Samy

samy son histoire

Bon, je suis plombée ce soir ,je préfère me concentrer sur la mémoire, le travail de mémoire pour un pote d’arts….tombé du toit une nuit de pluie…Son histoire fait douloureusement écho à ce qui se passe en France.il voulait créer ici, s’y sentait bien ,était soutenu.Mais ne pas avoir de papiers en règle ronge de l’intérieur il me l’a expliqué: jamais quitter Toulouse,toujours sur le qui-vive, ne pas trouver de travail stable, vivoter, se terrer comme un animal. Samy n’a jamais rien fait de répréhensible…c’était un type habité par l’huile de lin, la dernière image que j’ai de lui, deux jours » avant »… lui, dans la maison de quartier prêtée comme atelier donnant sur la rue, agenouillé et concentré…Tendant une toile sur un châssis de bois, il lève la tète, me sourit, mais moi, je suis pressée :…Saskia,  son bain , le repas à préparer, la vie…Je lui souris moi aussi…Et puis c’est tout,plus jamais vivant je ne reverrai Samy.
je joins son interview paru dans : AUTAN d’accents »mémoire et transmission »; travail collégial édité par la parentèle (fait en atelier d’écriture avec Fred Ducom et des enfants du quartier Arnaud Bernard à Toulouse). Fred est écrivain,poète,fumeur de havanes indocile, et ….tonton de ma fille Saskia.

08/05/2007 blog artistikkkbranleta ,plateforme d’Arte.

9519_samyVoilà ,je rends encore aujourd’hui un hommage à Samy…Ce n’est pas de l’opportunisme non, mais c’est pour moi  l’occasion de dire à nouveau, combien le monde dans lequel nous vivons me dégoute et m’inspire de l’angoisse. J’ai choisi cet article qui date de 8 ans parce qu’il parle d’un pote (je ne vais pas travestir la réalité pour l’art,ce n’était pas un ami proche), un homme de » bien » comme l’on en croise tous sur notre route et qui vous marque à jamais. Je sais de quoi il est mort, et c’est tellement con, tellement dérisoire que cela me met en colère encore maintenant : de ne pas avoir pu vivre ici en France. Est ce ainsi que j’ai envie que mes neveux ,nièces ,élèves vivent ? Non.

Alors, vous allez me dire : » mais de quoi tu parles Carolina, nous sommes tous atteints aujourd’hui dans notre chair parce qu’on s’est attaqué à notre bien le plus précieux, la liberté d’expression »……Alors à cet instant, j’esquisse un pauvre sourire en guise de réponse car j’ai vu, j’ai entendu, j’ai senti dans mes narines sensible les remugles fétides d’un discours caché sous l’indignation générale….Cet amalgame permanent, vicieux entre les musulmans(dans leur ensemble) et cette frange immonde et radicale qui se nomme le terrorisme.

– » putain, Caro, tu délires là, tu fais la fine bouche, c’est super ce qui se passe cette communion :nous sommes tous Charlie.., non ? »

Excusez moi d’en douter. Le doute est foncièrement dans ma nature, il me permet de ne jamais me suffire de la sauce que l’on me tend à grand renfort d’humanisme clinquant et prêt à porter, cette pensée de masse qu’on voudrait me faire bouffer. Ce doute foncier me permet de toujours vouloir aller plus loin dans mes connaissances, mon art. Il me rend vivante,mobile et humaine….et chieuse aussi!

la couleur sauvera le monde?

