sortir de l’île

Il y a quelques mois j’ai arrêté de peindre. Ce fut une décision brutale et avec le recul vraiment très judicieuse. C’était un début d’été il faisait frais et maussade, j’ai tout rangé mes toiles, mes pinceaux et mes tubes d’acrylique. Je ne savais pas pour combien de temps cela n’avait aucune importance. Je me demande si la pratique de la méditation n’a pas commencé à jouer un vrai rôle régulateur dans ma vie à ce moment là. J’ai donc passé l’été à finir ce qui restait en couture, j’ai fait du tri, des photos, des listes … Et puis je me suis plongée dans la nouvelle série qui se nomme pour le moment VDf et qui est une critique poétique de la vie quotidienne des femmes, un rappel « d’une chambre à soi » de Virginia Wolf. Ce travail m’occupe de manière exigeante: assembler des lingettes entre elles au point de bourdon, en broder certaines avec du fil de soie ou du coton perlé cela prend beaucoup de temps, un temps délicieux méditatif, un temps d’introversion et de rêverie féroce.

Oui je crois que je suis une rêveuse invétérée. Finalement j’aurais surtout imaginé ma vie comme elle aurait pu être sans conduire de stratégie efficace et pragmatique pour qu’elle SOIT comme je l’avais espérée …Ceci malgré le fait que ce soit un rêve d’enfant.

Il y a deux semaines, allez savoir pourquoi… J’ai ressorti ma série rose et bleu, je me suis dit que je ne pouvais pas rester sur cet « échec », qu’il fallait que j’y jette un œil .Comme j’ai bien fait c’était le moment. Ici je parle souvent des arcanes secrètes de la création, du processus intime qui mène un individu à produire une oeuvre. Il y a vraiment un lien avec la cuisine, l’alchimie dans cette longue élaboration. Un vrai mystère qui est constitué de beaucoup de travail, d’acharnement, de doute, d’échec, il faut essayer tâtonner, laisser mûrir reprendre l’ouvrage sans se décourager même dans la solitude totale. J’ai repris mes couleurs, effectué des mélanges subtils pour accorder ensembles les cinq séries qui constituent l’ensemble de ce travail commencé en 2013 (pour la série rose et bleu) et en 2017  ou   2018 pour les 4 autres. Aujourd’hui nous sommes le 20 février 2019 et j’ai fini « pure peinture » ou « la peinture au quotidien » je ne sais pas trop comment nommer l’objet. Je suis entrain d’écrire ma démarche artistique afin d’accompagner les quatre portfolios sous forme de livres que je construis; un pour la peinture, un pour la peinture digitale, un pour le dessin un pour mon travail de DJ numérique sur instagram. Avec tout ça j’espère me sentir capable d’affronter la réalité, l’extérieur, le regard des autres l’échec et surtout faire mentir ma mère qui disait aux gens en me regardant pleine de condescendance destructrice  : »ma pauvre fille, tu n’es pas née avec le facteur chance ».

Ah oui….. Vraiment!

Je vais le faire enfin.

Sortir de mon île.

Numéro 12/20 série rose et bleu.Acrylique et collages sur bois 31 sur 31. 2013-2019
Série titane buff, numéro 15/15 « Vivre vite » Acrylique techniques mixtes sur toile, 20 sur 25, 2017-2018
Série jaune de Naples, numéro 7/10. « L’envers des choses« , acrylique et collages sur toile de décor ignifugé 20 sur 28. 2017-2019
Série rouge et bleu, numéro 1/15 « Impossible » acrylique et techniques mixtes sur papier
20 sur 20. 2018- 2019
Série noire numéro 3/10 acrylique et collages sur toile libre 29,4 sur 41
2017-2019

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Une réflexion sur “sortir de l’île

  1. Bravo Karolina, laisser le moment venir est un exercice difficile mais tout à fait porteur.
    Je te livre mes impressions comme elles viennent prends les de la même manière, des pistes pour regarder ton travail avec mes yeux 😉 .
    Le 12/20 a un coté léger et délicat comme un souffle d’air sur un coquelicot. c’est une de mes fleur préférée
    le 15/15 me touche moins. il a l’air de raconter une histoire mais pour moi il set comme une case de bande dessinée isolée de son album.
    Le 7/10 m’intrigue, il me parle d’histoire de l’art, de relation aussi. il a sans doute un coté désuet mais je suis sûre qu’on ne peut jamais vraiment l’user du regard. et ça c’est un gage d’un bel aboutissement du projet.
    Le 1/15 n’est pas facile à aborder en tous cas je pressens que l’écran lui enlève de l’intérêt. je n’arrive pas à trouver l’entrée. impossible 😉
    et le 3/10 wahou moi qui n’aime pas le noir, je suis carrément séduite, il a quelque chose d’organique. le dedans le dehors, je sens presque une colonne vertébrale, dans les creux, frisson. et comme je le dis dans le détail, cela ressemble vraiment à ce que je connaissais de toi. (époque pole pi.) là abouti, serein évident.
    je t’embrasse Karolina, continue à t’arrêter et à reprendre 🙂

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