je dessine…..je te montre?

Ce sera une nouvelle entrée du blog. Elle est nécessaire maintenant avec toute la production engrangée dans mes cartons à dessin. Moi, faire du dessin, et tous les soirs en plus, sans discontinuer….Depuis maintenant presqu’un an, oh c’est sur en soi cela n’a rien d’extraordinaire pour une plasticienne, sauf que…j’ai une relation conflictuelle, voir auto destructrice avec moi même;J’ai parlé ici et là de mon enfance ,de comment j’ai grandi comme une graine sauvage et acharnée à pousser malgré les épreuves.Le regard de ma Mère n’a pas été bienveillant ni constructeur; Il fut tout au contraire destructeur,déstructurant le plus souvent… absent. J’ai essayé en vain de lui faire dire pourquoi ,pourquoi donner la vie et ensuite s’en foutre de la sorte,se protéger en mettant sa progéniture au « front »…J’ai fait ,je suis entrain de faire le deuil d’une réponse , il n’y en a pas ,il  y en a trop ce qui revient au même.

J’ai cinquante et une pige maintenant, je ne vais pas m’accrocher aux jupons de ma mère jusqu’au bout, tant pis.Ma famille maternelle n’est pas très « accueillante « ni chaleureuse .Nous venons du nord et ça frise un peu la caricature à la Brel. Ayant étudié une année durant la psychogénéalogie, j’ai bien observé mon arbre surtout coté maternel, coté paternel je manque cruellement de ressources suffisantes. Ce qui ressort nettement c’est la récurrence d’un sens du devoir très rigide, avec une propension à réaliser à chaque génération le rêve de mon arrière grand-père Gustave le militaire par dépit :il voulait devenir instituteur….De fait, à chaque branche il y a des enseignants d’abord sa fille qui a fait du piano plusieurs heures par jour de cinq ans à dix huit ans (elle était semble t il très douée et se préparait à embrasser la carrière de musicienne classique) ,c’était sans compter avec le coupeur de rêve familial : »tu seras enseignante ma fille, plus d’église plus de musique ».Adorant son père, elle a obéi… Et, ça a continué jusqu’à ma cousine Joh et moi;sans compter ma sœur éducatrice de jeunes enfants (sans passion).Ah oui…Mon père était également enseignant ainsi que l’une des mes demi sœurs Kouity.

D’accord c’est une entrée en matière un peu longue, mais elle est importante dans mon parcours de merde.Je n’ai plus envie d’évoquer mon enfance…De dix huit à vingt six ans , j’ai essayé de m’annihiler. Puis malade j’ai décidé de m’accrocher découvrant que la vie et bien on en avait qu’une. Dans un état second j’ai choisi la voie de l’enseignement (sans regret j’adore le monde de l’enfance ,de l’adolescence ,ma déesse c’est Louise bien sur mais il y a une place pour Françoise Dolto chère à mon cœur, et qui fait partie de ma construction intellectuelle).

Tout ça avec une passion enfantine pour l’art qui n’a jamais bougé d’un iota….c’est presqu’une obsession vitale inexplicable.Je ne me suis jamais donné le temps (sauf pendant mes années de squat ou j’ai vécu ma « vraie vie »…ah bon le reste du temps c’est une fausse??) de travailler de manière régulière comme un bon artisan ,une danseuse qui fait ses barres tous les jours car oui c’est ça la peinture. Rien de sérieux ne peut se faire sans travail acharné et plus ou moins régulier, je l’ai toujours su. Cela me faisait souffrir oui, mais je n’avais jamais le temps nécessaire : mon travail alimentaire que j’ai toujours fait avec conscience, les problèmes de santé qui m’ obligent à respecter un rythme de vie strict ,régulier ,des soins, des visites incessantes chez divers spécialistes(tout ça prend du temps et beaucoup d’énergie).Et la cerise sur le gâteau , une maternité tardive difficile et passionnante. J’ai consacré tout mon temps à Saskia les premières années de sa vie, et j’en suis heureuse….Oui et donc tu peins quand?

Et bien …..pas souvent ,par éruption compulsive mais heureusement en 2006,  j’ai découvert l’art digital qui se met en oeuvre rapidement ,ne prend pas de place. Cela m’a ouvert la porte du networking ,du blog ce fut une très bonne chose car c’est ainsi que j’ai rencontré un minuscule public ,c’est énorme pour un créateur d’avoir un retour même modeste , le fameux « regardez moi  » du blog artistikkkbranleta!