Oui j’espère…

 

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non conforme

J’ai posté ce portrait fait par Dominique Canti sur le blog artistikkkbranleta parce qu’Arte refusait de valider mes posts….Avec le recul il y a quelque chose de ridicule dans ce mini bras de fer duquel je suis sortie gagnante,de l’ordre du malentendu mais à y regarder de plus près…

Je me sens meurtrie en ce moment et ce n’est pas vraiment un malaise physique, non, cela se passe du coté du cortex, pas du cœur ;J’ai fait l’erreur de faire une recherche plus poussée sur des éventuels survivants de ma période post punk à Bordeaux. Et,j’ai trouvé sur le site de facebook , une page dédiée aux années 80 à Bordeaux. Je me suis inscrite, j’ai posté une photo du concert de la Mano Negra au Jimmy Bar en janvier 1989. Ce soir là j’ai sauvé ma peau sans le savoir: Tom le clavier a flashé sur moi ,moi sur lui et il a fait en sorte que je quitte définitivement cette ville ou j’étais entrain de mourir de manière certaine.Cela a été un genre de « conte de fée » rock’n roll qui n’a pas duré( une année assez intense),  mais j’ai été happée vers le haut, il m’a sauvée des eaux boueuses et tempétueuses de la Garonne.Tom:  tu fus mon chevalier à la guitare électrique (son second instrument de prédilection).

Je n’ai retrouvé personne, enfin si c’est pire: une personne, une fille que j’aimais beaucoup avec qui il me semblait avoir partager autre chose que du vomi de bière… Je l’ai contactée ,elle m’a répondu poliment…………………………….. C’est tout. L’impression de n’avoir laissé aucun souvenir autre que pitoyable s’est trouvé validé par ces « retrouvailles » avortées.En fait c’est la deuxième personne que je retrouve ,à la première que j’ai croisé par hasard dans bordeaux,  j’ai laissé mes coordonnées ,pris les siens et puis le silence mais c’est moins grave : ce n’était pas quelqu’un de très proche.Non seulement mon enfance fut un cauchemar mais visiblement il me sera pour toujours impossible de recoller les morceaux de ma fin d’adolescence tardive ,de cette période déjantée, no future, alcoolisée au plus haut point , dont j’ai déjà parlé ici.Ce que je conserve ce sont des images fluctuantes et troubles,des sensations de malaise, de honte de soi imperceptible,de dénigrement dans mon dos. Je ne savais rien faire d’autre que me détruire à grand feu sans être capable de communiquer ,de partager de manquer à qui que ce soit, je pense que je ne donnais pas beaucoup aveuglée par ma haine intérieure.Toute mon enfance j’ai déménagé et je n’ai donc gardé aucun ami de cette période. Je suis une âme errante qui flotte au gré du vent.C’est très douloureux d’écrire cela ,c’est très douloureux de le vivre.Il y a toujours autour de moi comme un malaise persistant ,un mur invisible qui me coupe des autres,de leur réalité…Je passe seulement, je ne reste pas, je ne laisse rien.Plus que jamais j’ai besoin de m’attacher à produire à laisser des traces de mon existence (ce qui se trouve maintenant sur l’autre blog qui ne parle que de peinture ,de dessin,de référence,de techniques…pas d’état d’Âme, pas de mur de lamentation).

http://jedessinejetemontre.wordpress.com/2014/12/06/tintamarre/

C’est la seule chose que je sache faire dignement, sans faille. Sur ce point je ne trompe personne. Mais je comprends mieux l’intense souffrance d’avoir été dénigrée par Arte(un symbole fort pour moi ,la culture ,toutes mes valeurs en fait) parce que ce rejet me renvoyait à un énième rejet de la part de mes congénères humains. Peut être que ce que je dégage ne correspond pas à l’intérieur de ce que je suis, certains le voient cet intérieur plutôt bienveillant et en empathie avec l’autre, un intérieur ultra sensible et assoiffé d’amour. D’ailleurs cet « autre » se confie beaucoup à moi , dernièrement une voisine qui maintenant me regarde un peu gênée (et ça c’est un truc qui m’arrive tout le temps), je suis une tombe pourtant, je ne répète jamais les secrets qu’on m’offre, j’ai trop de respect pour la parole humaine quelque soit l’age de celui qui me livre ses mots douloureux …

Moi ,Carolina Diomandé  aka Juju l’ogresse continuerai donc à ronger ses os dans la caverne duveteuse que je me suis construite,vivant dans mon imaginaire, extrêmement isolée du reste du Monde ,avec en partage mes couleurs.

