foi

J’ai abandonné ce blog  mais il continue à vivre sa petite vie avec quelques visites par semaine. C’est peu mais c’est juste ce qu’il me faut.J’avais un grand chantier cette année et cette période restera ancrée en moi de manière profonde. Sans mettre de mots précis sur mes maux je vous ai déjà dit que j’étais atteinte de deux maladies graves.Je suis guérie de l’une des deux, vous avez bien lu : guérie.

Hosanna

Après un moment de stupeur et d’incrédulité j’ai enfin réalisé ce qui m’arrivait. Il est donc écrit quelque part que je devais vivre le pire et le meilleur. Je ne connais pas l’entre deux ,le juste milieu, le fade, l’ordinaire, l’ennuyeux. C’est un fait c ‘est comme ça et cela me va très bien. Je disais donc que j’ai abandonné ce blog mais pas pour autant la création ni l’écriture . Je dirai même que je suis plus créative que je ne l’ai jamais été … Cela part un peu dans tous les sens (en apparence) mais ça avance doucement. Ce que je n’écris pas ici je le note dans mes différents carnets, des petits, des grands,un magnifique que m’a offert Francis pour Noel en cuir brun avec des feuilles faites au Tibet. J’ai moins l’envie de partager mes recherches. D’un coup cela m’a paru vain, pécher en haute mer cela a quelque chose d’épuisant : cette immensité…et vous avec votre petit filet minuscule quelle chance avez vous de récolter un gros « poisson »?

Je devais me concentrer sur mon traitement sur mon corps, ne surtout pas m’éparpiller. C’est vraiment un tendance forte chez moi, j’ai trop d’idées j’en dors mal la nuit et si je dois dire tout ce qui me passe par la tète ,expliquer tous mes projets en cours et ceux qui sont sous forme de croquis ou texte dans mes carnets je vais paraître vraiment comme quelqu’un de dilettante et fantasque, pas comme une véritable « artiste » qui travaille dur pour mener à bien ses différents projets.

J’ai passé pas mal de temps à la confection de dessins en noir et blanc pour un projet de fanzine avec un ami, mais cela n’a débouché sur rien dommage parce que j’y ai mis beaucoup d’énergie.

j’ai commencé à coudre des petites entités « magiques » que j’ai mise en vente sur « Etsy » et « Littlemarket « mais cela n’a séduit personne en tout cas pas au point de m’en commander une et de l’acheter…Alors j’ai arrêté pour l’instant ayant tout de même en cours 4 petites poupées fétiches avec une tète en argile.

Actuellement je suis entrain de faire des pièces de tissus peintes brodées qui serviront d’ornements pour des travaux futurs, j’adore coudre, tailler dans le tissu, broder.Cela m’apporte une grande sérénité et me permet de me reconnecter avec mes racines profondes notamment Marie Blanche la couturière modiste talentueuse qui fut ma tri aïeule.D’un autre coté j’ai été sollicité par un ami poète Régis Roux pour accompagner son travail sur le minéral. Il se promène et ramasse des galets  les mollasses de Gallaure, il les dépoussière et les photographie c’est une quête presque mystique solitaire. De mon coté j’essaie de donner une représentation plastique de sa démarche, lui  écrira des textes lorsque j’aurais terminé mes dessins.De cela je reparlerai bientôt.

Pour finir,  je continue ou plutôt je reprends un « vieux » projet laissé en suspens, j’en ai déjà parlé ici: Pixel bleu . Je sens vraiment que je tiens là quelque chose d’important pour moi. Je juge cette série en cours (une grosse vingtaine de travaux ) tout à fait cohérente avec tout ce que j’ai pu exprimer ici, sur le deuil, mon gout pour l’organique, mon amour fou de la peinture et de la vie. Cette série est dans l’esprit du « nicht-noch-sein » qui a commencé avec une toile qui s’appelle « c’est arrivé tout seul » ici:c’est arrivé tout seul

. Le texte fondateur du Nicht Noch Sein ici : nns.

Je rangeais mon atelier et  j’ai sorti tous les tableaux se rapportant à ce projet, j’ai décidé de ne plus le lâcher, de le finir.