Maintenant que j’ai découvert la fatalité familiale ,je peux m’en préserver j’apprends à me faire plaisir de manière « égoïste », intime, je fais de la méditation des étirements seule, j’écoute ce corps déjà usé qui veut vivre. J’écoute enfin mes rythmes secrets, remettant à demain le linge sale ,l’administratif pour dessiner.Je n’ai pas l’impression d’aller mieux mais je vais mieux,ça sort de moi à un rythme régulier comme le ressac des vagues,comme la lune qui croit et décroit comme mon souffle irrégulier,pleinement en vie. Avec ses petits dessins qui s’amoncellent prennent sens par leur nombre ,me submergent de  douceur.Aucun retour pour l’instant? Je relativise car je travaille c’est l’essentiel.

Un dernier point sur le « comment » ,je travaille .Seulement le soir (pour l’instant!) ,pas dans mon bureau non , mais dans le fumoir en compagnie de mon amoureux qui prend des photos ,regarde des vidéos ,discute de tout et rien avec moi. Je dessine assise sur une chaise avec le carton sur les genoux, dans une position très inconfortable je sais mais je me sens bien ainsi (c’est ma kiné qui n’aimerait pas me voir recroquevillée comme ça).Je suppose que cela doit avoir du sens cette façon de faire ,mal installée dans un coin…Pourtant mon trait est ferme, les couleurs fusent et je m’éclate. Je pense que bientôt je m’autoriserai une table pour poser mon carnet de croquis là je m’excuse encore de faire ça et pas quelque chose d’utile aux autres…… N’est ce pas ,Cendrillon ?

dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.
dessin aux feutres sur papier à grain vernis;N°5/78 de la série 1.

dessin du 28/08/13 c’est donc le début de la première série qui est achevée, ( actuellement je travaille sur la série 3b que je viens de terminer: 36 dessins) sur la série 3 en cours, plus la 3K et la série « betty page » ……il n’y a pas de série 2. C est « logique »!

J’ai commencé à travailler régulièrement pour faire les décors du spectacle de Saskia et puis Seb mon beau frère m’a offert en août des feutres de la marque faber castell(la Rolls des feutres, une merveille).Et là j’ai commencé à dessiner sans me poser la question du sujet, du sens juste ma façon obtuse de voir et de vivre de survivre….J’écrivais déjà sur Arte ceci et je persiste dan ce sens:

 

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée,dans ma chambre obscure. Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
La peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis, et disposés, couleurs, fond, forme, lumière, espace….l’art est conceptuel par essence.

Imprenable

Une série de « dessins »numériques,sur le thème de la chair…le premier.

14243_imprenableLe premier d’une série….;Pas vraiment parce que le thème de l’étreinte me taraude depuis très longtemps, les années de fac on peut dire donc à peu près …..30 ans! Sauf qu’ici je prends l’étreinte sous un autre angle psychologique ,avec une autre approche, ce n’est plus l’étreinte « entrain de se faire » si je puis dire,  mais l’étreinte qui ne se fera pas parce que l’un des protagonistes n’est pas ouvert à la proposition charnelle, préoccupé par quelque chose sur le sol (on ne saura pas quoi ,la tète qui n’a pas d’importance est hors-champ). Malgré tout celui ci offre pleinement à voir son postérieur… C’est aussi l’éternelle histoire de ceux que je nomme les hystériques mais pas dans le sens psychanalytique non c’est juste une forme d’amour démesuré de soi qui fait qu’on affiche de manière permanente  une attitude séductrice exubérante,  pour finalement se refuser ,s’esquiver au moment crucial. Cela me parle ,j’ai connu ce type de personnes tous sexes confondus et bien souvent des hommes malgré ce que la morale pourrait nous induire à penser. L’allumeur existe ,excite les convoitises puis se drape mollement dans sa dignité effarouchée.Let’s go!