L’ogresse est nue, enfin ici elle est en short!

7987_non_conform2cliché argentique de dominique Canti ,Paris,1995.

C’est gluant,c’est rose….c’est quoi?

 

Il dit :

« J’ai des trompes ,et j’ai aussi des bras ;j’ai des bites « en veux tu en voilà »…..Oui, on m’appelle La biteballerina, c’est tout, c’est bien comme ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

106832_pieuvre

 

 

 

Je réponds :

« Ne me demandez pas pourquoi je suis obsédée par ce monstre, il est venu tout seul, il n’a pas de forme définitive, c’est un « nicht-noch-sein  » , et ça c’est plus que sur .

Il, elle avance dans la vie, droit avec en fond un ciel opaque et dru,je ne pense qu’il ait envie de s’arrêter ,il n’a pas besoin de nous parler non plus ,il a tout dit avant , il y a très très longtemps, seul dans son coin , il hurlait silencieusement.

Alors ma bête gluante et rose, elle se venge ;sans espoir aucun.faut bien le dire.elle sort toute crue et toute juteuse,toute sanglante de mon imagination à la fois fertile et drôlement limitée,par le bout de chair que je suis :des os ,de la carne ,des trucs qui suintent ,qui pètent et tout le tremblement ;

Je m’amuse avec peu moi… : Des viscères, un peu de viande, des muqueuses mouillées, des giclures sur le sol qui disent bon dieu, j’existe con, je suis chaude, encore et pour combien de temps ?

Je ne suis qu ‘un corps et celui-ci n’en finit pas de m’épouvanter, de me faire jouir… De m’en faire baver.mais, je ne suis pas dupe car tout ça c’est du vent. »

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

,

Ka mardée

 

Il est 9 h…du matin .Le silence est total ,j e pourrai me réfugier sous la couette , je pourrai boire un café et lire ,je pourrai commencer à changer le linge de la maison ;je pourrai hurler comme une folle que je suis seule (ma fille est chez son père,mon amour est au travail )….mais,  de toute façon personne ne m’entendrait.

 

Alors ,je réfléchis devant mon écran ;il brille si fort ,j’ai mal aux yeux , j’ajuste mes lunettes rouges ;il m’attire irrésistiblement je crois même qu’il me parle parfois .Il chuchote ,alors je tends l’oreille tendrement .Je reprends des images dans mon stock : c’est toujours un grand moment de bonheur ,de plénitude,d’abandon, je m’installe le plus confortablement possible. Il est 9 h c’est l’heure de prendre le stylet dans la main ,toshop attend mes ordres .Je pose mes couches d’images ,j’estompe ,je rajoute de la lumière ,atténue certains contrastes.

jubile!

 

D’un écorché ,d’un portrait de moi en louve nue remplie de courbes charnues , je crée un image qui me plait ;rien de bien sérieux .Dans cette petite histoire de dimanche pluvieux.D’autres dorment ,d’autres rêvent encore et s’agitent,certains s’enlacent fiévreux .activant docilement la machine aux désirs.

 

Moi je joue comme je l’ai toujours fait ,aujourd’hui c’est avec la camarde, par défi ,par gout ,et après?

