Petite fille intérieure dite sncf

Un jour, il y a longtemps ma mère a dit à mon amoureux du moment qui se plaignait de mon attitude : »Carolina? elle  n’a pas de cœur. »

Normal : c’est elle même qui me l’a arraché…

heureusement:

Ces petites choses tendres et vibrantes ça repousse.

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Je vois que ce dessin que je retrouve plus (le petit carnet noir a disparu..) date d’un 15 février,date proche d’aujourd’hui;Je sais que j’habitais encore Toulouse et que j’ai fait ce dessin dans le train ,ce vieux TER brinquebalant qui mène de Toulouse à Bayonne en 4 heures!! Je crois me souvenir que j’étais accompagnée de Saskia donc cela devait être en 2007 ou 2008.De toute façon ,cela n’a pas tellement d’importance ….Le texte je l’ai écrit après pour illustrer ce croquis , ce jour là je devais avoir un sacré mal de mère; Nous sommes en 2015 et objectivement rien n’a vraiment changé, je souffre toujours de ce regard maternel, de son ambivalence à mon égard, de ce désir qu’elle a d’être aimée de moi ,désir que je ne  peux satisfaire, j’en ai le droit.L’amour pour une mère n’est pas automatique ni mécanique .

 

Aujourd’hui j’ai envie de parler à cette petite fille intérieure que je tiens entre les deux mains sur mon dessin. Je veux lui dire : »tu as un cœur qui bat très fort ,tu as toujours eu ce cœur de velours frappé cramoisi et garance,précieux, bien enfoui et discret par obligation;Ne te résigne pas à n’être que souffrance,que regrets de choses qui n’adviendront jamais.  Petite…… moi je t’aime .

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« ring a bell… » (petite fille intérieure 6)

Noel est passé ,tant mieux. C’est le commentaire écrit  dans mon carnet de croquis.

31071_ring_abellCet article du blog artistikkkmachin date de 2008. Je le réactualise puisque Noël est passé encore une fois et…..tant mieux. Sur ce dessin fait au feutre fin noir avec ajout décisif d’une pastille rouge (noël?) ,j’ai représenté mon portrait  assez ressemblant les jours de grande faiblesse avec ma petite fille intérieure qui sourit  s’étire avec une sorte de geste qui fait coucou, au premier plan un personnage entièrement bandé dont on ne voit qu’un œil démesuré l’autre est minuscule, celui ci aussi sourit. C’est donc un trio. A l’époque je me suis demandé pourquoi j’avais dessiné cette momie incongrue et aussi pourquoi j’avais écrit en lettres dansantes ce début de chant de noël en anglais

Nous sommes fin 2014,pour des raisons qui ne seront pas dévoilées ici j’ai passé un noël très….resserré voir étouffant entre ma mère et ma fille.Nous étions donc trois à cette fête dite familiale, vous me direz c’est mieux qu’être seule….je répondrai que je ne sais pas.

J’y pensais avec angoisse ,je l’ai vécu dans un stress monstrueux drapé dans une fausse joie de façade ,un engouement de circonstance, le seul bon moment  :c’est lorsque nous avons modelé une petite crèche ensembles Saskia et moi. Ce noël restera ancré dans ma mémoire comme un cocktail nauséeux constitué d’un peu de tristesse ,d’un soupçon d’amertume plus une goutte brulante de haine envers celui qui m’a obligée à vivre « ça ».

Le dessin ne représente pas cette réalité là, mais c’est drôle pour moi de faire le parallèle. Saskia n’est pas ma petite fille intérieure,  grand dieu non! Elle est ma grande fille si vivante,à la langue acérée dotée d’une âme  très tendre.