C’est vraiment un travail de série  avec toujours les mêmes « ingrédients » et différentes variations .Les fonds sont tous bleu outremer mâtiné de bleu cobalt en aplats très lisses.Ce fond n’en est pas un en fait parce qu’il entoure la forme qui est faite indépendamment.Des formes aléatoires, molles, » poulpes », morceaux de chair occupent l’espace de manière plus ou moins importantes.Ces silhouettes non figuratives sont le sujet de cette série .Elles sont peintes en nuances très subtiles et délicates de tons de roses passant du nacré bleuté jusqu’au orangé violacé.Mon but est de créer des fenêtres sur mon univers intérieur qui s’articule en transcendance (le bleu) et la chair incarnée.C’est avant tout un travail de passage entre le monde des vivants et celui des morts en l’occurrence mon ami Pixel parti trop tôt. Celui ci créait des petites échelles en fer argenté qui étaient sensées nous amener dans l’inconnu.

Qu’est ce qui fait le sens de cette série?

Voilà ce que j’ai écrit  dans mon carnet , en date du 08/08/16 : « Je suis partie d’un sentiment, d’une couleur, d’une absence cruelle. Bleu pour l’infini , chair rose du corps de Pixel. Quand j’ai commencé cette série j’étais sans filet, sans fil directeur sans savoir ou j’allais. Sur le fond intense qui sera  uni et brillant grâce à de bonnes couches de vernis, une forme flotte s’inscrit fluctuante, molle, découpée comme un corps improbable sur le fond bleu.Forcément je ne peux pas m’empêcher de penser aux anges et aux cieux azurés des tableaux anciens de la Renaissance.Que symbolise cette forme pour moi? Elle est le signe de vie, une vie moléculaire peu élaborée mais en constante évolution.

Cette forme aux teintes chairs devient intrigante par sa répétition sur chaque toile, forme « rejouée »comme une note obsédante mais jamais identique comme si la série pouvait durer toute une vie.Cette forme organique est « le motif » de mon travail.

Par là même, je cherche à évacuer le souci narratif. En laissant la « bulle rose » faire son travail de captation du regard j’espère attirer le regard du futur spectateur.

Elle est molle ma forme et rose, un peu tentaculaire dans certains tableaux , il y a forcément quelque chose du sexe (masculin et féminin). On peut discerner une certaine angoisse qui se cache derrière les aplats bleus intenses et ces formes roses évanescentes. Rose et bleu….La fille et le garçon. Rose comme l’iconique rose de la peau du cochon (qui n’est pas si rose que ça dans la réalité), ce rose donne un coté un peu mièvre, il y a de la joliesse, du caricaturalement « féminin », du callipyge, de la graisse qui s’élève comme poussée par l’espoir. Il y a du désir de la Chair. Bleu comme l’éther sans nuage, comme un monochrome d’Yves Klein, le bleu d’une mer méditerranée sans vague, du bleu de vitrail gothique vibrant de lumière, bleu comme la transcendance, bleu utilisé comme l’or des icônes  ..

La forme rose et dégoulinante comme la représentation de l’inconscient sur ce fond bleu sec, lisse sans faille comme représentation du surmoi. »

Je ressens un immense bien être à peindre cette série qui était au départ une forme « d’ hommage » et qui devient pour moi un véritable Manifeste.Le Nicht Noch Sein m’obsède. J’ai besoin de cette notion de « non forme », de « non fini ».La notion de perfectionnement possible me laisse un espoir, une ouverture, une place pour mes rêves.

Si j’arrive à peindre ce que je sens, j’aimerais que cette série fonctionne comme une projection de l’inconscient du regardeur.

Sera t il séduit, sera t il ennuyé par cette répétition, sera t il dégoûté au fond de lui, se laissera t il emporté par mes formes jusqu’à laisser flotter son esprit …? J’ appelle cette forme de peinture « l’abstraction méditative » cela peut paraître pompeux, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour expliquer ma démarche.

Voilà, ce n’est pas parce que l’on entre en silence qu’on devient inexistant. Ma prochaine « épreuve », croire suffisamment en moi, faire sauter les verrous de mes vieilles croyances et démarcher pour présenter ces travaux quelque part hors du ventre de la maison.

