lisse sans faille comme représentation du surmoi. »

Je ressens un immense bien être à peindre cette série qui était au départ une forme « d’ hommage » et qui devient pour moi un véritable Manifeste.Le Nicht Noch Sein m’obsède. J’ai besoin de cette notion de « non forme », de « non fini ».La notion de perfectionnement possible me laisse un espoir, une ouverture, une place pour mes rêves.

Si j’arrive à peindre ce que je sens, j’aimerais que cette série fonctionne comme une projection de l’inconscient du regardeur.

Sera t il séduit, sera t il ennuyé par cette répétition, sera t il dégoûté au fond de lui, se laissera t il emporté par mes formes jusqu’à laisser flotter son esprit …? J’ appelle cette forme de peinture « l’abstraction méditative » cela peut paraître pompeux, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour expliquer ma démarche.

Voilà, ce n’est pas parce que l’on entre en silence qu’on devient inexistant. Ma prochaine « épreuve », croire suffisamment en moi, faire sauter les verrous de mes vieilles croyances et démarcher pour présenter ces travaux quelque part hors du ventre de la maison.

J’ai très mal au dos, parce que j’ai très peur…de m’exposer au Monde avec ce que cela implique de possibilité de rejet ,d’incompréhension, de jugement.J’ai peur de me donner une valeur parce que même si mes écrits semblent me représenter comme une personne sure d’elle …C’est tout le contraire ma petite fille intérieure hurle encore que je ne suis rien, que je ne vaux rien.

abc

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la chair

Dans la rubrique   : »je dessine ,je te montre » ,voici l’un des travaux de ma série « betty ». Il s’agit d’un travail de feutres sur photocopie qui sera ensuite marouflée quelque part mais ou je ne sais pas encore ! Ce travail est un peu l’illustration de ma pugnacité naturelle, il y a une bien plus d’une dizaine d’années de cela,  trônaient sur la porte de réfrigérateur de ma sœur des magnets représentant Betty Page .Ces magnets me fascinaient et je les ai pris pour effectuer des photocopies (c’était avant que j’aie un ordi ,une imprimante et tout le bazar qui va avec)Mes photocopies sont très peu précises, à fort grain ,contrastées au maximum, elles sont  » ratées » c’est volontaire. j’étais en pleine période trash je ne sais pas si j’en suis réellement sorti d’ailleurs. Ayant rendu les précieux magnets à Nini ….. j’ai archivé les images.

Je pense que j’ai plusieurs centaines de modèles de photocopies en noir et blanc de toute époque depuis mon adolescence, c’est une obsession, maintenant j’ai un « pinterest  » cela prend peu de place mais c’est moins sensuel.Ah cette odeur de vieux papier ,ce jauni délicat ,cette poussière qui fait éternuer ,j’aime ça….

Nous sommes en 2014 ,je fouille dans mes cartons ,retrouve ces photocopies ,pousse un cri d’extase(j’adore « la » betty) , je me mets à les utiliser avec bonheur.Ce travail est jouissif , ludique. Maintenant que je me suis délestée en partie de la question du sujet ,que j’ose le décoratif ,les motifs ,les couleurs franches ,les aplats je me retrouve à faire du pop et c’est très bien.Enfin ce n’est ni bien ni mal c’est juste un fait.

Je me retrouve avec une dizaine de Betty complètement déjantées aux excroissances colorées qui renforcent la part féminine très cinquante jusqu’à la caricature. Je joue avec le corps de la belle lui cache un sein ,lui fait ressortir les dents ,lui ajoute des antennes de papillon gracile.Mes pin up pop tendance « multiplication cellulaire IMG_2990anarchique » ( ma chair ,mon corps) n’attendent plus qu’une version picturale plus grande .Ce n’est pas pour maintenant car je suis en crise aiguë ,mon système nerveux part en vrille par moment ,je ne supporte qu’avec peine un drap sur l’épaule ,la douleur irradie jusqu’au cervicales en passant par les lombes.Alors faire des grands gestes ce n’est physiquement pas possible pour l’instant ,Betty peut attendre ,elle est restée 15 ans dans un carton.

