Rêves d’outremer…

Outremer : au-delà des mers selon un pays défini par exemple la France. C’est le titre que j’avais choisi pour l’exposition que je devais faire à Basse Terre en Guadeloupe au mois de Septembre….J’en ai parlé à mots couverts ici et là sans trop oser dévoiler le projet, il se trouve que je suis superstitieuse. Hélas la superstition n’aura pas suffi à offrir de bons augures à ce chimérique projet. Je peux en parler maintenant  : je n’irai pas au delà de l’Atlantique dans ces iles qui font tant rêver….Les autres.

Pour ma part je suis plus attirée par la Mongolie ,les steppes arides, les landes irlandaises , l’archipel japonais.Tout de même, je n’allais pas cracher sur un si beau projet qui m’a tout d’abord semblé incroyable (je ne mérite pas ça ,moi) qui m’a ensuite occupée près de six mois ,faits de rêveries ,de travail acharné tous les soirs et vers la fin la journée, lorsque l’année scolaire chargée pour moi s’est terminée.Un projet d’envergure avec lequel je devais exposer « moi toute seule » en galerie, une jolie galerie aux murs blancs juste grande comme je cherchais depuis longtemps.un projet mirifique dans lequel j’aurais  fait une intervention pédagogique en milieu scolaire avec des élèves de primaire (j’avais déjà en tète, mon discours sur l’art et sur le fait que nous pouvons tous créer,  pratiquer avec passion pour exprimer nos joies ,nos peines, montrer aux enfants qu’on pouvait peindre avec tout et presque rien, se faire plaisir, se faire du bien que l’on soit riche ou pauvre car nous sommes égaux….j’espérais secrètement qu’il s’agirait non pas d’écoles « de riches « (ces enfants là en France ou en Guadeloupe sont blasés, contrairement aux enfants pauvres des quartiers dits »défavorisés » qui prennent ce qu’on leur offre avec faim ,c’est cette faim qui m’intéresse ,celle du gout de la vie, de s’en sortir et vivre debout)… Un projet qui devait enfin me mettre dans une situation que j’ai déjà vécu une fois à Bruxelles, celle de conférencière (bizarrement je n’avais aucune angoisse à propos de cette intervention au milieu des « miens » ,d’autres artistes ,une historienne de renom dont j’aurais bu les paroles avec avidité: le Paradis sur terre pour une soirée).

Certes, le thème m’a semblé un peu….comment dire « ampoulé »:  « femme métisse ,mère du Monde ». Je me suis dit : -« Et ben ma grande… t’as pas peur du ridicule sur ce coup là! « Ceux qui viennent ici régulièrement me connaissent et savent que je ne suis pas imbue de moi-même, que j’essaie toujours de relativiser ,changer de point de vue pour élargir ma compréhension ,ils savent aussi tout ce que j’ai pu endurer enfant ,adolescente et jeune adulte.Ce qui me rend fragile sous la carapace Ka, ce qui me rend méfiante et parfois si triste à en mourir. Pouvais je vraiment croire à un si beau projet , « vraiment »? Je suis plus habitué aux désillusions, aux bagarres de la vie, aux coups du sort, aux abandons.

Abandon

Et bien voilà ,c’est fait, la semaine dernière alors que je nageais dans mes grands formats à vernir ,à maroufler ,à encadrer (ma mère devait venir pour m’aider tellement je me sentais dépassée, sur le thème de l’art on s’entend avec ma mère ,c’est même le seul sujet d’accord possible entre nous).Alors que je prenais des tonnes de notes  pour la conférence, lisait des livres dédiés, étudiait  la condition des esclaves noirs, mes « frères » de sang. Coup de fil dont je me souviendrai longtemps , coup de téléphone funeste qui mit fin à mes « rêves  » d’outremer (ce titre résonne comme une prophétie): « nous nous désengageons du projet »,…..je ne citerai pas de nom à quoi bon franchement et je n’essaierai même pas de vous expliquer les tenants et aboutissants de cette mascarade c’est absolument sans intérêt. Je voudrai juste dire qu’il ne faut jamais croire les gens qui vous flattent ,vous bercent d’illusions grandioses et démesurées ,mais bon sang je le sais pourtant, je ne sors pas de l’œuf. Mon conjoint était très sceptique depuis le début assez rocambolesque cette triste affaire, jusqu’au malentendu final qui lui fit dire d’un ton sarcastique (comme je déteste avoir tort) :

-« tu vois j’avais raison… »

Tout cela serait risible si je ne m’étais pas autant investi dans le projet moralement ,intellectuellement, et surtout physiquement…Je n’ai pas écouté mon corps je suis restée sourde à ses appels désespérés pour que je me calme, j’ai cessé de dormir tellement remplie d’idées, de notes à prendre, de croquis à finir, vite, vite…

Alors j’ai cessé de manger.

