foi

J’ai abandonné ce blog  mais il continue à vivre sa petite vie avec quelques visites par semaine. C’est peu mais c’est juste ce qu’il me faut.J’avais un grand chantier cette année et cette période restera ancrée en moi de manière profonde. Sans mettre de mots précis sur mes maux je vous ai déjà dit que j’étais atteinte de deux maladies graves.Je suis guérie de l’une des deux, vous avez bien lu : guérie.

Hosanna

Après un moment de stupeur et d’incrédulité j’ai enfin réalisé ce qui m’arrivait. Il est donc écrit quelque part que je devais vivre le pire et le meilleur. Je ne connais pas l’entre deux ,le juste milieu, le fade, l’ordinaire, l’ennuyeux. C’est un fait c ‘est comme ça et cela me va très bien. Je disais donc que j’ai abandonné ce blog mais pas pour autant la création ni l’écriture . Je dirai même que je suis plus créative que je ne l’ai jamais été … Cela part un peu dans tous les sens (en apparence) mais ça avance doucement. Ce que je n’écris pas ici je le note dans mes différents carnets, des petits, des grands,un magnifique que m’a offert Francis pour Noel en cuir brun avec des feuilles faites au Tibet. J’ai moins l’envie de partager mes recherches. D’un coup cela m’a paru vain, pécher en haute mer cela a quelque chose d’épuisant : cette immensité…et vous avec votre petit filet minuscule quelle chance avez vous de récolter un gros « poisson »?

Je devais me concentrer sur mon traitement sur mon corps, ne surtout pas m’éparpiller. C’est vraiment un tendance forte chez moi, j’ai trop d’idées j’en dors mal la nuit et si je dois dire tout ce qui me passe par la tète ,expliquer tous mes projets en cours et ceux qui sont sous forme de croquis ou texte dans mes carnets je vais paraître vraiment comme quelqu’un de dilettante et fantasque, pas comme une véritable « artiste » qui travaille dur pour mener à bien ses différents projets.

J’ai passé pas mal de temps à la confection de dessins en noir et blanc pour un projet de fanzine avec un ami, mais cela n’a débouché sur rien dommage parce que j’y ai mis beaucoup d’énergie.

j’ai commencé à coudre des petites entités « magiques » que j’ai mise en vente sur « Etsy » et « Littlemarket « mais cela n’a séduit personne en tout cas pas au point de m’en commander une et de l’acheter…Alors j’ai arrêté pour l’instant ayant tout de même en cours 4 petites poupées fétiches avec une tète en argile.

Actuellement je suis entrain de faire des pièces de tissus peintes brodées qui serviront d’ornements pour des travaux futurs, j’adore coudre, tailler dans le tissu, broder.Cela m’apporte une grande sérénité et me permet de me reconnecter avec mes racines profondes notamment Marie Blanche la couturière modiste talentueuse qui fut ma tri aïeule.D’un autre coté j’ai été sollicité par un ami poète Régis Roux pour accompagner son travail sur le minéral. Il se promène et ramasse des galets  les mollasses de Gallaure, il les dépoussière et les photographie c’est une quête presque mystique solitaire. De mon coté j’essaie de donner une représentation plastique de sa démarche, lui  écrira des textes lorsque j’aurais terminé mes dessins.De cela je reparlerai bientôt.

Pour finir,  je continue ou plutôt je reprends un « vieux » projet laissé en suspens, j’en ai déjà parlé ici: Pixel bleu . Je sens vraiment que je tiens là quelque chose d’important pour moi. Je juge cette série en cours (une grosse vingtaine de travaux ) tout à fait cohérente avec tout ce que j’ai pu exprimer ici, sur le deuil, mon gout pour l’organique, mon amour fou de la peinture et de la vie. Cette série est dans l’esprit du « nicht-noch-sein » qui a commencé avec une toile qui s’appelle « c’est arrivé tout seul » ici:c’est arrivé tout seul

. Le texte fondateur du Nicht Noch Sein ici : nns.

Je rangeais mon atelier et  j’ai sorti tous les tableaux se rapportant à ce projet, j’ai décidé de ne plus le lâcher, de le finir.

