in utero

je me pose des questions,en fait,je viens de decouvrir l’existence d’Édouard Levé,artiste qui s’est suicidé en octobre dernier,je remonte le fil de son travail ,je suis essoufflée,il parle d’écriture blanche qui n’existe pas ,je comprends cela;il m’aspire dans son vide, son absence.c’est toujours dangereux le destin des autres.d’ailleurs en parlant d’ecriture,je me demande si je ne vais pas mettre en ligne ,le texte sans fin,qui me poursuit depuis 1995; »les eaux grasses »,je sais pertinemment qu’il n' »aboutira  » jamais ,comment envisager un texte,une narration qui reste en suspend,faut il d’abord que j’essaie de le « finir » ?je ne sais pas ,Édouard Levé me bouleverse par son aspect proprement désespéré ,aucune emphase,pas de viscères qui débordent et pourtant une telle violence ,l’ultime que l’on s’inflige à soi.maitrise.ligne brisée.
je n’arrive à rien « vraiment »,ce serait risible ,si cela ne me faisait pas tant de mal.Peut être aurais je du avoir le courage de me consacrer uniquement à ma création?Est ce que cela aurait changer le cours de mon fleuve mouvant?Mon corps est maitre ,il m’empêche de me jeter dans le vide ,je dois dormir ,absorber rituellement ,scrupuleusement mes molécules je me suis tellement auto désossée ,j’ai fort bien réussi mon affaire ,le contraire d’un suicide en somme. »Et tu vivras,et tu survivras encore,et cela te fera mal ;tu marcheras encore ,sans te retourner…34689_100_5266
Pour parler de ce travail (plastique joint à ce texte),une série « in utero »ou comment je me suis fait chier dans le ventre de ma mère…;c’est une acrylique sur robe en éponge au motif hawaïen.on pourrait alourdir le propos en parlant de mise en abime.on pourrait…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois encore ,j’ai utilisé l’auto portrait de 1968 pour me représenter.ce texte écrit en 2008  est toujours  d’actualité,tout ce que je pourrai ajouter comme analyse aujourd’hui serait redondant et vraiment au dessus de mes forces .Je voulais juste dire que  je sors de la poste ou j’ai envoyé un colis ;je me sentais mal dans ce lieu anonyme ,très mal lorsqu’il a fallu que j’ôte mes lunettes noires et que je parle avec l’agent postier .Le sentiment d’étrangeté que je ressens parfois est à la limite du supportable  et la moindre action « normale » , « quotidienne » devient un combat titanesque contre mes démons.De plus ,un événement anodin m’a brisée : j’ai entendu une petite fille  pleurer,de longues pleurs sincères et bruyantes.Je sais reconnaitre dans les pleurs d’un enfant ce qu’il dit ,elle souffrait mais de quoi??? et sa mère était  là debout ,raide ,excédée sans réagir devant les petites mains qui se tendaient vers elle , »maman,prends moi dans tes bras » c’est ça qu’elle disait….; j’ai payé ma transaction et suis sortie presque en courant tant ces larmes me déchiraient le cœur,elles devaient faire écho en moi;très loin ,dans mon ventre,mes jambes,ma tète.moi aussi petite ,j’ai le mal de mère…

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