Maintenant je paie la note ,heureusement nous sommes  en été je suis en vacances puisque mon métier officiel est professeur.Depuis quelques jours je ne dors plus mais cette fois ci, à cause de la peine, de la honte aussi d’avoir annoncée mon « triomphe » de manière inconsidérée(et d’avoir demandé et obtenu un dérogation extraordinaire de mon recteur), de la colère aussi…. Mais pas trop. Heureusement je suis bien suivie au niveau de la santé physique, au niveau psy et puis j’en ai vu d’autres dans ma chienne de vie; Il y aura encore des projets je l’espère….Moins importants, dont je ne serai pas le centre et tant mieux. J’ai comme l’impression que ce n’est pas ma place : au centre…

Et finalement ,lorsque j’étais entrain d’écrire le texte de présentation sur mon travail j’ai senti comme une faille, un conflit entre ce que je disais de ce que je suis et ce que je crée , ce que je ressens dans ma peinture et ma place dans ce projet. J’y reviendrai bientôt, j’ai tout loisir de reprendre mon travail de cheval de trait maintenant.

La vie est remplie de surprises, de rebondissements improbables; J’en discutais juste avant d’annuler mon départ, avec un ami, Serge Prioul autre forçat de la création et homme sensible que j’apprécie. Le sens qu’on peut donner à tout ça, remettre du vide pour comprendre…La vie est une pièce de théâtre en plusieurs actes, et des scènes différentes dedans.Basse Terre ce n’était qu’une scène, une scène importante certainement dans le sens ou j’aurais investi une énergie vitale très forte dans cette aventure avortée, une scène qui a failli me faire passer de l’ombre à la lumière certes mais qui m’aura surtout rappelée qu’on ne sait jamais rien ,que nous ne sommes rien.

« un grain dans l’univers » proverbe Dogon.

Tu dois cultiver le chemin de l’humilité et du silence.

je reste l’ourse papillon mais je virevolte en silence dans ma grotte ,non ce n’est pas moi qui virevoltesur une ile ce sont mes couleurs qui s’envolent, s’étirent en forme toujours plus simplifiées, toujours plus pures sous mes doigts c’est de cela dont je dois m’occuper.

Me voilà revenue chez moi.

Carolina Diomandé, 26/07/2015

illustration: « sur une ile » série 1 aquarelles et feutres sur papier à grain verni  date: 2013,cette petite peinture a servi pour faire l’affiche de l’exposition «  »dessins,rêves d’Outremer » ma chimère de 2015.

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Fragments,corps

C’est l’un des premiers boulots,que j’ai considéré avec un peu de plaisir.j’ai utilisé comme technique l’acrylique,le pastel gras,le fusain,en guise de pinceaux,des branches d’arbres fines.Ce travail parle de la partie,du tout..Du corps,corps de l’œuvre(un peu malmené, avec des gestes violents j’ai froissé le papier kraft ,scarifications dans le papier avec outils aléatoires).Paris (travail de  prépa au Capes, 1996).