J’ai très mal au dos, parce que j’ai très peur…de m’exposer au Monde avec ce que cela implique de possibilité de rejet ,d’incompréhension, de jugement.J’ai peur de me donner une valeur parce que même si mes écrits semblent me représenter comme une personne sure d’elle …C’est tout le contraire ma petite fille intérieure hurle encore que je ne suis rien, que je ne vaux rien.

abc

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Ohimesama_gokko

 » le corps a sa mémoire, cette mémoire est mon corps.Le mien est libéré, le glaive tombe de lui même, je lui donne mon pardon, puisque c’est son dernier départ….. »
j’ai fait ce dessin automatique le 6 août, donc avant « l’événement »(dont je ne puis vous parler plus clairement par pudeur, par respect) mes dessins hurlent pour moi, devancent les faits.C’est presque assourdissant.

( LAISSEZ VOS MAINS LE FAIRE,ELLES NE SE TROMPENT JAMAIS.)

blog arte 2008

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Le temps a passé , je n’ai plus de devoir de « réserve » qu’envers moi même…J’ai fait ce dessin automatique à l’encre de chine plus encre de pétales de fleurs en juillet 2008 sans y donner de « sens » particulier. Moins d’un mois après ce croquis mourrait de manière brutale mon beau père, l’un de ceux qui auront détruit ma vie, la possibilité de grandir en paix dans le respect et l’estime de soi. Mais à qui j’avais réussi plus ou moins à « pardonner » ou disons faire la paix  ce qui est plus juste.Je ne l’ai jamais regretté parce que cela ne fut pas un pardon « biblique « forcé, subi mais bien un long cheminement de nos deux consciences avec repentir sincère de sa part….

De plus j’ai vu de mes yeux sa souffrance permanente, ses regrets, son déchirement qui expliquent peut être sa mort « faucheuse »et si violente, je suis de ceux qui pensent que la façon dont on meurt à du sens. Tout ça pour dire que le dessin, en tout cas ce dessin est un acte magique car il précède ,devance mes états d’Âme, mes émotions.

L’œil pense.

Imprenable

Une série de « dessins »numériques,sur le thème de la chair…le premier.

14243_imprenableLe premier d’une série….;Pas vraiment parce que le thème de l’étreinte me taraude depuis très longtemps, les années de fac on peut dire donc à peu près …..30 ans! Sauf qu’ici je prends l’étreinte sous un autre angle psychologique ,avec une autre approche, ce n’est plus l’étreinte « entrain de se faire » si je puis dire,  mais l’étreinte qui ne se fera pas parce que l’un des protagonistes n’est pas ouvert à la proposition charnelle, préoccupé par quelque chose sur le sol (on ne saura pas quoi ,la tète qui n’a pas d’importance est hors-champ). Malgré tout celui ci offre pleinement à voir son postérieur… C’est aussi l’éternelle histoire de ceux que je nomme les hystériques mais pas dans le sens psychanalytique non c’est juste une forme d’amour démesuré de soi qui fait qu’on affiche de manière permanente  une attitude séductrice exubérante,  pour finalement se refuser ,s’esquiver au moment crucial. Cela me parle ,j’ai connu ce type de personnes tous sexes confondus et bien souvent des hommes malgré ce que la morale pourrait nous induire à penser. L’allumeur existe ,excite les convoitises puis se drape mollement dans sa dignité effarouchée.Let’s go!

Voilà pour ce qui est du fond, pour la forme j’expérimentais là des fonctionnalités du logiciel ArtRage qui est vraiment complet et destiné aux peintres et dessinateurs ,on s’y croirait….Tellement que je pense que tous ces croquis numériques faits avec le stylet sans regarder ma main pendant toutes ces années privée d’un endroit pour travailler mon art, m’ont permis de retrouver le chemin du » pur » dessin, celui que j’exerce de nouveau chaque soir et dont je vous parlerai bientôt…J ‘ai beaucoup à dire sur cette métamorphose personnelle ou » comment arriver à cesser de « s’auto-punir » en faisant toujours son travail , son devoir et découvrir le sens d’une vie qui s’autorise un morceau d’azur brulant ,une bouchée de nuage moelleux qui vous tire vers le haut ,vers les aspirations les plus intimes ,et finalement les plus légitimes….non?

c’est arrivé tout seul…

j’ai peint cette toile au cœur de la série du deuil.en fait, j’avais une furieuse envie de peindre mais je me posais la question du sujet.Alors,j’ai tout « lâché »,et c’est « ça « qui est sorti.C’est la matrice fondatrice de mon travail des années 90 ;cette sorte de coulure de lave,organisme mou ,du corps (glauque et suintant) de toute manière,plus vu de l’intérieur que de la peau.Pourtant,l’intérieur du corps n’est pas très coloré,je dirais même gris,si l’on fait abstraction du sang….

