over the rainbow

Je suis très silencieuse, de plus en plus repliée sur moi même. Ces deux dernières années j’avais réussi à inverser le mouvement, aidée en cela par Mme A psychologue et hypnothérapeute. Ma phobie sociale s’était éloignée et je prenais part à différents projets en société avec mes congénères, ceci sans trop rechigner. Et puis chassez le naturel… A nouveau je redoute de sortir de chez moi , enfin c’est plus subtil que ça, je peux aller à Bordeaux par exemple sans aucun problème,là bas je ne vais rencontrer personne je suis seule dans la ville , je parle dans ma tête. J’aime regarder les gens j’ai une vraie bienveillance envers tous ces individus que je côtoie pendant quelques minutes dans le tram, au Mac Do ou que je croise de manière fluide rue Sainte Catherine des rencontres définitivement sans avenir, éthérées tout ce que j’aime.

Le reste du temps je suis chez moi, je travaille sur mes copies, je dessine, j’écris je brode. C’est de cela que je vais parler aujourd’hui. D’ailleurs je ne vois pas de quoi je pourrai parler d’autre… Ce blog est un morceau de moi, de mes questionnements, de mes recherches. Il dépasse forcément le cadre du texte sur l’esthétique mais je n’ai pas la prétention à me décrire comme modèle de l’artiste inconnue. Je témoigne juste de ce que je sais, de ce que je vois, de ce que je sens et je parle de ma pratique quotidienne depuis mes 50 ans.

J’ai cessé de peindre à la fin de l’été, ce n’est pas un drame j’avais besoin d’une respiration, d’un vide salutaire. On avance en creux, avec le manque il n’y a pas d’oubli possible, pas pour moi. D’ailleurs je viens de préparer douze cartons dits « cartons bois » parce-qu’ils sont solides et très rigides, j’ai marouflé dessus des feuilles de kraft peintes en blanc. Je prépare tout doucement un retour vers le pictural. Saskia m’a dit en voyant les cartons sécher sur le sol du salon : »ah Maman tu vas te remettre à peindre?? » l’œil allumé par le plaisir de voir sa mère reprendre une tâche rassurante et quotidienne.Finalement elle m’a toujours vu peindre, dessiner,les mains dans le papier mâché ou la terre…

Oui, je lui ai répondu oui. Mais bon ce n’est pas ce qui occupe mes soirées en ce moment. Je brode, assemble des lingettes les unes aux autres. Ma grande « tente tapis couverture » mesure plus de six mètres maintenant, j’ai beaucoup de difficulté à l’étaler de tout son long. Se pose la question de l’exposition et de la présentation d’un tel objet. Pour le moment c’est très flou, je l’imagine en début d’exposition avec un texte écrit tout petit à l’encre, parlant du processus de la lessive du début à la fin… Pour comprendre tout le temps matérialisé ainsi par cette longue » route »: ceci est ma peine. Ceci est ma charge quotidienne.Plusieurs possibilités s’offrent à moi. Poser le travail au sol comme le long tapis rouge de la charge mentale mais, je n’ai résolu le problème des saletés déposées dessus par des déambulations humaines lors de la visite de l’exposition. Peut être pourrais je demander aux personnes d’ôter leurs chaussures pour fouler mon linceul comme s’ils pénétraient dans mon intimité, ils seraient intimidés amusés, il faut savoir surprendre son public. Une autre idée me séduit, c’est accrocher la couverture au dessus du sol mais pas très haut ce qui visualiserait un processus de parcours obligé avant de voir mes toiles (celles des cinq séries de « pure peinture »). Les personnes, surtout les plus grandes seraient obligées d’avancer un peu penchées, dans une posture « dos courbé » inconfortable, alors elles ressentiraient physiquement ma douleur, mon confinement, notre ratatinement féminin perpétuel..

Ce sont des idées qui me trottent dans la tête quand je brode en silence. Car comme je l’ai déjà dit la broderie est une activité bénigne, insignifiante, purement féminine, on pourrait ajouter délicate voir gracieuse! Mais quel bonheur d’avoir les mains occupées pendant que la cervelle surchauffe. Je lis beaucoup en ce moment parce que je sens que vient le moment de mettre en mots sur le papier l’histoire de ma vie. Il y a matière et j’en ai un grand besoin. Mais comme d’habitude ce qui me manque c’est le temps, je ne peux pas l’étirer à l’infini et c’est vraiment un crève cœur pour moi, j’enrage.