C’est vraiment un travail de série  avec toujours les mêmes « ingrédients » et différentes variations .Les fonds sont tous bleu outremer mâtiné de bleu cobalt en aplats très lisses.Ce fond n’en est pas un en fait parce qu’il entoure la forme qui est faite indépendamment.Des formes aléatoires, molles, » poulpes », morceaux de chair occupent l’espace de manière plus ou moins importantes.Ces silhouettes non figuratives sont le sujet de cette série .Elles sont peintes en nuances très subtiles et délicates de tons de roses passant du nacré bleuté jusqu’au orangé violacé.Mon but est de créer des fenêtres sur mon univers intérieur qui s’articule en transcendance (le bleu) et la chair incarnée.C’est avant tout un travail de passage entre le monde des vivants et celui des morts en l’occurrence mon ami Pixel parti trop tôt. Celui ci créait des petites échelles en fer argenté qui étaient sensées nous amener dans l’inconnu.

Qu’est ce qui fait le sens de cette série?

Voilà ce que j’ai écrit  dans mon carnet , en date du 08/08/16 : « Je suis partie d’un sentiment, d’une couleur, d’une absence cruelle. Bleu pour l’infini , chair rose du corps de Pixel. Quand j’ai commencé cette série j’étais sans filet, sans fil directeur sans savoir ou j’allais. Sur le fond intense qui sera  uni et brillant grâce à de bonnes couches de vernis, une forme flotte s’inscrit fluctuante, molle, découpée comme un corps improbable sur le fond bleu.Forcément je ne peux pas m’empêcher de penser aux anges et aux cieux azurés des tableaux anciens de la Renaissance.Que symbolise cette forme pour moi? Elle est le signe de vie, une vie moléculaire peu élaborée mais en constante évolution.

Cette forme aux teintes chairs devient intrigante par sa répétition sur chaque toile, forme « rejouée »comme une note obsédante mais jamais identique comme si la série pouvait durer toute une vie.Cette forme organique est « le motif » de mon travail.

Par là même, je cherche à évacuer le souci narratif. En laissant la « bulle rose » faire son travail de captation du regard j’espère attirer le regard du futur spectateur.

Elle est molle ma forme et rose, un peu tentaculaire dans certains tableaux , il y a forcément quelque chose du sexe (masculin et féminin). On peut discerner une certaine angoisse qui se cache derrière les aplats bleus intenses et ces formes roses évanescentes. Rose et bleu….La fille et le garçon. Rose comme l’iconique rose de la peau du cochon (qui n’est pas si rose que ça dans la réalité), ce rose donne un coté un peu mièvre, il y a de la joliesse, du caricaturalement « féminin », du callipyge, de la graisse qui s’élève comme poussée par l’espoir. Il y a du désir de la Chair. Bleu comme l’éther sans nuage, comme un monochrome d’Yves Klein, le bleu d’une mer méditerranée sans vague, du bleu de vitrail gothique vibrant de lumière, bleu comme la transcendance, bleu utilisé comme l’or des icônes  ..

La forme rose et dégoulinante comme la représentation de l’inconscient sur ce fond bleu sec, lisse sans faille comme représentation du surmoi. »

Je ressens un immense bien être à peindre cette série qui était au départ une forme « d’ hommage » et qui devient pour moi un véritable Manifeste.Le Nicht Noch Sein m’obsède. J’ai besoin de cette notion de « non forme », de « non fini ».La notion de perfectionnement possible me laisse un espoir, une ouverture, une place pour mes rêves.

Si j’arrive à peindre ce que je sens, j’aimerais que cette série fonctionne comme une projection de l’inconscient du regardeur.

Sera t il séduit, sera t il ennuyé par cette répétition, sera t il dégoûté au fond de lui, se laissera t il emporté par mes formes jusqu’à laisser flotter son esprit …? J’ appelle cette forme de peinture « l’abstraction méditative » cela peut paraître pompeux, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour expliquer ma démarche.

Voilà, ce n’est pas parce que l’on entre en silence qu’on devient inexistant. Ma prochaine « épreuve », croire suffisamment en moi, faire sauter les verrous de mes vieilles croyances et démarcher pour présenter ces travaux quelque part hors du ventre de la maison.

J’ai très mal au dos, parce que j’ai très peur…de m’exposer au Monde avec ce que cela implique de possibilité de rejet ,d’incompréhension, de jugement.J’ai peur de me donner une valeur parce que même si mes écrits semblent me représenter comme une personne sure d’elle …C’est tout le contraire ma petite fille intérieure hurle encore que je ne suis rien, que je ne vaux rien.

abc

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Amourette?

