foi

J’ai abandonné ce blog  mais il continue à vivre sa petite vie avec quelques visites par semaine. C’est peu mais c’est juste ce qu’il me faut.J’avais un grand chantier cette année et cette période restera ancrée en moi de manière profonde. Sans mettre de mots précis sur mes maux je vous ai déjà dit que j’étais atteinte de deux maladies graves.Je suis guérie de l’une des deux, vous avez bien lu : guérie.

Hosanna

Après un moment de stupeur et d’incrédulité j’ai enfin réalisé ce qui m’arrivait. Il est donc écrit quelque part que je devais vivre le pire et le meilleur. Je ne connais pas l’entre deux ,le juste milieu, le fade, l’ordinaire, l’ennuyeux. C’est un fait c ‘est comme ça et cela me va très bien. Je disais donc que j’ai abandonné ce blog mais pas pour autant la création ni l’écriture . Je dirai même que je suis plus créative que je ne l’ai jamais été … Cela part un peu dans tous les sens (en apparence) mais ça avance doucement. Ce que je n’écris pas ici je le note dans mes différents carnets, des petits, des grands,un magnifique que m’a offert Francis pour Noel en cuir brun avec des feuilles faites au Tibet. J’ai moins l’envie de partager mes recherches. D’un coup cela m’a paru vain, pécher en haute mer cela a quelque chose d’épuisant : cette immensité…et vous avec votre petit filet minuscule quelle chance avez vous de récolter un gros « poisson »?

Je devais me concentrer sur mon traitement sur mon corps, ne surtout pas m’éparpiller. C’est vraiment un tendance forte chez moi, j’ai trop d’idées j’en dors mal la nuit et si je dois dire tout ce qui me passe par la tète ,expliquer tous mes projets en cours et ceux qui sont sous forme de croquis ou texte dans mes carnets je vais paraître vraiment comme quelqu’un de dilettante et fantasque, pas comme une véritable « artiste » qui travaille dur pour mener à bien ses différents projets.

J’ai passé pas mal de temps à la confection de dessins en noir et blanc pour un projet de fanzine avec un ami, mais cela n’a débouché sur rien dommage parce que j’y ai mis beaucoup d’énergie.

j’ai commencé à coudre des petites entités « magiques » que j’ai mise en vente sur « Etsy » et « Littlemarket « mais cela n’a séduit personne en tout cas pas au point de m’en commander une et de l’acheter…Alors j’ai arrêté pour l’instant ayant tout de même en cours 4 petites poupées fétiches avec une tète en argile.

Actuellement je suis entrain de faire des pièces de tissus peintes brodées qui serviront d’ornements pour des travaux futurs, j’adore coudre, tailler dans le tissu, broder.Cela m’apporte une grande sérénité et me permet de me reconnecter avec mes racines profondes notamment Marie Blanche la couturière modiste talentueuse qui fut ma tri aïeule.D’un autre coté j’ai été sollicité par un ami poète Régis Roux pour accompagner son travail sur le minéral. Il se promène et ramasse des galets  les mollasses de Gallaure, il les dépoussière et les photographie c’est une quête presque mystique solitaire. De mon coté j’essaie de donner une représentation plastique de sa démarche, lui  écrira des textes lorsque j’aurais terminé mes dessins.De cela je reparlerai bientôt.

Pour finir,  je continue ou plutôt je reprends un « vieux » projet laissé en suspens, j’en ai déjà parlé ici: Pixel bleu . Je sens vraiment que je tiens là quelque chose d’important pour moi. Je juge cette série en cours (une grosse vingtaine de travaux ) tout à fait cohérente avec tout ce que j’ai pu exprimer ici, sur le deuil, mon gout pour l’organique, mon amour fou de la peinture et de la vie. Cette série est dans l’esprit du « nicht-noch-sein » qui a commencé avec une toile qui s’appelle « c’est arrivé tout seul » ici:c’est arrivé tout seul

. Le texte fondateur du Nicht Noch Sein ici : nns.

Je rangeais mon atelier et  j’ai sorti tous les tableaux se rapportant à ce projet, j’ai décidé de ne plus le lâcher, de le finir.