Voilà pour ce qui est du fond, pour la forme j’expérimentais là des fonctionnalités du logiciel ArtRage qui est vraiment complet et destiné aux peintres et dessinateurs ,on s’y croirait….Tellement que je pense que tous ces croquis numériques faits avec le stylet sans regarder ma main pendant toutes ces années privée d’un endroit pour travailler mon art, m’ont permis de retrouver le chemin du » pur » dessin, celui que j’exerce de nouveau chaque soir et dont je vous parlerai bientôt…J ‘ai beaucoup à dire sur cette métamorphose personnelle ou » comment arriver à cesser de « s’auto-punir » en faisant toujours son travail , son devoir et découvrir le sens d’une vie qui s’autorise un morceau d’azur brulant ,une bouchée de nuage moelleux qui vous tire vers le haut ,vers les aspirations les plus intimes ,et finalement les plus légitimes….non?

système nerveux….. ou comment j’ai envie de faire le point.

 

Il y a quelques jours ,j’ai essayé de faire le ménage ,mettre en ordre ,vous montrer que mon travail possède un « sens »,j’ai réfléchi:pourquoi tu fais ça? On ne peut pas parler de la peinture,on va tourner autour,les mots détruisent insidieusement la réalisation muette qui se dit elle même….Et je reviens alors toujours à lui ,Francis Bacon,toujours. inlassablement,à relire le peu d’entretiens qu’il a accordé,qui me parlent tant ,qui me sont si chers,qui me font rire ,et pleurer.pour lui seul.celui qui dit si peu et qui travaille seul,à revers, »excitation d’Être en vie »cela me vient de lui…Il n’y a que le système nerveux ,rien d’autre?Non,il n’y a rien d’autre ,au feu le romantisme panthéiste ,je suis d’accord avec toi ,moi ,je sais ce que je fais après coup ,je laisse les choses se placer d’elles mêmes,à quoi bon,juste courber l’échine et faire ,encore ,sans se retourner,en oubliant les jours d’infortune ou ce gout amer et lancinant rempli ma bouche,ce gout qui dit :Qu’est ce que tu fais , pourquoi ?A quoi bon? non ,non  ,non.C’est tout que je sais dire: non .Et je dois continuer. La mort elle, attend tranquille ,tout à fait tranquille ,cette pute incontournable .Mais moi ,je suis en vie.

carolina Diomandé,blog « artistikkkbranleta1″plateforme d’arte 09/12/2007

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Avec cet article ,j’ai eu l’honneur de rester un bon nombre de semaines en page d’accueil comme blog du moment ,article à lire sur la plate forme d’Arte ,et je ne vais pas mentir j’en étais fière et enfantinement heureuse .Vous savez ce genre de bonheur qui ne se partage pas ,ou l’on saute tout seul au milieu du salon en chantant tralala….Arte me remarque ,c’est une référence pour moi :je suis heureuse , mon rêve a toujours été d’être REconnue par mes pairs ,pas devenir Lady gaga !

Un ami avec qui je correspond comme je le fais avec certains artistes ,peu mais de qualité (les artistes) ,me disait : « j’aime ton travail pour ce qu’il part dans tous les sens…….ne souhaite pas entrer dans le système ,reste underground » en substance bien sur ,je ne vais pas vous copier coller les mots de mes amis non plus ! Sur le moment ,je l’ai mal pris parce que rester underground c’est rester dans la cave ,dans le squat, en marge .Jeune et pleine de colère « fuck the society » c’est parfait mais à cinquante et un ans et toujours le calme plat c’est usant ,déprimant ,on finit par gravement douter, se penser minable ,une petite merde hurlante et rien d’autre? la marge j’y suis par essence mais je voudrais sans forcément en sortir ( et d’ailleurs le pourrai je ,je ne crois pas ,je ne le souhaite pas) rayonner un peu plus ,être soutenue de manière désintéressée et bienveillante:  Toi ma grande ,tu cherches encore et toujours Papa,hein???

Malgré un travail qui continue de s’enrichir ,un sens global de plus en plus affirmé (oui je sais cela n’apparait pas dans un blog surtout celui ci ou je saute joyeusement du coq à l’âne sans crier gare…;on pourrait effectivement penser que je suis bordélique ,que je sais pas ou je vais ,que ça déborde sous le casque (oui parfois un peu…) mais que nenni !  J’écris autant que je dessine. Quand je disais que j’étais surréaliste ce serait (n’y voyez pas de comparaison,elle est impossible à la manière de ma grande Louise B ),je ne pense qu »à ça » du soir au matin sans compter les rêves fous en couleur qui m’inspirent depuis toujours .Ma production semble vaine ?Elle l’est car c’est la Vie qui est comme ça,non ?Dérisoire  je crois parce que je ne me tiens pas un plan d’action « commercial » ,je ne suis pas une fine stratège et pourtant cela semble être une vertu cardinale à notre vilaine petite époque capitaliste ,du genre :attention j’improvise ….!