« De ses chairs molles, j’ai taillé un quartier avec ma belle cisaille, j’ai ri aux éclats et je me suis sauvée ».

Le 17/03/2011 à 14:27 sur le blog kamera obskura, Arte.

 

En ce moment je reprends cette série numérique faite entre 2009  et 2011 pour le blog kamera obskura sur Arte.Je savais bien que ces boulots serviraient à autre chose qu’illustrer des posts… Je prends un grand plaisir à projeter en grand sur le papier ces images, je trace leurs contours au crayon puis je repasse sur ces contours un cerne noir ,j’établis une ambiance colorée de manière libre puis j’éteins le vidéoprojecteur et je me lance.Encore une nouvelle manière de procéder en me servant de traits anciens faits avec la tablette graphique(donc avec ma main libre de faire ce qu’elle voulait), le changement d’échelle apporte quelque chose qui me fait sourire je n’arriverai jamais à vraiment grandir bon sang.Travailler avec ce « pattern » est rassurant et libérateur ,il y a forcément des formes nouvelles qui émergent comme si le dessin numérique explosait sur le support tangible, il passe du statut d’image éthérée à celui de tableau unique concret il entre dans le réel. Ce système de poupées russes me convient et j’ai des idées qui fusent en pleine nuit à ce sujet, je me fais violence pour ne pas me relever!

J’imagine déjà l’exposition des deux voir trois versions d’un même fichier numérique celui ci flottant comme un ectoplasme sur le mur blanc du lieu d’exposition accompagné d’une voix grave la mienne créant du coup un espace d’art total ou le spectateur pourra s’immerger complètement.Je parle au futur ,proche ou lointain cela n’a pas d’importance,j’aime m’imaginer ce que sera demain tout en travaillant aujourd’hui…

C’est  pas grand-chose ,c’est ce que j’ai à offrir au Monde….

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Imprenable

Une série de « dessins »numériques,sur le thème de la chair…le premier.

14243_imprenableLe premier d’une série….;Pas vraiment parce que le thème de l’étreinte me taraude depuis très longtemps, les années de fac on peut dire donc à peu près …..30 ans! Sauf qu’ici je prends l’étreinte sous un autre angle psychologique ,avec une autre approche, ce n’est plus l’étreinte « entrain de se faire » si je puis dire,  mais l’étreinte qui ne se fera pas parce que l’un des protagonistes n’est pas ouvert à la proposition charnelle, préoccupé par quelque chose sur le sol (on ne saura pas quoi ,la tète qui n’a pas d’importance est hors-champ). Malgré tout celui ci offre pleinement à voir son postérieur… C’est aussi l’éternelle histoire de ceux que je nomme les hystériques mais pas dans le sens psychanalytique non c’est juste une forme d’amour démesuré de soi qui fait qu’on affiche de manière permanente  une attitude séductrice exubérante,  pour finalement se refuser ,s’esquiver au moment crucial. Cela me parle ,j’ai connu ce type de personnes tous sexes confondus et bien souvent des hommes malgré ce que la morale pourrait nous induire à penser. L’allumeur existe ,excite les convoitises puis se drape mollement dans sa dignité effarouchée.Let’s go!

Voilà pour ce qui est du fond, pour la forme j’expérimentais là des fonctionnalités du logiciel ArtRage qui est vraiment complet et destiné aux peintres et dessinateurs ,on s’y croirait….Tellement que je pense que tous ces croquis numériques faits avec le stylet sans regarder ma main pendant toutes ces années privée d’un endroit pour travailler mon art, m’ont permis de retrouver le chemin du » pur » dessin, celui que j’exerce de nouveau chaque soir et dont je vous parlerai bientôt…J ‘ai beaucoup à dire sur cette métamorphose personnelle ou » comment arriver à cesser de « s’auto-punir » en faisant toujours son travail , son devoir et découvrir le sens d’une vie qui s’autorise un morceau d’azur brulant ,une bouchée de nuage moelleux qui vous tire vers le haut ,vers les aspirations les plus intimes ,et finalement les plus légitimes….non?