C’est vraiment un travail de série  avec toujours les mêmes « ingrédients » et différentes variations .Les fonds sont tous bleu outremer mâtiné de bleu cobalt en aplats très lisses.Ce fond n’en est pas un en fait parce qu’il entoure la forme qui est faite indépendamment.Des formes aléatoires, molles, » poulpes », morceaux de chair occupent l’espace de manière plus ou moins importantes.Ces silhouettes non figuratives sont le sujet de cette série .Elles sont peintes en nuances très subtiles et délicates de tons de roses passant du nacré bleuté jusqu’au orangé violacé.Mon but est de créer des fenêtres sur mon univers intérieur qui s’articule en transcendance (le bleu) et la chair incarnée.C’est avant tout un travail de passage entre le monde des vivants et celui des morts en l’occurrence mon ami Pixel parti trop tôt. Celui ci créait des petites échelles en fer argenté qui étaient sensées nous amener dans l’inconnu.

Qu’est ce qui fait le sens de cette série?

Voilà ce que j’ai écrit  dans mon carnet , en date du 08/08/16 : « Je suis partie d’un sentiment, d’une couleur, d’une absence cruelle. Bleu pour l’infini , chair rose du corps de Pixel. Quand j’ai commencé cette série j’étais sans filet, sans fil directeur sans savoir ou j’allais. Sur le fond intense qui sera  uni et brillant grâce à de bonnes couches de vernis, une forme flotte s’inscrit fluctuante, molle, découpée comme un corps improbable sur le fond bleu.Forcément je ne peux pas m’empêcher de penser aux anges et aux cieux azurés des tableaux anciens de la Renaissance.Que symbolise cette forme pour moi? Elle est le signe de vie, une vie moléculaire peu élaborée mais en constante évolution.

Cette forme aux teintes chairs devient intrigante par sa répétition sur chaque toile, forme « rejouée »comme une note obsédante mais jamais identique comme si la série pouvait durer toute une vie.Cette forme organique est « le motif » de mon travail.

Par là même, je cherche à évacuer le souci narratif. En laissant la « bulle rose » faire son travail de captation du regard j’espère attirer le regard du futur spectateur.

Elle est molle ma forme et rose, un peu tentaculaire dans certains tableaux , il y a forcément quelque chose du sexe (masculin et féminin). On peut discerner une certaine angoisse qui se cache derrière les aplats bleus intenses et ces formes roses évanescentes. Rose et bleu….La fille et le garçon. Rose comme l’iconique rose de la peau du cochon (qui n’est pas si rose que ça dans la réalité), ce rose donne un coté un peu mièvre, il y a de la joliesse, du caricaturalement « féminin », du callipyge, de la graisse qui s’élève comme poussée par l’espoir. Il y a du désir de la Chair. Bleu comme l’éther sans nuage, comme un monochrome d’Yves Klein, le bleu d’une mer méditerranée sans vague, du bleu de vitrail gothique vibrant de lumière, bleu comme la transcendance, bleu utilisé comme l’or des icônes  ..

La forme rose et dégoulinante comme la représentation de l’inconscient sur ce fond bleu sec, lisse sans faille comme représentation du surmoi. »

Je ressens un immense bien être à peindre cette série qui était au départ une forme « d’ hommage » et qui devient pour moi un véritable Manifeste.Le Nicht Noch Sein m’obsède. J’ai besoin de cette notion de « non forme », de « non fini ».La notion de perfectionnement possible me laisse un espoir, une ouverture, une place pour mes rêves.

Si j’arrive à peindre ce que je sens, j’aimerais que cette série fonctionne comme une projection de l’inconscient du regardeur.

Sera t il séduit, sera t il ennuyé par cette répétition, sera t il dégoûté au fond de lui, se laissera t il emporté par mes formes jusqu’à laisser flotter son esprit …? J’ appelle cette forme de peinture « l’abstraction méditative » cela peut paraître pompeux, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour expliquer ma démarche.

Voilà, ce n’est pas parce que l’on entre en silence qu’on devient inexistant. Ma prochaine « épreuve », croire suffisamment en moi, faire sauter les verrous de mes vieilles croyances et démarcher pour présenter ces travaux quelque part hors du ventre de la maison.

J’ai très mal au dos, parce que j’ai très peur…de m’exposer au Monde avec ce que cela implique de possibilité de rejet ,d’incompréhension, de jugement.J’ai peur de me donner une valeur parce que même si mes écrits semblent me représenter comme une personne sure d’elle …C’est tout le contraire ma petite fille intérieure hurle encore que je ne suis rien, que je ne vaux rien.

abc

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monsieur B et mister Bop

Je pelais des betteraves du jardin hier, elles avaient cuit à la vapeur une bonne heure ,rose shocking, une odeur de terre sensuelle…Comme toujours lorsque je fais quelque chose de concret mes pensées voguaient dans des zones informes, nuageuses.Je me suis dit coupant en tranches fines les légumes juteux, qu’il fallait que je termine cet épisode malheureux( les rêves d’outremer) par un texte qui me rendrait la légèreté ,mon optimisme désespéré.