« allez ka ,tu ne dessines que  tes doigts de pied pendant trente ans ,sous toutes les coutures ,tu récoltes chacune de tes rognures d’ongles qui tu articules en sculptures monumentales (oui des années de rognures ça fait beaucoup ) et puis tu tagues ton pouce déformé  dans toutes les villes du monde ,corpus mycosa ,Alleluah ; tu expérimentes le port (tout ça filmé sous le même angle chaque jour de ta précieuse vie de créatrice adulée de l’art contemporain  )de chaussures trop petites pour voir jusqu’où les déformations et la souffrance physique sont des éléments sémantiques à expérimenter … (avec de manière sous- jacente la  critique  d’une  forme d’asservissement du corps féminin à travers les ages );comment deviennent tes pieds , ils deviennent laids c’est génial c’est sale c’est le corps physique et ça les excite ,tu les colles avec l’infographie sur toutes les statues antiques que tu as en reproduction la victoire de Samothrace sans bras mais avec les pieds de KA .Pendant ta grande exposition à Berlin ,tu décides de t’assoir nue sur une feuille de plastique ,au dessous passe le public pendant une heure c’est performance curage de mycose(enfin ce ne sont pas des mycoses que j’ai au pied c’est un problème inconnu du aux molécules que j’ingère depuis des années mais bon c’est blanchâtre ,c’est plastiquement très intéressant ) sur une musique d’iban Régnier ,vieux pote de galère car oui tu es restée fidèle à tes amis. En fin de performance filmée ,tu recueilles la précieuse « semence » quasi divine qui sera vendue aux enchères ,ma chair…. J’arrête là car même quand j’essaie de manier le style académique (car nous sommes bien dans une période totalement académique ,et maniériste) je déborde ,j’explose .Et puis ça me rend mélancolique ,triste…;Cela me donne envie de mourir (je ne peux pas j’ai une petite fille maintenant ), mais je ne suis pas aigrie non , je suis folle et ça me sauve.

NOCH :
encore
NICHT :
rien
SEIN :
être

N’être encore rien , c’est se donner tous les possibles. Je défends ardemment cette idée ,dans ma chambre obscure .Je  » révèle » mes secrets au monde aveugle et sourd.
la peinture est d’abord un ensemble d’éléments plastiques choisis,et disposés,couleurs,fond,forme,lumière,espace….l’art est conceptuel par essence.

C’est ce que j’avais choisi de dire sur mon travail au grand concours sur Arte ,je pense toujours la même chose.

 

Une chose à la fois oui vivre ,survivre à la douleur et à la méchanceté ,l’égoïsme qui ronge  notre société en fin de parcours ,être simplement vivante ,humaine ,et témoigner de cet état en tant qu’artiste ça je sais faire…mais semble t il , ce n’est pas de l’art; Parce que l’art ça se « manage »,ça s’explique à coups de rhétorique absconse ,se décortique ,se déguste par lampées avides pleines de fric.

Je rêve d’une république libre des artistes ,comme un salon des « refusés »moderne ….Seule ça va être dur.

N ’empêche ,on ne crée pas que pour Soi dans son coin. Pour moi c’est le fin fond de sud gironde.L’art est un partage qui ne s’explique pas (je reviens à mes sources divines  :Francis Bacon).

et hop.

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Abel ou l’exaltation d’ètre en vie