fragments corpsJe ne possède plus ce tableau, je ne l’ai pas vendu je l’ai offert à l’une des thérapeutes qui m’a suivie un moment. Et ce choix n’est pas du tout anodin….La thérapeute en question est psychomotricienne et j’ai fait un beau travail avec elle, j’aurais bien continué mais elle a déménagé à Bordeaux c’est devenu compliqué, la vie… »Fragments corps » ou l’histoire de ma carcasse indocile et morcelée.J’ai longtemps eu l’impression d’avoir mon corps d’un coté et ma tète (lourde ,lourde la tète) de l’autre.Pourtant cela ne peut être qu’une impression parce que mon système nerveux fonctionne parfaitement et si je peux dessiner de manière précise y compris de la main gauche alors que je suis droitière c’est bien que les connexions sont fiables et efficaces.Non je dis ça parce qu’autant avec cette femme jeune brillante et généreuse j’ai accompli un travail porteur et riche autant une ostéopathe que j’ai vu il y a quelques mois m’a cassée « en deux » (si je puis dire!) en me disant sans ambages qu’elle ne sentait pas de lien entre mon corps et ma tète. Elle me l’a dit de manière froide, désagréable et je l’ai ressenti comme un reproche ,comme si j’étais atteinte d’une tare. Que cela venait d’un manque d’effort de ma part, d’une faiblesse.Elle a tapé là ou ça fait mal très mal en moi .Enfant on ne me laissait rien faire parce que j’étais soit disant trop maladroite, on disait en riant que j’avais deux mains gauches et j’étais rongée par l’angoisse dés que quelqu’un me regardait peler un fruit ou tenter d’ouvrir une boite de conserves,  évidemment je le faisais mal. Hors, cette dame connaissait mon enfance pas cet aspect « manque de confiance en mes capacités » mais l’autre, l’obscur celui de la maltraitance physique et des abus que j’ai subi. Je suppose que cette femme sait( en bon ostéopathe digne de ce nom) ce que donnent comme séquelles sur le corps d’un enfant les intrusions ,manipulations d’un adulte malveillant et pervers.Sa réflexion n’avait rien d’horrible en soi mais elle ne l’a pas accompagné d’un conseil bienveillant je n’ai senti aucune empathie de sa part..

Je me vois encore dans ma rue après la séance ,titubante, pleine de vide(oui c’est ça exactement) tellement blessée et déprimée de ne pas avancer dans ma vie (deux ans auparavant elle m’avait fait le même coup et je m’étais promis de ne pas y retourner et puis….). J’ai souvent parlé ici de mes relations aux médecins,aux thérapeutes ,je passe le quart de ma vie avec eux ,certains deviennent presque des amis alors je leur offre des tableaux pour leur laisser quelque chose de…positif, pour signifier que j’ai apprécié leur écoute, leur travail.D’autres font froid dans le dos ,vous jugent ,vous auscultent sans empathie ,comme si vous étiez un dossier incomplet ,un cas qui fâche…D’autant que je ne me laisse pas faire ,ma relation aux médecins est parfois conflictuelle, parce que ce ne sont pas mes « parents » je ne leur dois rien ,je ne les admire pas spécialement bien qu’il puisse m’arriver de le faire, comme cette jeune psychomotricienne que je n’oublierai jamais.

Témoin cette toile qui m’a quittée, je l’aime ce tableau il est exorcisme, geste d’art thérapie: j’ai dessiné et peint des corps séparés de leur tète tout à fait consciente de chacun de mes gestes que j’estime justes pour une fois, ce qui est rare. Je ne serai jamais une athlète de haut niveau en ping-pong certes mais, j’espère continuer à dessiner ,peindre ,modeler, coudre encore très longtemps, ma tète et mon corps en ont besoin.

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

,

petite numéro 11 (ou début)

J’ai très mal en ce moment
des maux nouveaux
des mots nouveaux
il faut donc encore retirer
une peau,creuser avec les ongles
jusqu’au sang.
déterrer plus profond32347_petite11
sortir toute neuve
toute vive
comme une Ferrari rouge
qui brille
qui brille
qui brille….
je suis une fille.
la petite n° 11 m’a beaucoup apportée,elle signifie beaucoup pour moi.j’aurais pu la nommer « début ».

J’ai remarqué que presque tous mes textes utilisent le mot corps et/ou souffrance….Il se trouve que physiquement après une rentrée : pas du tout en fanfare , totalement déconnectée par la douleur physique .Il se trouve qu’ aujourd’hui , je vais carrément mieux ;mon dos est assez silencieux ,mes genoux se comportent de manière correcte avec le reste de mon corps , je marche sans boiter (je boite mais cela ne se voit pas ,c’est un boitement intérieur,d’où la douleur qui se répercute ailleurs dans le dos ,les lombes ,effet du déséquilibre permanent) .Pourtant ,je ne me sens tout aussi minuscule que dans les jours les plus sombres ,sans devenir ,sans visibilité ,sans rayonnement…; »sans »….. , »en reste » ,…… »à coté de la plaque »…….. « inutile »……. , »inintéressante »……….. voir ….. »minable » , si j’osais .Je sais bien pourquoi .Tout a concouru dans ma vie à me mener à « ça » ,ce constat amer et bref ,sans appel,ces ailes noires qui forment un trou noir autour de mon buste ,qui m’empêchent de rire en cascade et sans objet.