Alors je commence par le début. C’était il y a 4 ans, j’allais régulièrement à Bordeaux pour voir une thérapeute assez….atypique kinésiologue, ostéopathe, et d’autres choses moins catholiques.De cette thérapie échevelée et mystique je suis sortie épuisée ,amaigrie mais « mieux » croyez moi je ne suis pas masochiste ni suffisamment faible pour tomber entre les mains d’un gourou même femelle! J’ai été puisée mes forces dans des zones lointaines qui me semblaient inaccessibles.C’est à ce moment que j’ai commencé à m’intéresser au chamanisme ,aux lois de la Nature j’y ai laissé dix kilos de petite graisse médicamenteuse .Je ne sais pas ou j’ai été les chercher…Avant mon rendez vous mensuel j’avais pour habitude d’aller avaler une merde au macdo du coin de la rue sainte Catherine, mais ce jour là (un jour d’hiver glacial) j’ai décidé de manger un bon bol de soupe brulante au fast-food chinois de la place saint Projet. En fin de repas, avant de retourner dans le froid j’ai sorti un bouquin (impossible de me souvenir du titre c’était sur le thème des relations entre les hommes et les femmes mais ce n’était pas le best-seller « mars et vénus »…j’ai mes limites en psychologie de bazar.) J ‘étais complètement prise par ma lecture, par mes rêve, un homme d’age un peu plus que mur est venu s’assoir en face de moi, j’ai relevé la tète surprise et pas vraiment enchantée:  je déteste les dragueurs de fastfood chinois, je déteste qu’on me dérange quand je lis. Je croyais que mon armure d’invisibilité était suffisamment au point,ce jour là il faut croire que non. Ce monsieur que nous nommerons Monsieur B fut affable, pas trop lourd, il a attaqué juste là ou je baignais cette année là : dans le  grand lac mystique.Il était bavard, possédait une voix jeune par rapport à son physique,il m’a parlé d’un tas de trucs dont je ne me souviens plus son débit était rapide j’étais fascinée par les colliers en or qu’il arborait sur son pull d’hiver en laine, je me souviens surtout de son discours sur les hommes, sur les femmes combien les hommes étaient faibles, machos,nuls combien les femmes étaient fortes, belles ,inspirantes et  meilleures que les hommes (en voix off je me marrais bien je connais trop bien ces types qui disent adoooorer les Femmes en dénigrant leur propre sexe, je m’en méfie et ne crois pas un instant ce discours grossier et simpliste) mais j’écoutais poliment, amusée de parler à un inconnu, c’était sans importance léger comme des nouilles chinoises baignant dans leur jus pale.Je lui ai parlé de ma quête artistique ,toute ma vie bla bla et il a voulu avoir l’adresse de mon blog, à l’époque je m’étais inscrite pour un concours avec Arte je lui ai proposé ce lien pour qu’il puisse voir mon travail.Il m’a dit qu’il était ostéopathe en Guadeloupe(il se trouve que ce n’est pas le métier affiché avec le résultat de l’enquête googueule de mon Chéridoux ….Qu’il avait de l’influence(???) et voulait me faire exposer là-bas(en voix off, oui c’est ça et mon père c’est Nelson Mandela )….J’avais rendez vous je suis partie intriguée, j’ai dit intriguée pas séduite.Cela faisait écho à ce que me servait comme sauce ma thérapeute: les signes, le cosmos tout ça, la Guadeloupe pourquoi pas…Quelques mails ont été échangé puis Francis a commencé à voir rouge ,il est jaloux mon amoureux :- » mais qui c’est ce type qui veut te faire exposer en Guadeloupe? Hein c’est quoi cette histoire? »

Silence total de Monsieur B pendant 3 ans, oubli de ce Monsieur dans les limbes de ma mémoire cosmique.