Ma peinture m’a quittée ,je veux dire que je ne suis plus directement au cœur de mon travail; J ‘ai assez crié je crois et exactement comme dans mes pires cauchemars ce cri est resté muet ,coincé dans ma gorge me laissant épuisée de terreur, de fatigue et de solitude, tellement vain.Je me souviens maintenant de l’amour que j’avais plus jeune pour la peinture enlevée de Toulouse -Lautrec, cette peinture nerveuse,  puissante célébrant les corps en mouvement , les sens. Alors même que celui qui créait cette débauche souffrait d’un physique différent, douloureux….A peindre, et observer vivre le monde la nuit , les filles de joie, la Goulue, c’est un peu de lui dont il parlait … enfin je pense.

Alors » Toulouse »mon ami,  je viens vers toi souriante affamée, et je prends modestement ma part de ce buffet en créant autour de la féminité triomphante,sensuelle ,excitante.

La beauté monstre!

 

 

je dessine…..je te montre?

Ce sera une nouvelle entrée du blog. Elle est nécessaire maintenant avec toute la production engrangée dans mes cartons à dessin. Moi, faire du dessin, et tous les soirs en plus, sans discontinuer….Depuis maintenant presqu’un an, oh c’est sur en soi cela n’a rien d’extraordinaire pour une plasticienne, sauf que…j’ai une relation conflictuelle, voir auto destructrice avec moi même;J’ai parlé ici et là de mon enfance ,de comment j’ai grandi comme une graine sauvage et acharnée à pousser malgré les épreuves.Le regard de ma Mère n’a pas été bienveillant ni constructeur; Il fut tout au contraire destructeur,déstructurant le plus souvent… absent. J’ai essayé en vain de lui faire dire pourquoi ,pourquoi donner la vie et ensuite s’en foutre de la sorte,se protéger en mettant sa progéniture au « front »…J’ai fait ,je suis entrain de faire le deuil d’une réponse , il n’y en a pas ,il  y en a trop ce qui revient au même.

J’ai cinquante et une pige maintenant, je ne vais pas m’accrocher aux jupons de ma mère jusqu’au bout, tant pis.Ma famille maternelle n’est pas très « accueillante « ni chaleureuse .Nous venons du nord et ça frise un peu la caricature à la Brel. Ayant étudié une année durant la psychogénéalogie, j’ai bien observé mon arbre surtout coté maternel, coté paternel je manque cruellement de ressources suffisantes. Ce qui ressort nettement c’est la récurrence d’un sens du devoir très rigide, avec une propension à réaliser à chaque génération le rêve de mon arrière grand-père Gustave le militaire par dépit :il voulait devenir instituteur….De fait, à chaque branche il y a des enseignants d’abord sa fille qui a fait du piano plusieurs heures par jour de cinq ans à dix huit ans (elle était semble t il très douée et se préparait à embrasser la carrière de musicienne classique) ,c’était sans compter avec le coupeur de rêve familial : »tu seras enseignante ma fille, plus d’église plus de musique ».Adorant son père, elle a obéi… Et, ça a continué jusqu’à ma cousine Joh et moi;sans compter ma sœur éducatrice de jeunes enfants (sans passion).Ah oui…Mon père était également enseignant ainsi que l’une des mes demi sœurs Kouity.

D’accord c’est une entrée en matière un peu longue, mais elle est importante dans mon parcours de merde.Je n’ai plus envie d’évoquer mon enfance…De dix huit à vingt six ans , j’ai essayé de m’annihiler. Puis malade j’ai décidé de m’accrocher découvrant que la vie et bien on en avait qu’une. Dans un état second j’ai choisi la voie de l’enseignement (sans regret j’adore le monde de l’enfance ,de l’adolescence ,ma déesse c’est Louise bien sur mais il y a une place pour Françoise Dolto chère à mon cœur, et qui fait partie de ma construction intellectuelle).