Une fois n’est pas coutume…Je ne partirai pas d’un ancien post aujourd’hui,c’est impossible de se pencher sur le Passé ,le Présent est trop prégnant ,trop intense ,trop magique pour ne pas y puiser mes mots. Je vous présente donc une de mes dernières créations d’après un tableau de Bellanger ,un peintre pompier je pense…qu’importe.comment vous dire tout va si vite , si doux ;je travaille comme une acharnée comme jamais cela ne m’était arrivé jusqu’ici ,même pendant mes périodes squatt (et oui à l’atelier il fallait y aller ,ici ,dés qu’une envie me prend tout est sous la main,l’ordi  est allumé ,la tablette clignote d’un bleu pale,les tableaux sont étalés sur le deuxième bureau ,les toiles trainent au sol ,Rosi la chatte s’y assoit avec délicatesse colorant ses poils de fesse en turquoise…il y a comme un vent de folie dans mon cœur ,dans ma tète ça bouillonne et j’ai du mal à faire des nuits complètes mais cela ne me gène pas car   je suis envahie d’envies ,d’idées ,d’images ,je me lèverais bien à  4h du matin pour mettre en œuvre les jaillissement tempétueux de mon cerveau droit . Alors je sais ,cela peut paraitre excessif et déplacé (c’est vrai je passe sans nuance de la tombe ou nirvana ),cela peut paraitre vain et ridicule ;je m’en moque.J’ai cinquante ans de vie sur cette terre ,j’ai plié la tète si longtemps sous les coups du sorts ,la haine ,l’indifférence des autres,la solitude ,l’étrangeté qui ne m’a jamais quittée ….la maladie qui partage ma vie depuis plus de la moitié de mon temps passé sur terre.Aujourd’hui je suis toujours désespérée de l’état du Monde ,de la cruauté  des hommes…et pourtant ,j’ai choisi,sciemment ,après de longues réflexions ,de lourdes larmes noires, d’y croire ; je suis têtue et pugnace ,ceux qui me connaissent dans la vraie vie le savent !

Pourquoi j’ai choisi Abel ?

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Femme,corps

de la série « kitchen paintings »,un tableau sur bois,acryliques,et vernis.2007. thème tant aimé:le corps;le corps féminin,mon corps .

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Il fait chaud , bien à l’abri dans l’atelier , j’ai pioché ce travail qui ne m’appartient plus .Je l’ai offert à Émilie.il convient bien à ce jour d’ombres et de lumière.

Nous pourrions convoquer la représentation du corps féminin qui m’obsède depuis longtemps mais que j’ai abandonnée au profit de l’invention de corps,improbables, multiforme,asexués,mes bitteballerina,nicht ,noch sein ,qui va dans le sens d’une peur de la représentation de ce qui existe,de mon envie de liberté ,de ma fascination pour le monstre en soi.Malgré tout ,le corps continue de me tenailler ,de m’empoigner la tripe ,il est là toujours ,je suis un corps .Quelle relation avez vous avec votre première maison,votre havre ou votre enfer? Quelle relation avez vous avec le corps de l’Autre ,des autres ,de la foule ce grand corps amorphe et parfois hystérique qui moi ,me terrorise;le corpus ,l’objet…..Au Japon ,il y a très peu de représentation du corps dans son entier et pourquoi ?Et qu’indique cette obsession du corps parfait ,lisse ,sans poil ,en creux,dominé,asservi qui peuple nos magazines ,hantent la tète des petites filles (la mienne m’a dit détester ses cuisses qu’elle trouve  : »grosses et répugnantes « ,elle a neuf ans….).Toutes ces questions……J’ai faim!

Je suis partie en vacances à Biscarosse entre mer et lacs d’eau douce.cela faisait longtemps que cela n’était pas arrivé et j’en ai vu des corps , presque nus .J’aime décidément les corps pour ce qu’ils sont,les bourrelets,les petits ventres d’enfants,les poils qui s’échappent,les peaux de toutes nuances,tartinées d’ huile solaire,ensablées ;Mais je me suis éloignée de ma vieille attirance pour la première fois…. : j’ai dessiné sur le motif des pins aux troncs mauves dans la lumière  enflammée de fin de journée ,j’ai essayé de capter l’âme des lieux,la structure presque géométrique ,de ces landes que j’affectionne ou j’aimerais finir mes jours,chauffer mes « vieux » os (ce vœu date de 1986 ,un jour  avec mes potes on est partis boire du blanc et bouffer des huitres à Gujean- Mestras ,je leur ai dit ça ,ils m’ont traitée de pauvre folle :penser à ses vieux jours pendant ces folles années ,c’était presque….provocateur et risible , mais je n’ai pas peur du ridicule et je suis tenace dans mes désirs,très tenace).Oui , il se passe vraiment des choses dans ma vie d’embryon d’artiste,dessiner est pour moi difficile ,cerner le trait ,le contour des choses,discriminer,tracer; et j’y suis arrivé ,même si ces quelques croquis ne valent pas un kopek ,pour moi ils signifient l’espoir,l’ouverture,le renouveau ,l’enchantement devant le monde(c’est beau un paysage….c’est une fenêtre ouverte…..) je n’ai pas fini avec tout ça,les perspectives s’étirent à l’infini ,nicht ,noch sein…..nicht noch sein,le plus longtemps possible!