Septembre 2014, je reçois un mail fort intriguant, par le biais d’un des blogs ou l’on peut me contacter. C’est un autre Monsieur, nous l’appellerons Mister Bop; ce Mister Bop affichedit qu’il aime beaucoup mon travail et voudrait me faire exposer…en Guadeloupe, il tient une galerie associative; je ne  réponds pas tout de suite,et de manière laconique méfiante.Je suis étonnée tout de même, un peu flattée aussi, je ne vais pas vous mentir.J’en parle à mon conjoint qui grogne un -« encore la Guadeloupe ,c’est pas vrai c’est qui ce mec, un rasta ? » Je suis vexée de ne pas susciter l’enthousiasme, je me referme comme une huître snob. Les mois passent , je renâcle à donner des infos, je n’ai pas vraiment confiance et puis, je reçois un mail de Monsieur B qui me dit :-« c’est moi tu te souviens ,c’est moi qui suis derrière « le projet  » avec mon association culturelle tu peux foncer », »Je ne t’ai plus donné de nouvelles car j’avais une expo pour toi il y a quelques années hélas c’était un arnaqueur je ne voulais pas t’embarquer dans quelque chose qui puisse te porter tort, mais cette fois-ci j’ai confiance tu peux venir en toute sécurité »….Bon dieu je suis moins dans le champs mystique ces temps ci ,d’accord je pratique l’abstraction méditative, les signes qui m’intéressent sont ceux que je trace patiemment tous les soirs sur le papier…Tout de même c’est fort. Je tombe des nues. Je fonce comme un bélier de mars, ça ne peut être que le destin, je tiens le bon bout après toutes ces décennies de travail ,de questionnement,de peurs,de désespoir,de découragement…L’enthousiasme m’envahit et comme ce n’est pas souvent je perds certainement un part de mon discernement naturel un peu comme quand on tombe amoureux, c’est génial.

La suite ? Je me mets à travailler sur le projet, je trouve le culot d’écrire à ma hiérarchie pour avoir un congé extraordinaire afin de partir au vernissage de mon exposition début septembre, les dessins s’accumulent, les mails se succèdent montrant des incohérences, des choses que je ne veux pas voir et je crois toujours que c’est monsieur B qui pilote l’avion, ce qui n’est pas le cas du tout…..J’ai confiance en cet homme j’ai eu tort je le reconnais aujourd’hui. Francis me met en garde de manière maladroite en m’imaginant mule de la drogue, enlevée par des indépendantistes (ma voix off me dit que Francis commence vraiment à me  pomper l’air pour rester polie), je préfère en rire mais finalement ce discours anxiogène produit son effet sur le long terme comme une infection virale à retardement.

La semaine dernière, coup de théâtre d’une pièce de vaudeville finalement assez succulente (moins que mes chips de betteraves du jardin servies avec des travers de porc grillé ,un régal).Mister Bop s’est beaucoup investi, a trouvé des sponsors pour payer mon voyage; une chambre d’hôtel magnifique m’attend, une voiture avec chauffeur ….Je caresse mon rêve avec précaution comme si je tenais une bombe qui allait péter d’un moment à l’autre.Boum, ça arrive… Monsieur B m’envoie un mail laconique qui dit en substance de le rappeler au plus vite (j’ai de la sueur entre les omoplates et ce n’est pas à cause de la chaleur). Ce coup de fil je m’en rappellerais  toute ma vie ,mon rêve doré s’écroule sur pièce :

-« et donc nous avons décidé de nous désengager du projet »…

Ils (les personnes de l’association de monsieur B) ont lâché l’affaire, ils ont laissé travailler Mister Bop qui est en vrai pragmatique, a pris le contrôle total dans l’histoire, monsieur B me dit des trucs vraiment pas smart sur Mister Bop (tiens son avis a radicalement changé,pourquoi?) ,ces mots je ne les retranscrirai pas…De plus monsieur B débite ses phrases de manière rapide, il en dit trop, sur les « nègres cannibales », (Frantz Fanon utilise ce terme mais au second degré justement pour en montrer le mécanisme de la haine de soi, thème récurrent chez les antillais, je ne vais pas développer ici ,je vous conseille de lire « peau noire ,masques blancs » ) . Monsieur B dit que nous les métis sauveurs du monde (pour rappeler les termes de la conférence à laquelle je devais assister?) sommes une sorte d’élite. Je n’entends plus rien qu’un brouhaha, mais j’entends scander ce mot infâme  : »nègre ,nègre ,nègre cannibale » ,je pense à mon Père que je respecte infiniment, à ce continent affligé par de multiples plaies aux cours des siècles.Ce » petit blanc »(allez je me mets au niveau!) m’insulte, il insulte l’homme dans sa globalité car nous sommes tous nègres, nous sommes tous métis (merci Alain Giorgetti mon ami d’avoir éclairé ma lanterne!),c’est ce que j’étais entrain d’écrire dans mon texte de préparation à la conférence, complètement à l’opposé de cet horrible discours élitiste qui était sensé me flatter…Je suppose, comme  devait me séduire la théorie douteuse sur la prétendue supériorité des femmes, merveilles de la nature ….Tout s’éclaira, non :tout devint obscur, lourd, gras dans ma tète. J’avais envie de vomir. J’ai quand même trouvé l’énergie de lui dire qu’il insultait mon père qui était noir. Après j’ai cessé d’écouter,  j’avais pris ma décision : ne pas m’engager plus avant dans ce guêpier. En tant que mère, en tant que malade, en tant que moi tout court au risque de vexer et d’anéantir le travail de Mister Bop qui me semble bien être le dindon de la farce dans cette histoire burlesque et ridicule.