Dans cette solitude volontaire je rêve… Chacun des points que je pique dans la lingette grisâtre témoigne de l’ acharnement que j’ai à ne pas me résoudre à la noyade silencieuse dans le ventre mou d’une vie féminine sans avenir, sans passé. Une vie passée à s’affairer sans laisser de trace, oui c’est exactement cela. Les fils de soie, de coton perlé m’ouvrent des mondes merveilleux. J’en ai beaucoup, énormément, c’est ma tendance boulimique et compulsive à vouloir posséder toutes les couleurs enchanteresses qui me séduisent. J’ai six nuances de rose chair et c’est juste suffisant, une dizaine de gris colorés, de l’ivoire, deux vert presque dorés comme les carapaces de certains scarabées, des monceaux de bleus de l’indigo, du bleu pervenche, de ce magnifique bleu de Prusse bien plus profond que le noir qui m’ennuie définitivement… C’est là que réside mon appétit, dans la couleur des fils qui relient mes rectangles aux gris infiniment subtils.

Je vais donc continuer, parfois j’ai des bouffées d’angoisse à me demander ce qui va advenir des ces morceaux de tissus brodés, de ces tableaux rangés dans une grosse boite peinte en bleu outremer, des poupées que j’accumule nues, sans visage. J’ai mal aux articulations des mains, aux cervicales c’est le prix à payer.

Peut être qu’à force de tisser obstinément ma toile je vais finir par trouver mon chemin…

Cette toile est en largeur brodée, rebrodée de manière obsessionnelle, elle est faite avec les lingettes de mon amie Christine Hiot qui participe au projet.
Parchemin tout en longueur fait avec des lingettes collectées par Corinne Robbe.

Je voudrai remercier les femmes qui me soutiennent et m’envoient des lingettes qu’elles utilisent ou collectent: Kloé Magali Dordain, Emilie Médici, Corinne Robbe et Christine Hiot.

Détail d’un des sacs que je brode et peint sur toile teinte, l’art modeste m’accompagne aussi avec ferveur, je pense que la beauté doit se trouver partout dans nos vies.
Publicités

Ourses Papilons

OURSES PAPILLONS

Nous de la flamme

Ou de sa nuit

Avec un arc si fin sous le front

Nous ouvrons le sol face au vide

Nous déclarons le cœur gonflé de paille chaude

Nous regardons la blancheur accompagner notre taille

Quelques bouts de soie suffisent

Une fourrure fermée

Sans craindre l’ours ou l’ivresse du papillon

Car nos yeux notre bouche traversent poupées et déjà femmes

Ensemble mais sans dépasser l’ombre de la jumelle

Nous n’avons qu’une fleur différente

Plus légères que la présence

Anonymes pour mieux rester libres

Régis Roux ; le 27 octobre 2018.

Je laisse à Régis que je remercie les mots pour décrire ma création actuelle, faite de fils de gaze, de tulle de coton ancien de petits bouts de tissus conservés avec amour, de dentelle héritées de ma grand tante. La seule ou presque dans ma famille à croire en moi et à alimenter de menus présents ma création. J’espère que là ou elle est aujourd’hui elle sourit quand elle me voit fouiller dans ma cassette à vieilles dentelles .Dentelles qui viennent de sa mère, dentelles qu’elle a avec patience décousues de vieux linges de nuit, caracos et autres culottes fendues. C’est très âpre en ce moment et je me raccroche à mes aiguilles comme à un gouvernail.