work in progress

je commençais à me faire une place à mix ‘art myrys….c’etait l’automne,le père de ma future fille prend ce cliché de mauvaise qualité mais tellement spontané,ce que je peux montrer de meilleur(concernant ce que je suis).quand je peins,il n’y a aucune souffrance ,mon esprit est absorbé ,il dévale des collines de candeur ,je parle toute seule ,je ris et gigote comme une enfant(je bosse toujours en musique)..;c’est très proche de l’extase,du lacher prise cher aux arts martiaux ,à l’esprit extrème- oriental;que j’aime tant.

je me suis interdit de créer certaines periodes de ma vie ,involontairement,je souhaite que cela n’arrive plus,c’est trop dur,trop vide,trop le néant.je vous souhaite de cultiver une part de vous qui virevolte,qui vous echappe un peu,qui vient de tres loin,et qui sera toujours là.artistique ou pas…qu’importe.
et si ma couleur dominante est le noir ,elle porte quand mème la vie….ne pas se fier aux apparences(ressaisis toi,peins plus gai,je fais ce que je peux, d’ailleurs le pastel peut receler d’infinies  creux de souffrance,pour moi la mort c’est du blanc…..(bones)je suis la peintre du bonheur parce que je suis.tout simplement. automne 2003(blog artistikkkbranleta1 ,ARTE )

29780_doc0004Cette scène date de 2003 . J’habitais Toulouse et revenait d’une longue période très noire,très douloureuse ;Une fois de plus la peinture ,la création en général fut là pour me sauver la vie. Aujourd’hui  dix ans après ce cliché , je me retrouve dans mon nouvel atelier un peu esseulée certes mais tissant un nouveau réseau sur le Sauternais…le premier gala a eu lieu dans la belle ville de Bazas ,cela s’est bien passé ,les retours ont été excellents .Je suis toujours surprise du changement de regard des « gens » sur moi lorsque je fais la démonstration de mon travail….Comme si ils se mettaient à me « voir » vraiment,comme si je m’incarnais grâce à mes travaux.ma chair serait elle mêlée à ce point à la cause artistique ,que sans cet appui j’ai la sensation d’être invisible ,inodore,sans saveur.Dans la vie ,je suis plutôt timide ,je parle peu de ce que je fais ou alors mal ,de ce que j’aime …Pas par modestie non simplement par pudeur.J’ai toujours détesté les « grandes gueules » qui vous en mettent plein la vue sur eux ,leurs œuvres ,leurs projets ,leur génie méconnu .Je côtoie ce type humain depuis les beaux arts et , je me suis toujours juré de ne pas ressembler à ce cliché , mais peut être que l’effacement n’est pas non plus une bonne posture…;alors, je découvre un entre-deux qui me plait : s’imposer discrètement avec ténacité en ravalant cet orgueil stupide qui conduit à l’isolement….Cet isolement , je n’en veux plus.C’est aussi pour cela que je suis ici…;et ailleurs sur le net, eldorado des coincé(e)s et des timides comme moi !

 

internet ou comment se mettre en valeur bien à l’abri derrière son écran!

Le rève fondateur

je suis rentrée de mon petit voyage, remplie de l’œuvre de Louise bourgeois,que je connaissais…mais très superficiellement en fait;le choc fut violent;je digère pour le moment,je vous en parlerai dans quelques temps,d’abord écrire,rêver et surtout me servir de mes mains,tisser mon fil subtil,solide,translucide.Louise…
aussi,après quelques poste « paresseux »(merci Alphonse de me le rappeler!) : difficile de travailler loin de sa tanière,je voudrai revenir au début.tout au début était le couple de mes parents ,un noir ,une blanche et bien d’autres contrastes encore;le fruit ,c’est moi.un fruit qui pousse tout seul,parce qu’isolé volontairement;un fruit au gout différent qui se vit mal.je n’ai pas connu mon père;il est resté présent,toujours,en moi,malgré moi.longtemps contre moi.le fruit se croit blanc,il ne l’est pas ,il est perçu noir,il ne l’est pas.cassure,rupture,bascule,seul l’alcool fait le lien,…et le reste;le fruit veut tomber vite de l’arbre,pourrir,s’annihiler,violemment.
oui mais voilà toi le fruit ,tu descends d’un arbre solide(gouessé),juste que tu ne le sais pas.en 1994,j’ai 31 ans,j’attends mon père ,encore.il meurt brutalement ,sans me prévenir .la souffrance fait pousser un cri rauque,animal,dépouillé,glaçant.je ne  me souviens de rien d’autre.je suis morte avec lui:pour renaitre,entière.
voici le texte du rêve que j’ai fait quelques jours après son décès.de ce texte,j’ai puisé la force,le sens de ma vie,croyez le ou non,c’est la stricte vérité.
le rêve fondateur : »c’est dans la forêt,une forêt touffue,et sombre.je vois encore les troncs noirs,il y a des personnages,ça chuchote,ça bouge;je crois qu’il y a mon père.il me commande d’enfourcher un grand cheval,absolument rouge;j’ai peur,m’agrippe et pars vers une nuée,vers la lumière.ni cauchemar,ni rêve conte de fée.pure poésie.maintenant je sais pourquoi je peins…