J’espère avoir pris la décision la plus sage ,la plus réfléchie même si mon deuxième moi « punk not dead » me traite de lâche.Le monde est grand j’aimerais bien exposer en Ariège
….par exemple.

ILE3

Samy

samy son histoire

Bon, je suis plombée ce soir ,je préfère me concentrer sur la mémoire, le travail de mémoire pour un pote d’arts….tombé du toit une nuit de pluie…Son histoire fait douloureusement écho à ce qui se passe en France.il voulait créer ici, s’y sentait bien ,était soutenu.Mais ne pas avoir de papiers en règle ronge de l’intérieur il me l’a expliqué: jamais quitter Toulouse,toujours sur le qui-vive, ne pas trouver de travail stable, vivoter, se terrer comme un animal. Samy n’a jamais rien fait de répréhensible…c’était un type habité par l’huile de lin, la dernière image que j’ai de lui, deux jours » avant »… lui, dans la maison de quartier prêtée comme atelier donnant sur la rue, agenouillé et concentré…Tendant une toile sur un châssis de bois, il lève la tète, me sourit, mais moi, je suis pressée :…Saskia,  son bain , le repas à préparer, la vie…Je lui souris moi aussi…Et puis c’est tout,plus jamais vivant je ne reverrai Samy.
je joins son interview paru dans : AUTAN d’accents »mémoire et transmission »; travail collégial édité par la parentèle (fait en atelier d’écriture avec Fred Ducom et des enfants du quartier Arnaud Bernard à Toulouse). Fred est écrivain,poète,fumeur de havanes indocile, et ….tonton de ma fille Saskia.

08/05/2007 blog artistikkkbranleta ,plateforme d’Arte.

9519_samyVoilà ,je rends encore aujourd’hui un hommage à Samy…Ce n’est pas de l’opportunisme non, mais c’est pour moi  l’occasion de dire à nouveau, combien le monde dans lequel nous vivons me dégoute et m’inspire de l’angoisse. J’ai choisi cet article qui date de 8 ans parce qu’il parle d’un pote (je ne vais pas travestir la réalité pour l’art,ce n’était pas un ami proche), un homme de » bien » comme l’on en croise tous sur notre route et qui vous marque à jamais. Je sais de quoi il est mort, et c’est tellement con, tellement dérisoire que cela me met en colère encore maintenant : de ne pas avoir pu vivre ici en France. Est ce ainsi que j’ai envie que mes neveux ,nièces ,élèves vivent ? Non.

Alors, vous allez me dire : » mais de quoi tu parles Carolina, nous sommes tous atteints aujourd’hui dans notre chair parce qu’on s’est attaqué à notre bien le plus précieux, la liberté d’expression »……Alors à cet instant, j’esquisse un pauvre sourire en guise de réponse car j’ai vu, j’ai entendu, j’ai senti dans mes narines sensible les remugles fétides d’un discours caché sous l’indignation générale….Cet amalgame permanent, vicieux entre les musulmans(dans leur ensemble) et cette frange immonde et radicale qui se nomme le terrorisme.

– » putain, Caro, tu délires là, tu fais la fine bouche, c’est super ce qui se passe cette communion :nous sommes tous Charlie.., non ? »

Excusez moi d’en douter. Le doute est foncièrement dans ma nature, il me permet de ne jamais me suffire de la sauce que l’on me tend à grand renfort d’humanisme clinquant et prêt à porter, cette pensée de masse qu’on voudrait me faire bouffer. Ce doute foncier me permet de toujours vouloir aller plus loin dans mes connaissances, mon art. Il me rend vivante,mobile et humaine….et chieuse aussi!

la couleur sauvera le monde?