Tout ça avec une passion enfantine pour l’art qui n’a jamais bougé d’un iota….c’est presqu’une obsession vitale inexplicable.Je ne me suis jamais donné le temps (sauf pendant mes années de squat ou j’ai vécu ma « vraie vie »…ah bon le reste du temps c’est une fausse??) de travailler de manière régulière comme un bon artisan ,une danseuse qui fait ses barres tous les jours car oui c’est ça la peinture. Rien de sérieux ne peut se faire sans travail acharné et plus ou moins régulier, je l’ai toujours su. Cela me faisait souffrir oui, mais je n’avais jamais le temps nécessaire : mon travail alimentaire que j’ai toujours fait avec conscience, les problèmes de santé qui m’ obligent à respecter un rythme de vie strict ,régulier ,des soins, des visites incessantes chez divers spécialistes(tout ça prend du temps et beaucoup d’énergie).Et la cerise sur le gâteau , une maternité tardive difficile et passionnante. J’ai consacré tout mon temps à Saskia les premières années de sa vie, et j’en suis heureuse….Oui et donc tu peins quand?

Et bien …..pas souvent ,par éruption compulsive mais heureusement en 2006,  j’ai découvert l’art digital qui se met en oeuvre rapidement ,ne prend pas de place. Cela m’a ouvert la porte du networking ,du blog ce fut une très bonne chose car c’est ainsi que j’ai rencontré un minuscule public ,c’est énorme pour un créateur d’avoir un retour même modeste , le fameux « regardez moi  » du blog artistikkkbranleta!

Maintenant que j’ai découvert la fatalité familiale ,je peux m’en préserver j’apprends à me faire plaisir de manière « égoïste », intime, je fais de la méditation des étirements seule, j’écoute ce corps déjà usé qui veut vivre. J’écoute enfin mes rythmes secrets, remettant à demain le linge sale ,l’administratif pour dessiner.Je n’ai pas l’impression d’aller mieux mais je vais mieux,ça sort de moi à un rythme régulier comme le ressac des vagues,comme la lune qui croit et décroit comme mon souffle irrégulier,pleinement en vie. Avec ses petits dessins qui s’amoncellent prennent sens par leur nombre ,me submergent de  douceur.Aucun retour pour l’instant? Je relativise car je travaille c’est l’essentiel.

Un dernier point sur le « comment » ,je travaille .Seulement le soir (pour l’instant!) ,pas dans mon bureau non , mais dans le fumoir en compagnie de mon amoureux qui prend des photos ,regarde des vidéos ,discute de tout et rien avec moi. Je dessine assise sur une chaise avec le carton sur les genoux, dans une position très inconfortable je sais mais je me sens bien ainsi (c’est ma kiné qui n’aimerait pas me voir recroquevillée comme ça).Je suppose que cela doit avoir du sens cette façon de faire ,mal installée dans un coin…Pourtant mon trait est ferme, les couleurs fusent et je m’éclate. Je pense que bientôt je m’autoriserai une table pour poser mon carnet de croquis là je m’excuse encore de faire ça et pas quelque chose d’utile aux autres…… N’est ce pas ,Cendrillon ?

dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.
dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.

dessin du 28/08/13 c’est donc le début de la première série qui est achevée, ( actuellement je travaille sur la série 3b que je viens de terminer: 36 dessins) sur la série 3 en cours, plus la 3K et la série « betty page » ……il n’y a pas de série 2. C est « logique »!

J’ai commencé à travailler régulièrement pour faire les décors du spectacle de Saskia et puis Seb mon beau frère m’a offert en août des feutres de la marque faber castell(la Rolls des feutres, une merveille).Et là j’ai commencé à dessiner sans me poser la question du sujet, du sens juste ma façon obtuse de voir et de vivre de survivre….J’écrivais déjà sur Arte ceci et je persiste dan ce sens:

 

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée,dans ma chambre obscure. Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
La peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis, et disposés, couleurs, fond, forme, lumière, espace….l’art est conceptuel par essence.

Masako, petite bouche grenat, épisode n°5

 

« Je  la regarde, du coin de l’œil, elle se cache au fond de la pièce, tremblante. Je sens  toujours, ses petits os pointus contre ma chair, elle s’est couverte d’un ample kimono .Un kimono tout simple, gris souris, avec de fines, d’infimes rayures argent, elle se terre dans ce coin ombré de la pièce, j’entends son souffle affolé. Je désire cette petite bouche grenat au gout de sang. Limpide Masako, je brulerai ta peau diaphane, livide, sous les rayons lunaires.