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étreinte première

1988;bordeaux,grand format ,acrylique-sang humain ,ma première étreinte…je ne savais pas que cela deviendrait mon thème central.cette première étreinte japonisante,est pudique,les corps perdus dans les soieries,le mouvement des corps se dessine pourtant ,souple,ample,comme le ressac des vagues de l’océan….je ne me séparerai pas de cet encombrant tableau.(texte tiré du blog artistikkkbranleta,Arte)15_06_2007

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Parfois je suis effrayée par le Temps ,celui qui passe ,me file entre les doigts ;Cet après midi par exemple il fait beau j’ai du temps pour une fois ( Francis recrée le jardin ,Saskia a invité une amie pour l’après midi ,la maison est pleine de rires de jeunes filles ) .Et moi ,je tourne en rond comme une toupie ne sachant que faire pour le rattraper ,qui? Ben le temps , celui que j’ai perdu au fil des années …un problème insoluble surtout que pour moi vivre c’est en gagner..;quoi? et bien du temps ,sur la maladie  sur la mort qui quand j’étais jeune s’amusait à me mordre les doigts de pied sans me faire  rire.

Pourquoi ressortir cette vieillerie des années 80? Parce qu’elle est très chargée d’énergie ,encore aujourd’hui ,elle ne change pas cette grande toile ensanglantée qui en a vu des drames ,les miens (la partie jeunesse bordelaise cruelle ,no future )…Si la toile du dernier post devait représenter mes débuts en peinture (la peinture  qui prend sens et corps ). Cette toile ci représente l’essence de ma psyché ,l’élan de la jeunesse .Je l’ai peinte dans l’ urgence certainement à moitié ivre ,seule ,sur deux voir trois nuits ? C’est une grande peinture sur fond noir ,à peu près 150 cm sur 100 cm,faite à l’acrylique sans dessin préparatoire ,avec en « bonus » un dripping du sang de mon compagnon de l’époque , dont j’essayais  de me défaire dans la souffrance .Pourtant elle continue à me séduire par sa composition ,sa vitalité ,sa fraicheur.C’était surement l’une des pires périodes de ma vie ,je n’avais rien compris de ce que j’étais ,de ce que j’avais subi ,de la manière dont les hommes qui passaient dans ma vie me traitaient , de ce que je perdais (la santé des 25 années à venir plus celles qu’il me reste à vivre au compteur). J ‘étais perdue ,littéralement abandonnée par tous mes « amis ».Je ne leur en veux pas ,j’étais invivable au sens littéral et puis j’ai toujours pensé que je n’en valais pas la peine.

Malgré tout…..j’ai réussi dans mes ténèbres à peindre cette toile là ,c’est pas du Matisse c’est sur …c’est juste un cri qui dit : « voilà je crève ,on me viole ,on fouille mon corps de manière sordide depuis mon enfance,on m’envoie les flics qui me traitent de pute ,je prends des coups ,mais je continue à prendre les pinceaux , à aimer le turquoise ,les mouvements sinueux de l’étoffe ,les cuisses qu’on devine ,le téton ,l’acte d’amour fou ,celui que je cherche ,que je peins sans cesse , car depuis cette « Étreinte première « , j’en ai peint et dessiné des dizaines d’autres ;

Mon amour fou c’est la création ,la trace laissée au delà de toute espérance.

c’est arrivé tout seul…

j’ai peint cette toile au cœur de la série du deuil.en fait, j’avais une furieuse envie de peindre mais je me posais la question du sujet.Alors,j’ai tout « lâché »,et c’est « ça « qui est sorti.C’est la matrice fondatrice de mon travail des années 90 ;cette sorte de coulure de lave,organisme mou ,du corps (glauque et suintant) de toute manière,plus vu de l’intérieur que de la peau.Pourtant,l’intérieur du corps n’est pas très coloré,je dirais même gris,si l’on fait abstraction du sang….

20623_c_est_arrive_tout_seulJe me relis là et… j’ai un peu envie de rire .Pourquoi? Parce qu’il y a  vraiment un lien entre peindre ,chier et vivre .Quand je dis de manière naïve   : « j’avais une furieuse envie de peindre ….et puis j’ai lâché « ça »…… »C’est d’une telle évidence .Il est clair que quand j’écrivais ces articles dans artistikkkbranleta le blog de la folle , je ne me relisais jamais ,j’écrivais dans l’urgence ,jouissant d’un médium nouveau de communication,donnant beaucoup trop de moi sans réfléchir.Mais il n’y a pas de place dans ma vie pour les regrets.Ce serait maintenant je ne m’ouvrirais pas de la même manière mais bon j’ai un tempérament généreux ,je ne calcule pas.