Oui j’espère…

 

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

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étreinte première

1988;bordeaux,grand format ,acrylique-sang humain ,ma première étreinte…je ne savais pas que cela deviendrait mon thème central.cette première étreinte japonisante,est pudique,les corps perdus dans les soieries,le mouvement des corps se dessine pourtant ,souple,ample,comme le ressac des vagues de l’océan….je ne me séparerai pas de cet encombrant tableau.(texte tiré du blog artistikkkbranleta,Arte)15_06_2007

13011_etreinte_premiere

Parfois je suis effrayée par le Temps ,celui qui passe ,me file entre les doigts ;Cet après midi par exemple il fait beau j’ai du temps pour une fois ( Francis recrée le jardin ,Saskia a invité une amie pour l’après midi ,la maison est pleine de rires de jeunes filles ) .Et moi ,je tourne en rond comme une toupie ne sachant que faire pour le rattraper ,qui? Ben le temps , celui que j’ai perdu au fil des années …un problème insoluble surtout que pour moi vivre c’est en gagner..;quoi? et bien du temps ,sur la maladie  sur la mort qui quand j’étais jeune s’amusait à me mordre les doigts de pied sans me faire  rire.

Pourquoi ressortir cette vieillerie des années 80? Parce qu’elle est très chargée d’énergie ,encore aujourd’hui ,elle ne change pas cette grande toile ensanglantée qui en a vu des drames ,les miens (la partie jeunesse bordelaise cruelle ,no future )…Si la toile du dernier post devait représenter mes débuts en peinture (la peinture  qui prend sens et corps ). Cette toile ci représente l’essence de ma psyché ,l’élan de la jeunesse .Je l’ai peinte dans l’ urgence certainement à moitié ivre ,seule ,sur deux voir trois nuits ? C’est une grande peinture sur fond noir ,à peu près 150 cm sur 100 cm,faite à l’acrylique sans dessin préparatoire ,avec en « bonus » un dripping du sang de mon compagnon de l’époque , dont j’essayais  de me défaire dans la souffrance .Pourtant elle continue à me séduire par sa composition ,sa vitalité ,sa fraicheur.C’était surement l’une des pires périodes de ma vie ,je n’avais rien compris de ce que j’étais ,de ce que j’avais subi ,de la manière dont les hommes qui passaient dans ma vie me traitaient , de ce que je perdais (la santé des 25 années à venir plus celles qu’il me reste à vivre au compteur). J ‘étais perdue ,littéralement abandonnée par tous mes « amis ».Je ne leur en veux pas ,j’étais invivable au sens littéral et puis j’ai toujours pensé que je n’en valais pas la peine.

Malgré tout…..j’ai réussi dans mes ténèbres à peindre cette toile là ,c’est pas du Matisse c’est sur …c’est juste un cri qui dit : « voilà je crève ,on me viole ,on fouille mon corps de manière sordide depuis mon enfance,on m’envoie les flics qui me traitent de pute ,je prends des coups ,mais je continue à prendre les pinceaux , à aimer le turquoise ,les mouvements sinueux de l’étoffe ,les cuisses qu’on devine ,le téton ,l’acte d’amour fou ,celui que je cherche ,que je peins sans cesse , car depuis cette « Étreinte première « , j’en ai peint et dessiné des dizaines d’autres ;

Mon amour fou c’est la création ,la trace laissée au delà de toute espérance.

c’est arrivé tout seul…

j’ai peint cette toile au cœur de la série du deuil.en fait, j’avais une furieuse envie de peindre mais je me posais la question du sujet.Alors,j’ai tout « lâché »,et c’est « ça « qui est sorti.C’est la matrice fondatrice de mon travail des années 90 ;cette sorte de coulure de lave,organisme mou ,du corps (glauque et suintant) de toute manière,plus vu de l’intérieur que de la peau.Pourtant,l’intérieur du corps n’est pas très coloré,je dirais même gris,si l’on fait abstraction du sang….

20623_c_est_arrive_tout_seulJe me relis là et… j’ai un peu envie de rire .Pourquoi? Parce qu’il y a  vraiment un lien entre peindre ,chier et vivre .Quand je dis de manière naïve   : « j’avais une furieuse envie de peindre ….et puis j’ai lâché « ça »…… »C’est d’une telle évidence .Il est clair que quand j’écrivais ces articles dans artistikkkbranleta le blog de la folle , je ne me relisais jamais ,j’écrivais dans l’urgence ,jouissant d’un médium nouveau de communication,donnant beaucoup trop de moi sans réfléchir.Mais il n’y a pas de place dans ma vie pour les regrets.Ce serait maintenant je ne m’ouvrirais pas de la même manière mais bon j’ai un tempérament généreux ,je ne calcule pas.