Je vais vous raconter la dernière de ma génitrice ;ma fille est allée en Bretagne avec elle en famille pendant les vacances.Celle ci (ma fille)  ,est revenue enchantée mais m’a quand même dit un truc qui l’a dérangée ,un truc qui est arrivé pendant le séjour , et dont elle avait besoin de parler avec moi…C’est au sujet de sa grand-mère ,c’est au sujet d’une phrase qu’aurait dit  ma mère à son frère et  sa sœur (mes oncles et tantes) ,quelque chose me concernant;Mutti aurait donc parlé de moi ,de mon enfance (Saskia buvait ses paroles ,elle veut tout savoir et comprendre  de cette mère triste,aimante,étrangère au monde de ces copines)…Elle aurait dit que franchement quand je parlais de mon enfance ,j’en rajoutais une couche ,que j’exagérai ,que je déformais , dramatisais, et tout le monde de la conforter dans son sentiment de bonne mère qui « a tout fait » pour sa progéniture et qui se fait bouffer par sa fille ainée ,la méchante garce ,de manière  injuste, et cruelle….Je ne l’ai pas montré à Saskia mais intérieurement , je me suis décomposée littéralement .

Ainsi donc, elle s’acharne la mère ,elle veut absolument porter le suaire rutilant de la victime expiatoire ,me charger à mort ,devancer mes plaintes en minimisant mon vécu .Symboliquement ,une seconde fois(?) elle m’assassine,me nie ,me renie ;elle n’abandonnera donc jamais cette vieille folle ,hystérique ;

Depuis ,je suis vide très faible (ma tension ne dépasse pas 9 ) , la médecin m’a demandée comment je faisais pour continuer…. ben quoi ,comme d’hab .J’essaie de mobiliser mes forces mais je ne sens plus rien en moi ,qu’un grand vent de colère et de désespoir .Il faut que je lui tourne le dos que j’arrache ce cordon empoisonné avec mes dents ,même si c’est sale.Je le ferai.

Parce que je veux vivre.

Vivre et foncer tout droit ,loin devant ……comme une belle Ferrari « rouge scarlett »,carrossée et brillante.

Et sourire pointu comme une lame ,voir l’autoportrait….

ma petite

 

une toute petite fille

me regarde.

avec ses grands yeux doux

totalement immobiles;

elle ne prend aucune place

dans ce ventre d’argile

bain aux relents chimiques

incessants.

deux orbites,de noirs iris

entre les cholédoques et canaux encrassés.

elle brille intensément

d’un éclat lent et lourd

de longs cheveux bouclés et bruns

entravés

aux grands boyaux gluants

cette petite fille vit là

aux creux

de mes entrailles

brulantes.

quoiqu’il arrive

quoique je fasse.toujours.

elle restera.

carolina,22/01/09

Ceci n’est pas un sniper, j’ai pris du temps pour l’écrire , j’ai encore le brouillon et les mots  ne sont pas venus « comme ça » …. la raison? je parle de moi ,pas moi celle qui mange ,dort ,chie et baise,non….je parle de l’autre. La petite ,la petite fille intérieure un peu terrorisée ,abandonnée par son père sans mot pour comprendre , délaissée par sa mère qui souffrait trop elle mème (ça y est je commence à le comprendre et… à lui pardonner ,je ne pensais pas ce jour possible) …La petite fille qui rèvait les yeux ouverts de devenir un jour….artiste ,cantatrice, un peu folle ,objet de moqueries,objet de mépris et,objet de désirs déplacés,vils …..

objet tout court.

Maintenant à cinquante ans dans un mois ,je me sens devenir sujet ….est ce possible ?Je tournoie dans tous les sens dans ma tète .légère et fragile comme une luciole ,j’ai le coeur un peu piétiné ,broyé et à nouveau horriblement mal au corps ;c’est certainement un réajustement de ma conscience.Remuer toute cette boue ,en  public ma chair….je n’ai pas honte non je n’ai pas , mais je suis consciente d’ètre un monstre souriant .je ne rentrerai jamais dans la bonne case,cette case aux formes étranges celle qui est faite pour moi ,et bien elle n’existe pas;comme Pixel je veux me permettre cette tendre facétie ,pas celle de mourir sans prévenir personne (mais pourquoi il a fait ça ? j’avais ….),mais celle de me penser royalement libre et entravée , accrochée à une petite échelle en aluminium minuscule ;que peut on faire d’autre?

j’ai le coeur comme un vieux chausson de danse ,ainsi parlait degas…….il m’éblouit.