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

,

déchets nés

Et

je m’enfonce dans mes grands fonds.Ils sont violets ,ils sont humides ,opaques ,sans arrière pensée,les fonds sont là ,intenses. »déchets108186_poupinette nés », certes c’est ce qu’ils sont maintenant,là ,peut être…., moi , je vois la naissance en eux,collés l’un à l’autre,livides et souriants .

Ce fichier numérique fut nommé « Poupinette » , et le titre de l’article rattaché à ce croquis s’appelle « déchets nés »….Il y aurait beaucoup à dire sur le choix d’un titre en art mais je pense également en littérature ;à une époque pas si lointain : au milieu du siècle dernier  les artistes ont voulu faire « table rase » du Passé convoquant la mort de l’Art….Lorsqu ‘on y pense quel orgueil démesuré,quel aplomb pour décréter que ce qui fait l’Humain n’avait plus  lieu d’exister : l’art est une nécessité .Je pense qu’il n’est pas prêt de mourir ou alors dans ce cas,nous sombrerons avec Lui .

« jeter le bébé avec l’eau du bain »!!!

regard 1

14682_regard1

le regard de l’autre….insoutenable,bouleversant,intimidant,mon energie perçue immediatement,se perdre dans ses yeux,les miens comme deux lacs sombres,mais tranquilles. juillet  2007.

 

Rien à rajouter d’un point de vue du texte.concernant la technique numérique je la trouve assez forte , dans l’expression , cette tendresse serpentine qui lie deux amants ,l’un face à l’autre ; je peins à nouveau depuis un mois ,et je me rends compte que je ne peins plus exactement comme « avant » d’avoir tenu un stylet  : les étendues à explorer sont immenses ,désertiques,silencieuses,elles me comblent parce que je sais aujourd’hui que je n’atteindrai jamais mon but ultime ,la terrifiante et fabuleuse autre rive….c’est tout simplement parce que ce but,m’échappe sans cesse ,je ne le maitrise pas.je souhaite à quiconque de ressentir au plus profond de soi cette liberté…

impasse

 

je collecte les petits graffitis anonymes,les traces laissées par le temps,les hommes.IL disait :avant de pretendre à devenir peintre,regarde le ciel,regarde les vieux murs,il y a tout dedans…

blog arte ,printemps 2007.

À l’époque ou j’ai commencé ce blog sur « Arte » ,j’avais déjà une certaine expérience dans le domaine.par le biais d’un blog assez populaire sur une plate-forme qui a complétement changé de politique mais qui fut l’espace de quelques mois ,une vraie ruche artistique c’était en 2006 ,c’était sur « wat ».j’y ai connu plusieurs artiste avec lesquels je suis restée en relation ,encore aujourd’hui , 6 ans après ; et j’y ai rencontré mon conjoint actuel qui avait un blog style « carnet de voyageur  -20 ans entre l’Afrique et la France » il m’avait séduite et interpellée ,moi  » l’africaine   » qui n’a jamais mis le pied sur la terre-Père…Ensuite , »wat »est devenu commercial ,tout a explosé et la ruche s’est éparpillée dans la toile immense. Je suis partie sur « art-blog »,j’aimais bien l’interface ,j’y ai fait mes premières « armes » de blogueuse en travaillant un peu plus l’écriture ,la présentation ,la cohérence des posts….mais j’ai vite été lassée par l’aspect trop « communautaire » dont je vous ai parlé dans un post précédent….: cette infernale danse de séduction mercantile qui prend d’ailleurs un temps fou , m’a saoulée mais d’une force ; dans la vraie vie , je suis une louve .c’est vrai ,je l’avoue si je croise une connaissance et que ce n’est pas un « bon  » jour pour moi ,je vais l’éviter subtilement,me disperser ,disparaître comme un poulpe qui lance son nuage d’encre noire! Je déteste sourire quand j’en ai pas envie ,répondre « oui ,oui ,ça va » parce que c’est ce que la personne en face de moi veut entendre et parler du beau temps qui n’est plus comme il était ,et cette pluie mon dieu que c’est déprimant….bref.difficile pour moi d’avoir des relations sociales de « convenance » : (j’ai eu une enfance totalement coupée de mes congénères du même âge,ceci doit en partie expliquer cela). je sais ,c’est la vie ,on ne peut pas toujours briller et partager des choses fortes  mais quand même ,parler à quelqu’un qui s’en fout ,me fait « chier » je suis vulgaire parfois et c’est sciemment .pourquoi cette digression???? je ne sais plus ,enfin si l’histoire des blogs ,j’arrive en 2007 sur arte ,là je me dis ; ma grande , c’est ta plate-forme idéale ,j’adorais l’interface vieillotte ,grise et tellement modeste.et puis le lectorat allait tomber tout cru dans la gueule de ma tanière aux mille pièges d’ogresse tendus ; d’abord ,je me démarque en me faisant virer (ça c’est bien…comme coup de pub involontaire) et du coup , »ils » le suivent mon blog et de près… En page d’accueil et bien j’y suis régulièrement et ça flatte mon orgueil ,ça oui  .