Comment vous dire ,comment vous faire comprendre (parce que c’est bien le but de ma présence ici ),j’ai abandonné l’idée d’être « découverte » , »choisie », « élue » par un grand mécène japonais ,ça y est je grandis un peu ,je n’attends plus le prince charmant  .Par contre, parler de l’acte de peindre ,de faire , je pense que cela peut intéresser quelques lecteurs.Cette toile a été peinte dans des circonstances dramatiques.C’était l’automne 1994 ,je venais d’apprendre le décès de mon Père en Cote d’Ivoire…loin de moi.Je l’attendais depuis…30ans ce Père charismatique ,ombrageux ,beau ,brillant grand absent de ma vie.Sa mort fut pour moi comme un cataclysme ,une perte irréparable ,absolue ; je suis physiquement tombée malade très gravement , je voulais sérieusement le rejoindre et puis…..le Rêve est venu (article « le rève fondateur » dans ce blog) ,je me suis redressée.J’ai décidé de continuer le combat.Ce combat  ne pouvait se faire qu’avec mes seules armes :les pinceaux ,et moi qui peignait des « belles images « depuis ma jeunesse  .J’ai abandonné toute forme  de décision ,j’ai plongé en eau trouble ,sans savoir si j’allais m’en sortir, cette série du deuil est née ainsi ,ma première série ,digne de ce nom.je les ai tous ces tableaux ( peints sur bois sur vieux cartons ,la plupart en mauvais état de conservation avec tous mes déménagement )…. Je ne les ai jamais exposés ,pour quoi faire ? je ne peux les vendre ces tableaux maladroits ,ternes mais emplis de toute ma substance ,de toute mon envie de vivre malgré TOUT .Celui ci en particulier , »c’est arrivé tout seul »…quitte le champ du figuratif, du narratif ,de l’esthétique pour me faire pénétrer dans les méandres de mon cerveau droit,de mon empreinte génétique ,de mes racines enfouies,de mes peurs ,de mes dégouts ,de mon perpétuel questionnement sur la Vie .j’ai mis beaucoup de temps à le faire ce tableau blafard,c’est mon gros bébé laid et taciturne ,comme je l’aime.il m’a tellement apporté que je continue encore aujourd’hui à peindre à partir de cette matrice là.(notamment l’interminable série pour mon ami Pixel bleu décédé l’an dernier,et merde ce con )

Fouille ,fouille dans tes viscères Carolina,cherche ,cherche les filaments gluants ,tranche les liens toxiques,tourne autour de l’informe c’est ton domaine.Les marchands du Temple ne sont pas près de te voir parce que tu travailles l’invisible ,l’indicible.

Mais ….tu n’es pas seule.

petite numéro 11 (ou début)

J’ai très mal en ce moment
des maux nouveaux
des mots nouveaux
il faut donc encore retirer
une peau,creuser avec les ongles
jusqu’au sang.
déterrer plus profond32347_petite11
sortir toute neuve
toute vive
comme une Ferrari rouge
qui brille
qui brille
qui brille….
je suis une fille.
la petite n° 11 m’a beaucoup apportée,elle signifie beaucoup pour moi.j’aurais pu la nommer « début ».