20623_c_est_arrive_tout_seulJe me relis là et… j’ai un peu envie de rire .Pourquoi? Parce qu’il y a  vraiment un lien entre peindre ,chier et vivre .Quand je dis de manière naïve   : « j’avais une furieuse envie de peindre ….et puis j’ai lâché « ça »…… »C’est d’une telle évidence .Il est clair que quand j’écrivais ces articles dans artistikkkbranleta le blog de la folle , je ne me relisais jamais ,j’écrivais dans l’urgence ,jouissant d’un médium nouveau de communication,donnant beaucoup trop de moi sans réfléchir.Mais il n’y a pas de place dans ma vie pour les regrets.Ce serait maintenant je ne m’ouvrirais pas de la même manière mais bon j’ai un tempérament généreux ,je ne calcule pas.

Comment vous dire ,comment vous faire comprendre (parce que c’est bien le but de ma présence ici ),j’ai abandonné l’idée d’être « découverte » , »choisie », « élue » par un grand mécène japonais ,ça y est je grandis un peu ,je n’attends plus le prince charmant  .Par contre, parler de l’acte de peindre ,de faire , je pense que cela peut intéresser quelques lecteurs.Cette toile a été peinte dans des circonstances dramatiques.C’était l’automne 1994 ,je venais d’apprendre le décès de mon Père en Cote d’Ivoire…loin de moi.Je l’attendais depuis…30ans ce Père charismatique ,ombrageux ,beau ,brillant grand absent de ma vie.Sa mort fut pour moi comme un cataclysme ,une perte irréparable ,absolue ; je suis physiquement tombée malade très gravement , je voulais sérieusement le rejoindre et puis…..le Rêve est venu (article « le rève fondateur » dans ce blog) ,je me suis redressée.J’ai décidé de continuer le combat.Ce combat  ne pouvait se faire qu’avec mes seules armes :les pinceaux ,et moi qui peignait des « belles images « depuis ma jeunesse  .J’ai abandonné toute forme  de décision ,j’ai plongé en eau trouble ,sans savoir si j’allais m’en sortir, cette série du deuil est née ainsi ,ma première série ,digne de ce nom.je les ai tous ces tableaux ( peints sur bois sur vieux cartons ,la plupart en mauvais état de conservation avec tous mes déménagement )…. Je ne les ai jamais exposés ,pour quoi faire ? je ne peux les vendre ces tableaux maladroits ,ternes mais emplis de toute ma substance ,de toute mon envie de vivre malgré TOUT .Celui ci en particulier , »c’est arrivé tout seul »…quitte le champ du figuratif, du narratif ,de l’esthétique pour me faire pénétrer dans les méandres de mon cerveau droit,de mon empreinte génétique ,de mes racines enfouies,de mes peurs ,de mes dégouts ,de mon perpétuel questionnement sur la Vie .j’ai mis beaucoup de temps à le faire ce tableau blafard,c’est mon gros bébé laid et taciturne ,comme je l’aime.il m’a tellement apporté que je continue encore aujourd’hui à peindre à partir de cette matrice là.(notamment l’interminable série pour mon ami Pixel bleu décédé l’an dernier,et merde ce con )

Fouille ,fouille dans tes viscères Carolina,cherche ,cherche les filaments gluants ,tranche les liens toxiques,tourne autour de l’informe c’est ton domaine.Les marchands du Temple ne sont pas près de te voir parce que tu travailles l’invisible ,l’indicible.

Mais ….tu n’es pas seule.