ce post date du début de cette période et je me dis (tout ça pour ça) franchement ,je ne me cassais pas trop la tête pour rédiger mes textes.c’est limite « compréhensible » pourtant ce n’est pas du morse….le « il » c’est léonard…de vinci!

ce cliché n’est pas numérique ,il doit dater de….1997/98.fait avec un vieil appareil argentique pas très performant mais je voyais la photographie comme une capture d’images,d’instants, faute de faire des croquis commes les anciens peintres ,je prenais un maximum de photos….depuis le numérique a changé la donne ,il y a tant de blogs de « photographes » en devenir que j’ai un écoeurement pour ces « clichés » volés qu’on fait tous finalement ,ce qui était bien à l’époque de l’argentique c’est qu’on pouvait avoir l’impression d’avoir une démarche singulière…..mon…oeil ! qui n’a pas sa collection de graphs ,de murs lézardés,de vieilles portes prises en plan serré ? on espérait tous sortir de l’anecdote  : »tatie Simone fête ses quatre-vingt ans,je la shoote »…..pourtant certaines de ses photos vieilles d’à peine plus d’une décennie sont d’un autre âge,elles me troublent ,me séduisent encore un peu  , finalement .

Ce panneau qui signifie l’impasse  dans le code de la route ,il parle ,il dit des choses de l’humain : « garde ma trace », -« je suis passé par ici » , -« je refuse les impasses » : admirez le creusement  régulier ,obtus et guerrier qui a effacé  presque entièrement la trace blanche ,la route qui signifie un peu …le néant. et ces petits coeurs d’amour purs tracés à la va vite ,actes dérisoires ,actes d’appropriation,… » j’existe ,en voici la preuve »…ou comment un vulgaire panneau au sens un peu sans avenir ,devient le support de nos présences invisibles.du lascaux moderne.

et moi ,j’ai capté tout ça avec mon oeil ,mon appareil photo,et j’ai attendu le tirage avec espoir.ce n’est pas rien.non?

good boy ?? (détail)

 

un tondo sur fonte,marouflé de papier de soie,acrylique,collage 2003…un copain pendant l’expo m’a demandé : « mais caro,t’as un problème avec les mecs?? »……pas spécialement,j’ai plus pensé aux nombreuses images de martyrs dans l’art européen ancien,certains sont troublants car lascifs,ils n’ont pas l’air de souffrir tant que ça…..mon good boy est dans cette « mouvance ».

non fred ,je n’ai pas spécialement de problème avec les mecs en général…. ! j’en ai plus avec ma mère ,il va bien falloir que je me coltine à « ça » et ce n’est pas rien.