Comme je te hais. Viens là… »

30458_vig-homepageJe me sens étrangement sereine aujourd’hui comme si le film de ma vie s’accélérait en s’adoucissant prenant des teintes plus mordorées ,jubilatoire .C’est la raison pour laquelle je ressors ce texte aux accents de pure et délicieuse cruauté.

Parce que l’Art  ce n’est pas la Vie

L’art ment?

Moi je trouve cela plutôt charmant!

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

,

Le rève fondateur

je suis rentrée de mon petit voyage, remplie de l’œuvre de Louise bourgeois,que je connaissais…mais très superficiellement en fait;le choc fut violent;je digère pour le moment,je vous en parlerai dans quelques temps,d’abord écrire,rêver et surtout me servir de mes mains,tisser mon fil subtil,solide,translucide.Louise…
aussi,après quelques poste « paresseux »(merci Alphonse de me le rappeler!) : difficile de travailler loin de sa tanière,je voudrai revenir au début.tout au début était le couple de mes parents ,un noir ,une blanche et bien d’autres contrastes encore;le fruit ,c’est moi.un fruit qui pousse tout seul,parce qu’isolé volontairement;un fruit au gout différent qui se vit mal.je n’ai pas connu mon père;il est resté présent,toujours,en moi,malgré moi.longtemps contre moi.le fruit se croit blanc,il ne l’est pas ,il est perçu noir,il ne l’est pas.cassure,rupture,bascule,seul l’alcool fait le lien,…et le reste;le fruit veut tomber vite de l’arbre,pourrir,s’annihiler,violemment.
oui mais voilà toi le fruit ,tu descends d’un arbre solide(gouessé),juste que tu ne le sais pas.en 1994,j’ai 31 ans,j’attends mon père ,encore.il meurt brutalement ,sans me prévenir .la souffrance fait pousser un cri rauque,animal,dépouillé,glaçant.je ne  me souviens de rien d’autre.je suis morte avec lui:pour renaitre,entière.
voici le texte du rêve que j’ai fait quelques jours après son décès.de ce texte,j’ai puisé la force,le sens de ma vie,croyez le ou non,c’est la stricte vérité.
le rêve fondateur : »c’est dans la forêt,une forêt touffue,et sombre.je vois encore les troncs noirs,il y a des personnages,ça chuchote,ça bouge;je crois qu’il y a mon père.il me commande d’enfourcher un grand cheval,absolument rouge;j’ai peur,m’agrippe et pars vers une nuée,vers la lumière.ni cauchemar,ni rêve conte de fée.pure poésie.maintenant je sais pourquoi je peins…

36517_le_reve_fondateur« extrait du carnet de bord;19/08/1994.

Je n’ai pas de nécessité particulière à ajouter trop de mots à ce post tiré d’un rêve fait quelques jours après la mort de mon père…En ce moment ,je peins de grandes toiles pour le décor.Saskia et Francis viennent voir le travail qui avance…. »il » m’a dit qu’il était fier de moi (silence) ,je suis très troublée de savoir que je vais me retrouver sur une scène avec ma propre fille.Qui aurait penser cela en aout 1994?Dans l’émotion pure,dans le rêve absolu ,dans l’amour de vivre,dans le désir ,dans le partage…..Voilà ou je me trouve en ce jour de Mai  2013  ,je suis tellement peu « habituée » à cet état de grâce que je flotte , remplie  de douleurs ,les genoux,les mains , et surtout les doigts. Mais cela ne m’empêche absolument pas de creuser pour chercher mon énergie et avancer…..Comme  j’aime ce rêve noir ,rouge et bleu offert par ma tribu Dan , comme j’aime ce père qui chemine dans mes gènes,et m’anime ……éblouissement fugace ,vertigineux mais bien réel.qu’importe le temps qu’il fait ,mon cœur est comme un soleil….

ma petite 2

le regard intérieur,celui qu’on ne contrôle pas;le dessin automatique permet cela.je cherche non pas la beauté mais l’authenticité du trait.technique: stylo bille fin  noir,été 2008.