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Latex ou l’émergence de l’amour.

 

 

ceci n’est pas une « oeuvre »….juste un travail entrain de se faire…je voulais vous faire partager mon eblouissement pour toutes les matieres »nobles », et de basse »extraction »!le latex est chargé ,symboliquement….c’est un liquide qui sent acre ,pique les yeux,je le travaille dehors,et magie…il sèche,couche aprés couche;je fabrique une peau de l’oeuvre improbable,frippée,vivante,encombrante,sensuelle,je ne sais pas encore exactement ce que je vais « faire » de ces lambeaux,ça vient,tout seul,je les regarde,ils me parlent,c’est cela notre travail….lent,jouissif,enfantin,profond,inconscient,visceral,vital..;

 

.j’ai envie de dire ce soir:j’aime la vie plus que tout,l’aimez vous???essayez;je sais c’est pas facile…..

 

La carte airport de mon mac déconne,je ne reçois plus internet depuis un certain temps ,je commence à me débrouiller avec mon petit pc portable ,ça me convient finalement,je redeviens une personne concrète ,je m’en moque des systèmes d’exploitation,pourvu que je puisse communiquer….j’ai choisi ce vieux post d’Arte parce qu’il est lumineux ,il est rempli d’espoir ,il marque le début d’une histoire d’amour.j’ai choisi ce post parce qu’il forme LE huit infini de ma vie ,entre -temps j’ai arrété de travailler la matière ,puis depuis ce mois de novembre 2012,j’y suis revenue ;mon pot de latex est fini depuis longtemps ,il faut que j’en commande un autre,car décidément j’adore cette matière qui pue l’amoniaque quand elle est mouillée ,mais prend une dimension corporelle troublante quand elle est sèche…j’ai d’ailleurs quelques lambeaux que je garde précieusement pour intégrer dans de futures compositions,et quatre tableaux sur fonte et latex à terminer…cela ne va pas vite mon travail en ce moment ,je fais de gros efforts car les nouvelles ne sont pas bonnes , vous savez quand on a une santé précaire ,le plaisir de vivre ,l’abandon ,le bonheur tient à un fil ,ou plutot à un résultat d’analyses.Explosion…….silence ,sidération et tout bascule ,mes projets ,mes envies…..malgré tout ,la vie continue ,je ne peux décevoir ma fille.je ne peux me décevoir moi mème ,ce corpus doloris qui m’abrite est frèle ,il ploie bien souvent sous les coups du sort ,mais jusqu’ici ,ne rompt pas….complètement ,je peux encore dire aujourd’hui cinq ans après ce premier texte,que oui :j’aime lavie ,de manière viscérale et spirituelle.

Car plus le temps passe et plus je suis gagnante sur lui…..je ne sais pas si vous comprenez.

 

autoportrait sous interféron,numéro 1,la matrice

Cette toile de format raisin est la première d’une longue série ,commencée en 2001,l’année ou j’ai pris de multiples traitements lourds.ces traitement atteignent non seulement le physique : perte de cheveux ,psoriasis enflammé sur le visage ,faiblesse inouïe (je ne pouvais qu’avec difficulté porter  un litre de lait),amaigrissement.mais il atteint également dangereusement le psychisme ,surtout pour quelqu’un qui souffre de bipolarité (c’est mon cas mais je n’étais pas dépistée à l’époque). j’ai passé les six premiers mois  à me poser la question de savoir comment j’allais faire pour me supprimer,j’ai écrit des lettres de désespoir à tout mon entourage ,sans réponse .alors j’ai fermé une porte dans mon coeur sans pleurer. je me suis enfoncée doucement dans une boue gluante,sombre ,au bout de six mois cela a été un peu mieux…: on s’habitue à ramper en fait .par « chance » ? j’ai trouvé le courage ,l’envie de décrire cet état en peinture ,en utilisant toujours le même format ; la même démarche  : un autoportrait accompagné d’un monochrome en vis à vis.