j’aimerai vous parler de l’aspect technique de ce travail. tout d’abord c’est un travail de « récupération » ,quelque chose qui me tient à coeur  : récupérer ,c’est en quelque sorte sauver un objet du rebut ,de l’oubli ,lui donner une autre vie ,en l’occurence ,il s’agit ici d’un couvercle de bidon en fonte ,un objet lourd ,pérenne qui m’a dit « prends moi » quand je suis passée devant dans la rue. Et puis la forme , le tondo me rappelle des oeuvres fortes ,me donnent en bouche un petit goût de Renaissance italienne que j’affectionne particulièrement .j’ai peint la fonte ,elle m’apparaissaint grumeuleuse et pas du tout pas sensuellle ,alors j’ai marouflé dessus du papier de soie noir ,j’ai toujours un stock de papier de soie ,c’est beau ,léger comme de l’aile de libellule ,et ça se colle facilement en offrant de beaux effets de matière ;voilà comment s’élabore un travail plastique ,avec  de la douceur ,avec du désir ,avec patience ,surtout.une fois le tondo prêt ,je ne savais pas quel sujet poser dessus .un tondo ce n’est pas rien….j’achetais « têtu » à l’époque et je gardais (je le fais toujours) des morceaux du journal ,des feuilles remplies de beaux mecs languissants,assumant leur part féminine avec ostentation ,ça j’aime ! j’ai farfouillé dans mon dossier »mâle »,et j’ai choisi ce jeune homme androgyne « dé-vêtu  » d’un short en jeans,la bouche pulpeuse et boudeuse à souhait ;il m’a immédiatement rappelé certains martyrs de saint sébastien (un sujet bien pratique pour évoquer ,la sensualité dans la souffrance ,une forme de sado masachisme homosexuel ) Mishima s’en est inspiré pour l’un de ses magnifiques autoportraits ……le reste est venu « tout seul » comme d’habitude ,sauf que j’ai laissé ce travail dehors sous les entempéries très longtemps ; depuis j’ai du arracher la tète  du jeune homme (celle ci  pendait lamentablement, francis m’a dit  mais pourquoi tu ne la recolles pas??? et ben non ,c’est pas possible , ne me demandez surtout pas pourquoi !) ; le reste de papier collé blanchâtre (souvenir d’un décollement radical et funeste ) ,m’évoque  aujourd’hui une tète de mort , c’est un »work in progress » . il faut que je remette « une couche »,…….toujours à l’ouvrage ,tu reviendras……ou la petite vie d’un morceau d’art.

Image

premier dessin avec la tablette

 

l’année dernière: »aujourd’hui….l’ecart se mesure  t il en terme de progrés pour moi,plastiquement ….peut etre.mais pour NOUS.??
L’HUMANITÉ.

C’ était en 2007….cinq années sont donc passées depuis que j’ai écrit ce petit texte foutraque ,six depuis que j’ai tracé ces signes avec la tablette sur mon vieux mac,un 10 mai  :  jour de la commémoration de l’esclavage…

ce blog que je ciselle chaque semaine me renvoie des vagues froides du passé ;en fait ,je ne suis pas quelqu’un qui cultive la nostalgie ,elle est pour moi ,preuve d’un désaveu du présent ,de ce qui ce fait là ,maintenant,pourtant , il fut parfois se pencher sur ce qu’on fut pour avancer ,savoir se délester de poids morts ,de squelettes psychologiques.faire face à ses fantômes ,et les laisser partir.ma mère m’a encore atrocement déçue cette semaine ,c’est une aparté mais elle est d’importance car je n’arrive pas vraiment à faire face à ses déflagrations humiliantes involontaires.je deviens comme un cafard naissant ,et je dois à tout prix ,à chaque coup porté remonter la pente ,comme un petit bousier(j’ai la métaphore entomologiste ce samedi , moi qui  n’aime pas du tout le corps de l’insecte)….

Revenons à  ce croquis ,c’est un » hasard » si j’ai tracé ces profils africains ,cet oeil egyptien ,ce sont des formes qui sont en moi qui viennent seules ,ma main suit le projet de mon cerveau sans décision,et ,c’est là que je voulais en venir ,elle est là ma petite révolution personnelle ; la tablette graphique a ceci de spécial que vous ne regardez pas ce que vous dessinez mais ce qui « se dessine » sur l’écran. IL  Y A UNE GRANDE DIFFÉRENCE .tout se joue dans le regard et la main enfin libre de faire ce qu’elle veut ,en aveugle ;ce type de travail graphique m’a révélé tout un pan de création ,tout un monde d’images qui n’attendaient qu’à naitre au fond de mon inconscient ,je dirai c’est la main du diable ,ou celle de l’ange comme vous voulez qui se met à s’exprimer ;mon esprit est libre ,il flotte comme un nuage sirupeux ,gris tourterelle ,stagnant avant le grand vent ;ce type de création est neuf et ça aussi c’est jouissif , mais en fait ,ce type de création est il vraiment nouveau ?  la camera-obscura (que je n’ai jamais utilisé) part un  peu de ce principe…..me semble t il ?enfin ,pour moi ,ce fut une véritable révélation,une pure libération de mon espace mental morcelé et « empêché »par le poids d’un sens du devoir hypertrophié.

plus rien désormais ne sera comme avant….