Ma mère n’est pas encore complétement momifiée mais…. je l’avoue par certains aspects je pense qu’elle colle assez bien au personnage, (je me garde un part d’humour sinon j’exploserai en morceaux). Et puis toutes ces marguerites explosives au cœur rouge disent une chose  :

Je fleuris même quand on me croit morte,attention ….

la chair

Dans la rubrique   : »je dessine ,je te montre » ,voici l’un des travaux de ma série « betty ». Il s’agit d’un travail de feutres sur photocopie qui sera ensuite marouflée quelque part mais ou je ne sais pas encore ! Ce travail est un peu l’illustration de ma pugnacité naturelle, il y a une bien plus d’une dizaine d’années de cela,  trônaient sur la porte de réfrigérateur de ma sœur des magnets représentant Betty Page .Ces magnets me fascinaient et je les ai pris pour effectuer des photocopies (c’était avant que j’aie un ordi ,une imprimante et tout le bazar qui va avec)Mes photocopies sont très peu précises, à fort grain ,contrastées au maximum, elles sont  » ratées » c’est volontaire. j’étais en pleine période trash je ne sais pas si j’en suis réellement sorti d’ailleurs. Ayant rendu les précieux magnets à Nini ….. j’ai archivé les images.

Je pense que j’ai plusieurs centaines de modèles de photocopies en noir et blanc de toute époque depuis mon adolescence, c’est une obsession, maintenant j’ai un « pinterest  » cela prend peu de place mais c’est moins sensuel.Ah cette odeur de vieux papier ,ce jauni délicat ,cette poussière qui fait éternuer ,j’aime ça….

Nous sommes en 2014 ,je fouille dans mes cartons ,retrouve ces photocopies ,pousse un cri d’extase(j’adore « la » betty) , je me mets à les utiliser avec bonheur.Ce travail est jouissif , ludique. Maintenant que je me suis délestée en partie de la question du sujet ,que j’ose le décoratif ,les motifs ,les couleurs franches ,les aplats je me retrouve à faire du pop et c’est très bien.Enfin ce n’est ni bien ni mal c’est juste un fait.

Je me retrouve avec une dizaine de Betty complètement déjantées aux excroissances colorées qui renforcent la part féminine très cinquante jusqu’à la caricature. Je joue avec le corps de la belle lui cache un sein ,lui fait ressortir les dents ,lui ajoute des antennes de papillon gracile.Mes pin up pop tendance « multiplication cellulaire IMG_2990anarchique » ( ma chair ,mon corps) n’attendent plus qu’une version picturale plus grande .Ce n’est pas pour maintenant car je suis en crise aiguë ,mon système nerveux part en vrille par moment ,je ne supporte qu’avec peine un drap sur l’épaule ,la douleur irradie jusqu’au cervicales en passant par les lombes.Alors faire des grands gestes ce n’est physiquement pas possible pour l’instant ,Betty peut attendre ,elle est restée 15 ans dans un carton.

Ma peinture m’a quittée ,je veux dire que je ne suis plus directement au cœur de mon travail; J ‘ai assez crié je crois et exactement comme dans mes pires cauchemars ce cri est resté muet ,coincé dans ma gorge me laissant épuisée de terreur, de fatigue et de solitude, tellement vain.Je me souviens maintenant de l’amour que j’avais plus jeune pour la peinture enlevée de Toulouse -Lautrec, cette peinture nerveuse,  puissante célébrant les corps en mouvement , les sens. Alors même que celui qui créait cette débauche souffrait d’un physique différent, douloureux….A peindre, et observer vivre le monde la nuit , les filles de joie, la Goulue, c’est un peu de lui dont il parlait … enfin je pense.

Alors » Toulouse »mon ami,  je viens vers toi souriante affamée, et je prends modestement ma part de ce buffet en créant autour de la féminité triomphante,sensuelle ,excitante.

La beauté monstre!

 

 

art décoratif ?

Décoratif ?
J’ai jeté le mot, il me brule comme une patate chaude dans la main. Décoratif, on l’a pourtant dit de l’art de certains grands peintres et pas des moindres mais c’est un mot qui fait « peur ». Si l’on veut c’est un « gros mot » artistique car décoratif s’apparente à : joli, fait pour embellir un mur , salon bourgeois, vide de sens…dans le sens « purement décoratif » .Stella, Klimt, Matisse ont dans leurs pratiques quelque chose de décoratif, une certaine manière d’user sans modération de la couleur , d’utiliser les lignes ,les courbes ,pour le pur plaisir de manipuler des formes qui s’harmonisent ,éprouver sans frein la jouissance de créer .L’art décoratif ne serait donc pas détenteur de message ou de manière involontaire ,niaise ,édulcorée .Comme s’il y avait une injonction intérieure qui nous disait ne fais pas joli ,ne fais pas propre ,ne fais pas lisse ,casse ,brise, hurle, tache, couche des humeurs sombres ,torturée tu l’es montre le. Et ça depuis ce satané Van Gogh (un peu avant en fait avec l’image romantique de l’artiste maudit, avec Vincent ça atteint un pic émotionnel qui me gonfle grave); Pour l’injonction intérieure je parle de moi et moi seule bien sur parce que franchement l’expressionnisme c’est pas la grande mode actuellement, mais bon comme vous savez les autres la mode et moi, no comment.