20170605_160351

Les quatre éléments

Depuis plusieurs années je couds je brode avec les vagues souvenirs de conseils donnés par ma grand mère lors des trop longues vacances d’été en solitaire. J’affectionne particulièrement la confection de poupées, elles ont quelque chose de fascinant.Et si on veut bien faire parler tonton Jung il y a une raison originelle à cette passion. J’en ai déjà parlé ici, lorsque j’étais âgée de 4 ans je possédais un petit poupon que j’adorais qui représentait un esquimau. Il était fait en tissu et vraie fourrure avec, si mes souvenirs ne me trahissent pas trop une tête  et les mains en porcelaine. Un jour de rage sourde je l’ai démembré, sous la table entre les grandes jambes des adultes certainement attablés pour un de ces longs repas dominicaux tellement ennuyeux pour moi, unique enfant de la famille. Je n’ai plus de détail de cet événement. Mais n’empêche, cinquante ans ont passé et je tourne encore autour  des poupées, désormais je ne les détruis plus bien au contraire je les conçois, je les couds, les assemble je leur donne vie. La boucle est bouclée et ça me va très bien.

J’ai commencé à me faire la main avec des petits animaux et puis ensuite j’ai voulu créer mes propres poupées plus proches des fétiches que des doudous pour bambins… La poupée déborde de significations: ludiques, rituelles, esthétiques. Même désacralisées elles sont les intermédiaires entre deux mondes: le vrai et le simulacre, l’animé et l’inanimé, le jouet et le fétiche, le sacré et le profane…

Toutes ces raisons et d’autres certainement obscurément liées à des phénomènes inconscients font que je me sens faite pour créer ces objets. Je deviens démiurge. La poupée parle également de la place de la petite fille future femme, d’ailleurs ce qui est drôle c’est que je n’ai pas joué « aux poupées ». Je les abandonnais à moitié dénudées sur le carrelage quand je n’avais coupé la moitié de leur chevelure pour des expériences capillaires punk avant la lettre. Je me souviens de mes tantes, de ma grand mère prenant une voix faussement attristée totalement ridicule pour me dire que je n’étais pas une »bonne maman » que mes bébés allaient prendre froid traités ainsi, je me souviens les avoir regardées d’un œil torve qui voulait dire : »vous me prenez vraiment pour une imbécile non? » et je suis polie… Je n’étais pas une petite fille « facile » mais tellement calme…. Et sage, du coup personne ne se posait la question de savoir si j’allais bien, bref.

J’ai donc commencé il y a trois ans une série de quatre poupées fétiches qui incarneraient les quatre éléments (j’ai fait des recherches dans ce sens sur la symbolique des éléments les signes dédiés tout ça).  J’ai confectionné les corps  dans une bonne toile de lin issue de vieux draps (j’en ai des kilos achetés il y a des années sur le marché aux puces à Toulouse ), à l’époque ça ne coûtait rien comme j’ai bien fait. Dans le corps rempli de ouate issu d’un vieil oreiller j’ai glissé un petit cœur d’argile des rognures d’ongles des cheveux m’appartenant (on est sorcière et on l’assume)! Ensuite je les ai tatouées sur les bras en inscrivant les signes magiques incarnant la terre l’air le feu et l’eau, puis j’ai confectionné des robes plus des sur-jupes et des ceintures dans différents tissus censés représenter les éléments invoqués: par exemple j’ai fait le choix d’une grosse bure marron pour la sous robe de Lurra (la terre en basque), celle ci porte des teintes sobres noir brun beige et elle a comme bijou un morceau de tige de fruit de camélia. Son vêtement est rigide et lourd pour symboliser les forces de la Terre.

J’ai laissé de côté ces quatre objets pendant deux ans prise par de nouveaux projets. Mais je reviens toujours sur mes pas et comme cet été j’ai pris une claque lorsque j’ai terminé mes séries picturales sans pouvoir imaginer et réaliser les encadrements qui me permettraient de les exposer au public…(allo Papa Freud vous pouvez passer mardi soir? )… J’ai été prise d’une tristesse et d’un accablement sans fond. La seule chose qui pouvait me redonner de l’énergie c’était de reprendre d’autres projets laissés en suspens. C’est une bonne chose pour moi d’avoir toujours des trucs à finir sous la main. Je quitte la peinture pour le moment pour un mois un an pour toujours je n’en sais rien. Je ne cherche pas à perdre du temps à creuser mes cendres. Je construis j’élabore je crée… Les poupées que je fabrique ont certainement une vertu curative et apaisante. En tout cas elles m’ont redonné le sourire en les voyant enfin terminées, belles pleines de mon pouvoir féminin. Elles incarnent ma force productive.