Exécuter une série permet de ne pas devenir fou , c’est quelque chose de très rassurant ,on ne se pose pas la question du thème ,de la technique ,on accomplit le mème travail jusqu’à ce que cela finisse sans savoir pourquoi ……cette série est l’exemple type de de ce que peut donner un travail d’art-thérapie,d’auto réparation.puisque j’étais seule ,et une fois de plus abandonnée , je pouvais me raccrocher à mes branches psychiques.à mes racines chtoniennnes,à mon goût de la survie guerrière ,un instinct ancré au plus noir de mes abîmes.j’y vois la force de mes ancêtres africains,cette tribu yacouba , du groupe mandé…mon arrière grand-père  chef coutumier d’un village ,ce village qu’il a fondé sous un grand arbre qui lui a semblé solide.comme il avait raison ,j’y puise en core mes forces.

 » grand-père je m’accroche toujours à tes racines ,je tiens debout ».

par rapport à cet autoportrait ,j’aurai une surprise à vous montrer…….l’esprit est quelque chose de fascinant ,le mien ,le votre….enccore faut il savoir ,vouloir ,atteindre les ressources de notre pensée ,de notre inconscient .plus le temps passe et plus je me dis que l’univers est complexe mais abordable ,tout simplement parce que nous en faisons  partie.

« un grain dans l’univers ».proverbe Dogon.

tension

“du corps ,je ne me lasse, des espaces
des espoirs
passant
poudreuse en l’arme
il me manque le temps…”

je ne sais pas quand j’ai écrit ce texte,j’appelle ce genre de petit truc ,un sniper,parce que c’est court ,écrit à la mitraillette et sans reprise aucune ,c’est quitte ou double…parfois « ça » marche et d’autres fois cela termine dans la corbeille car il est impossible de revenir sur un sniper ,un peu comme de l’écriture  en apnée .je l’ai choisi aujourd’hui parce qu’il y a un « jeu de mots-maux » sur tension ,tension musculaire , tension nerveuse, douleurs ,état explosif et désespéré .douleur insoutenable ,celle d’hier:  lorque ma cornée a pété et a fomé un ulcère à l’oeil droit mon oeil « maudit (deux accidents en 35 ans ,les deux ont failli me couter la vue ,il en reste des traces ,des cicatrices sur la cornée et des ennuis multiples….plus un glaucome à surveiller tout le temps)

        j’aurais bien tapé ma tète contre les murs et puis je me suis dit que j’éxagèrais un peu . en fait ,cela a fini aux urgences en ophtalmie, les deux yeux hermétiquement fermés derrière de grosses lunettes opaques au bras de mon dulciné qui me guidait en me tenant la main.le médecin qui m’a prise en charge était assisté d’une interne , la première chose qu’il lui a dit,..ça m’a frappée et en même temps ,ça a légitimé ma souffrance,légitimer ma souffrance qu’est ce que je peux pondre comme connerie (j’ai toujours tendance à penser que j’en fait des masses, je voudrais être en acier trempé ) , il lui a dit  : -« tu vois je lui mets une goutte d’anesthésiant immédiatement parce que cette dame doit atrocement souffrir ,le mal de cornée et mille fois plus aigu qu’une rage de  dent »…..je me suis affaissée, soulagée par cette goutte miraculeuse, mais il m’a prévenue que cela serait de courte durée et qu’il ne renouvellerait pas le geste médical :  plusieurs gouttes pouvaient trouer la cornée…. ah bon, d’accord , va pour la douleur , je tiens à garder mon oeil , j’en ai vraiment besoin!

je  ne veux pas vous faire cosette seulement expliquer pourquoi ce que je peux fabriquer avec mon esprit est si noir ,violent ,brutal ,rempli d’effroi et d’ amour pour  la vie emmêlés.je pourrai faire des papillons et des marguerites en méthode coué….j’essaierai .

on peut  me poser la question : « mais qu’avez vous besoin de raconter vos misères en ligne accompagné d’un poème?? »je n’ai pas de réponse.je suis désolée.

vénus scarifiée

vénus scarifiée

cette toile,acrylique sur carton,griffée au couteau,représente la féminité ancestrale,blessée.elle fait partie de la série »l’excitation d’etre en vie »,elle précède mes accouchements.panser les plaies,et ensuite se relever,aimer les formes et courbes généreuses que la nature nous a offertes.naitre femme.etre femme.peint au squat de belleville,le lycée diderot;novembre1996.