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je n’ai jamais joué à la poupée; ma grand’mère me disait  : » mais carolina , habille donc tes poupons ils sont tous nus , ils vont prendre froid… »

je ne répondais rien , je pensais simplement comment pourraient ils avoir froid : ce ne sont que des poupées?

j’avais une poupée que j’aimais , mais on ne parlait pas doudou à l’époque,un jour je me suis assise sous la table , écoutant les voix des adultes qui ignoraient ma présence : je l’ai littéralement déchiquetée en menus morceaux avec, désinvolture , remplie d’une haine glacée.  je devais avoir 4 ans.

petite fille modéle en robe blanche , le dimanche.

cette poupée à tète d’esquimau….je l’ai détruite avec méthode ce devait ètre les débuts de » la petite fabrique de l’écorchage ».

ils n’ont pas eu de réaction….

Mieux vaut en rire , nest ce pas ? et travailler plastiquement avec des poupées.

j’en cherche en permanence.

95889_lulu-1Je n’ai rien à rajouter.

Petite fille extérieure…

voilà un dessin atypique dans ma production;j’ai voulu m’inspirer vaguement d’un dessin urbain, pin up  exacerbée dans les proportions et les caractéristiques du trait.
et puis ça a merdé…..cette fille là (moi) avait un truc qui n’allait pas ,mais alors pas du tout.il a bien fallu faire « l’autre »,la noire.je me demande toujours comment chacun gère sa part obscure(à ce propos n’hésitez pas à me parler,me donner de la matière,un peu d’échange que diable).Pasolini,Céline,Hitchcock,Mishima….voilà des êtres qui m’offrent des réponses lumineuses.nous nous voulons vertueux,blancs comme neige,et se met à couler cette insignifiante goutte de sang frais,d’un rouge subtil,le rouge grenat qui casse l’harmonie,l’illusion de pureté;elle ne s’efface pas.

tiré d’artistikkkbranleta ‘s blog  number one,février 2008

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Ce dessin mérite quelques explications ; il fait parti d’une série sur ma petite fille intérieure (celle qui pèse si lourd dans mon ventre,qui s’accroche à ma colonne vertébrale et la fait ployer dangereusement ) .Cette Série est venue de mon thérapeute en médecine chinoise à Toulouse qui m’avait proposée de poser un peu de souffrance sur le papier ,en dessinant cette petite fille ;c’est un homme merveilleux ,qui irradie de bonté ,de simplicité ,de curiosité…Il me manque et je n’ai pas trouvé son équivalent à Bordeaux.Ce dessin est un peu « à part » dans la série (qui contient une dizaine de dessins faits au stylo et à la plume) ,puisque la petite fille est derrière et à l’extérieur d’un Moi idéalisé,blanc ;elle est la part d’ombre ,la part obscure. Si le quotidien ne me bouffait pas toute crue ,si j’avais plus de temps ,je tisserai bien la suite de ce projet qui a émergé « tout seul » de mon esprit ,comme d’hab.

La question du métissage ,de la différence, de la norme,de l’ambiguïté d’une personnalité ,des contrastes en arts plastiques et dans la vie ,de la symbolique lourde de ces deux couleurs  :noir comme un four ,noirs desseins ,tu broies du noir  ,blanc comme neige ,blanc comme ce que doit être l’homme dominant ,normal quoi!…Anecdote: enfant,je ne me voyais pas métisse dans le miroir mais bien blanche comme mon entourage nordique …Mais je ne sais toujours pas qui je suis quand je me regarde dans le miroir ,hybride silencieux toujours sur la brèche…Je ne me « vois « pas…

La peau

la peau est une couche fine,parfois flétrie.elle est frontière entre le dehors et le dedans.elle attise le feu d’un regard,elle désigne,elle donne à voir ….quoi?histoire de peau,histoire de soi,la géographie du moi.j’ai pas de peau,je suis nue comme un ver.sans défense,face aux attaques de l’autre.je t’ai dans la peau,tu fais parti de moi,reste encore un peu…en moi.tu n’as plus d’existence,dans mon enveloppe,moi,je t’ai gardé.peau d’ange,cœur noir?les anges ont ils la peau douce ou bien striée d’écailles brillantes?couleur argent,couleur du temps,des nuages ronds,d’un ciel changeant…..la peau de chagrin,quand il ne reste presque plus rien.qui se ramasse et puis se jette…dans un coin.le chagrin est une peau qui colle aux os,trop petite,elle entrave les mouvements;jusqu’à faire disparaitre,le reste immolé de l’être.peau tissage,peau couvercle qui cache un feu brulant ,méandres torturés sous l’aspect du calice………cette peau,pas celle qu’on croit,ni celle qu’on veut.souvent ,notre peau…. ment; (texte 2006;remanié 2008,Carolina)