Depuis j’ai enchaîné sur la finition de calebasses modelées en papier mâché( une trentaine), elles aussi ont une fonction symbolique j’y reviendrai. Je me pose beaucoup de question pour la suite. J’ai envie de couler mes jours sur le bassin, modeler la terre faire cuire mes pots, mes lubies mes douces chimères, me promener avec le chien (que je n’ai pas encore) les pieds nus dans le sable noir et parfumé à l’iode d’Andernos ou Gujean Mestras.

Voir les saisons passer.

Rien d’autre.

 

 

F comme…

Je termine difficilement je dois l’avouer, mes différentes séries picturales en cours. Faute d’avoir réglé certains « problèmes » personnels qui m’empêchent de m’exprimer complètement. Je suis dans les derniers détails et ça me met sur le gril ensuite il faudra penser à la mise en œuvre, l’encadrement encore des douleurs à venir, mais je fais ce que je peux honnêtement, je ne peux pas faire mieux.

J’ai commencé une nouvelle série je me confesse ici cher blog j’avoue…. J’ai pêché! C’est une fausse nouvelle série en fait. Depuis un an je collecte, je conserve les lingettes anti-décolorantes que j’ajoute à chaque lessive. Comme souvent j’ai commencé sans savoir vraiment pourquoi, j’ai mis le linge à sécher dehors pour la énième fois, sous le soleil seule et découragée. J’accrochais les culottes, les pulls, les t shirts et puis au fond de la bassine j’ai ramassé « la » lingette, elle était bleuâtre très belle alors je l’ai gardée et faite sécher comme le reste du linge, et puis j’ai continué ma petite vie en gardant toutes les lingettes que j’utilisais à chaque lavage en machine. Quelques temps après ce non événement, je me suis aperçue que la pile grandissait sur un de mes bureaux: elle symbolisait mon travail de titan secret, d’esclave discrète du foyer. C’était fort et conséquent je savais que je tenais là quelque chose de « bon », de signifiant à tous les points de vue. Alors j’ai étalé au sol la grosse pile en me disant  : » Caro il faut que tu fasses quelque chose avec ça « , à la fac j’avais découvert l’art féministe, le Pattern painting, Rebecca Horn, Laurie Anderson  et Cindy Sherman. D’autres femmes aussi qui me donnaient envie d’exister en tant qu’artiste engagée, sans compter Frida qui m’avait complètement remuée de fond en comble quand j’ai découvert son œuvre dans les années 90. Toutes ces artistes m’ont bien nourrie, je voyais dans leur travail une révolte douceâtre et distanciée. J’aimais cette féminité voluptueuse et conceptuelle et je n’ai pas oublié Le mot d’ordre absolument incontournable qui résume en quelques mots la démarche de toutes ces artistes: le privé est politique.

C’est venu tout seul c’est venu d’un coup: j’allais coudre toutes ces lingettes ensembles pour former un tout de ces actes répétés, répétitifs, fragmentés comme ma pauvre vie.Ce tapis, cette tenture, cette tente, cette couverture (je ne sais pas encore comment je présenterai cette œuvre modulable textile douce et chaude comme un nid) serait le reflet de la routine nauséeuse toujours semblable, subtilement différente qu’est ma vie. Ces lingettes grisâtres signifiaient beaucoup plus que j’aurais pu le penser au début. Alors je me suis mise au travail je ne pouvais pas attendre. Il se trouve que j’adore coudre à la main (j’ai appris toute petite avec ma grand mère pendant les longues vacances d’été solitaire), j’aime broder c’est répétitif et apaisant, c’est une tâche minuscule lente qui laisse place à la rêverie… Combien de femmes ont dû refaire leur vie dans leur tête, la magnifier sans bruit en cousant des petites chemises en coton, en ravaudant les trous dans les chaussettes de leurs hommes, en brodant un énième napperon… Papa fume Maman coud, c’est comme ça que j’ai appris à lire avec Daniel et Valérie juste après les événements de soixante-huit…

J’étais de ces rêveuses immobiles, j’étais Cendrilon, j’étais Marie Thérèse mon arrière grand mère qui ne disait jamais rien et trimait en admirant son époux, Gustave le militaire magnanime.