Comment vous dire ,comment vous faire comprendre (parce que c’est bien le but de ma présence ici ),j’ai abandonné l’idée d’être « découverte » , »choisie », « élue » par un grand mécène japonais ,ça y est je grandis un peu ,je n’attends plus le prince charmant  .Par contre, parler de l’acte de peindre ,de faire , je pense que cela peut intéresser quelques lecteurs.Cette toile a été peinte dans des circonstances dramatiques.C’était l’automne 1994 ,je venais d’apprendre le décès de mon Père en Cote d’Ivoire…loin de moi.Je l’attendais depuis…30ans ce Père charismatique ,ombrageux ,beau ,brillant grand absent de ma vie.Sa mort fut pour moi comme un cataclysme ,une perte irréparable ,absolue ; je suis physiquement tombée malade très gravement , je voulais sérieusement le rejoindre et puis…..le Rêve est venu (article « le rève fondateur » dans ce blog) ,je me suis redressée.J’ai décidé de continuer le combat.Ce combat  ne pouvait se faire qu’avec mes seules armes :les pinceaux ,et moi qui peignait des « belles images « depuis ma jeunesse  .J’ai abandonné toute forme  de décision ,j’ai plongé en eau trouble ,sans savoir si j’allais m’en sortir, cette série du deuil est née ainsi ,ma première série ,digne de ce nom.je les ai tous ces tableaux ( peints sur bois sur vieux cartons ,la plupart en mauvais état de conservation avec tous mes déménagement )…. Je ne les ai jamais exposés ,pour quoi faire ? je ne peux les vendre ces tableaux maladroits ,ternes mais emplis de toute ma substance ,de toute mon envie de vivre malgré TOUT .Celui ci en particulier , »c’est arrivé tout seul »…quitte le champ du figuratif, du narratif ,de l’esthétique pour me faire pénétrer dans les méandres de mon cerveau droit,de mon empreinte génétique ,de mes racines enfouies,de mes peurs ,de mes dégouts ,de mon perpétuel questionnement sur la Vie .j’ai mis beaucoup de temps à le faire ce tableau blafard,c’est mon gros bébé laid et taciturne ,comme je l’aime.il m’a tellement apporté que je continue encore aujourd’hui à peindre à partir de cette matrice là.(notamment l’interminable série pour mon ami Pixel bleu décédé l’an dernier,et merde ce con )

Fouille ,fouille dans tes viscères Carolina,cherche ,cherche les filaments gluants ,tranche les liens toxiques,tourne autour de l’informe c’est ton domaine.Les marchands du Temple ne sont pas près de te voir parce que tu travailles l’invisible ,l’indicible.

Mais ….tu n’es pas seule.

Puppa 58 puppa58

je n’ai jamais joué à la poupée; ma grand’mère me disait  : » mais carolina , habille donc tes poupons ils sont tous nus , ils vont prendre froid… »

je ne répondais rien , je pensais simplement comment pourraient ils avoir froid : ce ne sont que des poupées?

j’avais une poupée que j’aimais , mais on ne parlait pas doudou à l’époque,un jour je me suis assise sous la table , écoutant les voix des adultes qui ignoraient ma présence : je l’ai littéralement déchiquetée en menus morceaux avec, désinvolture , remplie d’une haine glacée.  je devais avoir 4 ans.

petite fille modéle en robe blanche , le dimanche.

cette poupée à tète d’esquimau….je l’ai détruite avec méthode ce devait ètre les débuts de » la petite fabrique de l’écorchage ».

ils n’ont pas eu de réaction….

Mieux vaut en rire , nest ce pas ? et travailler plastiquement avec des poupées.

j’en cherche en permanence.

95889_lulu-1Je n’ai rien à rajouter.

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je crée une nouvelle rubrique,j’ai bien réfléchi,j’ouvre une nouvelle porte.errances…j’aurais pu l ‘ appeler : » »de la poétique »,oui ,aussi ,errances.c’est mieux.
« au temps de la misère ce sont les prêtres de Dionysos,les poètes,qui errent d’un pays à l’autre dans la nuit sacrée pour tenir les hommes en alerte. »Holderlin.
ici,j’essaierai de définir (ça vient j’ai écrit plusieurs textes,enfin)l’objet blog.je parlerai également des processus créatifs,des mots,du manque,des relations aux visiteurs,leurs regards,leurs commentaires.
ce phénomène du blog est tellement frappant ,tellement fulgurant,tellement insignifiant aussi,qu’il faut tenter d’en cerner les contours.ce que je ne comprends pas me brise….l’âme.
je poste moins ici,plus ailleurs…je ne veux pas que ce blog ci devienne une machine huilée nourrit par des actes répétitifs,lénifiants,sans surprise,et surtout pas une obligation ou une formalité…il est si facile de dire ce qu l’on ne veut pas,sans savoir en fin de compte ce que l’on cherche.pourtant chercher ,c’est ce qui motive toute mon existence,d’où l’errance.
un blog est un simulacre de vie,et celle ci n’est pas toujours excitante;en ce moment mon blog est gris,lent,les yeux tournés vers l’intérieur,même si je semble vous tourner le dos.je n’ai jamais été autant ici.