Hier une amie très chère à mon cœur a posté sur mon mur un lien…..j’ai cliqué immédiatement ce que je ne fais jamais et je suis tombée sur un individu absolument fascinant,et  tout à fait perdu pour ce monde ci : david Nebrada,il se trouve qu’après avoir fait maintes recherches sur internet ,je me suis souvenue en avoir entendu parler ,il y a très longtemps par le biais d’un article de catherine Millet dans Artpress ,revue à laquelle j’étais abonnée étudiante en arts.j’avais détesté le ton ,les arguments  de c  Millet,ce n’est pas lui qui m’agaçait mais la manière dont la culture artistique contemporaine pouvait exhiber et décortiquer un type de cette envergure ,le digérant lourdement en le plaçant sans réfléchir dans le mouvement du body art ,excessif……J’avais oublié ,mais lui ,son corps décharné,cette peau tendue ,scarifiée ,sanglante ,sale parfois couverte d’excréments n’avait pas quitté mon crane,Emilie l’a fait ressurgir.il me reste à lire les livres qui ont paru sur lui ,écrit par lui,le dernier notamment sans image….j’ai passé une horrible journée hier , pour diverses raisons et le regard vide de david Nebrada y est pour quelque chose….alors j’ai sorti cet article écrit ,réécrit ,que je pourrais encore modifier à l’infini car il parle de quelque chose qui me touche ,me brule ,suinte de sang imaginaire  : ma peau.le sentiment permanent de ne pas en avoir justement,cet organe immense qui nous protège de l’extérieur ,ce contour que je ne sens pas bien ,je n’ai pas de limite et ça fait mal ,je me suis un être flou,éthérique un gros nuage perdu ,à la merci de la moindre remarque ,du moindre désaveu ,désamour ressenti cruellement,de manière disproportionnée ,j’en ai conscience .Ma peau qui signe la différence l’origine, ma peau noire ,ma peau stigmate ,ma peau fine,sèche de femme maigre,tendue….

et je cherche encore et toujours qui me donnera forme durablement,sans trop y croire.Un jour ,j’aurais ma peau.

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je crée une nouvelle rubrique,j’ai bien réfléchi,j’ouvre une nouvelle porte.errances…j’aurais pu l ‘ appeler : » »de la poétique »,oui ,aussi ,errances.c’est mieux.
« au temps de la misère ce sont les prêtres de Dionysos,les poètes,qui errent d’un pays à l’autre dans la nuit sacrée pour tenir les hommes en alerte. »Holderlin.
ici,j’essaierai de définir (ça vient j’ai écrit plusieurs textes,enfin)l’objet blog.je parlerai également des processus créatifs,des mots,du manque,des relations aux visiteurs,leurs regards,leurs commentaires.
ce phénomène du blog est tellement frappant ,tellement fulgurant,tellement insignifiant aussi,qu’il faut tenter d’en cerner les contours.ce que je ne comprends pas me brise….l’âme.
je poste moins ici,plus ailleurs…je ne veux pas que ce blog ci devienne une machine huilée nourrit par des actes répétitifs,lénifiants,sans surprise,et surtout pas une obligation ou une formalité…il est si facile de dire ce qu l’on ne veut pas,sans savoir en fin de compte ce que l’on cherche.pourtant chercher ,c’est ce qui motive toute mon existence,d’où l’errance.
un blog est un simulacre de vie,et celle ci n’est pas toujours excitante;en ce moment mon blog est gris,lent,les yeux tournés vers l’intérieur,même si je semble vous tourner le dos.je n’ai jamais été autant ici.