36517_le_reve_fondateur« extrait du carnet de bord;19/08/1994.

Je n’ai pas de nécessité particulière à ajouter trop de mots à ce post tiré d’un rêve fait quelques jours après la mort de mon père…En ce moment ,je peins de grandes toiles pour le décor.Saskia et Francis viennent voir le travail qui avance…. »il » m’a dit qu’il était fier de moi (silence) ,je suis très troublée de savoir que je vais me retrouver sur une scène avec ma propre fille.Qui aurait penser cela en aout 1994?Dans l’émotion pure,dans le rêve absolu ,dans l’amour de vivre,dans le désir ,dans le partage…..Voilà ou je me trouve en ce jour de Mai  2013  ,je suis tellement peu « habituée » à cet état de grâce que je flotte , remplie  de douleurs ,les genoux,les mains , et surtout les doigts. Mais cela ne m’empêche absolument pas de creuser pour chercher mon énergie et avancer…..Comme  j’aime ce rêve noir ,rouge et bleu offert par ma tribu Dan , comme j’aime ce père qui chemine dans mes gènes,et m’anime ……éblouissement fugace ,vertigineux mais bien réel.qu’importe le temps qu’il fait ,mon cœur est comme un soleil….

ma petite 2

le regard intérieur,celui qu’on ne contrôle pas;le dessin automatique permet cela.je cherche non pas la beauté mais l’authenticité du trait.technique: stylo bille fin  noir,été 2008.

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J’aime beaucoup ce dessin,oui c’est un vrai dessin fait à la plume sur un papier grainé qui sent si bon; il fait parti de la série des petites filles intérieures dont j’ai déjà parlé ici ; j’ai effectué cette série en pleine « non maitrise » de moi même et pour mon plus grand bien. Je cherche toujours à comprendre ce qui se passe autour de moi ,en moi ,dans la tète des autres,dans ce vaste monde…Jusqu’à l’épuisement moral ,et je ne trouve jamais de réponse définitive , parce que c’est tout simplement impossible de trouver « une » réponse satisfaisante  qui apaise.C’ est irréaliste , d’une envergure encyclopédique et totalitaire impitoyable.Je suis fatiguée en ce moment ,des coups de semonce inattendus et brutaux qui m’empêchent d’aller aussi vite que je voudrais dans la réalisation d’un projet actuel qui me réchauffe le cœur et l’âme  : je dois faire un décor pour le gala de danse de Saskia;ce sera aux Carmes ,Annick son professeur est une  femme belle ,passionnée aux yeux rêveurs parfois un peu tristes ,elle engage toute son énergie pour que les « filles » vivent une expérience unique ,une expérience réellement artistique et  exigeante ; il y a deux ans ,j’y suis allée en tant que spectatrice émue , j’ai été « bluffée » par la mise en scène ,les chorégraphies ,le sens du spectacle et le rayonnement d’Annick qui sait tirer des « petites » le meilleur d’elles mêmes ( gage d’un professeur qui aime sa matière,qui aime ses élèves,les respectent)…