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J’aime beaucoup ce dessin,oui c’est un vrai dessin fait à la plume sur un papier grainé qui sent si bon; il fait parti de la série des petites filles intérieures dont j’ai déjà parlé ici ; j’ai effectué cette série en pleine « non maitrise » de moi même et pour mon plus grand bien. Je cherche toujours à comprendre ce qui se passe autour de moi ,en moi ,dans la tète des autres,dans ce vaste monde…Jusqu’à l’épuisement moral ,et je ne trouve jamais de réponse définitive , parce que c’est tout simplement impossible de trouver « une » réponse satisfaisante  qui apaise.C’ est irréaliste , d’une envergure encyclopédique et totalitaire impitoyable.Je suis fatiguée en ce moment ,des coups de semonce inattendus et brutaux qui m’empêchent d’aller aussi vite que je voudrais dans la réalisation d’un projet actuel qui me réchauffe le cœur et l’âme  : je dois faire un décor pour le gala de danse de Saskia;ce sera aux Carmes ,Annick son professeur est une  femme belle ,passionnée aux yeux rêveurs parfois un peu tristes ,elle engage toute son énergie pour que les « filles » vivent une expérience unique ,une expérience réellement artistique et  exigeante ; il y a deux ans ,j’y suis allée en tant que spectatrice émue , j’ai été « bluffée » par la mise en scène ,les chorégraphies ,le sens du spectacle et le rayonnement d’Annick qui sait tirer des « petites » le meilleur d’elles mêmes ( gage d’un professeur qui aime sa matière,qui aime ses élèves,les respectent)…

Cette année le thème c’ est :  « les histoires d’amour » ,vaste thème qui au début m’a plus affolée qu’autre chose et franchement ne m’inspirait pas grand-chose….de manière picturale.  Saskia danse avec Suzanne un jazz endiablé sur »les histoires d’amour » de Rita Mitsouko et moi je fais les décors !!Des tableaux emblématiques de l’amour repris, transformés,cachés sous un voile,je viendrai sur scène pour couvrir et découvrir un à un  les travaux qui correspondent au tableau de danse du moment ;cela fait tant d’années que je n’ai pas foulé du pied la scène,que j’aime plus que tout.Là  mes douleurs ,mes fièvres s’évanouissent,là , je respire la poussière avec bonheur ,isolée dans la lumière et pourtant jamais si proche de ma vie qu’à cet endroit imaginaire ,improbable… dans ce halo cru ,ce faisceau blanc qui nous » révèle » avec tant de bonheur ; j’ai du mal à dormir  parce que j’ai peur , peur de ne pas être à la hauteur ,d’être hors sujet,de décevoir la confiance totale d’Annick envers moi .Me voilà acculée à « faire » , »produire » « montrer »;me « montrer »sans pouvoir fuir,repousser,oublier,dormir. »un autre jour peut être? » (la fameuse stratégie du poulpe ka ….pufff disparue derrière mon nuage opaque encré!)

Ma petite 2…ambivalente comme je le suis parfois ,planquée noire au fond de mes entrailles ,à coté de mon foie gros ,noir ….noir comme la moitié de moi même ,et l’autre partie blanche,lisse comme morte,plus écartelée que jamais entre mes origines,mes valeurs,mes angoisses secrètes .

La scène va tout mélanger,tout prendre,tout restituer .Nos couleurs ,nos peaux dans une gestuelle gracile ,endiablée.Oui…; la scène est  l’un des seuls endroits ou je suis « une » et indivisible ».

 » Regardez moi  »  disais je , sur le blog artistikkbranleta 1 d’Arte…

Regardez moi .Je suis en Vie.