Revenons aux sources, j’ai quoi… 5 ans ma grand-mère m’offre une superbe ,une sublime boite en métal remplie de feutres aux multiples variations de couleurs .C’est le plus beau cadeau que j’ai reçu de toute ma vie ;J’ai fait en sorte que cette boite dure le maximum et quand une couleur séchait et s’affadissait j’étais très triste :une possibilité chromatique disparaissait….A cette époque je me foutais bien des injonctions subliminales, les gouts des critiques, la hype , les beaux-arts. Seule comptait l’exaltation de transformer une feuille blanche (morte ? stérile ? vide ?) en quelque chose de vivant, vibrant, où se mêlaient entrelacs, arabesques, formes de conques marines, japonaises au mont Fuji, papillons…j’usais quand même déjà beaucoup de noir au point que ma maitresse de CP qui veillait sur moi comme un ange en avait informé ma mère (autant pisser dans un violon…).Docteur Jekyll et Mister Hyde « nous » étions deux en ce temps là, comme aujourd’hui.
Décoratif ce n’est pas un terme que j’aime entendre associer à ma production (en même temps mes ventres hurlants, mes lapins aux yeux exorbités, mes étreintes cannibales n’ont pas fait venir à moi le mécène tant espéré !). Allez puisqu’on est dans les confidences de fin d’été (un été que je n’ai pas vraiment apprécié comme les autres pas moins pas plus avec des moments forts comme la rencontre « concrète » d’un ami poète et de sa femme), je dirais que je n’aime pas trop qu’on me dise que je fais de l’art africain (bien sûr qu’ il y a de l’Afrique en moi c’est indéniable je suis métisse mais je ne veux pas d’étiquette ethno complaisante, après ça colle à la peau  et on est foutu). Pour tout dire je n’aimerais pas non plus qu’on me taxe d’artiste femme quelle horreur. Je suis un monstre moi, mère animal viscérale oui mais pas vraiment  femme non, pas du tout même.
Bon là je divague…je sors du sujet.

Le décoratif bon dieu c’est le décor donc le faux semblant c’est l’imitation du vrai pour rire. C’est un peu féminin? Un peu léger, futile…..voir mineur .Et merde, Matisse Henri de son petit nom ce n’est pas une chochotte quand même !
Alors, j’ai lutté, j’ai étouffé mon amour de l’harmonie, des concordances, des danses des formes pour privilégier l’autre Moi. Celui qui tout naturellement a pris le devant de la scène avec la manière dont c’est transformé ma vie entre, destruction, maladies, nihilisme, désespoir, dégout de soi. Je n’ai pas eu à faire d’effort ; Mes couleurs vives se sont effacées ou mêlées au Noir omniprésent, comme un cri qui voulait se faire entendre mais qui est resté dans ma gorge, muet et brulant. L’expressionnisme me va comme un gant ensanglanté et avec « ça » je n’ai pas séduit grand monde ! J’avais l’orgueil de me dire que j’étais différente donc seule, foutaises.
Aujourd’hui je suis dans le même état qu’hier quand je peignais mes cris, j’ai juste changé d’angle de vue, j’ai repris mes couleurs (c’est dingue je retrouve mes harmonies d’amour enfantines et ça me fait toujours autant kiffé). Bleu lavande et bordeaux, vert jade et rouge cramoisi, turquoise et terre rouge. Elles sont là, intactes dans mon cœur. Et c’est tout ce que j’ai à donner.
Assise devant mon carnet, je soupèse mes stylos, je souris tristement parce que contrairement à ce que j’ai cru de manière naïve et fugace, l’art ne sauve pas de Soi, ni de ses peurs.je ne vais pas fort bien ces derniers temps mais désormais j’ai la politesse de colorer mon désespoir. Comme ça, il est plus agréable à regarder…Enfin j’espère.