Pas de dessin,pas de peinture ,pas de croquis ,juste ce texte que j’ai écrit en 2008 ,il reste cruellement d’actualité.pourtant retourner sur ses pas ,remonter le chemin est extrêmement riche et réconfortant.c’est ici que cela se passe et pas ailleurs;Je peux faire le point et dire que non je ne stagne pas même si en apparence…;non,bien au contraire ,je galope comme une cheval bleu ,sauvage;j’ai déménagé deux fois , j’ai beaucoup pleuré et je pleurerai encore,je me suis renfermée ,dans une vie un peu terne , ;j’ai combattu en me laissant vivre presque sans manger , en suivant deux thérapies très axées sur le corps et l’esprit mêlé,et là j’ai cru mourir mais non,j’ai « juste » changé la forme de mon corps et le cours de ma vie,il y a plus : j’ai éteint ma colère cataclysmique ,je crois que c’est ce que j’ai fait de mieux pour me sauver la vie. Saskia a grandi ,elle se détache de moi ,me donnant des coups de tète brutaux puis se nichant contre mon sein tel un nouveau né (comme c’est dur ,comme c’est cruel et sage un enfant qui grandit) .J’ai retrouvé ma dignité d’artiste embryonnaire en retrouvant les pinceaux ,le papier ,un lieu réel pour me poser…

Et puis?

J’ai plus que jamais mal au dos mais je lui fait la fête à ce corps indocile , en pratiquant un sport que me laisse ivre de fatigue ,de courbature pourtant,  je souris car j’ai retrouvé de la force un peu ,de l’équilibre beaucoup et une prestance qui m’aidera dans l’avenir;ma production n’est pas impressionnante ,ni « géniale »,ni commercialisable d’ailleurs.Plus je vieillis et plus j’ai conscience que mon travail est une bataille permanente contre les démons ,pas une œuvre au sens classique ….Certains de mes tableaux finiront peut être dans la collection d’un hôpital psychiatrique (ça existe encore ,le lieu pour les fous ??);reconnue enfin ,morte ,apaisée. Moi,enfant du siècle dernier avec toutes les déboires que cela implique ,ces maladies ,qui durent et usent comme l’eau qui coule sans cesse sur la pierre et la rend polie,douce, je vais finir comme un galet .J’ai retrouvé ma taille de jeune fille ,j’ai gardé mon âme lucide et entière;je ne concède pas ou seulement sur l’apparence des choses.je tourne le dos au Monde et creuse ,creuse encore plus profond.j’ai fini de haïr ma Mère cette nouvelle année ,ce n’est pas rien, j’ai pardonné à ceux qui m’ont offensée et souillée,je crois que je suis prête….enfin….j’espère.

Exagération oestrogénique

j’ai fait cet « totoportrait » il y a quelques temps,sans réfléchir comme d’habitude….je crois ne même pas avoir pensé à l’idée de censure,ni à mes origines musulmanes. »je suis bonne quand je ne pense pas »…….ah, ah!  -« n’est ce pas Louise? »

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Ce visage à demi disparu m’évoque aujourd’hui plus la monstruosité plus qu’une exagération œstrogénique.

J ‘ai repris ce post parce qu’il m’interpelle aujourd’hui, alors que je l’ai écrit par dessus la jambe comme on dit  (et cette fausse innocence cache des monceaux de souffrance rentrée…). Peut être voulais je par ce titre ,évoquer la difficulté de naitre femme avec ses cycles ,ses manques ,ses excès,ses sécrétions perturbantes,les abysses royaux de nos ventres alourdis et flasques…..Nous, les Femmes.Peut être était ce un jour facétieux ,ou j’avais envie de déconner sur  le statut silencieux de la femme parfaite : » l’homme parle,la femme parlotte -otte »,Louise Bourgeois qui slame avec vigueur et humour.

Avant ma propre conception,ma mère a été enceinte,extrêmement jeune et elle a avorté tardivement en risquant sa vie ,abandonnée par un médecin véreux qui l’a laissée baignant dans une flaque rouge et gluante….J’ai toujours pensé que j’avais pris la place de cet être arraché à sa destinée de manière si violente,et ,j’ai toujours été intimement convaincue que cette morula était un garçon. De là à penser que je me sens en partie porteuse de l’essence de ce frère fantôme, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement, je ne me suis jamais sentie faire partie de la gent féminine de manière complète et rayonnante. Peut être vaut il mieux que je me couse alors définitivement la bouche ,que je l’efface comme sur ce dessin lourd de symbolique derrière la pirouette du » toto portrait ».