Petite fille extérieure…

voilà un dessin atypique dans ma production;j’ai voulu m’inspirer vaguement d’un dessin urbain, pin up  exacerbée dans les proportions et les caractéristiques du trait.
et puis ça a merdé…..cette fille là (moi) avait un truc qui n’allait pas ,mais alors pas du tout.il a bien fallu faire « l’autre »,la noire.je me demande toujours comment chacun gère sa part obscure(à ce propos n’hésitez pas à me parler,me donner de la matière,un peu d’échange que diable).Pasolini,Céline,Hitchcock,Mishima….voilà des êtres qui m’offrent des réponses lumineuses.nous nous voulons vertueux,blancs comme neige,et se met à couler cette insignifiante goutte de sang frais,d’un rouge subtil,le rouge grenat qui casse l’harmonie,l’illusion de pureté;elle ne s’efface pas.

tiré d’artistikkkbranleta ‘s blog  number one,février 2008

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Ce dessin mérite quelques explications ; il fait parti d’une série sur ma petite fille intérieure (celle qui pèse si lourd dans mon ventre,qui s’accroche à ma colonne vertébrale et la fait ployer dangereusement ) .Cette Série est venue de mon thérapeute en médecine chinoise à Toulouse qui m’avait proposée de poser un peu de souffrance sur le papier ,en dessinant cette petite fille ;c’est un homme merveilleux ,qui irradie de bonté ,de simplicité ,de curiosité…Il me manque et je n’ai pas trouvé son équivalent à Bordeaux.Ce dessin est un peu « à part » dans la série (qui contient une dizaine de dessins faits au stylo et à la plume) ,puisque la petite fille est derrière et à l’extérieur d’un Moi idéalisé,blanc ;elle est la part d’ombre ,la part obscure. Si le quotidien ne me bouffait pas toute crue ,si j’avais plus de temps ,je tisserai bien la suite de ce projet qui a émergé « tout seul » de mon esprit ,comme d’hab.

La question du métissage ,de la différence, de la norme,de l’ambiguïté d’une personnalité ,des contrastes en arts plastiques et dans la vie ,de la symbolique lourde de ces deux couleurs  :noir comme un four ,noirs desseins ,tu broies du noir  ,blanc comme neige ,blanc comme ce que doit être l’homme dominant ,normal quoi!…Anecdote: enfant,je ne me voyais pas métisse dans le miroir mais bien blanche comme mon entourage nordique …Mais je ne sais toujours pas qui je suis quand je me regarde dans le miroir ,hybride silencieux toujours sur la brèche…Je ne me « vois « pas…

Melancholia

d’Albrecht durer….il faut savoir s’arrêter,se taire ,s’effacer.dans ce cas,je reviens aux sources,aux racines de mon être.depuis l’ enfance ,je passe des heures plongée dans la contemplation de tableaux,j’ai eu la chance d’avoir une mère qui était sensible à l’art;peignant elle même.il n’y avait pas beaucoup de livres à la maison,MAIS QUELQUES LIVRES D’ART,à l’époque c’était un luxe,ce type de livres coutaient très cher…des heures d’extase devant les Van Gogh,les Gauguin,et le massacre de Sardanapale peint par Delacroix.ce tableau m’enivrait ,je sentais bien qu’il s’y passait des « choses » ignobles,mais en même temps toute cette débauche de couleurs,d’éclats,de lumière ,de fureur.tout ce que je voulais de la vie.de la passion,de la violence,de la magnificence…..j’ai encore ce tableau en tète,parfaitement ancré en moi.mais aujourd’hui,je voulais vous offrir Melancholia,qui m’a aussi beaucoup marquée enfant.Albrecht Durer,sa rigueur qui m’épouvante et me fait tressaillir de bonheur.

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Me taire ,je ne le fais que trop .

Mais je garde jalousement les gouts de mon enfance…..J’étais dans une école super ,nous allions beaucoup au Musée ,je rédigeais un journal pour la classe après chaque visite.Et ,j’ai encore en moi chaque œuvre qui me tournait la tète , me donnait envie de tournoyer pour exprimer ma joie , bien sur que la Beauté peut vous sauver…..Quant aux livres d’art , j’en ai un mur rempli dans le salon plus les autres qui trainent dans toutes les pièces,  en cours de relecture urgente,ce qui fit dire à mon compagnon fou de rage après le dernier déménagement qui l’a épuisé ,et oui nous n’avons plus vingt ans et peu d’amis sur place :-« toi ;tu es le  tyran des livres . »

oui oui si tu veux…je suis l’hydre mauresque ivre de livres au format dantesque.