IMG_2058Série 1, n°59/78 titre : »graph », date 30/12/13, technique :feutres vernissés sur papier à grain;format 20 cm  sur 20 cm. Je suis actuellement entrain de mettre en œuvre ces « patterns » en grand format mais il se trouve que je suis fatiguée et que la station debout ,bras en l’air m’épuise donc…..je ne sais pas.

Je fais ce que je peux ,et plus encore…

Une bise chaleureuse à Serge Prioul et sa femme Régine qui m’ont tant réchauffé le cœur ,m’ont donné envie de continuer….le bonheur de se croiser entre êtres humains.

Petite n°9

 

Les aléas de la vie, les petites phrases assassines, les rires contrariés; les larmes avalées; le cri qui ne sort plus; les bras qui voudraient enlacer, la foule qui ne voit rien, la main qui se tend inconnue, l’incongru chez le pâtissier, les sourires qui s’effacent trop tôt, l’existence qui fuit en avant, la peau douce qui sent le miel doré, les fleurs de pêcher qui font le printemps, et la mort , la mort qui attend.

Humanité souffrante, que j’aime, ………juste des petits piquants ,n’est ce pas Frida? Juste des petits…piquants.

D ‘après un texte publié sur le défunt blog ARTISTIKKKbranleta » , plateforme d’Arte.

dessin au crayon gras plus collage,toulouse ,2009
dessin au crayon gras plus collage,Toulouse ,2009

J’avais fait une série de dessins à Toulouse au début des années 2000; Sur les conseils d’un acupuncteur génial qui me manque encore aujourd’hui et, dont les petites maximes hantent  mon esprit et aident à passer les trous noirs inévitables…Il m’avait dit de dessiner ma petite fille intérieure ,celle qui selon lui m’empêchait d’avancer par sa souffrance intense qui pesait sur moi;Il m’avait dit que lorsque je dessinerai cette petite fille je rentrerai en contact avec elle ,avec moi en somme et que cela pouvait avoir de fortes répercussions positives dans ma vie.

Mais voilà , je n’étais pas encore prête ,pas tout à fait. J’ai reçu le message et j’ai mis des années à le valider .Ainsi va l’esprit humain en tout cas le mien.Toutefois, j’ai fait quelques dessins dans un carnet. Aujourd’hui avec mon activité journalière de dessin justement ,de dessin sur papier  avec mes feutres ,l’aquarelle,les collages,les photocopies je regarde ce travail de manière distanciée et tendre. Je me dis qu’il faudrait les reprendre ces croquis, il y a de la matière même si leur apparence manque de vigueur, si leur composition est déséquilibrée. Ce qui est normal ,je n’avais plus l’habitude de faire ce geste..Je l’ai perdu à l’adolescence, j’ai tué tant de choses en moi à cette période là…Je pense que j’avais oublié ce sens parce que mon âme flottait désespérément, de manière désordonnée,violente,délétère ,cruelle ,vide…En retrouvant ce sens je retrouve une forme d’équilibre vital ,un équilibre instable, mais rassurant. J’ai encore les mêmes crises d’angoisse qui me tenaillent,m’étouffent et me laissent épuisée comme une méduse translucide ,échouée sur la berge. Mais qu’importe ,je sème mes petits cailloux obscurs .Je n’ai qu’une peur c’est que cela s’arrête.Vous vous dites « comment ça ,c’est toi qui décide si tu dessines ou pas quand même Carolina ?! »…..

C’est trop difficile de mettre des mots là dessus…;pour l’instant. La différence entre cette série de » la petite  » et celles que je dessine aujourd’hui c’est le coté travail quotidien, acharné, obtus. Je ne redresse plus la tète pour regarder qui me sourit ,j’avance comme une bœuf lourd dans un champs;Je me fais confiance quant aux « soit -disant « sujets de mes travaux colorés,  (je déteste le narratif en peinture ,si je veux raconter une histoire dans ce cas là j’écris c’est plus simple pour moi.)