Pas de dessin,pas de peinture ,pas de croquis ,juste ce texte que j’ai écrit en 2008 ,il reste cruellement d’actualité.pourtant retourner sur ses pas ,remonter le chemin est extrêmement riche et réconfortant.c’est ici que cela se passe et pas ailleurs;Je peux faire le point et dire que non je ne stagne pas même si en apparence…;non,bien au contraire ,je galope comme une cheval bleu ,sauvage;j’ai déménagé deux fois , j’ai beaucoup pleuré et je pleurerai encore,je me suis renfermée ,dans une vie un peu terne , ;j’ai combattu en me laissant vivre presque sans manger , en suivant deux thérapies très axées sur le corps et l’esprit mêlé,et là j’ai cru mourir mais non,j’ai « juste » changé la forme de mon corps et le cours de ma vie,il y a plus : j’ai éteint ma colère cataclysmique ,je crois que c’est ce que j’ai fait de mieux pour me sauver la vie. Saskia a grandi ,elle se détache de moi ,me donnant des coups de tète brutaux puis se nichant contre mon sein tel un nouveau né (comme c’est dur ,comme c’est cruel et sage un enfant qui grandit) .J’ai retrouvé ma dignité d’artiste embryonnaire en retrouvant les pinceaux ,le papier ,un lieu réel pour me poser…

Et puis?

J’ai plus que jamais mal au dos mais je lui fait la fête à ce corps indocile , en pratiquant un sport que me laisse ivre de fatigue ,de courbature pourtant,  je souris car j’ai retrouvé de la force un peu ,de l’équilibre beaucoup et une prestance qui m’aidera dans l’avenir;ma production n’est pas impressionnante ,ni « géniale »,ni commercialisable d’ailleurs.Plus je vieillis et plus j’ai conscience que mon travail est une bataille permanente contre les démons ,pas une œuvre au sens classique ….Certains de mes tableaux finiront peut être dans la collection d’un hôpital psychiatrique (ça existe encore ,le lieu pour les fous ??);reconnue enfin ,morte ,apaisée. Moi,enfant du siècle dernier avec toutes les déboires que cela implique ,ces maladies ,qui durent et usent comme l’eau qui coule sans cesse sur la pierre et la rend polie,douce, je vais finir comme un galet .J’ai retrouvé ma taille de jeune fille ,j’ai gardé mon âme lucide et entière;je ne concède pas ou seulement sur l’apparence des choses.je tourne le dos au Monde et creuse ,creuse encore plus profond.j’ai fini de haïr ma Mère cette nouvelle année ,ce n’est pas rien, j’ai pardonné à ceux qui m’ont offensée et souillée,je crois que je suis prête….enfin….j’espère.

N-N-7

NOCH :

encore

NICHT :

rien

SEIN :

ètre

 

n’être encore rien , c’est se donner tous les possibles.je défends ardemment cette idée,dans ma chambre obscure.je  » révèle »  mes secrets au monde aveugle et sourd.noch,nicht,sein…encore,parce que la peinture de léonard de Vinci, Francis bacon, Rothko est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….

l’art conceptuel n’existe pas.

Image

Plus le temps passe et plus je suis convaincue de ce que j’ai écrit ce jour là ;pour une fois ce n’était pas écrit en « sniper » . J’ai des dizaines de pages de recherches sur ce sujet.J’écris beaucoup ,cela me détend,je recopie des parties de textes que je trouve dans mes livres;pour faire la nique au copié-collé, pour mémoriser ce que je lis, pour le pur plaisir d’écrire, d’inscrire ma trace dans les petits carnets qui trainent partout dans la maison….Une idée peut venir quand je fais la cuisine, on ne sait jamais! Parfois je me dis que ce sont eux mes amis les plus chers, les plus fidèles, un peu silencieux certes mais délicieux et odorants.Jamais aucune déception n’est venue d’un de mes livre ,mais encore et toujours du plaisir….Nicht ,noch ,sein….

Se payer le luxe de n’être rien encore.Payer le prix aussi de cette attitude intellectuelle inconfortable,aucun apaisement n’est possible,jamais….abandonnées les certitudes,éparpillées au vent mauvais .j’ai décidé que seule la camarde me donnerait forme définitive.Quand elle viendra,nous aviserons…