Cette année le thème c’ est :  « les histoires d’amour » ,vaste thème qui au début m’a plus affolée qu’autre chose et franchement ne m’inspirait pas grand-chose….de manière picturale.  Saskia danse avec Suzanne un jazz endiablé sur »les histoires d’amour » de Rita Mitsouko et moi je fais les décors !!Des tableaux emblématiques de l’amour repris, transformés,cachés sous un voile,je viendrai sur scène pour couvrir et découvrir un à un  les travaux qui correspondent au tableau de danse du moment ;cela fait tant d’années que je n’ai pas foulé du pied la scène,que j’aime plus que tout.Là  mes douleurs ,mes fièvres s’évanouissent,là , je respire la poussière avec bonheur ,isolée dans la lumière et pourtant jamais si proche de ma vie qu’à cet endroit imaginaire ,improbable… dans ce halo cru ,ce faisceau blanc qui nous » révèle » avec tant de bonheur ; j’ai du mal à dormir  parce que j’ai peur , peur de ne pas être à la hauteur ,d’être hors sujet,de décevoir la confiance totale d’Annick envers moi .Me voilà acculée à « faire » , »produire » « montrer »;me « montrer »sans pouvoir fuir,repousser,oublier,dormir. »un autre jour peut être? » (la fameuse stratégie du poulpe ka ….pufff disparue derrière mon nuage opaque encré!)

Ma petite 2…ambivalente comme je le suis parfois ,planquée noire au fond de mes entrailles ,à coté de mon foie gros ,noir ….noir comme la moitié de moi même ,et l’autre partie blanche,lisse comme morte,plus écartelée que jamais entre mes origines,mes valeurs,mes angoisses secrètes .

La scène va tout mélanger,tout prendre,tout restituer .Nos couleurs ,nos peaux dans une gestuelle gracile ,endiablée.Oui…; la scène est  l’un des seuls endroits ou je suis « une » et indivisible ».

 » Regardez moi  »  disais je , sur le blog artistikkbranleta 1 d’Arte…

Regardez moi .Je suis en Vie.

la vecchia (pour mon ami)

 

je crois..;enfin,je pense,m’etre inspiré d’une toile de gericault(il n’a pas fait que des chevaux superbes au demeurant…il a saisi l’ame humaine,le desespoir,la folie avec une force incomparable,c’est un homme cher à mon coeur)donc,une petite reprise aux alcydes en etat d’ivresse,je le precise car ces toiles des annèes 90(debut)ont toutes été peintes dans un état second,la nuit,dans une exaltation alcoolique qui m’a reservée bien des mauvaises surprises,le matin et la lumière du jour venus!j’ai conservé peu de choses de cette epoque,ce portrait,que j’ai perdu,je l’aime bien….une vieille forcément folle ,n’est ce pas??espèce de vieille folle ,n’a pas le mème sens qu’espèce de vieux fou.

 

oui….je suis feministe,si,si…un jour je serai vieille et un peu folle aussi.voir complètement? aout 2007

Maintenant ,je suis certaine :j’ai vérifié….il s’agit bien de la reprise d’une toile de géricault.celui ci a su capter des expressions de vide ,de terreur ,de profonde décrépitude avec une sensibilité exacerbée ;allez jeter un oeil de ce coté , cela en vaut la peine .j’ai retrouvé cette toile de petit format et je ne peux m’empècher d’y penser avec tristesse,car ce boulot rapide et « fait à vif » était la préférée d’un ami : Pixel Bleu était son nom d’artiste,il est mort en décembre de l’an dernier ,il avait 49 ans comme moi; je vis avec ma propre mort de manière assez …..supportable mais par contre ,celle des autres « ,mes » autres , ceux que j’aime me plonge dans des abysses sans fond ,j’ai le deuil long ,discret mais très tenace;c’est simple ,j’ai l’impression que tant que mon coeur battra ,mes morts vivront en moi .ils me sautent au visage parfois , je leur parle ,je vis avec ,je les fais vivre un peu par mes sentiments pugnaces,desespérés.

Quant à l’autre pan de ce post , la folie……c’est une compagne qui m’a frolée de très près lorsque je consommais de l’alcool à outrance,ivresse pathologique à tendance crépusculaire ,oui c’est beau dit comme ça ,mais cela mène celui qui en souffre à la perte totale et définitive de la conscience d’ètre,j’ai échappé à ce sort parce qu’un beau jour ,j’ai décidé de ne plus consommer ce produit ,ce poison .je suis bi polaire comme ma mère ,comme ma grand-mère…alors cette » vecchia » elle possède une lourde charge d’affects,d’angoisse……d’amour aussi;

pixel,ou es tu? je pense à toi ,je ne t’oublierai jamais.tu le sais.j’ai avec moi ton échelle sans fin.elle m’est très utile quand je pontifie ou quand j’ai peur;notre folie…..

20143_la_vecchia