J’ai remarqué que presque tous mes textes utilisent le mot corps et/ou souffrance….Il se trouve que physiquement après une rentrée : pas du tout en fanfare , totalement déconnectée par la douleur physique .Il se trouve qu’ aujourd’hui , je vais carrément mieux ;mon dos est assez silencieux ,mes genoux se comportent de manière correcte avec le reste de mon corps , je marche sans boiter (je boite mais cela ne se voit pas ,c’est un boitement intérieur,d’où la douleur qui se répercute ailleurs dans le dos ,les lombes ,effet du déséquilibre permanent) .Pourtant ,je ne me sens tout aussi minuscule que dans les jours les plus sombres ,sans devenir ,sans visibilité ,sans rayonnement…; »sans »….. , »en reste » ,…… »à coté de la plaque »…….. « inutile »……. , »inintéressante »……….. voir ….. »minable » , si j’osais .Je sais bien pourquoi .Tout a concouru dans ma vie à me mener à « ça » ,ce constat amer et bref ,sans appel,ces ailes noires qui forment un trou noir autour de mon buste ,qui m’empêchent de rire en cascade et sans objet.

Je vais vous raconter la dernière de ma génitrice ;ma fille est allée en Bretagne avec elle en famille pendant les vacances.Celle ci (ma fille)  ,est revenue enchantée mais m’a quand même dit un truc qui l’a dérangée ,un truc qui est arrivé pendant le séjour , et dont elle avait besoin de parler avec moi…C’est au sujet de sa grand-mère ,c’est au sujet d’une phrase qu’aurait dit  ma mère à son frère et  sa sœur (mes oncles et tantes) ,quelque chose me concernant;Mutti aurait donc parlé de moi ,de mon enfance (Saskia buvait ses paroles ,elle veut tout savoir et comprendre  de cette mère triste,aimante,étrangère au monde de ces copines)…Elle aurait dit que franchement quand je parlais de mon enfance ,j’en rajoutais une couche ,que j’exagérai ,que je déformais , dramatisais, et tout le monde de la conforter dans son sentiment de bonne mère qui « a tout fait » pour sa progéniture et qui se fait bouffer par sa fille ainée ,la méchante garce ,de manière  injuste, et cruelle….Je ne l’ai pas montré à Saskia mais intérieurement , je me suis décomposée littéralement .

Ainsi donc, elle s’acharne la mère ,elle veut absolument porter le suaire rutilant de la victime expiatoire ,me charger à mort ,devancer mes plaintes en minimisant mon vécu .Symboliquement ,une seconde fois(?) elle m’assassine,me nie ,me renie ;elle n’abandonnera donc jamais cette vieille folle ,hystérique ;

Depuis ,je suis vide très faible (ma tension ne dépasse pas 9 ) , la médecin m’a demandée comment je faisais pour continuer…. ben quoi ,comme d’hab .J’essaie de mobiliser mes forces mais je ne sens plus rien en moi ,qu’un grand vent de colère et de désespoir .Il faut que je lui tourne le dos que j’arrache ce cordon empoisonné avec mes dents ,même si c’est sale.Je le ferai.

Parce que je veux vivre.

Vivre et foncer tout droit ,loin devant ……comme une belle Ferrari « rouge scarlett »,carrossée et brillante.

Et sourire pointu comme une lame ,voir l’autoportrait….

Puppa 58 puppa58

je n’ai jamais joué à la poupée; ma grand’mère me disait  : » mais carolina , habille donc tes poupons ils sont tous nus , ils vont prendre froid… »

je ne répondais rien , je pensais simplement comment pourraient ils avoir froid : ce ne sont que des poupées?

j’avais une poupée que j’aimais , mais on ne parlait pas doudou à l’époque,un jour je me suis assise sous la table , écoutant les voix des adultes qui ignoraient ma présence : je l’ai littéralement déchiquetée en menus morceaux avec, désinvolture , remplie d’une haine glacée.  je devais avoir 4 ans.

petite fille modéle en robe blanche , le dimanche.

cette poupée à tète d’esquimau….je l’ai détruite avec méthode ce devait ètre les débuts de » la petite fabrique de l’écorchage ».

ils n’ont pas eu de réaction….

Mieux vaut en rire , nest ce pas ? et travailler plastiquement avec des poupées.

j’en cherche en permanence.

95889_lulu-1Je n’ai rien à rajouter.