J’ai décidé de coudre les lingettes par dix pourquoi ? pourquoi pas il faut bien se choisir une consigne. Puis de coudre et relier chaque bande les unes aux autres avec un point serré en utilisant de beaux fils de coton perlé à broder, des fils de soie également, que je collectionne depuis des années. J’ai voulu utiliser des fils nobles et solides aux couleurs vives et luxueuses. Des bleus outremer, du rose vif, du chair du vert absinthe du blanc tirant sur l’argenté. J’ai volontairement choisi ces matériaux de qualité aux couleurs rutilantes pour créer un effet de contraste avec le matériau de rebut qu’est la lingette, un non tissé finalement très doux très solide qui possède des qualités insoupçonnées. Actuellement j’ai déjà cousu une belle surface qui symbolise ma vie de labeur. Cette tapisserie de Bayeux du pauvre, ce travail de Pénélope qui n’attend qu’elle même est carrément beau. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux travaux d’aiguille des Amish ou l’art du Boro japonais. unnamed-file20180620_16043020180620_160456120180620_16051220180620_16052320180620_160456Toutes ces nuances de gris c’est tellement… poignant, tellement expressif de ce qu’est ma vie de ce que sont nos vies de femmes. Il n’y a pas couleur chatoyante juste d’infimes nuances de gris colorés, teintes un peu mélancoliques comme le bord de mer en baie de Somme,mes premières vacances. D’un autre coté ces lingettes sont vendues (assez chères d’ailleurs) pour éviter de ternir notre linge qui doit rester pur, blanc et ça tombe pile poil sous l’injonction totalitaire faite aux femmes sur la perfection que nous sommes sensées atteindre chaque jour: pas de poils disgracieux, pas de cellulite, pas de varice pas de graisse. Un corps glabre parfumé tonique éternellement jeune. Je remercie Chloé qui m’a mise sur la voie pour cette interprétation subtile. Ces lingettes symbolisent aussi tous nos efforts à la fois vains et constants pour rester désirables sur le marché de la chair, de la séduction. Ces lingettes  font bien leur petit travail pour absorber les vilaines couleurs qui risqueraient d’entacher la perfection à laquelle nous aspirons vainement, lingette qui une fois utilisée sera jetée à la poubelle. Cela aussi fait écho au sort des femmes qui une fois trop mûres, trop vieilles se feront remplacer par une jeune femme lisse et fraîche.Cela vibre en moi qui fait désormais partie des « invisibles ».

Le fait de les garder leur octroie une certaine valeur, le fait de les assembler les unes avec les autres leur donnent une force, une cohérence qu’en tant que »lingettes isolées » elles n’auraient jamais eu! C’est drôle non ce double sens, cela me trouble beaucoup, j’aime ça. Elles forment un tout, une grande surface qui augmente chaque jour, j’ai décidé de m’arrêter quand j’aurai trouvé un endroit pour exposer ce projet. J’ai commencé à prendre en photo les tas de poussière  issus de mon balayage quotidien et je pratique d’autres petits actes magiques dont je vous parlerai une autre fois. Comme l’union fait la force, ma meilleure amie Chloé m’a rejoint dans cette démarche  qui se nomme pour le moment « VDf » pour vie de femme… Mais nous n’en sommes qu’au début. Ce projet deviendra peut être collectif ce serait encore mieux. Que celles qui lisent ces lignes et se sentent concernées m’écrivent je suis ouverte aux vents contraires, les plus fous les plus transgressifs, je m’approche à pas de loup de ma liberté, je suis la sorcière nacrée.

Hier j’ai appris que la professeur de danse  de Saskia(très choquée) avec qui j’avais travaillé l’an dernier pour le décor de son dernier ballet et morte sous le coup d’un féminicide, abattue comme du gibier avec le fusil de chasse de son époux qui s’est ensuite suicidé. Elle était….Femme, flamme danseuse, sensuelle, courageuse, imaginative. Elle voulait vivre libre, le quitter. Il n’a pas supporté et l’a supprimée comme si elle lui appartenait….

Ce projet lui sera dédié.