Je n’en ai pas ,enfin si j’ai toute ma vie de recherche ,de croquetons volés,de gribouillages sur coin de table ,de traits  dans le sable ,de lectures ,d’observations de la nature ,des phénomènes atmosphériques,des animaux ,des enfants ,de leur production immensément libre et débridée,de la culture acquise patiemment pas à l’école non mais directement dans les livres de bibliothèque,dans les musées ou j’ai passé des journées quand je vivais près de Paris….C’est comme des particules qui flottent ,sans se rencontrer et puis un jour :BANG!!! On se réveille et on a le sens du tout. Cela peut paraitre bordélique « aux dires d’une de mes connaissances qui est  un peintre de grande valeur à mes yeux » (mon dieu qu’il m’a vexée en disant ça!!! quelle susceptibilité ridicule tout de même…)  Aujourd’hui je le sais  : »tout ce que je fais est lié même si cela ne saute pas aux yeux.  Et je dirai plus:  heureusement que cela ne saute pas aux yeux. Mes derniers dessins semblent d’une simplicité enfantine oui d’accord,peut être.

je n’en ai pas honte.

-« Petite…. tu veux bien me donner du rouge ,tu sais le géranium pale si vibrant,merci ma douce. »

je dessine…..je te montre?

Ce sera une nouvelle entrée du blog. Elle est nécessaire maintenant avec toute la production engrangée dans mes cartons à dessin. Moi, faire du dessin, et tous les soirs en plus, sans discontinuer….Depuis maintenant presqu’un an, oh c’est sur en soi cela n’a rien d’extraordinaire pour une plasticienne, sauf que…j’ai une relation conflictuelle, voir auto destructrice avec moi même;J’ai parlé ici et là de mon enfance ,de comment j’ai grandi comme une graine sauvage et acharnée à pousser malgré les épreuves.Le regard de ma Mère n’a pas été bienveillant ni constructeur; Il fut tout au contraire destructeur,déstructurant le plus souvent… absent. J’ai essayé en vain de lui faire dire pourquoi ,pourquoi donner la vie et ensuite s’en foutre de la sorte,se protéger en mettant sa progéniture au « front »…J’ai fait ,je suis entrain de faire le deuil d’une réponse , il n’y en a pas ,il  y en a trop ce qui revient au même.

J’ai cinquante et une pige maintenant, je ne vais pas m’accrocher aux jupons de ma mère jusqu’au bout, tant pis.Ma famille maternelle n’est pas très « accueillante « ni chaleureuse .Nous venons du nord et ça frise un peu la caricature à la Brel. Ayant étudié une année durant la psychogénéalogie, j’ai bien observé mon arbre surtout coté maternel, coté paternel je manque cruellement de ressources suffisantes. Ce qui ressort nettement c’est la récurrence d’un sens du devoir très rigide, avec une propension à réaliser à chaque génération le rêve de mon arrière grand-père Gustave le militaire par dépit :il voulait devenir instituteur….De fait, à chaque branche il y a des enseignants d’abord sa fille qui a fait du piano plusieurs heures par jour de cinq ans à dix huit ans (elle était semble t il très douée et se préparait à embrasser la carrière de musicienne classique) ,c’était sans compter avec le coupeur de rêve familial : »tu seras enseignante ma fille, plus d’église plus de musique ».Adorant son père, elle a obéi… Et, ça a continué jusqu’à ma cousine Joh et moi;sans compter ma sœur éducatrice de jeunes enfants (sans passion).Ah oui…Mon père était également enseignant ainsi que l’une des mes demi sœurs Kouity.

D’accord c’est une entrée en matière un peu longue, mais elle est importante dans mon parcours de merde.Je n’ai plus envie d’évoquer mon enfance…De dix huit à vingt six ans , j’ai essayé de m’annihiler. Puis malade j’ai décidé de m’accrocher découvrant que la vie et bien on en avait qu’une. Dans un état second j’ai choisi la voie de l’enseignement (sans regret j’adore le monde de l’enfance ,de l’adolescence ,ma déesse c’est Louise bien sur mais il y a une place pour Françoise Dolto chère à mon cœur, et qui fait partie de ma construction intellectuelle).

Tout ça avec une passion enfantine pour l’art qui n’a jamais bougé d’un iota….c’est presqu’une obsession vitale inexplicable.Je ne me suis jamais donné le temps (sauf pendant mes années de squat ou j’ai vécu ma « vraie vie »…ah bon le reste du temps c’est une fausse??) de travailler de manière régulière comme un bon artisan ,une danseuse qui fait ses barres tous les jours car oui c’est ça la peinture. Rien de sérieux ne peut se faire sans travail acharné et plus ou moins régulier, je l’ai toujours su. Cela me faisait souffrir oui, mais je n’avais jamais le temps nécessaire : mon travail alimentaire que j’ai toujours fait avec conscience, les problèmes de santé qui m’ obligent à respecter un rythme de vie strict ,régulier ,des soins, des visites incessantes chez divers spécialistes(tout ça prend du temps et beaucoup d’énergie).Et la cerise sur le gâteau , une maternité tardive difficile et passionnante. J’ai consacré tout mon temps à Saskia les premières années de sa vie, et j’en suis heureuse….Oui et donc tu peins quand?

Et bien …..pas souvent ,par éruption compulsive mais heureusement en 2006,  j’ai découvert l’art digital qui se met en oeuvre rapidement ,ne prend pas de place. Cela m’a ouvert la porte du networking ,du blog ce fut une très bonne chose car c’est ainsi que j’ai rencontré un minuscule public ,c’est énorme pour un créateur d’avoir un retour même modeste , le fameux « regardez moi  » du blog artistikkkbranleta!

Maintenant que j’ai découvert la fatalité familiale ,je peux m’en préserver j’apprends à me faire plaisir de manière « égoïste », intime, je fais de la méditation des étirements seule, j’écoute ce corps déjà usé qui veut vivre. J’écoute enfin mes rythmes secrets, remettant à demain le linge sale ,l’administratif pour dessiner.Je n’ai pas l’impression d’aller mieux mais je vais mieux,ça sort de moi à un rythme régulier comme le ressac des vagues,comme la lune qui croit et décroit comme mon souffle irrégulier,pleinement en vie. Avec ses petits dessins qui s’amoncellent prennent sens par leur nombre ,me submergent de  douceur.Aucun retour pour l’instant? Je relativise car je travaille c’est l’essentiel.

Un dernier point sur le « comment » ,je travaille .Seulement le soir (pour l’instant!) ,pas dans mon bureau non , mais dans le fumoir en compagnie de mon amoureux qui prend des photos ,regarde des vidéos ,discute de tout et rien avec moi. Je dessine assise sur une chaise avec le carton sur les genoux, dans une position très inconfortable je sais mais je me sens bien ainsi (c’est ma kiné qui n’aimerait pas me voir recroquevillée comme ça).Je suppose que cela doit avoir du sens cette façon de faire ,mal installée dans un coin…Pourtant mon trait est ferme, les couleurs fusent et je m’éclate. Je pense que bientôt je m’autoriserai une table pour poser mon carnet de croquis là je m’excuse encore de faire ça et pas quelque chose d’utile aux autres…… N’est ce pas ,Cendrillon ?

dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.
dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.

dessin du 28/08/13 c’est donc le début de la première série qui est achevée, ( actuellement je travaille sur la série 3b que je viens de terminer: 36 dessins) sur la série 3 en cours, plus la 3K et la série « betty page » ……il n’y a pas de série 2. C est « logique »!

J’ai commencé à travailler régulièrement pour faire les décors du spectacle de Saskia et puis Seb mon beau frère m’a offert en août des feutres de la marque faber castell(la Rolls des feutres, une merveille).Et là j’ai commencé à dessiner sans me poser la question du sujet, du sens juste ma façon obtuse de voir et de vivre de survivre….J’écrivais déjà sur Arte ceci et je persiste dan ce sens:

 

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée,dans ma chambre obscure. Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
La peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis, et disposés, couleurs, fond, forme, lumière, espace….l’art est conceptuel par essence.